• Ma société est morte. 

    Morte emportée par des torrents de boue, de mensonges, de stupidité et de lâcheté.

    Nous avons assisté, impuissants, dans la lumière lugubre d'un crépuscule d'automne, à la lutte de pouvoir que se livraient les nouveaux barbares. Le drame a suivi son cours, inéluctablement, sans que personne ne puisse s'y opposer.

    Les sociétés ont une fin. Nous le savons maintenant.

    La mienne est morte misérablement. Traînée dans la boue et dans la fange, achevée à coups de pied par des crapules qui poussaient le cynisme jusqu'à se réclamer de ses valeurs ! Tuée au nom de la liberté, elle qui l'avait si généreusement offerte à ses assassins ! Massacrée au nom de la justice, quel paradoxe ! Quelle tristesse !

    J'ai assisté à tout, depuis le début ! Au commencement, des nuages noirs, menaçants et de mauvais augure, ont envahi le ciel. On entendait au loin les bêlements indignés de quelques brebis stupides. Cela n'avait pas l'air grave. Il y avait bien d'étranges bergers derrière elles, mais on n'y a pas prêté attention.
    De temps en temps une flambée de violence était signalée à la périphérie des villes. On craignait que ce ne soit des hordes de loups. C'était des "jeunes", nous disait-on, pour nous rassurer. Parfois, on entendait dire qu'ils étaient entrés dans Paris continuer les luttes territoriales commencées ailleurs.

    Peu de temps après, des clans barbares sont arrivés et se sont installés dans le paysage, luttant entre eux pour le contrôle de territoires avant de revendiquer le contrôle de la société tout entière. Ils étaient minoritaires. On ne leur a pas accordé plus d'attention que cela. Après tout, la liberté (la liberté ! ô mon Dieu) la liberté voulait qu'on les laisse tous s'exprimer. Trois clans principaux se dégagèrent rapidement, se référant à des sociétés où toutes (TOUTES !) les libertés avaient été abrogées, soit au nom de la pureté de la race, soit au nom de la justice sociale, soit au nom de la religion.

    On les a laissé s'exprimer sans prendre la peine de les contredire !

    Oui, hypothétique lecteur de ce récit improbable, nous avons fait cela ! Nous avons offert la liberté aux ennemis de la liberté ! Cela leur a permis de prétendre qu'ils avaient changé et qu'ils étaient désormais les seuls défenseurs des libertés et que cette vieille putain de société bourgeoise (NOTRE société !) ne méritait que haine et mépris !

    Ils ont pris la parole et l'ont gardée. Les uns ont proclamé que la loi de Dieu (de leur Dieu !) était supérieure à la loi des hommes (à nos lois !), les autres que la pureté raciale était la seule garante de la survie et du progrès du genre humain (une stupidité sans nom !) les autres encore que les élections "un homme - une voix" n'étaient pas démocratiques et que seule une petite minorité (choisie parmi ceux qui avaient tout compris) devait diriger cette société et faire le bonheur du plus grand nombre, contre son gré éventuellement.

    On les a laissés parler ! On n'a même pas lutté. On n'a même pas répondu. Nous étions intellectuellement avachis, convaincus (cons vaincus d'avance !) que nos valeurs étaient si fortes, si ancrées dans les esprits qu'elles étaient indestructibles. Peut-être aussi avons-nous été suffisants ! Ils paraissaient tellement insignifiants !

    Tout ensuite a été très vite ! Toutes nos valeurs ont été retournées contre nous ! Des pratiques religieuses puériles issues des sociétés antédiluviennes ont conquis les esprits de nombreux malheureux en quête de spiritualité. Des femmes soumises à la loi patriarcale jusque dans leurs tenues vestimentaires ont été présentées comme des symboles de l'émancipation des femmes. Des gens se revendiquant d'une hiérarchie des races se sont réclamé hérauts d'une démocratie basée sur la loi du plus fort (du plus pur !).

    La grande curée commença alors ! Ils étaient tous unis dans la détestation de la Grande Putain ! Celle-ci se défendit mollement, ses défenseurs étant la plupart du temps occupés à négocier des concessions qui seraient dénoncées aussitôt après avoir été signées.

    Le jour de sa mort, le ciel devint noir, seulement éclairé par des nuages reflétant la lumière rouge des incendies, dispersés un peu partout dans la ville, intenses et beaux comme des buissons ardents !

    Son agonie fut longue et horrible. Elle fut d'abord humiliée, battue, séquestrée dans le bruit et la fureur, dans le tumulte et le fracas par la horde des fauves se réclamant de sentiers lumineux et d'avenir radieux. Puis violée, souillée et réduite en esclavage par des religieux en transe avant d'être vendue aux partisans de l'avènement de l'Ordre Nouveau qui la transférèrent dans un camp où elle mourut de faim et de froid, rongée par la vermine.

    Après sa mort, personne ne parla plus de liberté, ni de justice sociale, ni de partage de richesse. Le temps d'argumenter et de convaincre était fini. Le temps des fauves était venu. Le temps du sang et de la mort. Le temps de la guerre, le temps du plus fort.

     


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    On connaît la blague de la pharmacienne qui demande à haute voix à son assistante qui est au fond de la pharmacie : "Mireille, tu peux me prendre deux boites de préservatifs Olla rainurés Extra pleasure pour monsieur, s'il te plaît" et qui se retourne vers vous pour vous dire avec un grand sourire : "une minute, ça arrive, monsieur" devant la demi-douzaine de mères de famille qui font la queue derrière vous avec bébés sur les bras et gamins en train de courir dans la pharmacie ?

     

    Hé bien d'une certaine façon, ce qui m'est arrivé est bien pire que cela ! Ca commence il y a quelques années dans le cabinet du médecin :

    "Ecoutez, cher ami, il fallait me le dire dès le départ, enfin ! La maladie d'un proche est une terrible épreuve qui explique vos troubles".

    - Mais je vous avoue que je ne voyais pas moi-même le rapport, docteur...

    - Vous nous faites un petit épisode anxieux, cher ami ! je vais vous prescrire un traitement qui va vous permettre de traverser cette phase d'une façon plus... d'une façon moins pénible.

     

    Le lendemain, je me rends à la petite pharmacie qui se trouve à deux pas de mon bureau. Je connais bien la pharmacienne. Elle est sympa avec moi et a la particularité d'être une adepte inconditionnelle de l'homéopathie et de la phytothérapie. Il n'est pas rare qu'elle vous dise en vous délivrant l'ordonnance "si vous trouvez ça trop agressif, il y a des produits à base de plantes qui sont très efficaces. N'hésitez pas à revenir me voir".

    J'entre, elle me salue derrière le comptoir et me dit "Ah monsieur Carlus, vous avez retrouvé votre carte ? " C'est un petit code entre nous pour me faire passer avant les autres en leur faisant croire que j'étais là avant eux et que je me suis absenté quelques minutes juste pour chercher un document.

    Je lui tends l'ordonnance. Elle la met de côté pour terminer de servir la cliente en cours. Quelques minutes après, alors que je suis en train de regarder les produits phyto étalés sur le comptoir, je l'entends me dire :

     "Vous êtes angoissé ?"

    Je la regarde, elle est là avec mon ordonnance entre les mains, le regard étonné, curieux, presque souriant... Je regarde les autres clients devant qui je suis passé, certains me regardent, d'autres détournent la tête poliment comme s'ils n'avaient rien entendu... Je suis à deux pas du bureau, il y a certainement parmi eux des gens qui me connaissent, au moins de vu...

    Je lui dis "non, non, c'est le médecin qui m'a..."

    Elle me coupe la parole , toujours avec le regard un peu étonné "C'est très lourd comme médicament... ça crée de l'accoutumance, vous le savez ?"

    - Mais va te foutre, salope, tu ne vas pas refuser de me délivrer mon médicament, quand même ! Non, non, je ne lui dis pas cela, évidemment mais je le pense très fort !

    - C'est du stress professionnel ou un problème plus grave ?

    Elle me fixe toujours du regard, avec cet air un peu étonné, un peu incrédule ! C'est vrai que je ne dois pas avoir l'air d'un anxieux à ses yeux ! On se croise quelques fois dans les restaurants du quartier et c'est vrai qu'avec mon 1.80 mètre et mes 95 kilos, mon sourire facile et mes blagues de potaches, ma propension à écumer les restos du quartier avec quelques collègues et les paris stupides organisés au bureau, je dois plutôt faire figure de bon vivant dans le quartier ! 

    Je lui réponds : Oui-oui, c'est... professionnel, oui !

     - Ah ben, c'est trop lourd, je pense ! J'ai des produits aussi efficaces et moins invasifs... tenez, je vais vous montrez !

    Là, j'évite de regarder la file d'attente, car, à mon avis, les gens doivent certainement commencer à grogner leur mauvaise humeur.

    Bref, comme elle m'aime bien et qu'elle veut m'éviter une dépendance aux anti-dépresseurs, elle me fait acheter une douzaine de boîtes de produits à base de... je ne sais plus, moi... de coca, de ginseng, de mandragore, de thé vert, de Valériane, de Passiflore, d'Aubépine, j'en passe et des meilleurs !

    En me recommandant les produits, elle me signale de temps en temps :  "ça , j'en prends régulièrement, c'est très efficace" !

    Ben oui, ma pharmacienne est une anxieuse, certainement de type chronique, comme ma mère, comme ma femme, comme ma fille aînée ! Qu'est-ce qui vous angoisse ainsi les filles ? La société ? les hommes ? la vie ? la mort ? la vieillesse et la maladie ?

    Pour moi je crois que c'est la mort qui me fait peur ! ou plus exactement la mort précédée de longues souffrances inéluctables !

    Mais je crois seulement ! au fond j'en sais rien ! si c'était ça, l'angoisse aurait été permanente et les médocs n'y pourraient rien changer !

    Quand on prend un anxiolytique, tout va bien, la boule dans l'estomac disparaît, les idées noires s'évanouissent, mes muscles de détendent ! Si ça trouve, l'angoisse n'est qu'un problème physique, assimilable à une crise de foie ou à la migraine ! tu prends des cachetons et ça disparaît !

     

    Ma pharmacienne m'a quand même délivré mes Lexomil prescrits ! j'ai essayé la phyto et le Lexomil ! Voulez-vous mon avis ? y a pas photo, le Lexomil est mille fois plus efficace !

     


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    "Una furtiva lagrima" a illustré au moins trois films que j'ai aimé revoir cette année, dont le superbe Match point de Woody Allen .
    C’est une chanson d’amour "elle m’aime, mon dieu, si elle m’aime, que demander de plus.... ses yeux brillants..."
    Mais le morceau est toujours choisi pour illustrer la même situation : Le moment ou le destin va basculer, ce moment de calme avant la tempête où tu as pris la décision qui ne te permet pas de retourner en arrière. Tu as fait quelque chose d’irréversible et tu es seul à le savoir pour l’instant.
    Les conséquences vont arriver de façon tout aussi irréversible.

    C’est le moment, par exemple, où tu quittes une personne que tu aimes et que tu ne verras plus jamais. Tu le sais. En franchissant la porte, tu te retournes. Elle te regardait partir et t’adresse un sourire triste. Tu n’aurais pas dû lui tourner le dos. La dernière image qu’elle aura de toi, c’est toi en train de t’en aller. Ca te fait chier. Mais il faut que tu retournes bosser là-bas, loin. Dans le couloir de l’hôpital, des images envahissent ta mémoire. 
    Tu te souviens qu’elle t’a pris sur son ventre et qu’elle pleurait. De joie, de souffrance à cause de la césarienne, d’émotion que cet instant tant attendu soit enfin arrivé. Ce sont ses souvenirs à elle, mais ce sont les tiens aussi.
    Tu te souviens d’elle, assise sur le canapé à trois heures du matin, de train de t’attendre. Elle avait prévu de t’engueuler mais elle est tellement soulagée qu’il ne te soit rien arrivé qu’elle te demande si tu ne veux pas qu’elle te réchauffe un peu de soupe.
    Des images d'elle se bousculent dans ta tête. Tu la revois  assise sous un arbre en train de discuter avec une amie. Dans le salon en train de pleurer dans les bras de ton père. En train de regarder d'un air faussement sévère ton bulletin scolaire...
    Elle va mourir et tu ne seras pas là. Tu vas l’apprendre par le téléphone, tu vas te précipiter pour la rejoindre mais ça n’aura plus d’importance. Le dernier moment entre elle et toi, c’est toi en train de disparaître le dos tourné dans le couloir blanchâtre d’un hôpital.
    Elle était retournée en enfance. On la trouvait assise par terre dans le salon en train de jouer à la dînette avec les napperons de la table basse. Mais en nous voyant, elle retournait s’asseoir dans son fauteuil comme si de rien n'était et nous parlait normalement. Ses rapports avec nous n’ont jamais changé. D’ailleurs c’est elle qui m’a dit de retourner bosser.
    Non, non, pas tout à fait ! Elle ne m’a pas dit cela. Mais elle le pensait, certainement. 

    Enfin, peut-être… Je ne sais pas.

     


  • Putain de bordel de merde, j'oublie parfois que je suis poète !

     

    Le Cupidon est mort
    Il a été tué.
    Surtout pas de remords
    C'était un enculé !

    Il ne pourra plus jouer
    Avec nos sentiments,
    L'archer tant détesté
    De nous, pauvres amants.

    On l'a trouvé gisant
    Dans une mare de sang.
    Une flèche l'a transpercé,
    L'arroseur arrosé.

    L'aveugle est décédé
    Qui a bien pu le tuer ?
    Une femme bafouée ?
    Un amant rejeté ? 

    Qui a tué le p'tit con ?
    Sept milliards de suspects.
    Ca va être coton
    Pour trouver qui l'a fait !

    A t-on idée aussi
    de s'amuser ainsi
    à narguer les amants,
    à faire pleurer les gens ?

    Le Cupidon n'est plus.
    Finis les contes de fées,
    Restent les histoires de cul
    Plus faciles à gérer !

     

     


  • Santa Maria Formosa

    Je me suis trompé, ça peut arriver à tout le monde. En visitant l'église Santa Maria Formosa à Venise et sachant que Formosa veut dire " qui a des formes, bien en chair" je m'attendais à trouver une représentation pulpeuse de la Sainte Vierge Marie.  Et quand je trouve ce triptyque dans l'église Santa Maria Formosa...

     

    Sainte vierge Marie bien en chair

    j'ai vite fait de conclure qu'il s'agit de la Vierge Marie plantureuse qui donne son nom à l'église et de tomber sous son charme.  

    Hélas ! J’apprendrai plus tard que c'est de Sainte Barbe que je suis tombé amoureux.

    Il n'y a pas de représentation de la Sainte Vierge Marie avec des formes opulentes. Et je crois savoir pourquoi : un corps de femme bien en chair suscite le désir et l'amour charnel. Et il n'est pas question, bien entendu, d'associer ce désir à notre très sainte et très vierge mère de Dieu. 

    D'ailleurs, il n'y a pas de femmes rondes dans l'iconographie judéo-chrétienne, alors que c'est sous l'aspect maternel (qui dans la vraie vie est souvent associé aux rondeurs) qu'elle est le plus souvent valorisée. 

    Une femme plantureuse est souvent plus chargée d'érotisme retenu, de promesses non-dites, de désirs pudiques qu'une femme aux proportions et à l'apparence  conformes aux canons et à l'impudeur de notre siècle.  

    Et tout cela est particulièrement vrai passé un certain âge. Une femme de cinquante ans est plus désirable (dans un recoin un peu oedipien de mon cerveau puéril, je l'admets) avec les rondeurs habituelles à son âge.   

    Cette Sainte Barbe (Santa Barbara, pour les intimes), hébergée à l'église Santa Maria Formosa, est, indépendamment de son histoire de vierge mourant vierge pour ne pas abjurer sa foi, avec ses seins lourds, ses hanches larges et son joli visage calme et serein, est une jeune femme maternelle, amoureuse, désirable, coquette, sûre d'elle-même comme les femmes que j'ai aimées

    Et aussi un peu comme… oh mon Dieu ! comme ma mère, dans ma vision d'enfant !

     

    Sainte vierge Marie bien en chair


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    Pauvre Mélenchon, sa façon de courir après des manifestations qui ne sont pas les siennes, de faire du lèche-bottes à des gens qui ne sont pas de son  bord , à appeler à la rescousse le journal Le Monde  (Le Monde vous imaginez ? "ils ont dit que mon programme était compatible avec les revendications des Gilets jaunes"), fait pitié à voir, est pathétique, pitoyable ! 

     

    Pauvre tribun, la vie est trop injuste avec lui !

    Ca fait des années qu'il se prépare, des années qu'il court après les ouvriers, les kabyles et les arabes, les migrants et les jeunes des quartiers,  persuadé que c'est de là que partiraient les révoltes populaires... ! 

    Et patratas, c'est du camp d'en face que vient ce qui semble bien être une insurrection. Des Français de souche, des provinciaux, des retraités, des artisans ! Mais d'où ils sortent, ceux-là ? Ils étaient en souffrance et on ne lui a rien dit ???

     

    Il se tenait prêt, l'incorruptible ! Il avait recruté son Saint Just (un rouquin censé lui apporter les suffrages des jeunes)  il avait fait appel à Obono pour séduire tous les  Français d'origine africaine et antillaise, il avait son homme à tout faire et l’épouse de ce dernier détachée auprès des médias people, il avait son communiquant venu du trotskisme dont les cheveux soigneusement décoiffés au gel extra-fort montraient bien comme il était proche du peuple !

    Et voici que sur les barrages filtrants, il arrive qu'on capture des migrants en situation irrégulière et qu'on les livre à la police et qu'on somme des automobilistes à la peau noire de "retourner dans leur pays!". Vous vous rendez compte ? On ne peut raisonnablement pas envoyer Obono leur faire une leçon de vivre ensemble. Elle va se faire lyncher, la pauvre, c'est sûr ! Etrange cette situation où leaders et militants ont peur de se rendre sur les barricades !

     

    Il a mis des années à intégrer des objectifs écolo dans ses différents programmes, il a appris par cœur des mots nouveaux (marémotrice, coût carbone, énergie fossile...) il a répété pendant des  années qu'il était le premier écologiste de France.

    Et sur quoi démarre la révolte populaire ? Sur le  refus de payer une taxe carbone !!!  Vous vous rendez compte de la malchance ? Bien sûr, à présent il affirme qu'il est contre la dite  taxe carbone, mais il sait bien que personne ne le croit ! 

     

    Il  a affirmé à de multiples reprises que la presse n’avait pas le droit de compter SES manifestants à lui, qu'elle devait se contenter des chiffres qu'il donnait lui-même  (un million, pas moins) et de toute façon dans sa logique marxiste il a toujours estimé que le nombre de manifestants est moins important que la justesse de leurs revendications.

    Et vous savez quoi ? Ce qu’on lui refusait à lui, on l'accepte aujourd'hui pour les autres ! Tout le monde qualifie les Gilets jaunes de peuple alors qu'ils ne sont que quelques centaines de milliers !

      

    Il suggérait l'insurrection citoyenne, le bruit et la fureur, il appelait à la violence façon Robespierre, façon Castro, façon  Chavez c'est-à-dire dirigée par un chef.

    Il était persuadé que le peuple Français cherchait un chef, un tribun, un leader maximo, un guide suprême !

    Et voilà que la révolte vient de gens qui ne veulent pas de chefs, pas de représentants, même pas de porte-paroles !

     

    Mélenchon c'est l'histoire du type qui est persuadé que tôt ou tard, il va se faire Marianne, mais à chaque fois qu'il la croise, elle change de trottoir.  Si c'est pas malheureux tout ça ! 


  •  

     

    Où est la vraie Marianne ? 

    Où est la connasse déguisée en Marianne  ? 

    Où est la féministe qui exerce un métier "d'homme" ?

    Où est celle pour qui le féminisme consiste à exhiber son corps ?

    Où est la femme qui inspire l'admiration ? 

    Où est celle qui n'inspire que la pitié et le mépris  ?

     

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    Renseignement pris, il ne s'agit pas d'une manifestation Femen mais d'une exhibition artistique organisée par une artiste, Deborah de Robertis, surtout connue pour exhiber son sexe dans des lieux publics (musées, Lourdes...) .

    C'est toujours très con, mais ce n'est pas les Femen

     

     


  •  

    A chaque crise, désormais, le problème se pose de savoir si nous sommes bien représentés par nos élus. Pas pour conclure qu’on devrait changer les élus, non ! Pour trouver d’autres formes de représentation de la volonté populaire : référendum d’initiative populaire, quota d’élus choisis par tirage au sort, voire d'être représentés par tous ceux qui enfileraient un gilet jaune !

    Pourtant d’autres, de par le monde, ont déjà réglé le problème en innovant et c’est peut-être vers ces innovations qu’on veut nous emmener sans le dire vraiment. Quelques exemples :

     

    Syrie

    Il y a des élections en Syrie. Mais la moitié des sièges du parlement revient d’office aux membres du parti Baas

    L’autre moitié est répartie au prorata des suffrages issus des élections (y compris donc le parti Baas).

    Autrement dit, même si le parti Baas obtenait 1 % des suffrages, il aurait la majorité absolue. Mais je vous rassure, cher lecteur inquiet, le parti Baas fait beaucoup plus que 1 %

     

    Iran

    Les élections sont souvent relativement bien organisées (isoloirs, representants des différents candidats) mais c’est en amont que le tri a lieu : Toutes les candidatures doivent être validées par un Conseil des Gardiens de la Constitution.

    Exemple des critères de tri : Lors d'élections législatives en 2016, la candidature du petit-fils de l’ayatollah Khomeini a été refusée pour "insuffisance de compétence scientifique" (c'est-à-dire : islamique). En effet le brave rejeton du l'ex guide suprême avait cru, en raison de sa prestigieuse filiation, pouvoir se dispenser de se soumettre à un examen de théologie islamique organisé par le Conseil Gardiens de la Constitution, examen auquel s'étaient soumis les quelques 400 autres candidats.

     

    Cuba

    Il y a des élections à Cuba. Les candidatures sont proposés par des assemblées contrôlées par le Parti : "mouvements des travailleurs, de la jeunesse, des femmes, des étudiants et des paysans, ainsi que les membres des Comités de défense de la Révolution" .

    Les candidats ainsi désignés sont les seuls à pouvoir se présenter et sont élus au suffrage universel à bulletin secret. 

    Preuve de la supériorité de la démocratie cubaine et grande fierté du régime cubain : le contrôle des urnes électorales et leur dépouillement sont confiés exclusivement à ... des collégiens !

    (Vue l'importance de l'enjeu, on s'étonne même qu'ils n'aient pas confié cette tâche aux élèves des écoles maternelles)

     

    Venezuela

    Pour contourner un parlement gagné par l’opposition, le parti de Maduro a décidé de créer une assemblée constituante ayant tous les pouvoirs. Une partie de cette constituante a été élue au suffrage direct (mais les membres des partis politiques n’étaient pas autorisés à se présenter) et l’autre partie en fonction des groupes sociaux  avec des coefficients différents en fonction de leur importance dans la société (syndicats, retraités, étudiants, paysans, handicapés…)

    Beaucoup de gens, choisis par le régime, ont donc été invités, conformément à cette loi,  à voter plusieurs fois, par exemple une fois en tant que jeune, une autre fois comme "étudiant" voire peut-être une troisième fois dans le groupe des électeurs "handicapés".

     

    Liban

    Le Liban a un système électoral extrêmement complexe. Ce sont de vraies élections démocratique qui se font au scrutin direct pour des listes élues à la proportionnelle. Mais comme, au final, la constitution prévoit que le parlement doit être composé pour moitié de chrétiens pour moitié de musulmans, c’est donc à l’intérieur des deux grandes religions que les vraies batailles électorales ont lieu. 

    En effet les chrétiens étant assurés d’avoir la moitié des sièges du parlement, le seul problème qui se pose est de savoir qui des maronites, des grecs orthodoxes, des catholiques romains ou des coptes auront le plus d’influence à l’intérieur du camp chrétien. Et c’est souvent sur l’utilité d’une alliance avec telle ou telle obédience musulmane que les grandes familles  chrétiennes s’opposeront.

     

    Libye

    Quand on reprochait à Kadhafi l'absence d'élections dans son pays, il répondait (je cite de mémoire) " Pas besoin d’intermédiaires. Quand j'ai une décision à prendre, je descends dans la rue, j’interroge directement mon peuple et j'applique sa volonté"

    C'est le système le plus proche de ce que proposent certains Gilets jaunes : aller les interroger sur les ronds-points et faire ce qu'ils demandent sans passer par ces institutions stupides et inutiles que sont les assemblées parlementaires.  

     

    Et vous savez quoi ? On va y arriver un jour, vous verrez, à l'une ou à l'autre de ces formes supérieures de la démocratie !

     



  • Ce poème de Rimbaud, écrit à l'âge de 16 ans,  est le fruit d'un devoir scolaire dont le sujet était d'écrire une lettre au roi Louis XI pour obtenir la grâce du bandit et poète François Villon condamné à à la potence.

    Je passe rapidement sur les sujets d'étonnement qui me viennent spontanément à l'esprit:

    - Un tel sujet de dissertation à des jeunes de 16 ans ?? C'est quoi l'équivalent aujourd’hui  dans les collèges de France ? Ecrivez une lettre au président de la République pour demander que la nationalité française soit accordée à Maître Gims malgré sa bigamie ?

    - Rimbaud s'inspire et se moque de l'ambiance macabre et des descriptions très crus de la ballade des pendus de François Villon (Pies et corbeaux nous ont les yeux crevés / Et arraché la barbe et les sourcils)  

    Il a 16 ans et il a déjà lu François Villon. Et pourtant, il n'avait pas une mère qui l'incitait à lire, c'est le moins qu'on puisse dire. A cet âge, je lisais, au mieux, Les trois mousquetaires, la guerre du feu... Il y a des jours où j'ai l'impression d'avoir gâché ma jeunesse. (Et ma vie, en général, mais ça s'est un autre sujet dont je te parlerai un jour, cher ami lecteur) 

     

    - Mais retournons au poème : je ne sais pas quel note il a eu mais, à mon avis, le jeune poète était largement hors sujet ! Mais pour notre plus grand bonheur !

     

    Au gibet noir, manchot aimable,
    Dansent, dansent les paladins,
    Les maigres paladins du diable,
    Les squelettes de Saladins.

    Messire Belzébuth tire par la cravate
    Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel,
    Et, leur claquant au front un revers de savate,
    Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël !

    Et les pantins choqués enlacent leurs bras grêles :
    Comme des orgues noirs, les poitrines à jour
    Que serraient autrefois les gentes damoiselles,
    Se heurtent longuement dans un hideux amour.

    Hurrah ! les gais danseurs qui n'avez plus de panse !
    On peut cabrioler, les tréteaux sont si longs !
    Hop ! qu'on ne cache plus si c'est bataille ou danse !
    Belzébuth enragé racle ses violons !

    O durs talons, jamais on n'use sa sandale !
    Presque tous ont quitté la chemise de peau ;
    Le reste est peu gênant et se voit sans scandale.
    Sur les crânes, la neige applique un blanc chapeau :

    Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées,
    Un morceau de chair tremble à leur maigre menton :
    On dirait, tournoyant dans les sombres mêlées,
    Des preux, raides, heurtant armures de carton.

    Hurrah ! la bise siffle au grand bal des squelettes !
    Le gibet noir mugit comme un orgue de fer !
    Les loups vont répondant des forêts violettes :
    À l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer...

    Holà, secouez-moi ces capitans funèbres
    Qui défilent, sournois, de leurs gros doigts cassés
    Un chapelet d'amour sur leurs pâles vertèbres :
    Ce n'est pas un moustier ici, les trépassés !

    Oh ! voilà qu'au milieu de la danse macabre
    Bondit dans le ciel rouge un grand squelette fou
    Emporté par l'élan, comme un cheval se cabre :
    Et, se sentant encore la corde raide au cou,

    Crispe ses petits doigts sur son fémur qui craque
    Avec des cris pareils à des ricanements,
    Et, comme un baladin rentre dans la baraque,
    Rebondit dans le bal au chant des ossements.

    Au gibet noir, manchot aimable,
    Dansent, dansent les paladins,
    Les maigres paladins du diable,
    Les squelettes de Saladins.

     

     

     


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    Horoscope d’un pendu

    Et Nostradamus et Rombure,
    Et tous les devins réputés
    Ont été par toi fréquentés
    Pour savoir ta bonne aventure ;
    Ils ont prédit que tu serois
    Un jour plus haut que tous les rois.

    Et voici qu’on te mène pendre !
    N’ont-ils pas dit la vérité ?
    Car tu t’en vas si hautement,
    Que nul ne peut si haut prétendre.

    Guillaume BOUCHET, poète français (1513-1594)

     

    Amertume d'un perdant

    Et Alain Mink et Attali
    Et autres mentors d’économie
    Ont été par toi consultés
    Pour savoir sur qui collecter
    l’impôt sans courir de danger ;

    Ils t’ont dit de faire porter
    tout le poids sur les retraités
    sur les moutons non syndiqués
    qui ont toujours tout accepté
    Et n’aiment pas trop manifester

    Maintenant que tu es humilié
    Tu penses qu’ils se sont tous trompés.
    Mais ils ont dit la vérité :
    Il s’agissait bien de moutons
    oui mais de moutons enragés !

    Carlus, blogueur plagiaire

    Le pendu et le perdant






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