• Dans l'émission La Grande Librairie, un des invités raconte comment il a commencé à lire dans sa jeunesse et conclut "Et j'ai découvert que la lecture pouvait aussi me faire rire". Et l'animateur de "rebondir" en regardant le public avec un large sourire en répétant lentement "la lecture peut aussi nous faire rire ! Quel magnifique enseignement !" et il demande , d'un geste de la main, au public d'applaudir cette phrase magnifique  ! Un peu comme Jacques Martin quand il répète au public un mot d'enfant particulièrement drôle. Là, en l'occurence, c'était que la lecture peut aussi nous faire rire ! Merci, Francois Busnel !

    Depuis Pivot, qui avait su renouveler le genre en se positionnant comme un profane humble et curieux, les journalistes littéraires n'ont pas trouvé leur marque, je trouve. Ils sont souvent, soit ridiculement pédants, soit excessivement prétentieux et condescendants, soit très polémistes et très énervants. 

    Ridiculement pédant, celui qui pose à son invité des questions non seulement interminables mais en plus agrémentées de citations, de comparaisons avec d'autres auteurs, de références littéraires, le tout dans un langage précieux et avec des gestes raffinés. La question s'adresse d'ailleurs très peu à l'invité. Elle a plus pour objet de démontrer l'immense culture littéraire de celui qui la pose. De plus, il a souvent, en s'exprimant, le regard levé au plafond de celui qui n'a rien préparé et qui cherche le mot juste et le petit sourire en coin de celui qui pense qu'il épate son auditoire.

    Excessivement prétentieux et condescendant, celui qui n'invite QUE des écrivains et artistes peu ou pas du tout connus, d'origine géographique lointaine, de culture inaccessible au commun des mortels français, ce qui, jusqu'ici, n'est pas en soi une mauvaise idée, mais qui s'adresse à eux (et à nous !) comme s'il connaissait parfaitement et depuis fort longtemps la culture et la littérature des pays de tous les écrivains invités sur son plateau, mais  aussi celles des pays voisins et des siècles précédents. Il ne dira jamais " j'ai appris en préparant l'émission que...", non !  Il dira, et sur le ton de l'évidence, "mais en vous lisant, il m'a semblé que vous étiez en rupture complète avec  tout   ce qui s'est fait dans la littérature du haut Kosovo depuis le début du siècle dernier, non?"  

    Très polémiste et très énervant celui qui se dit qu'une émission culturelle se doit d'être bordélique ! Et même, que plus c'est bordélique, plus on crie fort, plus on s'insulte et plus c'est culturel. Il est vrai que le désordre et la polémique peuvent agrémenter parfois un débat trop ennuyeux ! C'était le cas du Michel Polac de la grande époque de Droit de réponse, par exemple. Ou même du Michel Field d'il y a vingt ans. Aujourd'hui l'ambiance enfumé et bordélique  n'est plus de mise. La polémique s'est déplacée sur Internet et la recherche du "Buzz" a remplacé les cris et les insultes. Dans l'émission de Taddéï,  Ce soir ou jamais, c'est par exemple la violence polémique d'un duel organisé entre Caroline Fourest et Tarik Ramadan, ou une colère de Finkielkraut qui attesteront du caractère culturel de l'émission. Ensuite, ce qui reste de la vieille idée qu'il faut que ce soit bordélique pour être culturel se passe sur Internet. Ce n'est pas sur le plateau de l'émission qu'on se lance des cendriers ou des verres d'eau à la tête, mais sur You Tube et Daylimotion. Dans les jours et les semaines qui suivent l'émission, de nombreux extraits de l'émission seront publiés avec des intitulés du genre "Fourest humilie Ramadan" ou "Tarik Ramadan ridiculise Fourest"  ou "Finkielkraut pète un cable"!  

    Mais ce qui fait malgré tout de Taddéï un grand journaliste culturel, c'est qu'il sait aussi inviter et questionner avec talent des gens comme cet historien nommé Michel Pastoureau qui écrit l'histoire des couleurs des origines à nos jours (un livre consacré à chaque couleur) et qui en parle tellement bien, avec une telle connaissance de son sujet, une telle passion, une telle simplicité qu'on n'a qu'une envie une fois l'émission terminée : aller acheter le livre de l'auteur mais auparavant remercier le journaliste qui nous l'a fait découvrir. 

     

     


  • Il y a quelque temps, lorsqu'il devenait évident que s'accrocher à cette histoire d'inversion de la courbe du chômage relevait de l'incantation magique et de la supplique à Fortuna, déesse de la Chance et du Hasard, je pensais ( c'est dire si je suis naïf !) que Hollande allait faire (ou dire) quelque chose de fort, d'historique quand le couperet des chiffres tomberait.

    Soyons sérieux, il attend comme tout le monde, dans une économie mondiale cyclique, les effets en France de la reprise économique mondiale et européenne. Il n'a d'ailleurs pris aucune mesure de fond pour lutter contre le chômage. Augmenter les impôts, ça sert à combler le déficit public, mais certainement pas à créer de l'emploi.

    Et je dis ça, sans suggérer prétentieusement que j'ai des idées pour résoudre le problème du chômage. Je crois comme lui et comme beaucoup d'autres, que, mises à part des mesures de circonstance, il n'y a pas grand chose d'autre à faire que d' attendre que ça reparte et, en attendant, indemniser au mieux les chômeurs et les gens mis en difficulté par la crise. 

    Mais bon, il s'est accroché désespérément (et à mon avis, de façon un peu stupide) à l'idée que les Dieux de l'Olympe interviendraient en sa faveur et inverseraient pour lui la courbe du chômage, et de surcroît (ce qui augmente l'effet magique de la chose) à une date précise fixée au 31 décembre 2013.  

    Il aurait pu faire son De Gaulle  ou son Churchill ou encore son Schröder ! Mais non, il se contente de nier  la réalité comme un politicien médiocre et d'affirmer comme un autiste que l'inversion est bel et bien amorcée,.  

    Tous les sondages le montrent, les Français savent que la situation économique est difficile, que nous sommes endettés, qu'il n'ya pas de recette miracle contre le chômage, que de fermer nos frontières ne ferait qu'aggraver les choses... 

    Et pour traverser cette passe difficile, on aimerait bien avoir un président qui présiderait (au lieu de faire des synthèses) ,  qui aurait un peu d'autorité (pour conduire les affaires du pays) et de bienveillance (en guise de stratégie de communication) qui aurait quelques idées simples (mais pas simplistes), qui serait entouré d'un petit groupe de fidèles talentueux prêts à tout pour lui (et pas d'une foule d'ambitieux désireux de se démarquer de lui) qui posséderait l'art de l'éloquence (et pas celui de la démagogie), et qui aurait le sens de l'à-propos et du mot historique (et pas un humour de fin de banquet).

    Mais bon, c'est lui qu'on aura pendant un peu plus de trois ans encore. On fera avec, c'est la règle du jeu. La démocratie est le pire des système, disait Churchill, à l'exception de tous les autres.    

     


  •  

    En cette veille de Noël, faut-il être gentil ou méchant ? Allez, méchant ! Un peu de polémique et de mauvaise foi ne peut pas faire de mal.

    Dites-moi qui fréquentent les chroniqueurs et les blogueurs... ou plutôt qui ils apprécient et qui ils détestent et je vous dirai pour qui ils votent.

    - Il dit : "Je ne suis ni de droite ni de gauche" :  facile ! C’est Coluche qui l'avait fait remarquer il y a bien longtemps : traduction : il est de droite !  On a pu se poser la question quand Bayrou a appelé à voter Hollande, mais c'était un épiphénomène. 

    -Il répète systématiquement, à chaque fois qu'il se produit un événement qui a trait à l'immigration ou à l'islam, "Et voilà Marine Le Pen au deuxième tour de l'élection présidentielle !" comme si c'était une hypothèse qu'il redoutait. Dit une fois ça veut peut-être dire ça, mais répété trop souvent ça veut dire, à mon humble avis, que l'hypothèse d'une Marine Le Pen au deuxième tour (voir même présidente) ne lui déplairait pas plus que ça !

    - Il ricane comme une hyène à propos de Mandela (ou de Desmond Tutu, de Césaire ou de Taubira...) : ( "Bon alors, c'est fini les sacrifices animistes ? Ca y est , les zoulous ont bien dansé, on va pouvoir parler d'autre chose ? J'ai pas bien compris, elle n'aime pas la banane ?") Là, trop facile : sympathisant Front National

    - À l’inverse il a envie de s'accaparer pour lui tout seul de la mémoire de Nelson Mandela ( "Ouais, il y a 30 ans, personne n'a rien dit quand on l'a mis en taule et maintenant ils sont là à se bousculer pour aller à ses funérailles"...)  P'tit con (ce qui ne veut pas dire "jeune") vaguement gauchiste dont le coeur balance entre le NPA, la LCR, Lutte ouvrière, et autres sectes de l'Ultra-gauche. 

    - Il est un admirateur inconditionnel de Robespierre ("il était contre les tribunaux révolutionnaires, il était horrifié par les exécutions, la terreur, c'est la faute à Danton..."). C'est un militant Front de gauche  qui pense qu'avec un bon leader et en affirmant des contre-vérités avec aplomb, on peut tout faire passer car les Français , au fond, sont des imbéciles heureux qui ne demandent qu'à faire une confiance aveugle à un gourou.

    - Il attaque de façon virulente les deux livres  de Lorant Deutsch Métronome et Hexagone : il est encarté communiste ou Front de gauche et considère l'Histoire comme une science prolétarienne au même titre que la biologie prolétarienne du camarade Lyssenko, et il pense que cette science  devrait être réservée aux spécialistes dûment mandatés par le glorieux parti de la classe ouvrière. 

    De façon annexe : il peut être aussi partisan depuis longtemps de la reconnaissance du caractère arabo-oriental de la France et il  ne reconnaît pas, dans ces deux livres, l'histoire de sa France à lui, peuplée de Sultans, de Vizirs, de harems et de Commandeurs des croyants.

    - Il est partisan d'une remise à plat de la fiscalité :  il est un petit élu socialiste (maire, conseiller général, député de base...) qui pense que les relations  politiques, c'est comme la bourse : il faut prendre le risque d'y aller quand la cote est au plus bas. Après, tu attends un peu que ça remonte  et c'est tout bénef !

     


  • Vous avez toujours voulu savoir quelle gueule pouvait bien avoir Maximilien Robespierre ? C'est dans la presse depuis hier. L'oeuvre ayant été réalisée à partir de son masque mortuaire, il s'agit donc de son vrai visage et le moins qu'on puisse dire c'est que le bonhomme avait une gueule plutôt antipathique.

     

    Non, non je ne dis pas cela parce que je n'aime pas les tyrans sanguinaires.  Je sais être objectif. Le p'tit con de Saint Just, par exemple, ne valait guère mieux, mais lui, au moins, était beau.

    L'humour au temps de la Terreur

    Le tyran fut décapité comme hors-la-loi, donc sans procès mais sous les acclamations de la foule,  avec 21 de ses partisans (dont Saint-Just) . Ni lui, ni Saint Just n'ont prononcé sur l'échafaud de mot historique destiné à la postérité, comme l'ont fait avec panache tant de leurs victimes. Vous me direz qu'il avait la  circonstance atténuante d'avoir  la mâchoire brisée. Ce à quoi je vous répondrais que quand on veut laisser le souvenir d'un grand homme et continuer à faire plusieurs siècles plus tard l'admiration de Mélenchon , on peut bien faire un effort.  Che Guevara, lui, a regardé dans les yeux le type qui le tenait en joue et lui a dit :"Tire, lâche, tu vas seulement tuer un homme."  Ca c'est du panache ! Quand on a tué des milliers de gens, on ne chiale pas devant le bourreau, merde !

    Officiellement, les 22 corps et têtes furent jetés en vrac dans la fosse commune et recouverts de chaux afin d'écarter toute possibilité future de pèlerinage malsain. Officiellement seulement car le bourreau, le très connu Sanson,  arrondissait ses fins de mois en vendant les têtes coupées de célébrités (et il y en avait beaucoup) à Madame Tussaud .

    Peu de temps après sa mort, un anonyme plein d'humour ( et de soulagement aussi, je dirais) lui a rédigé son épitaphe : 

    Passant, ne t'apitoie pas sur mon sort

     Si j'étais vivant, tu serais mort. 

     

    ____________________________________________________

     


  •  

    Jusqu'à hier, je pensais que le cancer de la prostate était un cancer comme les autres, je veux dire par là, le genre de maladie sur laquelle on n'a aucune prise, où les médecins décident de tout, où l'on n'a rien d'autre à faire qu'espérer que ça se passe le moins mal possible. 

    L'écrivain Tahar Ben Jelloun dans un livre intitulé "L’Ablation" semble dire que ce n'est pas vraiment le cas. Que les personnes atteintes de ce cancer ont un choix terrible à faire. Selon le très bref résumé qu'en fait rue 89 le problème se pose ainsi : 

    - ou une ablation totale (prostatectomie), "dont les effets secondaires les plus lourds sont l’incontinence et l’impuissance." (Ben Jelloun parle de la honte. L’achat de couches, l’odeur d’urine, les piqûres dans le pénis, l’impuissance, la panique.) 

    - ou la chimiothérapie, avec le risque de métastase "François Mitterrand a eu le choix entre l’ablation et le traitement. Il a choisi le traitement. Il disait : “J’ai envie de continuer à faire l’amour.” Son cancer s’est métastasé, il a beaucoup souffert."

     

    Putain de merde, il y a donc des mecs qui se trouvent devant un choix de ce genre :  on peut te guérir définitivement de ce cancer, mais tu seras impuissant et incontinent, tu porteras des couches absorbantes pour le reste de ta vie, tu ne pourras jamais plus faire l'amour à une femme. 

    Ou alors...  ou alors si tu préfères, tu me dis "mon cher Julien, c'est moi qui décide dans cette affaire, c'est moi qui suis le maître du jeu, alors votre prostatectomie, je n'en veux pas, et je choisis le traitement chimiothérapique qui va durer des années, qui va provoquer des nausées et des malaises insupportables, sans jamais me garantir que des métastases n'envahiront pas mon corps pour le pourrir de l'intérieur, MAIS… mais qui me permettra de baiser ma femme entre deux séances de chimio ! 

    Encore que… dans ce dernier cas, c'est à voir ! Je ne sais pas si mon moral me le permettrait ! Car sauf si on s'appelle Mitterrand ou DSK,  je ne suis pas certain qu'en cours de chimiothérapie on soit particulièrement préoccupé par le sexe.

    Mais bon, là je suis de mauvaise foi, car on sait ce que ça veut dire : tout homme veut rester CAPABLE de faire l'amour à une femme, même si, dans les faits, il ne le fait pas, pour diverses raisons.

     

    Enfin bref, faisant partie de la grande communauté des hommes de plus de cinquante ans et de ce fait particulièrement exposé au risque de cancer de la prostate comme Franz-Olivier Giesbert, comme François Mitterrand, comme Tahar Ben Jelloun, je prie ardemment le ciel de ne jamais me soumettre un choix aussi horrible.

    S'il décide de m'envoyer cette terrible maladie, qu'il m'accorde au moins la grâce de ne pouvoir rien y faire, la chance de pouvoir remettre humblement ma santé et ma vie entre les mains du médecin, la faveur de mourir paisiblement sans avoir à me demander si mon choix était le bon. 

     

     


  • Edward Snowden est toujours en Russie. Il n'a pas l'air si bien que ça puisqu'il continue à demander à tous les pays du monde de lui accorder l'asile. 

    L'autre, là... comment il s'appelle déjà ? Assange, continue lui aussi à menacer de divulguer des révélations qui auront l'effet d'une bombe atomique si on ne le laisse pas sortir de son ambassade ! 

    Quelles informations, au fait ? On a déjà eu l'essentiel : des ragots d'ambassade et de chefs de cabinet !  Des scoops du genre "l'ambassadeur des Etats-Unis, dans une note confidentielle adressée au président Obama a qualifié le président vénézuélien Hugo Chavez de dictateur corrompu"  ! Oh My god, quelle information explosive ! C'est Chavez qui a du être surpris, lui qui prenait les Yankees pour des nice guys!

    L'avantage avec la démocratie, c'est que rien n'est si secret que ça finalement !  Et quand c'est secret, on le devine un peu ! On sait qu'Israël a la bombe atomique, on sait que l'Iran la veut, peu importe ce qu'ils disent ! Les grosses surprises en matière de politique internationales sont rares !  On sait tous que les grands de ce monde se traitent volontiers en privé de connards, de p'tit con, de Staline et de Hitler. Comme nous sur nos blogs. Evidemment que c'est TOP SECRET ! Mais si ça se sait, ça n'a pas plus de conséquence que quand tu apprends qu'un collègue raconte partout que tu es cocu, alors qu'il te sourit quand il te croise !  

    Et nos libertés individuelles ? Quand trois cent cinquante millions de gens sont sur écoute quotidiennement, où est la menace ? Il sont combien à la NSA ? Il s'agit davantage de statistiques, de recherche de mots-clés dans les mails que d'espionnage à proprement parler, il me semble ! 

    La preuve, c'est que si tout le monde proteste, (oui, bien sûr, c'est pas bien)  personne ne semble être plus surpris que ça et surtout personne ne semble avoir envie de se jeter dans les bras des dénonciateurs les plus virulents ( Chavez à l'international, Mélenchon en France, par exemple). 

    Moi ce qui me fait peur, ce n'est pas que les services secrets américains et français sachent que je vais une fois par semaine au Jardin du Luxembourg.  Ce qui me ferait peur, c'est que les mails de terroristes qui préparent un attentat à cet endroit soient inviolables ! 

    Ce qui me fait peur, ce n'est pas que quelqu'un de la CIA lise les mails de mon fils pour y trouver d'éventuels indices qu'il serait en train de préparer un attentat, non !  Non, ce qui me ferait peur c'est que le KGB ou la Stasi débarque chez moi à 23 heures et emmène mon fils dans un lieu tenu secret et pour une durée indéterminée et que si je m'amuse à ouvrir ma gueule pour protester, on me retrouve "suicidé" par défenestration le lendemain. 

    Quand des cons et des dictateurs en puissance font semblant de découvrir que l'espionnage existe, c'est plutôt rigolo et j'ai  plutôt envie de me moquer d'eux ! Mais quand ils tentent de me faire croire qu'avec Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, mes libertés seraient davantage respectées, là je risque de me fâcher ! Et quand je me fâche, je deviens  vulgaire !

     


  • Ukraine : Plus de 100.000 opposants dans la rue (la presse)

    - Oh, la vache ! Presqu'autant (1) que la manif de Mélenchon ???

     

    Oui bon, ok je sors ! Ohlala, si on n'a même plus le droit de déconner !

     ___________________________________________________

    Comment ?  Ah oui, je sais, le e final de "presque" ne s’élide jamais, sauf dans "presqu’île". Mais, comme il est dit dans cet excellent article, des auteurs très sérieux (Cocteau, Mauriac, Aragon...) l'ont fait ! Alors pourquoi pas moi ? 

     

     

     


  • (Si mes digressions vous insupportent, allez directement écouter une gamine roumaine de 12 ans chanter "je suis malade" (en français svp) et attendez au moins  le refrain avant de fermer la fenêtre) 

    Si je devais emporter avec moi en enfer une seule chanson, laquelle je choisirais ? Une qui me touche à chaque fois que je l'entends, qui me donne la chair de poule, qui me rend triste et me donne envie de pleurer quand elle est chantée avec émotion: je suis malade.

    Le dernier souvenir que j'ai de cette chanson, c'était il y a quelques années, au restaurant d'une station thermale normande. La cure était finie pour Anne et moi et nous allions rentrer chacun de notre côté le lendemain. Anne était triste et me reprochait dans son langage délicat, de la considérer comme une escort-girl, une femme qu'on appelle quand on a envie de sortir et qu'on a personne d'autre sous la main. Je l'ai interrompu "excuse-moi, il faut que j'aille aux toilettes"

    - Oh pardon, je te gave mes jérémiades...

    - Mais non, arrête, c'est pas ça ! je reviens tout de suite

    Dans les toilettes du casino, les hauts-parleurs diffusaient Je suis malade. Je suis resté là à écouter cette chanson en me lavant les mains. Ca m'a rappelé qu'il n'y avait pas si longtemps que ça, j'avais aimé quelqu'un et  que j'avais été triste de ne pas être aimé en retour. C'est souvent triste, l'amour, quand on y pense ! Je ne savais pas si Anne m'aimait mais moi je comprenais à ce moment-là, en écoutant cette chanson, que moi, je n'étais pas amoureux d'elle, et qu'on ne peut pas, comme ça, décider que l'on aime quelqu'un, mais je me disais que c'était cruel de dire à une femme avec qui je venais de passer une semaine que je ne l'aimais pas et que je n'avais aucune intention de vivre avec elle. Je suis resté là, perdu dans mes pensées je ne sais pas combien de temps. Quand j'ai rejoint notre table, elle n'était plus là.

     

     

     

     

     


  • Bien sûr que ce n'est pas la position du gouvernement. Bien sûr que ce n'est qu'un rapport devant servir de base de réflexion. Mais, continuons à le lire, ce rapport. A part revenir sur l'interdiction du port du voile dans les lieux publics, que propose-t-il ?  

    Justement, il propose déjà d'abandonner le mot "intégration" censé être humiliant pour les français issus de la diversité. Ensuite le rapport propose les mesures suivantes (source : le Nouvel Obs)

    - Assumer la dimension "arabe-orientale" de la France

    - Valoriser l'enseignement de l'arabe

    - Donner la possibilité d'un enseignement dès le collège d'une langue africaine

    - Supprimer les conditions discriminantes  liées à certaines prestations", comme l'ASPA ou le RSA qui ne sont servis aux étrangers que s'ils justifient d'un séjour régulier de cinq ans au moins.  

    - Poser comme principe légal la "non désignation" des individus puisque "désigner c'est assigner et c'est stigmatiser". Seules les personnes devraient avoir le droit de se désigner elles-mêmes". 

     

    Je crois qu'il faudra un jour qu'un responsable dûment désigné par les français de toutes origines, tape du poing sur la table et dise enfin :

    ASSEZ ! 

     

     

     


  • Scénarios (au pluriel)

    Le Larousse, le Petit Robert et tous les autres dicos de la langue française ont beau dire et répéter, année après année, que le pluriel de Scénario est Scénarios, tout le monde, y compris ceux qui se piquent de parler correctement la langue française continuent à dire scénarii. L'évolution du mot est irréversible, à mon humble avis, et montre comment, en la matière, l'usage est plus puissant que l'autorité de l'Académie Française, du Larousse et du Petit Robert réunis. Ce dernier donne déjà le "scénarii" comme toléré. Dans quelques années, c'est "scénarios" qui le sera.  

     

    Héraut

    A chaque fois qu'à la radio ou à la télé, on prononce le mot HÉRAUT on ajoute A-U-T pour que l'auditeur n'aille pas le confondre avec le mot HEROS. Et c'est vrai que le contexte ne suffit pas, dans la plupart des cas, pour distinguer les deux mots homophones.  Le héraut de la démondialisation pourrait parfaitement en être le héros. Dans le premier mot, il y a un petit peu d'ironie, dans le second de l'admiration. On comprend donc que le journaliste précise A-U-T, sinon il aurait l'air d'être la seule personne de ce pays à admirer Arnaud Montebourg!

    Exemple d'une phrase d'actualité correcte mais imprononçable à la radio : : Desmond Tutu a été le héraut et Mandela le héros de la lutte anti-apartheid

     

    Consumériste

    Consumériste veut dire selon le Larousse "Mouvement visant à donner aux consommateurs un rôle actif au niveau économique et social".  Autrement dit , quand vous dites "nous vivons dans une société de plus en plus consumériste" cela veut dire que nous vivons dans une société dans laquelle le rôle des associations de consommateurs est de plus en plus important.

    Hélas, beaucoup de gens comprendront, au contraire, que vous avez voulu dire que nous vivons dans une société de consommation effrénée, de gaspillage, où les consommateurs passifs achètent tout ce que leur propose une publicité agressive.

    Compte tenu de cette acception erronée mais largement admise, l'emploi de ce mot se fait de plus en plus rare chez ceux qui en connaissent le sens et il finira fatalement par disparaître.   

     

    Vénérer

    Le jeune de banlieue met tout en verlan, sauf les mots qui, à l'envers, sont identiques phonétiquement à des mots déjà existants. Il ne dira jamais, par exemple, Zonbi pour Bison car il connaît le mot Zombi. Il ne dira pas non plus  Narco pour connard car, comme tout le monde, il souhaite autant que possible éviter de fâcher le dealer de son quartier

    Malheureusement, il ne connaissait PAS le verbe Vénérer. Résultat: il a transformé Enerver en Vénérer ! Alors quand on dit aujourd'hui "je vénère mes parents" ça veut dire pour nos enfants "j'énerve mes parents" !

    Une fois passée l'envie de baffer son monde, on se dit qu'il vaut mieux éviter d'employer un mot qui peut avoir un sens si différent selon les générations auxquelles on s'adresse. C’est "vénérant" mais c'est comme ça. 

     

     

     






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