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Le naufrage de la Marine

Publié le par Carlus

Alors comme ça, la Marine était déboulonnable !  Qui l’eut cru ? 

Déboulonnée

Quelle surprise pour tous ceux qui pensaient que le match était déjà joué et qu’un an avant la compèt, ils connaissaient déjà les finalistes.

Mais quelle surprise surtout pour tous ceux qui "refusaient" le match Macron Le Pen en ayant comme arrière pensée que ce serait Macron le maillon faible et que se retrouver en finale face à la Marine était pour eux la garantie d’une victoire assurée.

Quelle déception !

Quelle déception pour un Dupont-Aignan qui gesticule depuis des années, qui nous dévoile chaque jour sur les réseaux sociaux un "scandale démocratique sans précédent", qui connaît les incendiaires de Notre Dame de Paris, les inventeurs du covid 19 et les bienfaits de l'hydroxichloroquine...! et qui pouvait donc à juste titre espérer être le bénéficiaire de la moindre baisse de popularité de la Marine ! le voilà ramené au même niveau qu'un vulgaire groupuscule trotskyste !

Quelle déception pour Philippot qui depuis deux ans se démène comme un beau diable en surfant sur toutes les niches complotistes possibles et imaginables (élections US, origine du covid, antivax, gilets jaunes délirants, "soins précoces", frexit...) avec l'espoir fou qu'il pourrait se venger... que dis-je ? juste exister face à son ancienne maîtresse… Tout cela pour se retrouver inexistant dans le Graal implacable des sondages !

 

Et par déboulonnée qui, je vous le demande ?

Et en plus déboulonnée par un petit con qui fait des déclarations d’amour à la France comme une pute à son proxénète ("Oh chéri, tu es si cruel, tu as massacré tant des gens, tu as livré des juifs aux Allemands, c’est pour ça que je t’aime, mon amour".)

avec le zéle un peu masochiste des nouveaux convertis ("France, les autres t'aiment pour ta face lumineuse, moi c'est ton côté obscur qui m'attire )

 

Mais déboulonnée pas que par lui !

Déboulonnée aussi, la Marine, par le soutien de son père à l'autre ("la vengeance est un plat qui se mange froid, ma petite fille chérie")

Déboulonnée par la verve goguenarde du fidèle "mariniste" Gilbert Collard qui commence à prendre contact,

Déboulonnée par le regard perfide de la petite nièce Marion aux dents longues qui croit tirer les ficelles

Et même, déboulonnée par les tentatives désespérées de recoller les morceaux du vieil ami commun, Robert Ménart,  

 

L'intrus ne lui ravira peut-être pas sa place, compte tenu de ses outrances. Mais quoi qu'il arrive, la succession est ouverte.

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Rokhaya la Parisienne

Publié le par Carlus

Rokhaya la ParisienneDans le monde entier existe le mythe de la "Parisienne" : une jeune femme jolie, mince, insouciante voire frivole, élégante, les bras souvent chargés de paquets griffés haute couture… Bref un idéal de séduction féminine à la française.

Mais Rokhaya ne l’entend pas de cette oreille. Elle est elle-même parisienne et constate que  cette femme ne lui ressemble pas. C’est plus qu’elle n’en peut supporter. Elle prend donc sa caméra et propose à France 3 Paris-Ile-de-France un reportage pour dénoncer cette imposture. J’ai regardé ce reportage. Il se décompose en quelques grands chapitres dénonçant le caractère mensonger des principales caractéristiques de la Parisienne idéalisée.

Rokhaya la Parisienne

 

1) la Parisienne est blanche

Pour démonter ce cliché absurde, Rokhaya va trouver trois influenceuses parisiennes, l’une noire, l’autre d'origine maghrébine et la dernière d'origine asiatique, les interroge tour à tour et ensemble elles arrivent tout naturellement à la conclusion que c’est une imposture que de présenter la Parisienne comme une blanche.

 

 

 

2) la Parisienne est mince

Là encore, aucune difficulté pour trouver une jeune femme obèse, une autre naine (et de surcroît en chaise roulante), et après les avoir écoutés, arriver à la conclusion que présenter la Parisienne comme une femme mince et en bonne santé, alors qu'elles, elles ne le sont pas, est une véritable arnaque intellectuelle.

3) la Parisienne est une séductrice hétérosexuelle

Démonter ce lieu commun est chose facile  : elle invite Alice Coffin qui nous explique (si j’ai bien compris,  car elle parle trop rapidement !) que l’hétérosexualité est une invention créée de toutes pièces par le patriarcat. Et que si d'aventure la pauvre Parisienne avait été hétérosexuelle, elle serait à cette heure violée, battue et tuée par son conjoint, donc pas disponible pour jouer les mythes glamours.

Et voilà donc notre Parisienne idéalisée débarrassée de son fardeau hétérosexuel.

Je crois bien qu’il y a eu d’autres facettes de la Parisienne dénoncées par Rokhaya. Mais c’était trop de nouveautés à intégrer pour moi en une seule soirée. J'ai fini par m'endormir devant la télé. A rêver d'une Parisienne qui aurait le sourire crispé de Rokhaya, un Indice de Masse Corporelle de 128 et qui nourrirait depuis toujours une détestation des hommes. Il est sûr que comme ça la Parisienne fera rêver les femmes du monde entier.

 

 

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Mon pote François Villon

Publié le par Carlus

Les princes sont destinés à la mort,
Et aussi tous ceux qui vivent :
Qu'ils s'en affligent ou s'en irritent,
Autant en emporte le vent.

François Villon

Depuis quelques jours, François vient me rendre visite tous les soirs après l'extinction des feux. Je pense qu'il est pensionnaire de cette maison, lui aussi, car il passe me voir hors des heures de visite. Sitôt après le dernier passage de l'infirmière, il entre dans ma chambre, s'installe dans le fauteuil situé à la tête du lit et reste là une bonne partie de la nuit, dans une semi-obscurité à écrire et à bavarder avec moi. Je l'observe du coin de l'œil car, allongé sur le dos, j'ai du mal à tourner la tête. Hier je lui encore demandé ce qu'il est devenu après avoir quitté Paris, mais il ne répond jamais à cette question et s'enferme dans une attitude de déni, comme on dit aujourd'hui.

Je me souviens de ma première rencontre avec lui. C'était dans une geôle sombre et humide. Il avait été condamné à la potence après une rixe au cours de laquelle le notaire Ferrebouc avait reçu un coup de dague. Le prévôt m'avait chargé de tenter de savoir avant l'exécution, qui, de lui et de ses trois amis, avait porté le coup.
En entrant dans la minuscule cellule, je lui demandai de décliner son identité. Il avait du panache, le bougre ! Il me répondit :

Je suis François, dont il me poise
(Je suis François et cela me pèse)
Né de Paris emprès Pontoise
(Né à Paris près de Pontoise)
Et de la corde d'une toise
(Et au bout d'une corde long d'une toise)
Saura mon col que mon cul poise
(Mon cou saura bientôt ce que pèse mon cul)

Je n'ai jamais eu la moindre sympathie pour les truands et les brigands de grands chemins, mais celui-là me fascinait. Il faut dire que c'était un poète, et quel poète ! Le chantre de la débauche et de la "mauvaise vie", l'étudiant ami des catins et des voyous, le poète mondain flatteur et railleur à la fois des grands du royaume. Mais aussi le chantre de l'amour courtois et tendre.

"Mort, j’en appelle de ta rigueur,
Toi qui m’as ma maîtresse ravi
Depuis je n’ai force ni vigueur,
En quoi te nuisait-elle en vie ?

Nous avons discuté pendant des heures et sommes devenus amis, moi le fonctionnaire de police et lui le poète débauché. A-t-on jamais vu amis si dissemblables ?
Au moment où je m'en allais, il me demanda si je pouvais lui faire la faveur, "en bon chrestien" de lui fournir de quoi écrire. Je me suis arrangé pour le lui faire parvenir dès le lendemain. C'est dans cette geôle qu'il écrivit sa célèbre Ballade des pendus.

Frères humains qui après nous vivez,
N'ayez pas vos cœurs durcis à notre égard ...
La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil nous a séchés et noircis;
Pies, corbeaux nous ont crevé les yeux,
Et arraché la barbe et les sourcils.
De ci de là, selon que le vent tourne,
Il ne cesse de nous ballotter à son gré,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez pas de notre confrérie,
Mais priez Dieu qu'il veuille tous nous absoudre!

Je le revis plusieurs fois par la suite et décidai de le sauver du gibet. Je fis, en son nom, appel du jugement auprès de la cour du Parlement, fis intervenir le peu de relation que j'avais, et pris à ma charge les frais de procédure. Et le 5 janvier 1463, j'eus le bonheur de voir commuer sa peine capitale en dix ans de bannissement de la ville et du comté de Paris.

Je lui offris le gîte et le couvert en attendant son départ. Il fêta dignement sa victoire en faisant défiler chez moi tout ce que Paris comptait de catins et de filles de joie. Jamais ma modeste demeure n'avait été si pleine de cris, de rires et de chants paillards ! Il composa en même temps deux ultimes textes poétiques de grande qualité, l'un dans lequel il remerciait, en les raillant, les juges du Parlement, l'autre dans lequel il se moquait de son geôlier.

Je ne fus pas son serf... ni sa biche !
Il m'a nourri d'une petite miche
Et d'eau froide tout un été ;
Qu' il soit large ou serré,
Avec moi il fut très chiche :
Que Dieu soit pour lui comme pour moi il a été

Puis, après m'avoir chaleureusement remercié, il me confia ses derniers manuscrits et quitta la ville.
Personne n'entendit jamais plus parler de lui. Certains disent qu'il fut dévoré par les hordes de loups qui entouraient Paris en ce temps-là, d'autres qu'il s'est fondu dans la masse des gueux et a cessé d'écrire.
Parmi les manuscrits qu'il m'a confiés, il y en a un que je garde encore précieusement et qui pourrait être considéré comme sa propre épitaphe:

Ici se clôt le testament
Et finit le pauvre Villon.
Venez à son enterrement,
Quand vous orrez (entendrez) le carillon,
Vêtus rouge comme vermillon,
Car en amour mourut martyr;
Le jura-t-il sur son couillon (couille)
Quand de ce monde il voulut partir.

 

 

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Les compliments non genrés d'Ulysse

Publié le par Carlus

Cette année-là, j’avais dû accepter, je ne sais plus pourquoi,  de passer mes vacances en famille chez ma belle-mère.  Je me suis emmerdé comme un rat mort ! Même pas pu passer un peu de temps avec mes enfants complètement accaparés par elle. Trois semaines au cours desquelles j’ai eu le temps de me taper l’Iliade et l’Odyssée version intégrale miraculeusement trouvés dans sa bibliothèque entre deux "Prière miraculeuse à saint Expedit" et "Psaumes pour guérir les malades"!

Et c’est dans l’Odyssée, que j’ai trouvé ce compliment curieux à plus d’un titre, que j’ai immédiatement noté dans mon calepin et que je voudrais soumettre à votre réflexion :

(Contexte : Ulysse, rescapé d’un naufrage est allongé sur le rivage, épuisé. Il est nu, sale et hirsute. Quand arrive la princesse Nausicaa, il se cache derrière un buisson, puis…)

"… le divin Ulysse sortit des broussailles. De sa main vigoureuse, il arracha un rameau feuillu pour cacher sa virilité et, tout nu qu’il était, adressa à la belle Nausicaa ce discours habile et doux : – Es-tu reine, déesse ou mortelle ? Si tu es mortelle, trois fois heureux ton père et ta vénérable mère ! Trois fois heureux tes frères ! Mais plus heureux encore celui qui t’ayant comblée de cadeaux, t’emmènera dans sa maison ! Jamais je n’ai vu de mortel, homme ou femme, aussi beau ! Je suis saisi d’admiration ! Avant toi un jour à Delos, devant l’hôtel d’apollon, j’ai vu semblable beauté : un jeune palmier et mon cœur fut, comme aujourd’hui, saisi ! Comme lui, je t’admire, ô femme, et mon cœur est saisi !"

Voici donc la question que me pose ce compliment : Non, non, ce n’est pas qu’il ait eu besoin d’un "rameau feuillu" pour cacher sa virilité ! Ce genre de vantardise a toujours eu cours chez les hommes et, comme je n’ai plus 16 ans, je ne vais pas vous raconter qu’à sa place je l’aurais plutôt enroulé autour de ma cuisse !

Non, ce qui provoque ma réflexion est plutôt ceci : pour faire son compliment à la belle Nausicaa, Ulysse compare sa beauté à celle de toutes les femmes ET de tous les hommes qu’il a rencontrés auparavant. Comment comprendre cela ? Le divin Ulysse aurait-il voyagé à voile et à vapeur ? Selon moi l’hypothèse est crédible car un hétéro pur porc ne fait pas ce genre de compliment à une femme. Parce que dans la vision d’un hétéro, même quand la société le pousse à affirmer que " la femme est un homme comme les autres", les critères de la beauté féminine sont trop différents de ceux de la beauté masculine pour qu’une telle expression lui vienne à l’esprit. Parce que pour un hétéro, les canons de la beauté féminine tournent autour de l’harmonie, des courbes et de la grâce pour ne pas dire de la fragilité, alors que ceux de la beauté masculine sont plutôt associés aux notions de force brute, de formes abruptes, ou de muscles saillants. Parce que pour un hétéro, il y a des "beaux mecs" et de "belles femmes" mais pas de "belles personnes" en général.

Mais bon, jusque la, admettons je sois à côté de la plaque ! Je sens que je ne vous ai pas convaincu. Vous vous dites qu'on est dans la Grèce antique… qu'il ne faut pas juger ce genre de choses avec le regard de notre siècle… ! Ok !

Mais quand on entend ensuite Ulysse comparer l’émotion qu’il éprouve devant la beauté de Nausicaa avec celle qu’il a ressentie DEVANT UN JEUNE PALMIER, on ne peut pas ne pas être perplexe ! Que peut-il bien vouloir dire par là ? A mon avis pas de doute possible : Ulysse ne compare PAS la beauté de Nausicaa à celle d’un végétal. Le jeune palmier en question symboliserait plutôt, selon moi, un éphèbe en érection ! Ou même mieux : symboliserait une érection tout court ! Et vous remarquerez, d’ailleurs, que les expressions qu’il emploie pour dire ce qu’il a ressenti sont "j’admire" et "mon cœur fut saisi", sentiment que l’on ressent rarement devant une plante verte !

Bon, je ne sais pas si je vous ai convaincu, mais pour moi, les choses sont claires : Ulysse le brave, Ulysse le fier, Ulysse qui, à la question " qui es-tu, noble étranger ? », répondait toujours en relevant le menton et en bombant le torse : " je suis Ulysse, fils de Laerte et roi d’Ithaque, mes ruses sont connues des hommes et ma gloire est montée jusqu’aux cieux », Ulysse, donc, avait une tendance à la bisexualité.

Refoulée, peut-être, car si son long voyage de retour à Ithaque a été émaillé de  nombreuses aventures amoureuses,  aucune d'entre elles ne concernait des hommes.

Oui, je sais, vous vous en foutez qu’Ulysse ait pu manger à tous les râteliers et vous me direz d’aller me faire voir chez les Grecs !
Mais je vous rappellerais qu’on parle d’Ulysse, là, quand même ! Un des héros auxquels je me suis identifié au cours de ma jeunesse ! Cela m’oblige à réinterpréter plein de rêves que j’ai pu faire à l’époque !

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