• Le mouton, rouage essentiel de la société

     

    Contrairement à ce que l'on croit, le mouton ne sert pas seulement de chair à canon pour généraux en quête de médailles ou pour djihadistes en quête de vierges. 

    Il est aussi utilisé par de nombreux autres groupes qui comptent beaucoup sur lui pour faire avancer leurs "légitimes revendications".

    Un exemple, comme ça, entre mille ?

    Le mouton a une semaine de vacances et a économisé toute l’année pour acheter un billet d’avion ou de train pour aller se dorer au soleil ou retrouver sa famille. Une semaine, juste une semaine ! Il n’avait pas de quoi s’en payer davantage, ce con de mouton !

    Sauf que le jour de son départ, on lui apprend que les pilotes ou les hôtesses de l’air ou les stewards ou les bagagistes ou les sous-traitants ou les contrôleurs aériens ou les cheminots ou les routiers ou les chauffeurs de taxis ont urgemment besoin de lui pour faire avancer leurs légitimes revendications.

    Il est donc prié d’annuler, toute affaire cessante, sinon toutes ses vacances, du moins quelques jours, et de passer deux ou trois jours de galère à prendre le taxi pour rentrer chez lui et revenir chaque jour vérifier si un vol est disponible, et ceci au nom de la solidarité entre travailleurs !

    Mais si, vous savez ? La solidarité à sens unique que les moutons ont le devoir de manifester envers les pilotes d’avion, les contrôleurs aériens, les cheminots et les hôtesses de l’air payés… Non ! pas de délation, ce serait démagogique de divulguer de telles informations ! De toute façon, c’est beaucoup moins que les salaires du CAC 40 !

    Il pourrait répondre, le mouton, : " mais vous, camarades, quand ce sera votre tour de partir en vacances, vous allez bien profiter de l’intégralité de votre séjour ! Personne ne vous demandera de les annuler ! Alors pourquoi c’est moi, et moi seul qui devrait annuler mes vacances ? "

    Il pourrait… mais il ne dira rien, évidemment ! Un mouton, c’est fait pour être abattu ou tondu dans le meilleur des cas ! Et il en est conscient ! D’ailleurs, si l’un d’entre eux, devenu enragé, posait la question, on lui répondrait "mais enfin, misérable, le droit de grève est inscrit dans la constitution" !

    Et il se dépêcherait de répondre " ah oui, c’est vrai, pardon, j’avais oublié !".

    Ben oui, pauvre mouton, le droit de grève est inscrit dans la constitution ! Ce n’est pas le cas de tous les droits ! Le droit de voyager, le droit d'aller au boulot, le droit de prendre des vacances, le droit d’aller voir sa famille, le droit de se déplacer, tout ça, c’est pas inscrit dans la constitution !

    Seulement le droit de grève et particulièrement quand c'est déclenché par quelques dizaines de petits futés  placés dans des rouages essentiels de la société et que ça fout dans la merde des centaines de milliers voire des millions de moutons !

    Mais ne nous plaignons pas : c'est la fonction qui nous est dévolue dans cette société, à nous les moutons ! Il ne manquerait plus que ça, que nous arrêtions de bêler et que nous nous mettions à hurler ou même seulement à gueuler ! Ce serait contre-nature.

    De toute façon, ça ne servirait à rien : Les autres gueuleraient encore plus fort que nous ! Ca aussi, ils savent faire.

     

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