• La mémoire des victimes du terrorisme (suite et fin)

     

    Hé bien voilà !

    Moins d’un mois après la condamnation unanime (y compris par certaines associations de victimes du terrorisme) des propos de Trump sur le drame du Bataclan (voir article précédent) une association de victimes nous donne une juste idée de ce que certains aujourd’hui appellent le respect dû aux victimes du terrorisme.

    Un rappeur islamiste, Medine (c’est le nom de scène qu’il s’est choisi !) a programmé un concert au Bataclan.

    Extraits des paroles des chansons dudit rappeur

    "Crucifions les laïcards comme à Golgotha."

    "Si j’applique la Charia les voleurs pourront plus faire de main courante."

    "Marianne est une Femen tatouée 'Fuck God' sur les mamelles."

    "J’mets des fatwas sur la tête des cons…"

     

    Face aux nombreuses protestations, voici la position d’une association de victimes, Life for Paris : elle choisit de soutenir "la liberté de programmation" de la salle et ne souhaite pas interférer dans les choix artistiques du Bataclan.

    "Nous ne sommes pas un organe de censure et ne souhaitons absolument pas être mêlés à cette polémique lancée par la droite et l’extrême droite, encore moins quand il s’agit d’utiliser la mémoire des victimes."

     

    Pauvres de nous ! massacrés par des islamistes, insultés par des rappeurs, humiliés par des gens censés être nos défenseurs… !

    Me vient à l’esprit ce beau poème triste et désespéré d’Aimé Césaire qui a été écrit contre nous mais qui pourrait aujourd'hui s'appliquer à nous :

    Hors des jours étrangers ( extraits)

     

    Mon peuple

    quand, hors des jours étrangers

    germeras-tu une tête tienne

    sur tes épaules renouées

    et ta parole

     

    le congé dépêché aux traîtres

    aux maîtres

    le pain restitué la terre lavée

    la terre donnée

     

    quand

    quand donc cesseras-tu d’être le jouet sombre

    au carnaval des autres

    ou dans les champs d’autrui

    l’épouvantail désuet

     

    demain

    à quand demain mon peuple

    la déroute mercenaire

    finie la fête

    (...)

    Aimé Césaire

    « Qui insulte la mémoire des victimes du terrorisme ?