Audit philarmonique
Quand j'écoute sur le web les "experts en tout" commenter l'actualité économique, politique, médicale et diplomatique, de façon assez pédante et ridicule, je pense à cet audit trouvé le Net il y a très longtemps et qui faisait mourir de rire mes collègues et moi dans le cabinet d'audit où nous officions à l'époque
AUDIT DU GRAND ORCHESTRE PHILARMONIQUE NATIONAL
commandé par le Ministère de la Culture
en vue de déterminer les causes du déficit et de proposer toute disposition nécessaire à résoudre le problème
CONCLUSIONS
-Les douze premiers violons jouant à l’unisson, c'est-à-dire des notes identiques, on peut réduire considérablement leur nombre, quitte à utiliser, si une forte intensité sonore est requise, une amplification électronique.
- Le coefficient d’utilisation du triangle est extrêmement faible. On a intérêt à utiliser plus largement cet instrument et même à en avoir plusieurs. Son prix d’achat étant extrêmement bas, l’investissement serait très rapidement rentabilisé.
- Jouer les triples croches nécessite un effort considérable et représente une complication inutile. Nous suggérons que toutes les notes soient arrondies à la double croche la plus proche. De la sorte, on pourra, dans une plus large mesure, faire appel à des musiciens moins qualifiés.
- On constate que le même passage est répété trop souvent. Ces répétitions peuvent être sérieusement réduites. On peut estimer que si toutes les redondances sont éliminées, un concert de trois heures peut tenir en vingt minutes, ce qui diminue les frais généraux et évite, de plus, la nécessité d’un entracte.
- Le remplacement du piano à queue par un piano droit, voir un piano électrique, moins encombrants, permettrait d’utiliser plus rationnellement l’aire de stockage du magasin de rangement des instruments.
- Pour de nombreux autres exécutants, une des mains sert presque exclusivement à tenir l’instrument ; l’emploi d’un support permettrait de rendre la main oisive disponible pour une autre activité.
- On peut remarquer aussi, de temps en temps, l’effort excessif fourni par les joueurs d’instruments à vent, alors que l’emploi d’un compresseur pourrait procurer l’air nécessaire d’une façon adéquate et mieux contrôlée.
- L’obsolescence des instruments est aussi un point qui mérite d’être examiné : Ainsi, l’instrument du premier violon a plus de cent ans ! Si on avait appliqué correctement le barème d’amortissement, on aurait constaté que la valeur de cet instrument était nulle et on aurait pu envisager l’achat d’un instrument plus moderne.
Enfin, même si cette remarque n'a aujourd'hui qu'un intérêt historique, il est permis de penser que si Monsieur Schubert avait dès l'origine appliqué toutes ces recommandations, il aurait probablement eu le temps d'achever la symphonie."
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