• Je suis Carlus

    Les Français ont décidément un curieux talent : celui de trouver les slogans universels. Après l'attentat terroriste de janvier, le slogan Je suis Charlie, sorti d'on ne sait où, s'est imposé à tous,  on ne sait ni comment ni pourquoi !
    Et il a conquis le monde ! Partout aujourd'hui sur la planète, après un attentat terroriste, on lit sur les pancartes " je suis..." suivi du nom de l'institution visée par les terroristes.

    Quand on y réfléchit, a posteriori, ce slogan sonne comme une évidence. Qu'est-ce qu'on aurait pu dire d'autre ?

    - A mort l'Islam et les musulmans ? comme le suggérait la blogosphère facho ?

    - Non à l'islamophobie ? comme l'auraient voulu tous ceux qui, chaque fois que des juifs sont assassinés par des fanatiques musulmans, mettent curieusement en garde contre ... l'islamophobie

    - Ni assassinat ni caricatures ? Comme le préconisent, en gros, les représentants de l'Islam modéré, Tarik Ramadan et Abd El Malik en tête (qu'Allah les bénisse et foute la paix à la France !) ?

    Non, vraiment, je ne vois pas quel autre slogan aurait pu résumer avec plus de force ce que nous ressentions à ce moment-là.
    Je suis Charlie voulait dire Je m'identifie totalement aux victimes, mais pas seulement pour les pleurer. Ca voulait aussi dire je suis toujours là, vivant, debout, présent. Un peu comme dans le chant des partisans "Ami, si tu tombes un ami sort de l´ombre à ta place."
    Ca veut encore et aussi dire On est ce qu'on est, on n'a pas peur, on ne va pas se taire, et dans la guerre qui oppose, nous la civilisation, à vous la barbarie, c'est la civilisation qui va gagner ! Pas vous, pas non plus vos soi-disant ennemis irréductibles pourtant si semblables à vous que sont les racistes d'extrême droite ! Non, nous la civilisation !


    Moi, quelques semaines après, sur mon compte facebook, j'ai supprimé tous mes "amis" qui se vantaient de ne pas être Charlie. Oh ils le faisaient en condamnant les assassinats et le terrorisme, bien sûr, mais en estimant qu'on doit respecter les interdictions religieuses des autres.
    Ce ne fut pas une grande perte : pour l'essentiel, c'étaient des amis de mes enfants trouvant sans doute que ça faisait beaucoup plus "stylé" de dire Je ne suis pas Charlie ou encore une nièce que j'ai toujours connu gauchiste stupide et quelques autres dont je n'ai même pas envie de connaître les motivations et dont j'étais bien content de me débarrasser.

    Parce que moi, en dépit de plein de choses et de réticences dont je n'ai pas envie de parler aujourd’hui, je reste Charlie.

     

     

     

     

     

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