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    Hivers à Paris

     

    Hiver à Paris


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    Principe n° 1 : Faire intervenir uniquement les familles et surtout les femmes (mères, tantes, soeurs) 

    Les frères barbus, en djellaba, ayant un fort accent ou ne maîtrisant pas parfaitement le français comprendront qu'à ce niveau, ils doivent se montrer discrets, leurs interventions pouvant se révéler contre-productives.

     

    Principe n° 2 : Mettre en avant des raisons juridiques et morales.

    Exemples : Absence de tribunaux compétents dans les pays concernés, régimes non-démocratiques, existence de la peine de mort…

    Les familles et leurs avocats devront bien insister sur le fait que les proches dont elles demandent le retour sont des Français et rien d'autre (même s'ils ont brûlé leurs passeports et menacé la France du feu de l'Enfer)

     

    Principe n° 3 : Pour certains, affirmer qu'ils étaient partis en Syrie faire de l’humanitaire et même, que les organisations qu'ils ont rejointes étaient, stricto sensu,  si les mots ont un sens, des Organisations Non Gouvernementales (ONG) 

     

    Principe n° 4 : Bien insister sur le fait qu’on demande le retour des intéressés "pour être jugés en France"

    A ce niveau, il convient d'éviter de proférer les critiques que nous adressons habituellement à la justice française (raciste, islamophobe, discriminatoire, etc.) La Justice française doit être présentée à ce stade comme objective, respectueuse des droits de l’homme et des droits de la défense.

     

    Principe n° 5 : présenter les frères et les sœurs djihadistes retenus en Syrie comme des victimes :

    - d’abord victime de mauvais traitements de leurs geôliers actuels (récit de leur détention, de leurs interrogatoires, description de leur cellule, etc.)

    - ensuite victimes d’un effroyable malentendu : partis à la découverte d’un idéal merveilleux, ils et elles ont rencontré l’horreur de la guerre.

    Nota Bene : Pour décrire l’horreur de la guerre, on évoquera exclusivement les bombardements de la coalition .

     

    Principe n° 6 : une fois qu’ils seront rentrés en France, insister sur le fait qu’il n’y a pas assez de preuves pour les condamner.

    Si les Kurdes, les Syriens ou les Irakiens fournissent des preuves, affirmer que ces pays sont d’infâmes dictatures et que leurs preuves n’ont aucune valeur juridique. Ajouter qu’il serait scandaleux que la France aide Bachar à réprimer ses opposants. 

     

     

     


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    Je n'aimerais pas être à la place de Tex. Pas parce qu'il a été viré. Ca, il s'en remettra. S'il a tant de talent que ça, il fera des spectacles et il y aura certainement des millions de gens qui seront prêts à payer très cher pour s'esclaffer sur ses blagues de beauf. 

    Non, si je n'aimerais pas être à sa place, c'est parce que tous ceux qui ont pris fait et cause pour lui ont TOUS sans exception précisé préalablement que son humour était mauvais, pourri, vulgaire... j'en passe et des meilleures !  

     

    Petit florilège des meilleurs arguments des défenseurs de Tex

    « La blague était mauvaise, on est tous d’accord là-dessus…   

    Nagui

     

    Tex, pour prendre cet exemple, qui fait une très mauvaise vanne qui est éculée depuis des années...

    Philippe Lellouche 

     

    Ok la blague de TEX était pourrie, nulle et machiste mais...

    Anne Roumanoff

     

    Alors Tex ressort une vieille blague bien pourrie de derrière les fagots (...) et il se fait virer de France 2... 

    Jean-Yves Lafesse 

     

    Sa blague de mauvais goût n'aurait jamais dû lui coûter sa place

    Laurence Boccolini 

     

    "Il est vulgaire, gras, grossier, violent, sexiste, inexcusable de dire ça. (...)  Même les gens que ça a fait rire trouvent ça con. mais...

    Raphaël Enthoven 

     

     


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    Oh lala lala, ils commencent à me faire chier, ces Libanais ! enfin...je veux dire ces Syriens !

    Il y a quelques années, avec la guerre en Syrie, je me suis souvenu que j’avais des racines dans cet Orient chrétien qui me faisait tant rêver quand j’étais jeune. Et quand je dis rêver, je devrais plutôt dire fantasmer, car ce sont les filles libanaises (et syriennes) chrétiennes avec leurs silhouettes poteléee, leur abondante chevelure noir corbeau, leurs yeux en amande et leur candeur un peu surjouée qui me faisaient rêver.

    Certes, leurs pères étaient plutôt débiles mais je n’avais que peu de rapport avec eux. Un échange entre deux amis de mon père me revient à l’esprit :

    - Simone Veil est juive, tu le sais ?

    - Vraiment ? Pourquoi Giscard l’a choisi ? Qu’est-ce qu’elle a de spécial ?

    - Oh, je pense qu’il a voulu faire plaisir à la communauté juive

    - Oui mais dans ce cas pourquoi il n’a pas choisi plutôt son mari ?

     

    Ensuite j’ai quitté la maison de mon père pour aller étudier, travailler, me marier, faire des enfants, divorcer et les seuls contacts que j’ai eus avec cette communauté ont été quelques soirées de mariages.

    Et puis, voilà que cette foutue guerre civile me replonge dans cette communauté. Je fréquente les soirées de collecte de fonds pour aider les Chrétiens d'Orient. Je me fais des amis Libanais et Syriens, certains avec la nationalité Française, d'autres pas. 

    Je finis même ( mais ça c'est une autre histoire) par succomber au charme oriental d'une belle brune pulpeuse. 

    Et je tombe dans cette espèce de copinage communautariste que j'ai toujours fui : "Un cousin du tonton du beau-frère de ta grand-mère est de passage à Paris. Il a déposé une demande à l'Office de Bordeaux. Il faut que tu le reçoives pour lui donner des conseils"

    Les conseils sont inutiles, le mec sait ce qu’il veut et ça en dit long sur ce que les demandeurs d'asile attendent de la France :

    le demandeur d’asile : il faut avoir travaillé combien d’années pour bénéficier de la retraite en France ?

    Moi : Ca dépend… une quarantaine d’années à peu près

    Le demandeur d’asile : oh, j’ai largement le compte ! J’ai commencé à travailler à 14 ans !

    Moi : en France ???

    Le demandeur d’asile  : mais non, évidemment ! En Syrie, d'abord et au Koweït ensuite pendant quinze ans

    mo : Ah oui, mais ça ne compte pas ! Ce sont les années de travail en France qui comptent, ou dans un pays qui a passé une convention de réciprocité avec la France

    Le demandeur d'asile : non, non, tu te trompes, mon ami ! Je connais un syrien qui vient d'arriver. Il touche déjà sa retraite

    Moi : on lui a donné quelque chose ok, mais ce n'est pas une pension de retraite

    Le demandeur d'asile : non, non, tu te trompes, mon ami

    Mo : Bon ben Ok, désolé, je savais pas.

     

    Et puis là hier soir, réveillon de la nouvelle année dans un restaurant libanais. Entre serpentins et cotillons, entre Houmos, Moutabal et Taboulé quelques échanges entre hommes. On tombe d'accord sur pas mal de choses : la sono est trop forte, le vin n'est pas mauvais, la danseuse du ventre est peut-être d'origine bulgare ou hongroise mais en tout cas pas orientale. On est aussi à peu près d'accord quand on évoque l'Arabie Saoudite ou le Qatar. Mais je me retrouve marginalisé quand on évoque les manifestations populaires en Iran. 

    "Ce sont les Juifs et les Américains qui sont derrière ces manifestations d'hostilité au gouvernement iranien "  

    Tous les syriens (chrétiens) du groupe sont d'accord avec ça. Pour bien comprendre la position de mes amis, il faut savoir deux choses :

    - la première est que les chrétiens syriens soutiennent inconditionnellement Bachar (contre les islamistes, ça, on peut comprendre) et aussi inconditionnellement les pays et les dirigeants qui qui soutiennent Bachar : la Russie bien sûr, mais aussi l'Iran, Cuba et la Corée du Nord.  

    - la deuxième chose est qu'ils ont baigné toute leur vie dans un pays où la seule analyse permise de la situation internationale est : les juifs contrôlent l'Amérique et l'Amérique contrôle le monde. 

    Et donc toute contestation dans un des pays amis de le Syrie, comme c'est le cas actuellement en Iran, ne peut être qu'une manœuvre hostile téléguidée par les américains, c'est à dire par les juifs. 

    Pauvres amis chrétiens d'Orient ! Votre malheur n'est pas seulement d'être les cibles favorites des islamistes, mais c'est d'être aussi souvent, dans la confusion mentale la plus totale, les ministres faire-valoir de dictateurs sanglants, les idéologues idiots utiles du panarabisme, des victimes du syndrome de Stockholm récitant parfaitement et avec conviction les leçons que vous ont enseignées les preneurs d'otages imbéciles qui vous tiennent en laisse.

     


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  • Selon Cartier-Bresson

     

     


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    Paris au mois d'Août


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    Le titre "Une charogne" est très bon, très accrocheur, et la chute est géniale, coco ! Mais  le développement est trop long. On ne fait plus ça aujourd'hui, les gens n'ont pas le temps, mec ! Il faut du brut, du rapide !

    Les descriptions qui n'en finissent pas , c'est....comment dire... c'est de la littérature ! Aujourd'hui, c'est le cinéma, des images qui vont directement dans l'imagination du lecteur, tu vois ce que je veux dire ? 

    Attends, je vais t'arranger ça !

    D'abord, tu commences par la chute, elle est vraiment trop géniale, pleine d'amour, de haine, de rancœur. On peut la répéter cent fois sans se lasser ! 

    Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine

    Qui vous mangera de baisers,

    Que j'ai gardé la forme et l'essence divine

    De mes amours décomposés ! 

     

    Après , flash-back !  comme au cinéma ! Tu retournes au début de l'histoire :

    Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,

    Ce beau matin d'été si doux :

    Au détour d'un sentier, une charogne infâme

    Sur un lit semé de cailloux,

     

    Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,

    Brûlante et suant les poisons,

    Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique

    Son ventre plein d'exhalaisons.

     

    Ensuite, y a trop de détails, Charly.   Je t'enlève les deux paragraphes suivants.  On garde juste ça pour son horrible  force d'évocation

    Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,

    D'où sortaient de noirs bataillons

    De larves, qui coulaient comme un épais liquide

    Le long de ces vivants haillons.

     

    Et on arrive à ta géniale déclaration d'amour, si tendre, si douloureuse, si amoureuse, si haineuse

    Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,

    A cette horrible infection,

    Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,

    Vous, mon ange et ma passion !

     

    Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,

    Après les derniers sacrements,

    Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,

    Moisir parmi les ossements.

     Et on reprend la chute finale

    Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine

    Qui vous mangera de baisers,

    Que j'ai gardé la forme et l'essence divine

    De mes amours décomposés ! (1)

     

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    (1) Je te dirai une autre fois , cher lecteur, pourquoi les amours de Baudelaire (et de bien d'autres encore) sont décomposés  et non décomposées 

     


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    J’habite une blessure sacrée

    j’habite des ancêtres imaginaires

    j’habite un vouloir obscur

    j’habite un long silence

    j’habite une soif irrémédiable

    j’habite un voyage de mille ans

    j’habite une guerre de trois cents ans

    j’habite un culte désaffecté

     ...

    j’habite de temps en temps une de mes plaies

    chaque minute je change d’appartement

    et toute paix m’effraie

    ...

    j’habite  une vaste pensée

    mais le plus souvent je préfère me confiner

    dans la plus petite de mes idées

    ou bien j’habite une formule magique

    les seuls premiers mots

    tout le reste étant oublié

    ...

    j’habite l’embâcle

    j’habite la débâcle

    j’habite le pan d’un grand désastre

     

    Moi, laminaire – Aimé Césaire (1982)


  •  1897. Première scène de nu de l'histoire du cinéma.

     

     






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