• Monologue d’abstentionniste

    A la manière de...

     

    Voter… ou s’abstenir : Telle est la question. Y a-t-il plus de civisme à voter pour le candidat de la chance insolente, ou bien à crever l’abcès de ma colère en choisissant le chaos ?

    S’abstenir… ou même voter pour elle et dire que par ce geste nous mettons fin à la chance insolente de l’élu désigné et aux projets des arrivistes qui tournent autour de lui.

    C’est là un dénouement qui me réjouirait le coeur. Le chaos, le cauchemar, la peur et l’angoisse dans les yeux des donnés gagnants !

    Ooh, je suis dans l’embarras et dans la confusion. Car sur quel avenir pourrait déboucher ce geste qui nous débarrasserait d’un seul coup d’un seul de la douce étreinte de tout ce auquel nous avons toujours cru ?

    Il faut se détourner de cette pensée. Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde, l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté, l’injustice de la loi, l’arrogance du pouvoir, et les rebuffades que le mérite résigné reçoit d’hommes indignes, juste pour assouvir une simple rancoeur ? Qui voudrait aller dans une région inexplorée, réputée dangereuse et d’où nul voyageur n’est sûr de revenir, juste pour venger l’humiliation faite à nos favoris égocentriques et puérils ?

    Doucement, maintenant, il faut que je me calme ! Ah, voici la belle Marianne… Marianne, ma bien-aimée, connais mes doutes et mes cauchemars mais souviens-toi toujours que je t’aime.

     

    William Carlus

     

    « C'était le temps des grandes décisionsA voté »