• Une assemblée générale houleuse

     

    Dans le but de ne pas désigner au regard de leurs camarades de classe les jeunes collégiens et lycéens homosexuels lors des journées contre l'homophobie, une association  a proposé que la lutte contre l'homophobie à l'école soit intégrée à la lutte contre toutes les formes de discrimination et de racisme visant les juifs, les musulmans, les noirs, les homosexuels, les bis et les trans,  les personnes handicapées, les femmes, les jeunes et les personnes du troisième âge. 

    Cette proposition n'a, évidemment, reçu aucun écho. Et pour cause ! 

    Essayons d'imaginer ce qu'aurait été l'assemblée générale inter-associations qui aurait été convoquée à cet effet. 

     

    Procès-verbal de l'assemblée générale du 28/09/2015 (extraits) 

     

    Le représentant de l'association cultuelle "Salafistes, sunnites, soufistes et wahabites de France" demande la parole pour rappeler aux délégués présents que, s'ils veulent bien être associés aux noirs, aux jeunes et aux vieux pour dénoncer les discriminations dont ils sont victimes, il est par contre hors de question pour eux qu'on les mette dans le même panier que les homosexuels, les bis, les trans et les juifs. Il rappelle également qu'en cas de manifestation commune, les femmes, pour des raisons de sécurité évidentes,  devront défiler séparément et, pour des raisons tenant à la plus élémentaire décence, se couvrir la tête, la manifestation étant publique.  

     

    Le représentant de l'association Grand Pardon des Ashkénazes, des Séfarades,  des Samaritains et des Falachas  regrettent que le conflit israélo-palestinien soit trop souvent importé en France alors qu'il n'a rien à y faire. Il souligne qu'il faut en finir au plus vite avec cette situation et demande donc à l'assemblée de voter une motion demandant au gouvernement français de faire pression sur les autorités palestiniennes pour qu'elles interdisent les manifestations d'hostilité et de racisme constatées dans les territoires occupés à chaque fois que des colons créaient, avec pourtant toutes les autorisations nécessaires,  des villages en Judée-Samarie. 

     

    Puis c'est c'est au tour du représentant de l'association gays, lesbiennes, bis et Trans de prendre la parole pour souligner qu'il acceptait volontiers de mettre en commun sa lutte contre les discriminations  à celles menées par les les femmes et les jeunes ! Concernant les noirs et les arabes, il précise que bien que ces  communautés soient plutôt  homophobes en général, il serait d'accord pour manifester avec eux  mais à la condition que les gays, lesbiennes, bis et Trans défilent en tête du cortège sous la bannière "Oui au mariage et à l'adoption pour tous, oui à la multiparentalité" ! Il propose également de confier l'organisation et le service d'ordre de la manif et la gestion des déguisements aux organisateurs de la Gay-pride en mettant en avant la grande expérience qu'ils ont acquise dans ce domaine.

     

    Le représentant de la jeunesse, président de  l'association "Nuit debout et Cannes-à--bis" prend alors la parole pour demander que la question de la dépénalisation du cannabis soit inscrite comme une priorité par tous les délégués présents. Il  rappelle à l'assemblée qu'une dépénalisation du cannabis serait profitable à toutes les catégories représentées dans cette assemblée, donc une manière de lutter contre les discriminations,  ce qui n'est pas le cas des revendications exprimées par les autres intervenants, qui lui ont paru plutôt catégorielles.

     

    Le président de séance reprend la parole, constate que les participants sont aussi épuisés que  l'ordre du jour, promet aux intervenants d'examiner avec la plus grande attention leurs propositions aussitôt qu'il trouvera un moment de libre dans la vie de dingue qu'il mène en ce moment, et lève illico la séance en demandant aux participants de bien vouloir évacuer la salle dans le calme. 
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