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Arméniens, mes frères

Publié le par Carlus

près une suspension de trois ans, les négociations pour l'entrée de la Turquie en Europe ont repris.

Quand j'y pense, je me dis que ça doit être super agréable pour les Turcs de négocier avec l'Europe. Cette dernière reconnait tous les crimes qu'elle a commis : l'esclavage, la colonisation, le génocide, la domination masculine sur les femmes, tout ! Et elle accepte de discuter avec des gens qui, ayant commis des crimes similaires, nient tout.  La Turquie a été une puissance coloniale brutale, a pratiqué l'esclavage, a commis un génocide, mais il n'est pas question qu'elle reconnaisse quoi que ce soit et encore moins qu'elle fasse acte de repentance. Et ce n'est pas seulement au niveau de l'Etat. Si vous connaissez un Turc, dites-lui que vous êtes arménien, il deviendra immédiatement hostile ! 

Le 24 avril on commémorera, comme chaque année,  un des grands génocides de l'histoire contemporaine : le génocide des Arméniens par la Turquie. Avec cette superbe chanson d'Aznavour qui me donne toujours envie de pleurer.

 

 

 

Ils sont tombés sans trop savoir pourquoi
Hommes, femmes et enfants qui ne voulaient que vivre
Avec des gestes lourds comme des hommes ivres
Mutilés, massacrés les yeux ouverts d´effroi
Ils sont tombés en invoquant leur Dieu
Au seuil de leur église ou le pas de leur porte
En troupeaux de désert titubant en cohorte
Terrassés par la soif, la faim, le fer, le feu
 
Nul n´éleva la voix dans un monde euphorique 
Tandis que croupissait un peuple dans son sang
L´ Europe découvrait le jazz et sa musique
Les plaintes de trompettes couvraient les cris d´enfants
Ils sont tombés pudiquement sans bruit
Par milliers, par millions, sans que le monde bouge 
Devenant un instant minuscules fleurs rouges
Recouverts par un vent de sable et puis d´oubli
 
Ils sont tombés les yeux pleins de soleil
Comme un oiseau qu´en vol une balle fracasse
Pour mourir n´importe où et sans laisser de traces
Ignorés, oubliés dans leur dernier sommeil
Ils sont tombés en croyant ingénus
Que leurs enfants pourraient continuer leur enfance
Qu´un jour ils fouleraient des terres d´espérance
Dans des pays ouverts d´hommes aux mains tendues
 
Moi je suis de ce peuple qui dort sans sépulture 
Qui a choisi de mourir sans abdiquer sa foi
Qui n´a jamais baissé la tête sous l´injure
Qui survit malgré tout et qui ne se plaint pas
Ils sont tombés pour entrer dans la nuit
Éternelle des temps au bout de leur courage
La mort les a frappés sans demander leur âge
Puisqu´ils étaient fautifs d´être enfants d´Arménie

 

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