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    Les missions d’évangélisation modernes s’appellent ONG. Elles sont partout dans le monde, y compris dans les endroits les plus improbables, les plus dangereux, dans les pays où n’importe quelle organisation criminelle ou paramilitaire rêve de prendre un otage occidental ! Une aubaine pour les preneurs d’otages ! C’est facile et ça rapporte gros : une publicité inespérée pour leur cause, qui sera évoquée dans tous les journaux du monde, une rentrée d’argent importante et j’ai presque envie de dire net d’impôt puisque les deux parties nieront farouchement toute transaction financière. Le tout sans aucun risque puisque ce sont des civils non armés qui sont capturés ! C’est tout bénef !

     

    L’ONG est internationale. Sinon on dit "association caritative". L’ONG est occidentale. Par définition. Imagine-t-on une ONG rwandaise venant lutter contre les violences faites aux femmes en France ?

    L’ONG est ciblée. Elle défend une cause. Celle-ci peut être religieuse (en général chrétienne américaine), mais elle est de plus en plus humanitaire. Depuis quelques années, la cause est même morale (lutte contre la corruption, droits de l'homme)

    L’ONG n’a pas besoin de l’accord des autorités du pays d’accueil. Forcément, puisque c’est sa carence qu’elle vient combler !

    Elle n’a pas besoin non plus d’une invitation ou d’un appel au secours des personnes qu'elle veut aider ! On se sent une âme généreuse, on voudrait faire quelque chose pour soulager la misère du monde, on crée son ONG et on part avec vivres et bagages ! On pourrait intégrer celles qui existent déjà et qui ont pignon sur rue, la Croix-Rouge, le croissant rouge, le secours populaire, médecins sans frontières… ! Que nenni ! Je crée mon ONG et je vais distribuer tout seul avec une bande de potes des moustiquaires dans la forêt amazonienne (vu à la télé) ou j’organise le transfert d’orphelins africains vers des familles d’accueil en Europe !

     

    Celui qui fait cela reproduit un vieux schéma de pensée qui avait cours il y a quelques siècles : La France (ou l’Europe ou la Chrétienté) a une mission civilisatrice envers le reste du monde ! Les gens sont pauvres, opprimés, sans espoir, incapable de se prendre en main, il convient donc que nous soulagions leur misère ! Ou plus exactement que nous allions sur place soulager leur misère, en leur apportant vivres, médecins, conseils d’hygiène, contraception.... et même commerce équitable ! 

    Ah , le commerce équitable ! Tu arrêtes tes cultures vivrières qui ne te rapportent rien et tu produis du café que je te paierais un bon prix ! Peu importe que les gens de ton village n’aient ensuite plus rien à manger, mais toi tu seras un peu riche grâce à notre générosité !

    L’ONG n’enverra pas des sous aux associations de femmes africaines qui sont dans un combat global contre le Sida, le mariage forcé, l’excision, le viol… ! Non, ces associations sont gouvernementales et, ça, Monsieur ONG ne supporte pas ! Il va lui-même dans une région reculée d'Afrique (vu à la télé) distribuer des préservatifs et expliquer aux hommes et aux femmes d'un petit village la nécessité d’utiliser le préservatif quand ils ont des relations extra-conjugales !

    Monsieur ONG n’envoie pas du fric à des familles tchadiennes pour les aider à recueillir des orphelins tchadiens, non ! Il va lui-même sur place organiser le transfert massif d’orphelins tchadiens vers la France qui est, à sa connaissance, le seul pays où il fait bon vivre quand on est un petit africain !

     

    Et s’il lui arrive une tuile, Monsieur ONG en appelle aux… je vous le donne en mille…! aux organisations gouvernementales ! Quand il est emprisonné dans une geôle tchadienne, ou otage d'un groupe islamiste ou de bandits de grands chemins, Monsieur ONG se souvient que les états, les gouvernements, les ministères, les diplomates, enfin tous ces vieux machins sur lesquels il crache copieusement à longueur d’année, existent et il veut bien leur reconnaître une certaine utilité ! Celle de le sortir de taule, de payer la rançon exigée par les ravisseurs, d’assurer son rapatriement en France où il pourra à nouveau en toute liberté nous répéter la grande méfiance qu’il a vis-à-vis de toutes les organisations gouvernementales ! 

     


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    Quand j'ai entendu à la télé une députée EELV évoquer à l'Assemblée Nationale "des sans-papiers et des sans-papières", j'ai trouvé ça zarbi.   j'ai pensé que c'était portenawak pour faire rire les keums ! 

    Arrête, c'était pas un mito ! C'est trop de la balle, cette meuf ! Elle déchire grave ! Elle parle kaillera comme nous, mais elle féminise... pardon elle meufise !

    Et la Ligue des Droits de l'Homme aussi, ils se sont mis à baver kaillera ! Sur ma race, je suis trop fier d'eux ! comment ils vont s'taper l'affiche avec ça ! 

     


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    Incroyable ! l'industrie pharmaceutique a enfin trouvé un défenseur en la personne de Carlus, avocat du Diable :

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    Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs du jury

     

    La tâche qui est la mienne aujourd’hui n’est pas facile ! Non, elle n’est pas facile, je vous l’assure !

    En vérité, en acceptant d’assurer la défense de mes riches clients, je ne risque rien de moins que de voir tous mes amis se détourner de moi, rien de moins que d’être désigné à l’opprobre public, rien de moins que d’être considéré comme le complice actif du crime organisé !

    Car c’est bien de cela que mes clients sont accusés, n’est-ce pas ? Ce que les journalistes dévoilent, ce que les blogueurs dénoncent, ce que vous avez à juger aujourd’hui, ce sont des crimes prémédités, de la corruption aggravée, des profits usurpés !!!

    Non, en vérité, ma tâche ne sera pas facile !

    Elle ne sera pas facile, car je suppose qu’aucun d’entre vous, Mesdames et Messieurs les jurés, n’a eu le malheur de voir un de ses proches atteint d’un cancer et le bonheur de le voir guérir de ce cancer ! De le voir guérir d’un cancer qui, il y a quelques décennies à peine, conduisait à une mort douloureuse et inéluctable !

    Non, ma tâche ne sera pas facile, je vous le dis, car je sais — oh, je sais ? je suppose !- qu’aucun d’entre vous n’a un voisin qui est séropositif depuis 10 ou 15 ans. Et aucun d’entre vous ne se souvient (à quoi bon ? c’est de l’histoire ancienne !) qu’il y a quelques années à peine, un séropositif avait une espérance de vie qui ne dépassait pas deux ou trois ans !

    Non, je vous le dis avec résignation : je ne réussirai pas à trouver ne serait-ce que des circonstances atténuantes à mes clients ! Car je fais l’hypothèse qu’aucun d’entre vous n’a eu un père insuffisant rénal, ou un époux souffrant de problèmes cardiaques, ou une compagne atteinte d’ostéoporose !

     

    Mais je sens que je vous lasse ! Quel rapport, vous demandez-vous, y a-t-il entre ces maladies redoutées (et pour tout dire, terrifiantes !) que je suis en train d’évoquer et mes clients ?

    "Bien sûr, me répondez-vous in petto, que nous avons connu, directement ou à travers un proche, la maladie, la souffrance, l’angoisse de la mort ! Et le bonheur de la guérison, de plus en plus souvent !"

    Mais, quoi ? répondez-vous aussitôt, l’industrie pharmaceutique n’y est pour rien ! Ce sont des elfes et des fées qui nous apportent dans une corbeille fleurie les médicaments nouveaux ! Les actionnaires ne font que prélever des profits au passage ! Ce sont des enchanteurs et des magiciens qui trouvent les formules et les recettes pour nous guérir, et les rapaces des conseils d’administration ne font que s’approprier leurs brevets pour leur plus grand profit !

     

    Eh bien non, Mesdames et Messieurs les jurés, je vais en ce jour vous faire une terrible révélation : ce ne sont pas des elfes et des fées qui mettent à notre disposition les médicaments qui nous guérissent ! Ce ne sont pas des enchanteurs et des magiciens qui trouvent les formules qui nous permettent de vivre plus longtemps et en bonne santé !

    C’est l’argent des uns et les talents des autres, des sommes considérables apportées par les uns et le talent, l’intuition, le génie des autres. C’est l’industrie pharmaceutique, mesdames et messieurs !

     

    Oh je sais, une fois le choc passé, ce que vous pensez : "mais ne pourrait-on pas faire la même chose, inventer des médicaments nouveaux, guérir de nouvelles maladies tous les jours en enlevant toute notion de profit et de bénéfice ? Ne pourrait-on pas créer une association loi de 1901 pour faire de la recherche médicale une activité bénévole ? ou, mieux encore, en faire une des branches de la fonction publique à l'instar de l'administration fiscale ou de celle des Eaux et forêts ?"

    Non, Mesdames et Messieurs, on ne peut pas, je vous le garantis ! Ce n’est pas une bonne idée que de confier le secteur la recherche à des fonctionnaires ! Oh, entendons-nous bien : je n’ai rien contre eux ! Ils sont absolument indispensables et ils savent exécuter les tâches qui leur sont confiées avec une efficacité digne du plus grand respect quand il s’agit de récolter l’impôt et de pondre des circulaires ! Mais, croyez-moi je vous en conjure, ce ne sont pas les bonnes personnes pour trouver et créer des médicaments innovants !

    Je n’ai pas le temps de développer ce point mais sachez que si c’était le cas, l’ex union soviétique ou la Chine d’aujourd’hui seraient devenues des leaders en matière de découverte médicale ! Vous savez qu’il n’en est rien et qu'on en est même très très loin !

     

    Alors, Mesdames et Messieurs les jurés, je vous en conjure, au moment de juger, sachez faire la part des choses, sachez punir les comportements coupables de quelques-uns sans y associer tout le secteur de la recherche médicale !  Sanctionnez les excès des uns, la rapacité des autres sans vous sentir obligés de manifester de la méfiance et de l’hostilité envers toute la profession !

    Et enfin, Mesdames et Messieurs les jurés, avant de les clouer au pilori, avant de les désigner comme des marchands de mort,  prenez en considération le nombre innombrable de vies (de nos vies, la vôtre, la mienne, celles de nos enfants) qui ont été rallongées, améliorées ou sauvées par leurs découvertes !

     

    Carlus (qui, de temps en temps, aime bien se faire maître )


  • La vie est faite, aussi, de toutes petites émotions.

    C’était une période particulière de ma vie. J’habitais dans un bel appartement, très moderne mais un peu cher et un peu loin du boulot ce qui m’occasionnait des trajets excessivement longs.

    Quand la maladie de mon père a commencé à s’aggraver et qu’il devenait nécessaire de passer le voir plus souvent, j’ai changé pour un appart plus petit, tout meublé et situé dans un quartier qui me rapprochait à la fois du boulot et de l’hôpital.

    Au cours de la visite d’état des lieux, j’aperçus une petite plante verte sur le balcon. Je demandai à la dame de l’agence de la récupérer. Elle me répondit "oh ça ne figure pas sur ma liste, c’est l’ancien locataire qui a dû la laisser là. Si vous n’en voulez pas, jetez-la ! De toute façon, elle n’est pas très belle".

    -"OK, pas de problème !" Il faut dire que je ne suis pas très "plante verte". Que les amis de la nature, les écologistes, les amoureux de plantes vertes m’excusent, mais j’ai passé toute mon enfance en ville, en appartement et sans plante verte ni pot de fleurs au balcon. Et ce qu’on n’a pas acquis pendant l’enfance est perdu à tout jamais. Pour moi une plante verte, c’est un objet de décoration de bureau, c’est tout !

    Quelques jours après, au moment du premier grand ménage, je pris le pot pour le jeter à la poubelle, mais je ne sais pas pourquoi, je renonçai à le faire. Si, je sais un peu pourquoi : "elle n’est pas très belle" m’avait dit la dame de l’agence. Le précédent locataire l’avait certainement laissé là volontairement. Il avait dû récupérer avec moult précautions ses plus belles plantes et avait décidé d’abandonner celle-là comme on abandonne son chien bâtard quand on a acheté un beau chien de race.

    "Bon, écoute… OK, tu vas rester là en attendant qu’il vienne te récupérer, mais je te préviens : ne compte pas sur moi pour m’occuper de toi !".

    Je la redéposai dans son coin du balcon et l’oubliai, la regardant d’un oeil distrait quand, par hasard, mes yeux tombaient sur elle en buvant mon café du matin. Il est vrai que j’avais d’autres soucis en tête : mon père allait de plus en plus mal.

     

    Ma plante verte

    Quelque temps après cependant, un détail attira mon attention : elle embellissait ! Ses feuilles étaient maintenant d’un beau vert presque fluo et les tiges bien dressées. "Qu’est-ce qui s’est passé ? Il a plu ces jours-ci ? Ou alors, tu te fais belle pour lui ? Ou peut-être même pour moi, pauvre idiote ?"

    Les jours suivants, je pris l’habitude de l’observer toujours le matin en prenant mon café. Après la brève embellie, elle recommença à dépérir : ses feuilles devinrent vert foncé, presque kaki. Les jours suivants les branches commencèrent à s’affaisser. Elle se laissait dépérir avec ostentation, me semblait-il. Elle voulait peut-être que je compatisse à son sort et que je m’occupe d’elle ! Elle luttait contre sa mort annoncée.

    Elle luttait contre la mort et attendait un miracle, la pauvre, comme ce vieillard, là-bas, dans sa chambre d’hôpital. Lui aussi luttait et attendait un miracle qui prendrait la forme d’une greffe d’organe. Les médecins lui avaient pourtant dit que ce n’était pas envisageable car compte tenu de son âge et de son état de faiblesse générale, il ne pourrait pas supporter une opération chirurgicale aussi lourde. Mais il s’accrochait à cette idée. Il me disait que si on trouvait l’organe compatible et que si par chance il n’y avait pas à ce moment-là d'autre receveur compatible, les médecins finiraient par se dire "ma foi, pourquoi ne pas essayer ?"

    Dans la peine de ne pouvoir rien faire pour lui, j’eus envie d’aider la pauvre plante verte. J’en voulais un peu aux médecins de nous enlever tout espoir en nous disant "il va mourir car il est trop vieux pour qu’on s’occupe de lui" et je ne pouvais donc décemment pas dire à cette plante : " tu vas mourir car t’es pas assez belle pour qu’on s’occupe de toi" !

    Je me mis même à faire un parallèle superstitieux entre la santé de la plante et celle de mon père. Il me semblait que l’embellie constatée chez elle avait coïncidé dans le temps avec une rémission dans l’évolution de la maladie de mon père.

    Je me mis à l’arroser régulièrement. Je pris des renseignements auprès des secrétaires de la boîte, grandes spécialistes en plantes vertes, pour savoir quels soins lui donner. Il m’arrivait même de lui parler, de la saluer le matin, de la quitter le soir en lui disant " allez je vais me coucher ! Passe une bonne nuit, ma belle, et fais -toi bien arroser par la rosée du matin, je sais que tu adores ça !"

    Tout cela quand j’étais seul avec elle, bien sûr ! En présence de mes enfants par exemple, cela était inenvisageable : ils n’auraient pas reconnu leur père et auraient pensé que j’étais en train de perdre la raison !

    Sa santé s’améliora et je finis même par la trouver belle. Celle de mon père se dégrada jusqu’à l’issue fatale quelques mois plus tard.

    Je quittai l’appartement quelque temps après, après lui avoir dit au revoir et lui avoir promis de téléphoner au nouveau locataire pour lui demander de bien s’occuper d’elle.

    Ce que j’ai oublié de faire.

     


  •  

    Les femmes s’imaginent qu’elles ressentent les effets de l’âge et notamment le passage de la cinquantaine, de façon plus cruelle que nous.

    Je voudrais leur dire que, nous aussi, les hommes, passons un cap particulièrement difficile à la cinquantaine, même si nous préférons le plus souvent ne pas trop en parler !

    Ce cap difficile pourrait être ainsi résumé : entre 50 et 60 ans, un homme doit faire face à des attaques répétées venant de toutes parts visant à remettre en cause son statut de mâle dominant !

    Ces attaques viennent des collègues, des enfants, de l’épouse et même de son propre corps !

     

    Les enfants

    Jusqu’ici tu n’avais pas de problème avec eux. Tes enfants te respectaient, te demandaient de leur expliquer des trucs, t’écoutaient quand tu parlais…

    Et puis, petit à petit, imperceptiblement, ils se croient autorisés à te dire que ton raisonnement n’est pas le bon… que ce n’est pas un raisonnement logique, que ton analyse n’est pas "de gauche", qu’en faisant comme tu fais tu pollues la planète… ! Tu te dis " pas de problème, j’aime bien discuter politique avec eux, je vais leur expliquer et ils vont comprendre… comme d’habitude !" Mais non ! les morveux ont pris leur indépendance intellectuelle et ils persistent ! Et, le pire c’est qu'ils finissent par relever tes propres contradictions, tes propres erreurs! La brèche est ouverte, ils ne s’arrêteront plus désormais ! Tes références ? Ils se connaissent pas ! De Gaulle, Mitterrand, ils s’en foutent ! Rocard, Delors ? pourquoi pas Jaurès et Blum tant on y est?

     

    Les collègues

    Au bureau, c'est le petit con qu’on vous a collé sur les bras comme assistant, frais émoulu d’une grande école et qui, dès le lendemain de son arrivée, vous explique comment il faut faire votre boulot ! Vous le traitez par le mépris et vous vous dites "pas la peine d’entrer en conflit avec lui ! il est trop jeune, il n’aura aucune autorité sur les collaborateurs de mon service, ils vont tous l’envoyer paître" ! Eh bien pas du tout ! tout le monde le considère comme le type qui va vous remplacer tôt ou tard ! Quoi que vous fassiez, dans l’esprit des gens du bureau, vous êtes sur le départ (même si ça doit prendre une dizaine d' années) et lui, il a l’avenir devant lui !

    En une semaine à peine, vous prenez un coup de vieux de quinze ans et vous entrez dans la peau d’un pré-retraité !

     

    L’épouse

    Jusqu’ici, ta femme était super jalouse dès qu’une nana t’adressait la parole ! Bon, c’était très agaçant, c'est vrai, mais d’un autre côté ça avait fini par te mettre dans la tête que tu étais un séducteur hors pair capable d’envoûter une nana après trois minutes d’une conversation banale ! Et même quand tu revenais à peu plus de modestie, tu te disais "elle est jalouse car elle est folle amoureuse de moi et aucun autre mec ne pourrait lui plaire…"

    Et puis un jour, dans une soirée, chez des amis, tu constates, éberlué, qu’elle est troublée par un mec plus jeune qui lui fait du gringue. Une fois rentré à la maison, tu mets la question sur le tapis (avec tact et habileté, bien sûr !) et, oh deuxième surprise, elle ne conteste pas que le type est séduisant ! Mais elle te rassure tout de suite :"oooh tu es jaloux, mon pauvre chéri ! mais tu sais bien que tu es mon gros nounours à moi et que je ne t’échangerais pas pour tous les Don Juan de la Terre, enfin !"

    Et ce soir-là, tu vas te coucher en te disant : " Pour les femmes,  les mecs se répartissent en deux catégories : les Don Juan et les Gros Nounours ! Et moi je fais partie des Gros Nounours !"

     

    Le sexe

    Jusqu'ici, tu ne t’étais jamais posé la question. Même quand tu étais très fatigué, même quand tu avais un gros souci professionnel en tête, même quand tu avais déjà commencé à dormir, si ta chérie manifestait l’envie de faire un câlin, hé bien il suffisait juste de se rendre sur le champ de bataille et tout se mettait automatiquement en ordre de marche : le sang affluait là où il fallait, les corps caverneux se remplissaient, l’hypothalamus envoyait des signaux électriques aux bons organes… !

    Et puis un jour, ça ne marche pas ! la Panne ! oh rien de grave ! pas de souci, on n’est pas des machines quand même ! et puis les femmes sont super indulgentes sur ce point ! elles te rassurent, te disent que ce n’est pas grave, que c’est parce que tu es fatigué, que ce qu’elles aiment en fait c’est être dans tes bras rassurants… et ta tendresse… et ton humour aussi…

    Peine perdue ! Ce soir-là, tu as perdu ta belle assurance et les prérogatives liées au statut de mâle qui ne se pose pas de questions. Le vers est dans le fruit : désormais à chaque fois que tu vas faire l’amour, tu ne pourras pas t’empêcher de te poser la question : et si je n’y arrivais pas ? comme l’autre fois !

     


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    Nouvelle illustration hier de ce qu'est devenu le journal Le Monde : une vulgaire feuille militante faisant feu de tout bois  pour contredire la droite et bien montrer son positionnement à gauche. 

    Ainsi, pour contredire Juppé qui dit qu’il faut que les allocations sociales de celui qui ne vit que de ça soient toujours inférieures aux revenus du travail, ils font appel à une étude de ATD Quart-Monde sur le sujet.

     

    Ensuite, concernant la comparaison entre revenu du travail et RSA, l’association ATD Quart-Monde a creusé la question dans un livre publié début octobre 2016 (En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté). Verdict : il n’existe « qu’un seul cas dans lequel l’écart RSA-smic n’est pas significatif : celui d’une personne seule et sans enfant. […] Ce cas représente environ 5 % des foyers fiscaux en France. » Sachant que ces 5 % ne sont pas nécessairement au RSA, cela réduit grandement le nombre de cas.

     

    Donc, comme on le voit dans la citation soulignée par moi en jaune, ATD Quart-Monde dit qu’il y a au moins un cas ou cela est possible.

    Et que ce cas représente environ 5% des foyers fiscaux.

     Je voudrais, en toute humilité, faire deux remarques aux journalistes du Monde

    - La première est que, sachant qu’il y a en France (chiffre de 2015) environ 37,4 millions de foyers fiscaux, 5% ça fait quand même environ 1,8 million de personnes concernées !

    Et même si on ajoute que toutes les personnes qui seraient dans ce cas ne touchent pas le RSA, ça fait quand même beaucoup de gens concernés.

    Donc affirmer que c’est un "cas rare" est d’une mauvaise foi totale proche de la connerie d'un militant gauchiste. 

     

    - La deuxième remarque est que la base des 5%, à savoir la totalité des foyers fiscaux de France, n'est pas pertinente. La base pertinente serait plutôt celle comprenant les travailleurs pauvres ou précaires, les chômeurs et les "allocataires". Car le travailleur pauvre ne compare pas sa situation à celle d'un médecin ou d'un architecte mais à celle de son voisin de palier qui, sans travailler, a le même train de vie que lui.

    Et si l'on retient cette base, le chiffre de 1,8 millions de personnes n'est plus de 5% mais plutôt de 20% ou 30% .

     

    Et je voudrais  faire remarquer (respectueusement en toute modestie) aux brillants journalistes du Monde toujours en train d'analyser les causes de la montée du FN dans les classes populaires, que ce phénomène en est une des causes majeures. 

     

     

     

     

     


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    Les romains avaient pour coutume de donner des surnoms à leurs dirigeants. Et ceci de leur vivant. Ceux-ci étaient souvent donnés en référence à des faits d’armes ou à des victoires militaires.

    Ainsi, Publius Cornelius Scipio reçu le surnom d’Africain, pour avoir remporté de grandes victoires sur Carthage (situé en Afrique dans la Tunisie actuelle).

    Tiberius Drusus Nero fut surnommé Germanicus après une campagne périlleuse et triomphale en Germanie.

    Gaius Caesar Augustus reçu son surnom de Caligula (chaussure militaire) de ses soldats.

    Il existe cependant un empereur qui a reçu son surnom plus de deux siècles après sa mort : Marcus Julius Philippus dit Philippe l’Arabe.

    Et là, par exception le surnom ne fait pas référence à des victoires militaires, mais… à ses origines.

     

     Philippe l'arabe, empereur de Rome   

    On connaît les grandes lignes de la vie de Philippe l’arabe.

    Issu d’une famille arabe, Marcus Julius Philippus est né en 204 dans un district rattaché à la province d’Arabie nommé Trachon (dans la Syrie d'aujourd’hui : Leja, au sud de Damas). Il acquiert la nationalité romaine (et son nouveau nom)  en 212, à l’âge de 8 ans, en même temps que son père.

    En 244, nommé commandant de la garde prétorienne, il part avec l’empereur Gordien III dans une expédition militaire en Perse. L’empereur meurt sur le champ de bataille alors que l’armée romaine est dans une situation extrêmement difficile. Il fallait un chef pour le remplacer. Et vite. Sur le champ de bataille, Philippe est donc désigné Empereur de Rome par ses pairs.

    Philippe accepte. Mais certainement désireux de profiter un peu des avantages que pouvait procurer le statut d’empereur de Rome en temps de paix, il passe un accord avec le roi des Perses et lui verse une rançon très très élevée pour mettre fin à la guerre. 

    Rentré à Rome, il mènera une carrière somme toute normale d’empereur romain issu de la diversité :

    -Il met l’armée d’Orient sous le commandement unique de son frère (toute ressemblance avec des faits constatés dans la Syrie actuelle ne serait que pure coïncidence).

    - Il met l'armée d'Occident (Forces romaines du Danube) sous le commandement unique de son beau-frère (toute ressemblance… ne serait que pure coïncidence)

    - "Il comble l’Arabie, sa province natale, de sa générosité", dixit Wikipédia. (toute ressemblance… que pure coïncidence)

    - Il fait construire de toutes pièces une nouvelle cité appelée Philippopolis à Shahba (Syrie) sur l’emplacement de son village natal (toute ressemblance… avec le village de la famille Assad devenu lieu de pèlerinage ne serait que pure coïncidence)

    - Il fait effectuer des travaux monumentaux à sa gloire sur le temple de Jupiter à Héliopolis (aujourd’hui Baalbek, Liban). (ressemblance… coïncidence)

    - Pour fêter l’An mil (de la fondation de Rome, pas de la naissance de l’autre), il fait célébrer avec beaucoup de faste les Jeux du Cirque.

     

    Son règne, malheureusement, ne dura que 5 ans.

    Son frère en Orient et son beau-frère en Occident ayant sollicité au-delà du raisonnable les populations de l’empire pour financer tout cela, celles-ci se soulevèrent avec le soutien d’une partie de l’armée. (Profitons cependant pour leur rendre hommage : ils respectaient déjà la règle d’or et refusaient de financer les dépenses de l’Etat par le déficit),

    Philippe l’arabe envoya Dèce, préfet de Rome, fidèle parmi les fidèles, pour mater la révolte. Ce qui fut fait. Mais aussitôt après avoir massacré les populations indignées, Macron Dèce-le-fidèle se déclara lui aussi empereur de Rome.

    Il ne pouvait y avoir deux empereurs de Rome. La bataille finale eut lieu quelques mois plus tard en 249 à Vérone. Philippe l’arabe la perdit et fut tué sans autre forme de procès, comme il était de coutume à une époque où n’existaient encore ni Convention de Genève ni Tribunal Pénal International.

     

    Il laissera le souvenir d’un dirigeant avisé mais incompris qui n’aura pas su convaincre son peuple que les impôts n’ont d’autre limite que le bon vouloir de ses dirigeants.

    On retiendra de lui l’image d’un homme qui aura su refuser le choc des cultures en fusionnant la mégalomanie propre aux empereurs romains de souche et le sens de la famille (et de la belle-famille) si fréquente dans les contrées dont il était originaire.

     


  • Moi, quand j'étais petit, si j'aimais les témoins de Jéhovah, c'était à cause de leur paradis.  Ils venaient souvent à la maison. Et, au grand dam de mon père, ma mère n'osait pas claquer la porte au nez de gens qui venaient parler de Dieu !  "Ben oui, disait-elle à mon père, même si on ne croit pas à tout ce qu'ils racontent, on peut au moins discuter avec eux ! Alors qu'avec toi..."

    En partant ils laissaient des brochures avec plein de dessins, certains représentant le paradis ! hhhmmmmm, qu'est-ce qu'il était beau, leur paradis ! Au catéchisme, on n'avait pas d'images du paradis ! Quelques petits anges posés sur des nuages, tout au plus !  Et le jugement dernier sur les vitraux de l'église donnait une idée plutôt lugubre de ce que devait être l'au-delà. Une file d'attente interminable qui se prolongeait à l'infini, des gens, certains ravis, d'autres inquiets, attendant de passer à leur tour devant un Christ géant en état d'apesanteur. 

    Tout cela me faisait un peu peur. Et puis j'étais sûr que je ne réussirais jamais l'interro "jugement dernier", que je ne saurais pas répondre aux questions qu'on me poserait et qu'on me ferait plein de remontrances parce que je ne me serais pas tenu pas assez droit, ou parce que j'aurais eu les ongles sales (quelle idée, petite mère, de dire à un enfant que le petit Jésus n'aime pas les enfants aux ongles sales !)    



    Deux "Témoins" sont passés chez moi cette semaine et m'ont laissé une brochure ! Une bouffée de souvenirs d'enfance !

     Le paradis

     

    Je comprends maintenant pourquoi j'aimais tant leur paradis ! Le paradis des Témoins de Jéhovah, on y est admis de droit ! Oui, certes, à condition d'être Témoin de Jéhovah, d'accord, mais c'est facile de le devenir ! Il suffit juste de dire "Jéhovah ou-akbar" ou quelque chose du même ordre ! 


    Dans le paradis, de Jéhovah, il n'y a pas de contrôle aux frontières, pas de quota d'immigration, pas de discrimination entre races, ni entre sexes, ni entre générations ! Mieux encore ! Il n'y a pas de discriminations entre animaux ! les lions jouent tendrement avec les gazelles à deux pas de bébés assis sur l'herbe !  Il n'y a plus de proie, plus de prédateur, plus de victime plus de méchant, c'est fini tout ça, au paradis de Jéhovah !

    Au paradis de Jéhovah, c'est le début du printemps toute l'année. Une végétation verdoyante, une température idéale, on le sent bien sur les images ! Pas de canicules, pas d'hivers rigoureux, pas d'orages, pas d'inondations, rien de tout cela ! Avec, cerise sur le gâteau, des petits ruisseaux d'eau claire exempts de toute  pollution disséminés un peu partout dans lesquels tout le monde, hommes, enfants, lions et gazelles, peut se désaltérer et se rafraîchir !

    Mais ce distingue vraiment le paradis des témoins de Jéhovah des autres paradis, et lui fait ressembler à la vision de l'avenir radieux  passée au prisme de la révolution culturelle chinoise,  c'est que tout le monde rit tout le temps ! Les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards, se déplacent en riant, chantent en riant, se promènent en riant !  Les hommes construisent des églises en riant, les femmes font la lecture de la Bible en riant à des enfants qui écoutent en riant ! Les musiciens jouent en riant de l'accordéon, de la guitare, du violon ou de la flûte de Pan. Et les spectateurs les écoutent en riant.

    J'ai bien aimé le paradis des témoins de Jéhovah dans ma petite enfance. Mais aujourd'hui, je vais vous dire honnêtement : tous ces gens qui rient tout le temps, ça me fait un peu peur, quand même !


  • En 2006 j'ai parié un resto à la Tour d'argent avec un collègue que jamais Nicolas Sarkozy ne serait président. Heureusement pour moi, le collègue a oublié. Je peux le dire maintenant, il y a prescription.

    Cette fois, j'éviterai de faire le même pari. Peut-être gagnera-t-il, on n'en sait rien. Juppé a l’air si fade. La démocratie a ses règles. Et parmi elles, il y en a peut-être une qui veut que des dizaines de personnages médiocres doivent précéder un bon, qui n'apparaît que de temps en temps.

    Mais de toute façon, j’ai de plus en plus de mal à parler politique. Je ne suis pas assez "indigné" par ce système pour le faire. J'ai en général de la tendresse pour cette démocratie et ses défauts inhérents, pour cette Europe si imparfaite, pour les institutions internationales qui me paraissent si nécessaires dans ce monde dangereux.

    Il n'y a que les extrémistes qui m'indignent. Or pour être intéressant, un blog politique se doit d'être consacré à  des thèses extrémistes.  

    Un blog politique a des règles que je ne pourrai jamais respecter.  Il faut d'abord dénoncer avec rage qui la "classe politique qui nous trompe", qui la "finance internationale qui nous spolie", qui "l'Union européenne et sa bureaucratie" ...! 

    Il faut ensuite suggérer (sans jamais expliciter)  qu'il y a UNE méthode très simple  pour régler TOUS les problèmes.

    Pour moi, tout ça, c'est mission impossible ! 

     

    Alors je vais tenter de faire comme le poète : retrouver mon âme d'enfant

    A présent laissez-moi, car j´ai affaire : 

    un insecte m´attend pour traiter. 

    Je me fais joie du gros oeil à facettes: 

    anguleux, imprévu.

    Ou bien... j`ai une alliance avec les pierres veinées-bleu:

    et vous me laissez également, assis, dans l’amitié de mes genoux. 

     

    Dans l'amitié de mes genoux

     

     

     

     

     






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