• Attaques contre le mâle dominant

     

    Les femmes s’imaginent qu’elles ressentent les effets de l’âge et notamment le passage de la cinquantaine, de façon plus cruelle que nous.

    Je voudrais leur dire que, nous aussi, les hommes, passons un cap particulièrement difficile à la cinquantaine, même si nous préférons le plus souvent ne pas trop en parler !

    Ce cap difficile pourrait être ainsi résumé : entre 50 et 60 ans, un homme doit faire face à des attaques répétées venant de toutes parts visant à remettre en cause son statut de mâle dominant !

    Ces attaques viennent des collègues, des enfants, de l’épouse et même de son propre corps !

     

    Les enfants

    Jusqu’ici tu n’avais pas de problème avec eux. Tes enfants te respectaient, te demandaient de leur expliquer des trucs, t’écoutaient quand tu parlais…

    Et puis, petit à petit, imperceptiblement, ils se croient autorisés à te dire que ton raisonnement n’est pas le bon… que ce n’est pas un raisonnement logique, que ton analyse n’est pas "de gauche", qu’en faisant comme tu fais tu pollues la planète… ! Tu te dis " pas de problème, j’aime bien discuter politique avec eux, je vais leur expliquer et ils vont comprendre… comme d’habitude !" Mais non ! les morveux ont pris leur indépendance intellectuelle et ils persistent ! Et, le pire c’est qu'ils finissent par relever tes propres contradictions, tes propres erreurs! La brèche est ouverte, ils ne s’arrêteront plus désormais ! Tes références ? Ils se connaissent pas ! De Gaulle, Mitterrand, ils s’en foutent ! Rocard, Delors ? pourquoi pas Jaurès et Blum tant on y est?

     

    Les collègues

    Au bureau, c'est le petit con qu’on vous a collé sur les bras comme assistant, frais émoulu d’une grande école et qui, dès le lendemain de son arrivée, vous explique comment il faut faire votre boulot ! Vous le traitez par le mépris et vous vous dites "pas la peine d’entrer en conflit avec lui ! il est trop jeune, il n’aura aucune autorité sur les collaborateurs de mon service, ils vont tous l’envoyer paître" ! Eh bien pas du tout ! tout le monde le considère comme le type qui va vous remplacer tôt ou tard ! Quoi que vous fassiez, dans l’esprit des gens du bureau, vous êtes sur le départ (même si ça doit prendre une dizaine d' années) et lui, il a l’avenir devant lui !

    En une semaine à peine, vous prenez un coup de vieux de quinze ans et vous entrez dans la peau d’un pré-retraité !

     

    L’épouse

    Jusqu’ici, ta femme était super jalouse dès qu’une nana t’adressait la parole ! Bon, c’était très agaçant, c'est vrai, mais d’un autre côté ça avait fini par te mettre dans la tête que tu étais un séducteur hors pair capable d’envoûter une nana après trois minutes d’une conversation banale ! Et même quand tu revenais à peu plus de modestie, tu te disais "elle est jalouse car elle est folle amoureuse de moi et aucun autre mec ne pourrait lui plaire…"

    Et puis un jour, dans une soirée, chez des amis, tu constates, éberlué, qu’elle est troublée par un mec plus jeune qui lui fait du gringue. Une fois rentré à la maison, tu mets la question sur le tapis (avec tact et habileté, bien sûr !) et, oh deuxième surprise, elle ne conteste pas que le type est séduisant ! Mais elle te rassure tout de suite :"oooh tu es jaloux, mon pauvre chéri ! mais tu sais bien que tu es mon gros nounours à moi et que je ne t’échangerais pas pour tous les Don Juan de la Terre, enfin !"

    Et ce soir-là, tu vas te coucher en te disant : " Pour les femmes,  les mecs se répartissent en deux catégories : les Don Juan et les Gros Nounours ! Et moi je fais partie des Gros Nounours !"

     

    Le sexe

    Jusqu'ici, tu ne t’étais jamais posé la question. Même quand tu étais très fatigué, même quand tu avais un gros souci professionnel en tête, même quand tu avais déjà commencé à dormir, si ta chérie manifestait l’envie de faire un câlin, hé bien il suffisait juste de se rendre sur le champ de bataille et tout se mettait automatiquement en ordre de marche : le sang affluait là où il fallait, les corps caverneux se remplissaient, l’hypothalamus envoyait des signaux électriques aux bons organes… !

    Et puis un jour, ça ne marche pas ! la Panne ! oh rien de grave ! pas de souci, on n’est pas des machines quand même ! et puis les femmes sont super indulgentes sur ce point ! elles te rassurent, te disent que ce n’est pas grave, que c’est parce que tu es fatigué, que ce qu’elles aiment en fait c’est être dans tes bras rassurants… et ta tendresse… et ton humour aussi…

    Peine perdue ! Ce soir-là, tu as perdu ta belle assurance et les prérogatives liées au statut de mâle qui ne se pose pas de questions. Le vers est dans le fruit : désormais à chaque fois que tu vas faire l’amour, tu ne pourras pas t’empêcher de te poser la question : et si je n’y arrivais pas ? comme l’autre fois !

     

    « Le Monde du travail Ma plante verte »