•  

    A chaque crise, désormais, le problème se pose de savoir si nous sommes bien représentés par nos élus. Pas pour conclure qu’on devrait changer les élus, non ! Pour trouver d’autres formes de représentation de la volonté populaire : référendum d’initiative populaire, quota d’élus choisis par tirage au sort, voire d'être représentés par tous ceux qui enfileraient un gilet jaune !

    Pourtant d’autres, de par le monde, ont déjà réglé le problème en innovant et c’est peut-être vers ces innovations qu’on veut nous emmener sans le dire vraiment. Quelques exemples :

     

    Syrie

    Il y a des élections en Syrie. Mais la moitié des sièges du parlement revient d’office aux membres du parti Baas

    L’autre moitié est répartie au prorata des suffrages issus des élections (y compris donc le parti Baas).

    Autrement dit, même si le parti Baas obtenait 1 % des suffrages, il aurait la majorité absolue. Mais je vous rassure, cher lecteur inquiet, le parti Baas fait beaucoup plus que 1 %

     

    Iran

    Les élections sont souvent relativement bien organisées (isoloirs, representants des différents candidats) mais c’est en amont que le tri a lieu : Toutes les candidatures doivent être validées par un Conseil des Gardiens de la Constitution.

    Exemple des critères de tri : Lors d'élections législatives en 2016, la candidature du petit-fils de l’ayatollah Khomeini a été refusée pour "insuffisance de compétence scientifique" (c'est-à-dire : islamique). En effet le brave rejeton du l'ex guide suprême avait cru, en raison de sa prestigieuse filiation, pouvoir se dispenser de se soumettre à un examen de théologie islamique organisé par le Conseil Gardiens de la Constitution, examen auquel s'étaient soumis les quelques 400 autres candidats.

     

    Cuba

    Il y a des élections à Cuba. Les candidatures sont proposés par des assemblées contrôlées par le Parti : "mouvements des travailleurs, de la jeunesse, des femmes, des étudiants et des paysans, ainsi que les membres des Comités de défense de la Révolution" .

    Les candidats ainsi désignés sont les seuls à pouvoir se présenter et sont élus au suffrage universel à bulletin secret. 

    Preuve de la supériorité de la démocratie cubaine et grande fierté du régime cubain : le contrôle des urnes électorales et leur dépouillement sont confiés exclusivement à ... des collégiens !

    (Vue l'importance de l'enjeu, on s'étonne même qu'ils n'aient pas confié cette tâche aux élèves des écoles maternelles)

     

    Venezuela

    Pour contourner un parlement gagné par l’opposition, le parti de Maduro a décidé de créer une assemblée constituante ayant tous les pouvoirs. Une partie de cette constituante a été élue au suffrage direct (mais les membres des partis politiques n’étaient pas autorisés à se présenter) et l’autre partie en fonction des groupes sociaux  avec des coefficients différents en fonction de leur importance dans la société (syndicats, retraités, étudiants, paysans, handicapés…)

    Beaucoup de gens, choisis par le régime, ont donc été invités, conformément à cette loi,  à voter plusieurs fois, par exemple une fois en tant que jeune, une autre fois comme "étudiant" voire peut-être une troisième fois dans le groupe des électeurs "handicapés".

     

    Liban

    Le Liban a un système électoral extrêmement complexe. Ce sont de vraies élections démocratique qui se font au scrutin direct pour des listes élues à la proportionnelle. Mais comme, au final, la constitution prévoit que le parlement doit être composé pour moitié de chrétiens pour moitié de musulmans, c’est donc à l’intérieur des deux grandes religions que les vraies batailles électorales ont lieu. 

    En effet les chrétiens étant assurés d’avoir la moitié des sièges du parlement, le seul problème qui se pose est de savoir qui des maronites, des grecs orthodoxes, des catholiques romains ou des coptes auront le plus d’influence à l’intérieur du camp chrétien. Et c’est souvent sur l’utilité d’une alliance avec telle ou telle obédience musulmane que les grandes familles  chrétiennes s’opposeront.

     

    Libye

    Quand on reprochait à Kadhafi l'absence de démocratie dans son pays, il répondait (je cite de mémoire) " Pas besoin d’intermédiaires. Quand j'ai une décision à prendre, je descend dans la rue, j’interroge directement mon peuple et j'applique sa volonté"

    C'est le système le plus proche de ce que proposent certains Gilets jaunes : aller les interroger sur les ronds-points et faire ce qu'ils demandent sans passer par ces institutions stupides et inutiles que sont les assemblées parlementaires.  

     

    Et vous savez quoi ? On va y arriver un jour, vous verrez, à l'une ou à l'autre de ces formes supérieures de la démocratie !

     



  • Ce poème de Rimbaud, écrit à l'âge de 16 ans,  est le fruit d'un devoir scolaire dont le sujet était d'écrire une lettre au roi Louis XI pour obtenir la grâce du bandit et poète François Villon condamné à à la potence.

    Je passe rapidement sur les sujets d'étonnement qui me viennent spontanément à l'esprit:

    - Un tel sujet de dissertation à des jeunes de 16 ans ?? C'est quoi l'équivalent aujourd’hui  dans les collèges de France ? Ecrivez une lettre au président de la République pour demander que la nationalité française soit accordée à Maître Gims malgré sa bigamie ?

    - Rimbaud s'inspire et se moque de l'ambiance macabre et des descriptions très crus de la ballade des pendus de François Villon (Pies et corbeaux nous ont les yeux crevés / Et arraché la barbe et les sourcils)  

    Il a 16 ans et il a déjà lu François Villon. Et pourtant, il n'avait pas une mère qui l'incitait à lire, c'est le moins qu'on puisse dire. A cet âge, je lisais, au mieux, Les trois mousquetaires, la guerre du feu... Il y a des jours où j'ai l'impression d'avoir gâché ma jeunesse. (Et ma vie, en général, mais ça s'est un autre sujet dont je te parlerai un jour, cher ami lecteur) 

     

    - Mais retournons au poème : je ne sais pas quel note il a eu mais, à mon avis, le jeune poète était largement hors sujet ! Mais pour notre plus grand bonheur !

     

    Au gibet noir, manchot aimable,
    Dansent, dansent les paladins,
    Les maigres paladins du diable,
    Les squelettes de Saladins.

    Messire Belzébuth tire par la cravate
    Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel,
    Et, leur claquant au front un revers de savate,
    Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël !

    Et les pantins choqués enlacent leurs bras grêles :
    Comme des orgues noirs, les poitrines à jour
    Que serraient autrefois les gentes damoiselles,
    Se heurtent longuement dans un hideux amour.

    Hurrah ! les gais danseurs qui n'avez plus de panse !
    On peut cabrioler, les tréteaux sont si longs !
    Hop ! qu'on ne cache plus si c'est bataille ou danse !
    Belzébuth enragé racle ses violons !

    O durs talons, jamais on n'use sa sandale !
    Presque tous ont quitté la chemise de peau ;
    Le reste est peu gênant et se voit sans scandale.
    Sur les crânes, la neige applique un blanc chapeau :

    Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées,
    Un morceau de chair tremble à leur maigre menton :
    On dirait, tournoyant dans les sombres mêlées,
    Des preux, raides, heurtant armures de carton.

    Hurrah ! la bise siffle au grand bal des squelettes !
    Le gibet noir mugit comme un orgue de fer !
    Les loups vont répondant des forêts violettes :
    À l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer...

    Holà, secouez-moi ces capitans funèbres
    Qui défilent, sournois, de leurs gros doigts cassés
    Un chapelet d'amour sur leurs pâles vertèbres :
    Ce n'est pas un moustier ici, les trépassés !

    Oh ! voilà qu'au milieu de la danse macabre
    Bondit dans le ciel rouge un grand squelette fou
    Emporté par l'élan, comme un cheval se cabre :
    Et, se sentant encore la corde raide au cou,

    Crispe ses petits doigts sur son fémur qui craque
    Avec des cris pareils à des ricanements,
    Et, comme un baladin rentre dans la baraque,
    Rebondit dans le bal au chant des ossements.

    Au gibet noir, manchot aimable,
    Dansent, dansent les paladins,
    Les maigres paladins du diable,
    Les squelettes de Saladins.

     

     

     


  •  

    Horoscope d’un pendu

    Et Nostradamus et Rombure,
    Et tous les devins réputés
    Ont été par toi fréquentés
    Pour savoir ta bonne aventure ;
    Ils ont prédit que tu serois
    Un jour plus haut que tous les rois.

    Et voici qu’on te mène pendre !
    N’ont-ils pas dit la vérité ?
    Car tu t’en vas si hautement,
    Que nul ne peut si haut prétendre.

    Guillaume BOUCHET, poète français (1513-1594)

     

    Amertume d'un perdant

    Et Alain Mink et Attali
    Et autres mentors d’économie
    Ont été par toi consultés
    Pour savoir sur qui collecter
    l’impôt sans courir de danger ;

    Ils t’ont dit de faire porter
    tout le poids sur les retraités
    sur les moutons non syndiqués
    qui ont toujours tout accepté
    Et n’aiment pas trop manifester

    Maintenant que tu es humilié
    Tu penses qu’ils se sont tous trompés.
    Mais ils ont dit la vérité :
    Il s’agissait bien de moutons
    oui mais de moutons enragés !

    Carlus, blogueur plagiaire

    Le pendu et le perdant


  • NAUFRAGE

    Dédale criait à son fils,
    Afin de lui donner courage
    «Vole comme je t'ai appris,
    Suis toujours la moyenne plage» ;


    Mais Icare, proche du naufrage,
    Disait: «Je ne suis plus en l'air ;
    Ne m'apprends donc plus à voler,
    Montre moi plutôt comme on nage.»

    Guillaume BOUCHET , poète  (1513-1594)

     

    INCENDIE

    Attali disait "écoute bien,
    Pour gouverner, il faut qu'tu grimpes,
    Comme Jupiter en haut d' l'Olympe
    Là où nul ne pourra t'atteindre" ;

    Mais Emmanuel lui répondit:
    "Il s'agit là d'un incendie;
    Il ne sert à rien de grimper,
    Dis-moi plutôt comment l'éteindre."

    Carlus,  blogueur plagiaire

    Carlus


  • "Nous n'aurons bientôt plus que l'impôt sur les os"          (Michel Audiart )

     

    Je fais partie de ceux qui sont atteints par le ras-le-bol fiscal. Chaque nouvelle création de taxe me met hors de moi surtout quand elle s’habille de bons sentiments et de nobles objectifs comme la justice sociale, la solidarité, le social, l’écologie, le coût carbone .

    Y en a marre vraiment !

    La politique économique se résume aujourd’hui à la recherche de nouveaux prétextes pour créer de nouvelles taxes. Le sucre n’est pas bon pour la santé ? taxons-la ! Les camions polluent ? Taxons-les ! Les gens voyagent beaucoup ? Taxons les billets d’avion ! Le diesel est mauvais pour les poumons ? Augmentons les taxes sur le diesel ! La Sécu est en déficit ? Créons une taxe "contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale".

    Sans compter les taxes "par destination" : un ravalement obligatoire tous les dix ans si vous habitez une grande ville, des taxes d’aéroport plus élevées que le prix du billet, des radars sur toutes les routes…

    Y en a vraiment marre marre marre, ras le bol !

    La fiscalité par sa complexité est le domaine des magouilles ! Savez-vous par exemple que, dans les restaurants, les plats "à emporter" ont un taux de TVA inférieur aux plats consommés sur place ? Pourquoi ? Personne ne sait vraiment ! Peut-être un amendement déposé un jour par un député gérant un Mac Do, qui sait ?

    La fiscalité est le domaine des abus de pouvoir de la part de l’Etat. Savez-vous qu’il existe un délit intitulé "abus de droit" ? En quoi consiste-t-il ? Si vous avez appliqué une loi uniquement dans le but de vous soustraire en partie à l’impôt, vous vous êtes rendus coupable d’un abus de droit ! Autrement dit, vous n’avez rien fait d’illégal au regard des textes de lois, mais comme vous l’avez fait pour échapper à l’impôt, vous êtes sévèrement puni.

     

     

    Pour toutes ces raisons, je me sens toujours proche au départ des révoltes populaires contre le trop d’impôt, de manière intime et spontanée. Mais c’est en sachant que ces revendications seront souvent associées à d'autres  que je ne partage pas. Pour des raisons que j’ignore, ces révoltes débouchent souvent sur de l’antiparlementarisme, sur des slogans anti-européens, sur des propos anti-migrants, parfois racistes, bref, sur des positions finales souvent assez proches de celles de l’extrême droite.

    Le mouvement actuel des gilets jaunes n’échappe pas totalement à ce soupçon, le programme présenté à un ministre comme étant celui des gilets jaunes en témoigne :

    "... l’abandon du projet de renouvellement du parc automobile français en électrique.

    C'est quoi cette revendication de merde ? Pourquoi faudrait-il abandonner cet objectif ? En quoi cela va augmenter leur pouvoir d’achat ?

    "... une consultation plus fréquente du peuple par voie de référendum national… la suppression du Sénat… la reconnaissance du vote blanc lors des scrutins électoraux…"

    Bref, revendications purement politiques ! tous les vieux poncifs de l’extrême droite et de l’extrême gauche pour faire passer des mesures démagogiques sans être responsables des conséquences.

     

    "... La baisse des charges patronales, la hausse des aides publiques l’augmentation des retraites et des aides financières aux étudiants, la réévaluation de l’aide personnalisée au logement…"

    Rengaine habituelle des propos de bistrots : il faut diminuer les impôts et en même temps augmenter les aides et les subventions de toutes natures.

    Mais où va-t-on prendre l’argent alors ? Là !

    "... réduction significative des salaires des membres du gouvernement, la suppression des privilèges pour les élus, notamment après leur mandat, un contrôle des notes de frais des élus !"

    Ben voyons ! On va aller loin avec ça !

     

    PS: A noter qu’ils n’ont pas exigé une lutte renforcée contre la fraude fiscale (gros marqueur de gauche), ce qui prouve d’une part qu’ils sont cohérents avec eux-mêmes et d’autre part qu’ils ne sont pas de gauche. Mais ça, on s’en doutait un peu déjà  !

     


  •  

    Des gens sont encore passés me voir ce matin. Rituel immuable. Deux jeunes au regard apeuré sommés de m’embrasser et dire "Bonjour papy" et les vieux cons qui semblent leur servir de parents qui s’adressent à moi comme si on avait élevé les cochons ensemble !

     

    Ils m’ont demandé qui j’avais rencontré ces derniers temps. J’ai préféré ne pas répondre. J’ai bien reçu la visite de mon vieux frère Hérodote, mais je ne veux pas avoir de problème. La réputation qu’a ce vieux gredin d'affabuler pourrait leur laisser penser que, moi aussi, j’invente les histoires que je raconte. Je pourrais pourtant garantir que cet homme - mon ami, mon frère - n’a jamais rien inventé et que tous ces récits sont le reflet exact de ce qu’il a vu et de ce qu’on lui a raconté, mais qui me croirait ? On me rétorquerait que c’est par amitié que j’affirme cela et que "qui se ressemble s’assemble" !

     

    Ceci dit, qu’il soit bien clair que je n’ai aucun problème à être comparé à mon ami Hérodote ! Car nous avons été amis malgré nos disputes incessantes, peut-être même du fait de nos disputes incessantes ! Il était originaire d’Halicarnasse, moi de Mésopotamie. Sa famille avait émigré à Samos pour fuir la tyrannie. La mienne aussi.

     

    Au moment où nous nous sommes connus, il voulait voyager et raconter l’histoire des hommes ! De tous les hommes "tant les Grecs que les Barbares" précisait-il. A cette époque, nous manquions de modestie et voulions tous les deux être Homère ! "Homère ou rien", chantions-nous à tue-tête les soirs de beuverie ! Mais alors que moi je me prenais à l’époque pour un aède, un poète lyrique, lui se sentait plutôt l’âme de ce qu’on appellerait aujourd’hui un "journaliste". Il voulait raconter non pas de lointains événements, comme la guerre de Troie mais l’histoire de son temps ! "La littérature et la poésie, lui disais-je, imbu de moi-même, il n’y a que cela pour vous garantir la postérité !" — "Le récit  et les témoignages sont un moyen plus modeste mais plus sûr", rétorquait-il ! 

     

    La suite lui a donné raison. Je n’ai jamais pu écrire le chef-d’oeuvre que j’avais pourtant là, quelque part dans un recoin de mon cerveau. Lui, a voyagé et raconté. Il est devenu une célébrité de son vivant. Oh certes, il fut très critiqué ! Plutarque de Chéronée  lui consacre même un ouvrage tout entier intitulé " De la mauvaise foi d’Hérodote " et Aristote le qualifie de « mythologue ». En fait, ce qu’on lui reproche est d’avoir la même bienveillance pour les barbares et pour les grecs, la même curiosité amusée pour décrire l'histoire et les coutumes persanes ou égyptiennes et celles des cités grecques.

     

    Mais bien des siècles plus tard, alors que la trace des hommes de son temps était en train de s’estomper dans le sol et dans les mémoires, son oeuvre fut redécouverte et son talent reconnu. Des ouvrages lui sont à nouveau consacrés en pleine renaissance européenne "Apologie pour Hérodote", "Voyage du jeune Anarchasis en Grèce",. 

     

    Plus tard encore, au vingtième siècle, les chercheurs en train de redéfinir les contours de sciences telles que l’histoire, la géographie ou l’ethnologie le considéreront comme le premier d’entre eux.

     

    Jacques Laccariere dans son ouvrage " en cheminant avec Hérodote" dit de lui "Grâce au génie du conteur, le monde « barbare » revit sous nos yeux. Qu’il raconte les suicides de chats en Egypte, la capture des crocodiles sacrés ou les mésaventures du roi Khampsinite, Hérodote nous tient littéralement sous le charme. Et l’émotion nous gagne peu à peu, lorsqu’apparaissent en filigrane « le mouvement du visage, la silhouette de la tendresse » de ceux qui demeurent pour nous l’enfance de l’humanité. "

     

    Et je peux, de mon côté modestement, confirmer à la face du monde que s’il y a bien quelque chose que l’on a envie de faire avec toi, Hérodote, mon ami, mon frère, c’est bien de cheminer à travers le monde en dissertant aimablement avec l' homme de bonne compagnie et de grande culture que tu es !


  •  

    Quand le ciel est gris, le temps médiocre et l'actualité minable, un conseil d'ami : réfugiez-vous dans la poésie, et plus spécialement dans la poésie érotique... non, non, la poésie biblique, ... enfin disons la poésie érotico-biblique.

    Voici quelques exemples tirés du  Cantique des cantiques, premier long poème érotique de notre civilisation judéo-chrétienne ! Qui prouve qu'avant de se toucher et de s'embrasser, les hommes et les femmes ont coutume,  depuis fort longtemps, de se livrer à un minimum de parade nuptiale sous forme d'échange de compliments poétiques. 

    Bon, en tout cas, c'est beau et ça vaut le détour ! 

    Tout d'abord, ce que Monsieur dit à Madame :

      

    Que tu es belle, mon amie, que tu es belle! 

    A la jument qu'on attelle aux chars de Pharaon,

    je te compare, ma sœur, ma bien-aimée.

    Tes cheveux sont un troupeau de chèvres, 

    Suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.

    Tes dents un troupeau de brebis tondues, 

    Qui remontent de l'abreuvoir; 

    Tes lèvres sont un fil cramoisi, 

    Et ta bouche est charmante

    Ta joue est une moitié de grenade

    Ton cou est comme la tour de David, 

    Bâtie pour être un arsenal; 

    Mille boucliers y sont suspendus

    Tes deux seins sont deux faons, 

    Jumeaux d'une gazelle, 

    Qui paissent au milieu des lis

    Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée, 

    Une source fermée, une fontaine scellée.

    Ton sein est une coupe arrondie, 

    Où le vin parfumé ne manque pas; 

    Ton corps est un tas de froment, 

    Entouré de lis

    Tes yeux sont comme les étangs de Hesbon, 

    Près de la porte de Bath Rabbim;

    Ton nez est comme la tour du Liban

    Ta taille ressemble au palmier, 

    Et tes seins à des grappes. 

    Je monterai sur le palmier, j'en saisirai les rameaux! 

     ____________________________________________________

    Et comment elle, la bien-aimée, répond-t-elle à son amoureux ? 

    Ben c'est plus soft déjà.  A part les yeux comme des colombes, pas de comparaison animalière ! 

     ____________________________________________________

     

    Mon bien-aimé est blanc et vermeil; 

    Il se distingue entre dix mille. 

    Sa tête est de l'or pur; 

    Ses boucles sont flottantes

    Et noires comme le corbeau. 

    Ses yeux sont des colombes au bord des ruisseaux, 

    Se baignant dans le lait, 

    Reposant au sein de l'abondance. 

    Ses joues sont un parterre d'aromates, 

    Une couche de plantes odorantes; 

    Ses lèvres sont des lis, 

    D'où coule la myrrhe. 

    Ses mains sont des anneaux d'or, 

    Garnis de chrysolithes; 

    Son corps est de l'ivoire poli, 

    Couvert de saphirs; 

    Ses jambes sont des colonnes de marbre blanc, 

    Posées sur des bases d'or pur. 

    Son aspect est comme le Liban, 

    Distingué comme les cèdres. 

    Son palais n'est que douceur, 

    Et toute sa personne est pleine de charme. 

    Tel est mon bien-aimé,

    Tel est mon ami, Filles de Jérusalem!

     


  • Mezzé bien sûr

    La cuisine est la même mais les restaurants sont "libanais" à Paris et "syriens" à Marseille. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Peut-être tout simplement parce qu'il y a davantage de Libanais à Paris et davantage de Syriens à Marseille. Peut-être.

                                                   °  °  °                                   

    A combien la livre ?

    Après avoir été indexée sur le Franc puis sur la Livre Sterling, la valeur de la monnaie libanaise est aujourd'hui ancrée à celle du dollar au taux fixe de 1507 livres  pour un dollar.  Cela veut dire que le Liban a une monnaie forte convertible partout dans le monde. 

    La livre syrienne, elle, même si l'effigie de Hafez El Assad n'y figure plus, possède à peu près la même valeur que le peso cubain ou le won nord coréen.

                                                 °  °  °                                                          Anti... sémantisme    

    L’Etat syrien ne reconnaît pas Israël. Dans les discours officiels, Israël est désigné sous l’appellation "Palestine occupée"

                                                  °  °  °                                          

    Mégalomanie orientale

    Il existe depuis l’indépendance un petit parti d’opposition nationaliste et laïc très connu, plus ou moins encouragé par le pouvoir en Syrie qui s’appelle parti populaire syrien. Pour le fondateur de ce parti, Saadé Antoine (oui, il était chrétien) la Syrie naturelle, la Grande Syrie donc, se compose de la Syrie actuelle (normal) du Liban (bien sûr) de la Jordanie et de l’Irak (mais oui) et de la Palestine (Palestine occupée comprise, bien entendu).
    Si ce vaste programme de réunification était appliqué aujourd’hui la Syrie actuelle serait dans le meilleur des cas, une province pauvre de ce qui serait devenu le Grand Liban et, dans le pire des cas, un territoire occupé administré par le Grand Israël. 

                                                  °  °  °                                         

    Allah oui

    Ce qui aux yeux des islamistes sunnites rend le clan Assad illégitime au pouvoir c’est qu’ils sont de religion alaouite (branche minoritaire du chiisme, lui-même minoritaire par rapport au sunnisme). Pourtant, Hafez et son fils Bachar se sont bien convertis au sunnisme et ceci pour une raison très simple : la constitution syrienne précise, comme dans la grande majorité des pays musulmans, que le président doit être de religion musulmane. Et musulmane sans précision signifie Sunnite.
    Mais personne n’est dupe : tous les Syriens savent qu’ils se sont convertis parce que "Damas vaut bien une messe"

                                                  °  °  °                                     

    Vivre ensemble  

    Avant la guerre, le grief qu’on entendait le plus souvent dans la bouche des sunnites hostiles au régime Assad n’était pas du tout "ce sont de féroces  dictateurs" mais plutôt "ces chiens d’Alaouites n’avaient même pas le droit de nous regarder dans les yeux, et maintenant ils veulent nous gouverner ?"

                                                  °  °  °                                       

    Chapeau Baas, Michel  

    Le parti Baas (Parti socialiste de la résurrection arabe), qui est le parti du clan Assad au pouvoir en Syrie (mais qui était aussi celui du frère ennemi irakien Sadam Hussein), a été créé en 1947 et son principal fondateur et idéologue était... un chrétien orthodoxe : Michel Aflak.

                                                  °  °  °                   

    Los Turcos

    En Amérique latine, tous les migrants originaires du Moyen-Orient ont longtemps été appelés "Turcos" ( les Turcs)  alors que pour une bonne partie (dans les premières vagues, en tout cas) ils fuyaient la féroce occupation ottomane.

    L'écrivain brésilien Jorge Amado raconte une histoire de migrants syro-libanais arrivés au Brésil au début du 20e siècle dans un livre intitulé avec humour "La découverte de l'Amérique par les Turcs" (les "Turcs" étant donc paradoxalement les Libanais et les Syriens fuyant les Turcs)

                                                   °  °  °                   

    Diasporama

    La diaspora syrienne (avant la guerre) était estimée par le ministère syrien des expatriés à 15 millions de personnes pour une population sur place de 20 millions d’habitants.
    Mais ce chiffre comporte des descendants de 1re, 2e, 3e ou de 4e génération, c’est-à-dire des gens qui n’ont plus grand-chose à voir avec le pays de leurs arrière-grands-pères.

                                                  °  °  °                                       

    Galerie de portraits

    Plus grand-chose à voir, en effet, car les migrants syro-libanais (beaucoup sont de religion chrétienne) s’intègrent très rapidement (souvent en une génération) aux sociétés dans lesquelles ils vivent.
    Illustration : voici, parmi beaucoup d’autres, quelques personnalités connues ayant des origines syriennes ou libanaises, en vrac :

    Steve Jobs (fondateur d'Apple)

    Carlos Menem président argentin de 1989 à 1999

    Michel Temer, président par intérim du Brésil en 2018

    Jamil Mahuad président de l’Équateur de 1998 à 2000

    Fidel Castro leader maximo

    Jorge Amado , écrivain

    Mario Abdo Benitez, actuel président du Paraguay

    Fernando Haddad, candidat à la dernière présidentielle brésilienne

    Carlos Ghosn, PDG des groupes Nissan et Renault

    Paul Anka, chanteur

    Louis Chedid (et donc son fils Matthieu)

    Shakira, chanteuse

    Mika, chanteur

    et... (moins connu mais tout aussi talentueux)

    votre serviteur Carlus, blogueur

                                                °  °  °                                          

    Par contre, si un Libanais vous dit que Shakespeare avait des origines libanaises et que son vrai nom était Cheikh Ispir, sachez qu'il s'agit d'un trait d'humour ! 

     


  • Excellent résumé du dernier rebondissement de l'affaire Tarik Ramadan par Sofia Aram 

     

    Anecdote supplémentaire :

    Les journalistes interrogent à la télé  l'avocat de Tarik Ramadan sur la violence qui accompagnait les rapports sexuels qu'il avait avec les plaignantes. Exemple : Le lendemain des faits, le prédicateur envoie un premier message à la plaignante vers 19 heures. "J'ai senti ta gêne… Désolée pour ma "violence". J'ai aimé… Tu en veux encore ? Pas déçue ?". Christelle ne répond pas. Vers 23 heures, elle reçoit un deuxième SMS : "tu n'as pas aimé… Je suis désolé. Désolé."

    Réponse en substance de l'avocat du saint homme : le fait qu'il y ait eu violence dans les rapports sexuels ne prouve pas qu'ils n'étaient pas consentis. 

     


  •  

    La petite racaille
    On s’en doutait tous, qu'il allait récidiver, le petit con, même si on pensait que ce ne serait pas si tôt. Franchement, tu pensais vraiment qu'il serait réceptif à tes conseils, le type qui te reçoit torse nu pour bien montrer qu’il n’a peur de personne, qu’il est un caïd, qu’il manipule tout le monde et surtout les petits blancs un peu cons cons qui viennent le flatter comme le type de Pôle Emploi, le juge d’application des peines, le type de la CAF qui passe voir sa mère et même le président admiratif des muscles virils qui vient s’encanailler dans les quartiers difficiles de Saint-Martin.
    Et franchement, conseiller à ce gars d’aller bosser huit heures par jour dans le BTP pour un salaire qui ne représente même pas la vente de 100 grammes de shit, c’est vraiment con, mon pote !

     

    La moyenne racaille
    On s’en doutait qu'il y aurait d'autre affaires du même genre. Une racaille reste une racaille même lorsqu’il gagne des millions sur un terrain de foot. L’enquête de police sur le chantage à la sextape a été annulée pour manque de fair-play, l’enquêteur s’étant fait passer pour un autre pour lui arracher des aveux. OK OK état de droit, vice de forme, pas de problème ! Mais seuls ses amis les plus naïfs ont pu penser qu’il était innocent ! Qui ne voit pas que ce type restera toute sa vie une petite frappe de banlieue parce que pour lui, au plus profond de lui-même, être un homme un vrai, avoir des couilles, c’est fréquenter des caïds, tremper dans des affaires louches, bizuter les petits blancs.

    Et déconnade suprême, s’en sortir en traitant ses contradicteurs de raciste et d’islamophobe, la main sur le coeur en ricanant au fond de lui-même.


    La grande racaille
    On s’en doutait. Le sentiment d’impunité était trop prégnant chez cet homme pour qu’il ne fasse pas une grosse connerie. Insoumis au système, mon cul ! Il se croyait intouchable, protégé par le système qu’il dénonce pourtant comme étant au service des riches.
    Les communistes et assimilés n’ont jamais compris les règles de la démocratie. Ils s’imaginent tous qu’on peut d’un côté faire ce qu’on veut et d’un autre côté afficher des principes, les deux, actes et principes, n’ayant aucun rapport entre eux.
    Ainsi, il peut demander une démocratie plus parlementaire pour la France et défendre bec et ongles des régimes où le parlement n’a aucun pouvoir, celui-ci étant concentré dans les mains d’un chef de parti. Il peut condamner avec la plus grande indignation la répression policière en France et estimer que les 300 manifestants morts sous les balles de la police vénézuélienne l’ont bien cherché.
    Il peut exiger plus de transparence pour les autres et estimer dans le même temps qu’on doit lui faire confiance sur parole et que toute investigation de la presse ou de la police est une cabale contre lui.


    La très grande racaille
    On raconte que juste avant de quitter le moyen orient, un ambassadeur britannique demande à un géomètre penché sur les plans de la région "vous être en train de recenser les champs de pétrole ?"  -"non, répond le géomètre, je dessine les frontières des nouveaux Etats".
    Le Moyen-Orient est une région de grande culture et d'histoire millénaire (Babylone, Damas, Jérusalem, l'Egypte) mais les hasards de la décolonisation franco-britannique ont conduit des tribus de Bédouins sans culture, sans histoire, sans autres règles de vie que celles qui existaient il y a 1 500 ans, à diriger une terre gorgée de pétrole et, cerise sur le gâteau, terre sainte et lieu de pèlerinage obligatoire.
    Etre à la tête d’une telle immensité de richesse acquise comme une manne descendue du ciel, sans effort et sans travail n’a pas rendu la racaille au pouvoir en Arabie Saoudite ni plus intelligente, ni plus cultivée, ni plus moderne, ni même plus cruelle qu'il y a 3000 ans. Un seul objectif : continuer à vivre comme au bon vieux temps du prophète et financer des mosquées un peu partout dans le monde pour encourager les peuples du monde à suivre leur exemple. Pas question d'aider les autres peuples arabes à se développer, pas question de lutter contre la pauvreté environnante. Seule règle de vie à conserver à tout prix : Comme au bon vieux temps, lapider les femmes, couper la main des petits voleurs, décapiter et laisser le corps des ennemis pourrir au soleil, torturer et démembrer vivants les opposants et... au milieu de tout cela, prier cinq fois chaque jour.





    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique