• Le Cantique des Cantiques

     

    Quand le ciel est gris, le temps médiocre et l'actualité minable, un conseil d'ami : réfugiez-vous dans la poésie, et plus spécialement dans la poésie érotique... non, non, la poésie biblique, ... enfin disons la poésie érotico-biblique.

    Voici quelques exemples tirés du  Cantique des cantiques, premier long poème érotique de notre civilisation judéo-chrétienne ! Qui prouve qu'avant de se toucher et de s'embrasser, les hommes et les femmes ont coutume,  depuis fort longtemps, de se livrer à un minimum de parade nuptiale sous forme d'échange de compliments poétiques. 

    Bon, en tout cas, c'est beau et ça vaut le détour ! 

    Tout d'abord, ce que Monsieur dit à Madame :

      

    Que tu es belle, mon amie, que tu es belle! 

    A la jument qu'on attelle aux chars de Pharaon,

    je te compare, ma sœur, ma bien-aimée.

    Tes cheveux sont un troupeau de chèvres, 

    Suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.

    Tes dents un troupeau de brebis tondues, 

    Qui remontent de l'abreuvoir; 

    Tes lèvres sont un fil cramoisi, 

    Et ta bouche est charmante

    Ta joue est une moitié de grenade

    Ton cou est comme la tour de David, 

    Bâtie pour être un arsenal; 

    Mille boucliers y sont suspendus

    Tes deux seins sont deux faons, 

    Jumeaux d'une gazelle, 

    Qui paissent au milieu des lis

    Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée, 

    Une source fermée, une fontaine scellée.

    Ton sein est une coupe arrondie, 

    Où le vin parfumé ne manque pas; 

    Ton corps est un tas de froment, 

    Entouré de lis

    Tes yeux sont comme les étangs de Hesbon, 

    Près de la porte de Bath Rabbim;

    Ton nez est comme la tour du Liban

    Ta taille ressemble au palmier, 

    Et tes seins à des grappes. 

    Je monterai sur le palmier, j'en saisirai les rameaux! 

     ____________________________________________________

    Et comment elle, la bien-aimée, répond-t-elle à son amoureux ? 

    Ben c'est plus soft déjà.  A part les yeux comme des colombes, pas de comparaison animalière ! 

     ____________________________________________________

     

    Mon bien-aimé est blanc et vermeil; 

    Il se distingue entre dix mille. 

    Sa tête est de l'or pur; 

    Ses boucles sont flottantes

    Et noires comme le corbeau. 

    Ses yeux sont des colombes au bord des ruisseaux, 

    Se baignant dans le lait, 

    Reposant au sein de l'abondance. 

    Ses joues sont un parterre d'aromates, 

    Une couche de plantes odorantes; 

    Ses lèvres sont des lis, 

    D'où coule la myrrhe. 

    Ses mains sont des anneaux d'or, 

    Garnis de chrysolithes; 

    Son corps est de l'ivoire poli, 

    Couvert de saphirs; 

    Ses jambes sont des colonnes de marbre blanc, 

    Posées sur des bases d'or pur. 

    Son aspect est comme le Liban, 

    Distingué comme les cèdres. 

    Son palais n'est que douceur, 

    Et toute sa personne est pleine de charme. 

    Tel est mon bien-aimé,

    Tel est mon ami, Filles de Jérusalem!

     

    « Liban Syrie : tout ce que vous avez toujours voulu savoir...Mon pote Hérodote »