• Azincourt et burkini

     

    La bataille d’Azincourt est considérée comme un tournant dans la façon de faire la guerre en Europe et notamment comme la fin la lourde armure du chevalier.

    Sur un champ de bataille détrempé, les chevaliers français, empêtrés dans leurs lourdes armures, sont embourbés dans un terrain boueux. Ils ont dû laisser leurs chevaux, tués de loin par les archers anglais. Ils sont dans la boue visqueuse jusqu’à mi-mollet et se déplacent avec beaucoup de difficulté. Les archers anglais n’ont plus qu’à les viser et les abattre les uns après les autres. Les plus chanceux qui réussissent enfin à faire face aux Anglais, toujours dans la boue, sont épuisés et, dans la mêlée compacte, se meuvent avec difficulté face à des archers anglais transformés en fantassins qui, moins fatigués et sans armures donc plus mobiles et plus agiles, les tuent tous comme on tue des homards, en enfilant les couteaux sous la carapace.

     

    Il faut choisir avec soin le terrain sur lequel on veut engager la bataille et aussi les armes les plus appropriées au terrain choisi (ou imposé).

    Pour l’instant, face à un ennemi plus subtil qu’on ne le croit, nous n’avons pas encore trouvé le bon terrain de bataille ni, forcément, les bonnes armes.

    Pour l’instant, ce sont eux qui se revendiquent, et avec quel succès, de la liberté et nous qui, fonçant tête baissée dans le chiffon rouge, répondons par l’interdiction et la réglementation.

    Ce sont eux qui invoquent les grands principes de la déclaration des droits de l’homme et nous qui pensons que rogner un peu sur nos principes pourrait, "peut-être", "un peu" ralentir l’emprise qu’ils tentent d’exercer sur notre société.

    Espérons que la bataille perdue du burkini sera notre défaite d’Azincourt et nous conduira à revoir nos stratégies, nos terrains de bataille et nos armes pour les futures batailles que nous aurons à mener.

    « Une assemblée générale houleusePour faire des enfants »