• Courage, Fillon

     

    Quel dommage quand même ! Il était le seul à avoir un programme qui évoquait, d'une manière qui me convenait, l’économie, le régalien et le sociétal. Et le seul qui semblait avoir la détermination à aller jusqu’au bout de son programme sans démagogie et sans artifice.

    Ce qui le tue aujourd’hui ? Il ne sait pas être clivant. Hollande, quand il a vu Mélenchon progresser d’un seul point dans les sondages a sorti de sa manche une taxation à 75 %. La droite a crié au bolchevisme et la gauche a applaudi. Sarkozy, quand il était attaqué sur les affaires, a sorti immédiatement de son chapeau des polémiques (le gène de la violence, la "racaille et le Karcher") qui ont occupé tous les médias pendant des semaines !

    Les provocations verbales énervent l’adversaire et le déstabilisent, les boxeurs le savent bien ! Fillon, lui, n’est pas une bête politique, il ne sait pas faire le buzz.

    Il aurait pu promettre une nouvelle mesure un peu crapuleuse s’attaquant aux enfants des illégaux pour cliver les Français, faire bondir d’horreur le peuple de gauche et obliger les gens de droite à manifester leur approbation. Mais non ! Son programme est arrêté depuis la primaire, il a affirmé qu’il ne le modifierait pas et il tient sa promesse.

    Il aurait pu mettre l’accent sur la lutte contre l’islamisme, citer quelques noms d’imans qu’il compte expulser dès son arrivée au pouvoir pour rallier l’électorat qui se prépare à voter Marine Le Pen. Mais non ! Il va à la Réunion pour appeler au rassemblement œcuménique contre les extrémistes.

    Il aurait été un bon président, je pense, mais il n’est pas un bon candidat. Il a été touché là où ça lui fait le plus mal (et il l’a cherché, OK, là n’est pas le problème) et il ne sait pas se défendre avec beaucoup de mauvaise foi, comme savent le faire les Sarkozy, les Mélenchon et les Le Pen. Ses détracteurs, eux, sont des professionnels de la déstabilisation. Le Canard donne chaque semaine des détails nouveaux de la même information et tout le monde retient qu’il croule sous de "nouvelles affaires". Mediapart ressort une information le concernant et qui avait fait un flop il y a dix ans et c’est encore une "nouvelle affaire".

    Personne ne peut plus tenter de prendre sa défense sans trouver en face de lui des personnes surjouant l’indignation et la révolte !

    C’est sans doute fini pour lui.  Puisque, en plus,  il a en face de lui un type qui n'a rien à faire, même pas à afficher l’ébauche d’un programme, pour ramasser la mise et rallier tous les mécontents de droite et de gauche. Un démago, un tiède, un bureaucrate avec le charisme d’un bon vendeur d’encyclopédies en douze volumes pour personnes âgées et qui n’a pas assez de passé politique pour qu’on puisse lui trouver des affaires. Le candidat idéal, quoi !

     

    « On commence à y voir plus clairEsclave de l’esclavage  »