Ultramarins à part entière
Mon pauvre ami d'outre-mer
- Tu t’es toujours plaint que la Mère patrie t'oublie ou te néglige.
- Tu t’es plaint d’être considéré non pas comme un Français à part entière mais comme un Français entièrement à part.
- Tu t’es plaint d’être perçu non pas comme un bon Français mais comme un bon foncé.
- Tu as regretté d’être vu non pas comme un hexagonal mais comme un Nègrexagonal.
- Tu as chanté que l’on voulait t’assimiler pour faire de toi un assis mulet.
- Tu as regretté que l’on ait comme seule vision de toi celle d’un Martiniquais parti niquer.
- Tu as déploré que l’on te traite de danseuse de la République.
- Tu as dénoncé que l'on te qualifie de confettis de l’empire.
- Tu n’aime pas que l'on te traite encore d’ex-colonie, de DOM, de ROM, de DFA .
- Tu te plains d’être délaissé, tu te plains d’être négligé, tu te plains d’être mal-aimé.
Mais le jour ou une pandémie s’abat sur le monde et que ton appartenance à la mère patrie te place dans cette petite frange de la population mondiale qui a accès sans aucune restriction aux soins les plus modernes, tu refuses poliment le vaccin et tu te tournes vers la pharmacopée régionale traditionnelle faite d’infusions d’herbe et de plantes. Comme au bon vieux temps des colonies.
Comme pour bien valider l’idée que tu seras toujours un Français entièrement à part.

















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