Eklablog Tous les blogs Top blogs Humour
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Casanova, Alzheimer et moi

Publié le par Carlus


Casanova - (voix de vieillard lente et chevrotante)

Entre, Carlus ! Tu as donc quitté ton EHPAD et surmonté la peur qu'inspire ce lieu  pour me rendre visite. Bienvenue dans cette triste et sombre demeure qui est la mienne depuis maintenant plus de deux siècles ! C'est un immense plaisir pour moi que de rencontrer quelqu'un de là-haut ! Mais... comment as-tu fait pour entrer ? Je croyais que ce monde était réservée aux âmes qui...

Carlus- Je me suis arrangé avec Charon. Je ne lui ai montré que la partie inerte de mon cerveau, il n'y a vu que du feu  ! Je suis très honoré de vous rencontrer, Monsieur Giacomo Girolamo Casanova.

Casanova - Tsst tsst! Pas de ça entre nous, mon cher ! Appelle-moi Giacomo et tutoyons-nous, je t'en prie !

Carlus- Merci, je suis très flatté de cette marque d'amitié, Giacomo !

Casanova - Je t'en prie, prends un siège ! Alors, dis-moi,  il paraît qu'on parle encore de moi, là-haut ?

Carlus- Oh, plus que jamais, Monsieur... pardon...Giacomo ! Un des grands écrivains du moment, un certain Philippe Sollers, a sorti il y a quelques années un ouvrage intitulé "Casanova l'admirable" que j'ai lu et il ne tarit pas d'éloges sur vous... sur toi !

Casanova - Quelle heureuse nouvelle tu m'apprends là, cher Carlus ! Excuse-moi de t'importuner avec ma curiosité quelque peu égoïste, cher ami, mais tu comprendras bien qu'en ce lieu triste et vide où ma vieille âme demeure désormais, on ne saurait me faire le reproche "de ne savoir plus jouir que par réminiscence". C'est une énième biographie, n'est ce pas, qu'a écrit ce monsieur Sollers?

Carlus- Oh c'est bien plus que cela ! Il dit "Il faut lire Casanova dans le texte, c'est l'un des plus grands écrivains du XVIIIe, au même titre que Voltaire, Rousseau ou Diderot." Il dit aussi que tu es un des "précurseurs de l'identité européenne".

Casanova - Le charmant homme que voilà ! Il est vrai que j'ai sillonné les routes d'Europe. Tu sais, Carlus, c'est un grand bonheur pour un homme de voir ses mérites reconnus, même à titre posthume ! On a tellement tenté de me faire passer pour une sorte d'automate sexuel, frivole et pitoyable comme ce gredin de Federico Fellini qui, m'a-t-on dit, me ridiculise dans une ses œuvres !

Carlus - Sollers, lui, pas du tout ! Il est en admiration devant ton pouvoir de séduction, et te qualifie de Séducteur- Philosophe.

Casanova - "Séducteur-Philosophe", quelle belle formule...! Il faudra que je pense, le moment venu, à remercier ce monsieur Sollers des efforts méritoires qu'il entreprend pour réhabiliter ma mémoire et des bonnes dispositions qu'il manifeste à mon égard. Et, toi aussi, je te remercie infiniment, mon ami, de ces excellentes nouvelles que tu m'apportes là et qui réjouissent mon âme languissante !

Carlus- Il n'y a pas de quoi, Giaocomo ! Quoi de plus naturel entre... entre gens de bonne compagnie !

Casanova - Alors, que puis-je donc faire pour toi, mon ami ? Quel est donc le puissant motif qui t'a fait braver la peur qui étreint d'habitude les mortels à la seule idée d'entrer en ces lieux ? Laisse-moi deviner ! Tu voudrais que je te dévoile LE secret de la séduction!

Carlus- Euh... ce n'était pas l'objet de ma visite, mais oui, si tu pouvais m'en toucher deux mots, je t'en serais infiniment reconnaissant !

Casanova - Il faut aimer chaque femme, mon cher ami, comme si elle était l'unique femme de notre vie et s'en faire aimer. "Les femmes de ma vie m'ont aimé et je les ai aimées, l'âme étant chez moi à l'unisson du sensuel. Aussi, en aimant une, je ne songeais jamais à la suivante: elle me paraissait comme l'Unique."

Carlus- Oui, non mais ça, c'est du baratin, du baratin de séducteur, de collectionneur ! Quand on dit "je ne pense pas à la suivante", on dit en même temps qu'il y aura une suivante !

Casanova - Oui, peut-être, mais je n'y pensais pas sur le moment, mon cher Carlus!

Carlus- Tu n'y pensais pas sur le moment, peut-être, mais tu savais déjà qu'il y aurait une suivante ! Le type qui aime une femme ne se dit pas "je ne pense pas à la suivante" ! Il se dit " Il n'y aura pas d'autres femmes dans ma vie" !

Casanova - Mon cher Carlus, sache que "pour que le plus délicieux endroit du monde déplaise, il suffit qu'on soit condamné à y habiter".

Carlus- He bien, voilà ! Là, tu es sincère ! Instable, collectionneur,  mais sincère !

Casanova - Comme tu voudras ! A chacun sa vie, mon cher ami ! Chacun décide qui il veut être et assume la vie qui résulte de son choix ! Il m'a été dit que tu étais destiné à être l'homme d'une seule femme et que ce sont les hasards de la vie qui t'ont conduit à en aimer plusieurs.

Carlus - C'est vrai, et j'ai tout connu des affres de l'amour : l'infidélité, la perfidie, la jalousie, le doute, la panne, le divorce, le veuvage...

Casanova - Mais bon, le temps passe... dis-moi donc la raison de ta visite.

Carlus- Juste une dernière question avant d'arriver au motif de ma visite ! Tu as vraiment couché avec tes sœurs et même avec ta propre fille Leonilda ?

Casanova - Ce n'était que ma fille adoptive,  ma belle-fille comme vous dites aujourd'hui, la fille de Lucrezia, une ancienne amante ! 

Carlus- Sauf que Lucrezia, elle, l'a toujours présenté comme étant "la fille de Casanova" !  

Casanova (sur un ton sec) - Oui, mais je ne l'ai appris que plus tard !  Mais quel est donc le motif de ta visite ? Je te rappelle que j'ai déjà été jugé pour les fautes que j'ai commises de mon vivant et c'est d'ailleurs ce qui explique ma présence en ces lieux ! Voudrais-tu me juger une nouvelle fois ?

Carlus- Oui, pardon, venons-en au fait ! En fait je suis venu te demander une faveur.

Casanova - Je t'écoute

Carlus- Alors voilà, dans les salons littéraires que tu fréquentais dans toute l'Europe, beaucoup de gens te considéraient comme un excellent critique littéraire, n'est-ce pas ?

Casanova - En effet, beaucoup de gens me faisaient l'amitié d'écouter avec intérêt mon point de vue dans un grand nombre de domaines et notamment sur les œuvres écrites aussi bien par des écrivains talentueux que par des écrivaillons prétentieux.

Carlus- Alors voilà,  je tiens un blog depuis quelques années. Oh, rien de sérieux, un passe-temps, un journal intime rigolo, un bloc-notes pour relire et me souvenir plus tard de ce que j'ai pu dire au fil du temps... Alors, je me suis dit que tu pourrais peut-être me dire... Enfin, j'aimerais bien avoir ton avis éclairé sur mon blog. Charon m'a dit que tu lisais parfois mes billets ?

Casanova - Oui, bien sûr ! Parmi les différentes pénitences qui m'étaient proposées, c'est celle que j'ai choisie ! J'ai horreur de me faire brûler la plante des pieds.

Carlus- Alors, qu'est-ce que tu en penses ? Sois sincère! Je suis vraiment curieux de connaître ton point de vue...

Casanova - Euuhhh... Ah, tiens... ils vont bientôt fermer les portes, mon cher Carlus ! Tu ferais bien de t'en aller rapidement !

Carlus- Mais... juste un mot ! Est-ce bien écrit ? Te fait-il sourire ?  Te procure-t-il du plaisir  ? Te parait-il ennuyeux ?

Casanova - Vas-y, dépêche-toi, le temps presse ! Je te dirai cela à ta prochaine visite!

Carlus- Prochaine visite ??? Quand ouvriront-ils à nouveau les portes de ta geôle aux visiteurs ?

Casanova - Dans 15.000 ans...

Carlus- dans 15.000 ans !?? Mais je serai...

Casanova - Oui, tu seras ici ! Et nous aurons l'éternité pour en parler tranquillement, mon cher ! Et je te promets d'être sincère ! Allez, maintenant, va-t'en, dépêche-toi, ils vont fermer les portes ! 

 

Casanova, Alzheimer et moi

Voir les commentaires

Ératosthène, Alzheimer et moi

Publié le par Carlus

Des gens sont passés me voir aujourd'hui. Il y avait parmi eux une jeune fille et un petit garçon. On leur a demandé de me saluer. La jeune fille m'a regardé avec de grands yeux de biche apeurée et m'a dit "Bonjour, papy". Papy, quel drôle de nom ! Puis ils sont mis à parler de moi comme si je n'étais pas là. L'une s'inquiétait de savoir si je mangeais bien, l'autre affirmait que je ne faisais plus de différence entre le rêve et la réalité. Un troisième demanda s'il était possible d'enregistrer mes monologues. Il sembla aussitôt s'excuser de cette proposition saugrenue et clama avec grandiloquence "Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui disparaît", avant de quitter la pièce.
A moi, ça me paraissait être une bonne idée, pourtant ! J'ai tellement de choses à raconter. Des souvenirs innombrables qui datent des temps immémoriaux. Des images qui se bousculent dans ma tête, des visions qui m'arrivent dans le désordre à n'importe quel moment du jour et de la nuit.

J'aurais pu leur parler, tiens, de mon ami Ératosthène et leur dire comment nous avons réussi, lui et moi, il y a plus de deux mille cinq cents ans, à calculer la circonférence de la Terre. Il était grec mais vivait à l'époque en Egypte où il dirigeait la Grande Bibliothèque d'Alexandrie à la demande du Pharaon Ptolémée III. Nous nous sommes croisés un jour dans la grande salle d'Osiris et je suis allé vers lui pour lui dire mon admiration. Nous avons longuement discuté et il s'est pris de sympathie pour le jeune étudiant curieux que j'étais et m'a proposé de m'associer à son projet.

Selon lui, en observant l'ombre de deux objets situés en deux lieux éloignés, par exemple Syène (aujourd'hui Assouan) et Alexandrie, au solstice d'été à midi, c'est-à-dire au moment précis de l'année où le Soleil est dans la plus haute position au-dessus de l'horizon, on pourrait déduire soit que la terre est plate soit qu'elle est sphérique et dans ce dernier cas, calculer sa circonférence en extrapolant l'angle des ombres des objets observés.
 
Le jour venu , je me rendis à Syène accompagné d'un vieil esclave et d’une jeune fille du nom de Nephté, fille d'Afothis le Savant, ami d'Erathostène. Nous avons sympathisé durant le trajet et, une fois sur place, nous nous sommes isolés pour échanger des baisers, insoucieux du temps qui passait et de la mission qui nous avait été confiée. Heureusement pour nous, le vieil esclave d'Afothis savait ce qu'il avait à faire et il déroula la procédure et prit toutes les mesures que nous devions rapporter.

Après avoir comparé ses données et les nôtres, Eratosthène convoqua un petit cercle de savants dont j'avais l'immense honneur de faire partie. Ses conclusions furent formelles : la terre était ronde et sa circonférence était  (exprimée en unités d'aujourd'hui) de 39 375 km. J'appris, des siècles plus tard, qu'elle est en réalité de 40 075 km. Une marge d'erreur de moins de 2%, largement inférieure à la marge d'erreur traditionnellement admise dans le domaine des sciences !

Et de plus, j'en connaissais la cause : il y avait deux mesures à prendre simultanément à deux cents mètres de distance et le corps fatigué du vieil esclave érudit n'avait pu aller plus vite que le soleil.

Je n'eus d'ailleurs aucun regret : les baisers de Nephté valaient largement les 700 km d'imprécision qu'ils avaient provoqués !

Ératosthène, Alzheimer et moi

Voir les commentaires

La Bérézina

Publié le par Carlus

C’est une histoire qui ressemble à un cauchemar : le 14 septembre 1812, Napoléon entre, victorieux, dans Moscou. Mais la ville est déserte. Déserte et en proie aux flammes. Toute la ville est en feu et vidée de ses habitants. Pour ses hommes épuisés, c’est le signe de la victoire et de la débâcle de l’ennemi. Pour lui, certainement une vision d’horreur, car il pressent d’un coup ce qui va suivre inéluctablement.

Il était au sommet de sa gloire, il avait tout gagné, battu toutes les armées d’Europe : celles d’Autriche, de Suède, de Prusse, d’Espagne, de Russie. Un de ses maréchaux était sur le trône du royaume de Suède et de Norvège, son frère Joseph installé sur le trône d’Espagne. Il lui restait juste à obtenir la capitulation du Tsar Alexandre, ce qui n’était pas le plus difficile puisqu’il l’avait déjà battu militairement, pour renforcer le blocus contre les Anglais et devenir le plus grand monarque d’Europe de tous les temps, loin devant Charlemagne !

Il restait juste la dernière petite étape à franchir. La dernier pion à pousser pour faire Echec et Mat.

 Mais Moscou était vide, ce jour-là. Vide et en feu.  La politique de la terre brûlée.

Officiellement, il décide d’attendre que le Tsar Alexandre vienne reconnaître sa défaite, mais il a déjà compris toutes les conséquences de cette situation. C’est tout bête, le Tsar ne viendra pas. Et il ne peut ni l’attendre, ni le poursuivre à cause du terrible hiver russe qui commence. Comment n’y a-t-il pas pensé plus tôt ? Quelques jours plus tard, il donne l’ordre de la retraite. Entre-temps, il a bien tenté d’examiner d’autres options, de trouver une idée, une initiative qui pourrait changer le cours des choses, mais tout le ramenait à la vision qu’il eut, à l’instant même où il entrait dans cette grande ville en feu désertée par ses habitants et ses soldats : la retraite pitoyable dans le froid extrême et sous le harcèlement de l’ennemi, la traversée du fleuve Bérézina, les 400 000 morts sur le chemin du retour, la sixième coalition militaire qui l’attendrait à l’arrivée, l’abdication sans condition, l’exil...

Entre l’entrée triomphale dans Moscou et le statut humiliant de souverain de l’île d’Elbe, il s’est passé à peine 18 mois.

Le cauchemar, ce n’est pas que la vie est faite de hauts et de bas. Non, ça, tout le monde le sait et assume. Tant que les bas ne sont pas de notre fait ou tant qu’on peut les assumer. Ce n’est pas non plus que "la roche Tarpéienne est proche du Capitole" ce qui veut dire, au fond, qu’il n’y a pas de grand succès sans grand risque. Et ça aussi on l’assume en général assez bien, les hommes de pouvoir, en tout cas.

Non, le cauchemar, c’est juste la mauvaise décision prise par suffisance, par excès de confiance en soi ou par mépris des autres au moment où tout va si bien que l’on se sent tout-puissant et invincible. C’est souvent une décision qui paraît logique ou banale au moment où elle est prise, mais dont nous entrevoyons ensuite, quand elle est devenue irréversible, qu’elle va nous entraîner irrémédiablement en enfer, dans les affres de l’opprobre et de la honte, sans que rien ni personne ne puisse arrêter l’enchaînement des choses.

 

La Bérézina

Voir les commentaires

C'est Rodrigo qui a découvert l'Amérique

Publié le par Carlus

Dans la rubrique "les grands hommes sont des enculés comme les autres", voici la mésaventure du matelot Rodrigo qui fut le premier à découvrir l'Amérique.
Enfin... l'Amérique ! les Bahamas, mais ça revient au même !

Alors que le voyage commençait à devenir interminable après plus d'un mois de navigation (loin des 15  jours prévus au départ par Colomb) et que l'équipage était épuisé et inquiet, l'Amiral Colomb craignant une mutinerie, proposa, pour occuper et motiver ses hommes, une forte récompense de plusieurs milliers de maravédis à celui qui verrait le premier la terre.

Le gagnant fut Rodrigo Triana, un simple matelot qui, du haut de son poste de vigie, découvrit,  le 12 octobre 1492, alors qu'il faisait déjà nuit, l'île qui deviendra plus tard les Bahamas. Il cria "TERRE_!!!" et fit le signe convenu à Christophe Colomb qui était  sur le pont.  Ce dernier put enfin respirer : non seulement sa mission n'allait pas se terminer par une catastrophe mais il savait qu'il entrait à ce moment-là dans l'Histoire de la navigation pour avoir trouvé la route maritime des Indes.

Il firent escale dans l'ile pour se ravitailler en eau et se reposer. Au moment de repartir, Rodrigo demanda audience à l'Amiral Colomb pour réclamer sa récompense. Celui-ci le reçut et lui répondit que c'était lui, Christophe Colomb, qui avait vu la terre le premier et qu'il s'était juste tourné vers la vigie à ce moment-là pour avoir confirmation qu'une deuxième personne l'avait vu.

Rodrigo réfléchit deux secondes sur l'état des forces en présence : d'un côté, lui, simple matelot tout en bas de la hiérarchie, face à lui un Amiral de la Marine Espagnole, mandaté d'une mission de la plus haute importance par Ferdinand et Isabelle roi et reine très catholiques d'Espagne.

Prudent, il prit le parti de fermer sa gueule. Il félicita l'heureux gagnant et lui demanda l'autorisation de se retirer pour rejoindre son poste. Ce qui lui fut accordé.

Lot de consolation posthume : il a sa statue à Séville

C'est Rodrigo qui a découvert l'Amérique

Voir les commentaires

Les stratèges de génie

Publié le par Carlus

Les stratèges de génie

La propagande qui accompagne toute guerre joue sur des peurs cachées et des fantasmes que nous avons tous en nous. Des fantasmes qui n'ont qu'un lointain rapport avec la réalité et qui ont du mal à disparaitre même lorsqu'ils sont démentis par les faits. Ainsi pour beaucoup de gens Napoléon et Hitler sont des chefs de guerre et des stratèges exceptionnels. Ce sont pourtant des stratèges qui ont perdu à la fin, et de la façon la plus minable qui soit.

 

Napoléon

Napoléon , après la défaite de Waterloo, abdique et rentre à Paris (pour voir sa mère une dernière fois, dit-il) puis se rend à Rochefort d'où il tente de prendre un bateau mis à sa disposition  pour se rendre aux Amériques. Mais le blocus maritime mis en place par les Anglais l'en empêche. Il décide alors de se rendre. Il va dans la garnison anglaise la plus proche et leur dit "Je viens me mettre sous la protection de votre prince et de vos lois.  Le sort des armes m'amène chez mon plus cruel ennemi, mais je compte sur sa loyauté" Il sera conduit à Plymouth où il apprendra en arrivant que les Anglais ont décidé de l'exiler sur l'île de Sainte-Hélène. 

 

Hitler

Hitler déclare le 16 avril 1945 que "les Russes vont connaître devant Berlin la plus sanglante défaite de tous les temps". Quinze jours plus tard, le 30 avril 1945, en hurlant que ses généraux l'avaient trahi, il se donnait la mort. Par cyanure et par balle pour être sûr de ne pas se louper.

 

Et Poutine ? 

La guerre d'Ukraine a commencé par l'idée générale, diffusée par ses thuriféraires, que Poutine était un stratège de génie qui avait tout prévu dans le moindre détail : la guerre rapide, l'entrée triomphale des chars dans Kiev libérée des nazis, la division de ces tarlouzes d'Européens incapables de prendre une décision, les sanctions économiques qui ne ne toucheraient la Russie que de façon marginale et se retourneraient même contre ses initiateurs. 

Quel génie ! La seule chose qui est vraie est qu'il a préparé cette guerre pendant longtemps.  Et aussi qu'il a beaucoup consulté. Mais qui dans son entourage aurait eu le courage de lui dire "Chef, c'est une connerie !"? Les membres de l'Etat-major (ils ont tous été changé depuis) lui ont certainement confirmé que ce serait une guerre éclair, que la foule des Ukrainiens applaudirait les chars russes entrant dans Kiev. 

Mais la guerre ne sera pas brève; ses chars n'entreront jamais à Kiev, et il n'y aura pas d'acclamations de la foule, ni ukrainienne, ni russe non plus d'ailleurs; L'Otan s'est élargi à deux nouveaux pays, la Finlande et la Suède, qui ont aussitôt abandonné l'idée de rester "neutres";  l'Europe s'est soudée, aussi bien ses dirigeants que sa population (à part la petite minorité d'éternels collabos qui choisiront toujours l'ennemi, quel qu'il soit); et les sanctions économiques handicapent fortement une économie russe déjà faible, sans compter le nombre de morts ( un demi million, selon les estimations) dans une population déjà en déclin.

En 2019, dernière année non perturbée par la pandémie, le PIB de la Fédération de Russie pesait moins de la moitié du PIB allemand ou français, 12% du PIB chinois, et 8% de celui des États-Unis. Or le PIB est la base fiscale sur laquelle un État peut financer un long effort militaire. Même si Poutine réussissait à occuper durablement les territoires si durement conquis, dans quel état laisserait-il son pays après cette victoire à la Pyrrhus ?

 

 

Voir les commentaires

La presse people à travers les siècles

Publié le par Carlus

Jules César

Certains parlent déjà d’un Cléopatra-gate. Le chef de l’Etat aurait confié à des proches son intention de répudier son épouse pour s’afficher avec la reine d’Egypte, une jeune femme ambitieuse et sans scrupule qui n’a pas encore 20 ans (rappelons que lui est proche de la cinquantaine). Il nourrirait même le projet de la faire venir à Rome en grande pompe.

Cette aventurière sans scrupule, de sang-mêlé gréco-égyptien, qui n’a pas hésité à trucider son propre frère pour accéder au pouvoir dans son pays, ne nourrirait-elle pas l'ambition de devenir la Première Dame de notre glorieuse cité ?

 

Clovis

Selon l’entourage du couple, ce serait son épouse Clotilde, femme discrète et soumise en apparence, qui porterait la culotte. Ce serait en effet bien elle qui aurait ordonné à notre roi d’embrasser une religion venue du Levant qui exige de ses membres des comportements d'esclaves puisque le premier credo de cette secte est d'aimer ses ennemis et le deuxième est, quand on a reçu une gifle, de tendre l’autre joue pour en recevoir une autre !

Avec les centaines de Dieux dont nous disposions déjà pour toutes les occasions de la vie, était-il vraiment nécessaire d’aller en chercher un autre dans une région si éloignée et, de surcroît, si peu conforme à nos traditions martiales  ?

 

François 1er

Une source anonyme mais généralement bien informée laisse entendre que le chef de l’Etat serait atteint d’une grave maladie vénérienne qui lui aurait été refilée par une des nombreuses catins aux mœurs dissolues et à l’hygiène douteuse qu’il a l’habitude d’honorer (si on peut encore employer ce terme en l’occurrence).

Le chargé de pouvoir de l’ambassadeur d’un pays voisin croit savoir que ce serait la Syphilis, une MST incurable dont on sait qu’elle provoque à terme des crises de démence. Le problème se pose donc encore une fois : doit-on laisser gouverner un chef d’État malade ?

 

Henri III

Il se dit à la ville que notre bon roi cherche encore son penchant naturel et que la vue des fessiers bien musclés des mignons de sa cour lui procure autant de désir que ceux, plus rebondis, de la gent féminine.

Le poète Ronsard va même plus loin et affirme qu’il n’aime que les hommes
Le roi comme l’on dit, accole, baise et lèche
De ses poupins mignons le teint frais, nuit et jour ;
Eux pour avoir argent, lui prêtent tour à tour
Leurs fessiers rebondis et endurent la brèche.

Selon les informations que nous a confiées un membre de la maison royale qui tient à garder l’anonymat, il n’en serait rien et le roi continue à fréquenter de nombreuses maîtresses.

Nous continuons notre enquête et nous ne manquerons pas, cher lecteur, de vous tenir informé des mœurs en vigueur à la tête de l’Etat

 

Napoléon

Des rumeurs insistantes prétendent que plusieurs maréchaux de France seraient devenus les amants suppléants de l’Impératrice Joséphine en l’absence du malheureux titulaire retenu sur les champs de bataille.

"On ne se coiffe pas impunément d'un... bicorne " ricane un de ses aides de camps.

Il est vrai que la galante a la réputation de recevoir sans culotte, ni jarretière, comme il est certainement de coutume dans son île natale… !  

"Ils sont plus nombreux à passer dans sa couche qu’au siège de l’Etat-Major" soupire le majordome qui a noté secrètement, à toutes fins utiles, le nom des visiteurs.

Voir les commentaires

Les déboires judiciaires du douanier Rousseau

Publié le par Carlus

 

Une anecdote (authentique) sur les déboires du Douanier Henri Rousseau, peintre du dimanche !

En 1909, un commis de deuxième classe à l’Octroi de Paris, (organisme chargé de toucher les taxes sur les marchandises entrant dans la capitale, d'où lui vient le surnom Douanier) âgé de âgé de 65 ans et nommé Henri Rousseau a des ennuis avec la justice. En effet, un de ses amis, Louis Sauvaget,  a profité de sa naïveté bien connue pour l'entrainer et le mettre en avant dans une affaire d'escroquerie bancaire. Ils ont été tous les deux pris la main dans le sac et jetés en prison en attendant le procès.

Henri Rousseau n'apprécie pas du tout l'univers carcéral et est prêt à tout pour en sortir. Mais, difficile d'envisager l'acquittement ou le non-lieu, lui explique son avocat, car il a été pris en flagrant délit. Son avocat lui propose plutôt de plaider la débilité mentale pour obtenir l'indulgence du jury. Rousseau accepte mais, étant de fait un peu simplet, il joue très mal son rôle et s'emporte à plusieurs reprises sur son avocat à haute voix dans le prétoire : "Bon, maintenant, c'est fini ? je peux partir ? ".

 

Les choses paraissaient mal plutôt mal parties pour lui, quand son avocat eu l'idée de la dernière chance. Il demanda qu'un des tableaux que son client peignait pendant ses loisirs soit accepté comme pièce à conviction de sa faiblesse mentale. La demande acceptée, il fit apporter un tableau de Henri Rousseau (on ne sait pas lequel) et le montra aux jurés en leur expliquant que ce  tableau éclatant de couleur, plein de singes et d'oiseaux exotiques, ignorant la perspective et les règles académiques en vigueur dans l'art pictural était bien la preuve irréfutable de la santé mentale défaillante de son client.

Le jury compatira et condamnera le douanier Rousseau à 1000 francs d'amende et deux ans de prison AVEC SURSIS. Notre homme ressortit donc libre du Tribunal et, éperdu de reconnaissance, remercia chaleureusement son avocat et le Président du Tribunal : "Merci bien, Monsieur le Président ! Merci ! Merci ! je ferai le portrait de votre dame !"

L'histoire ne dit pas si le Président a accepté son offre. 

 

Les déboires judiciaires du douanier Rousseau

 

 

Voir les commentaires

Léonard de Vinci, mon pote LGBT

Publié le par Carlus

 

Résumé pour mes amis qui n'aiment pas les chichis et les développements à la noix : Léonard de Vinci n’a peut-être jamais eu de relations sexuelles de sa vie. S'il en a eu, elles étaient homosexuelles. 

Voilà, c’est tout ! Une vie tranquille, sans sexe, consacrée aux arts et aux sciences.

Et voici la version réservée aux adeptes de la tétrapilectomie .

(Tous les passages soulignés en vert sont de Sigmund Freud)

(Mes digressions et tentatives désespérées de prendre la défense de mon ami Léonardo sont grises)


 

Léonard de Vinci a laissé dans ses carnets la confession suivante :

"Il me vient à l’esprit comme tout premier souvenir qu’étant encore au berceau, un vautour est descendu jusqu’à moi, m’a ouvert la bouche de sa queue et, à plusieurs reprises, a heurté mes lèvres de cette même queue".

Ô mon Dieu ! Une queue dans la bouche ? Que n’avait-il dit là ? Du pain béni pour les psychanalystes quelques siècles plus tard !

Quel pouvait bien être le sens caché de ce rêve ? C’est le grand Sigmund Freud en personne qui s’y colle en écrivant un ouvrage intitulé "Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci" qui a pour objectif de démontrer que Léonard de Vinci était homosexuel !

Un homosexuel refoulé, bien entendu, sinon ça n’a aucun intérêt pour Freud !

Quels sont les arguments avancés par Freud ? Oui, je sais, vous me direz qu’à partir du moment où un psychanalyste vous a qualifié d’homosexuel refoulé,, ce sont vos dénégations qui sont ses arguments !  Mais je vous répondrais que si ses émules fonctionnent volontiers comme ça, Freud, lui, argumente ! Quels sont donc ses arguments ?

Il y a, au départ, ce rêve qu’il appellera "le fantasme au vautour" qui, selon lui, traduit le fantasme de fellation forcée propre aux homosexuels refoulés. (Notons que Freud considère aussi comme indice d'homosexualité le fait de tenir un journal intime ! Mais oui cher diariste, qui comme moi, tenez un blog qui ressemble parfois un peu à un journal intime, vous savez maintenant ce que Freud pense de vous !) Mais ensuite ?

- 1) Hé bien, on ne lui connaît quasiment aucune liaison amoureuse ou sexuelle affichée avec des femmes.

Je tente de prendre sa défense : Oui mais bon, peut-être qu’il le faisait en cachette, qu’il ne voulait pas être perturbé dans sa vie d’artiste par une femme régulière et qu’il faisait appel en catimini à des call-girls…

- 2) Il aimait sa maman de façon excessive. Il était fils illégitime d’une notaire et d’une paysanne. Il a vécu une enfance heureuse seul avec sa mère. Puis, son père ne pouvant pas avoir d’enfant avec son épouse, décida de le récupérer et l’arracha brutalement à sa mère pour l’emmener vivre avec lui.

Ah non ! Si tous les hommes qui aiment beaucoup leurs mamans étaient gays, moi j’aurais été gay ! (bien sûr sans le dire à maman, pour ne pas la tuer !)

- 3) Autre indice : Léonard aimait, semble-t-il, les beaux garçons

"Il se choisit des élèves jeunes et beaux, mais rien n’indique qu’il ait eu des relations sexuelles directes avec eux."

Oui bon... peut-être que les conseils de classe n’orientaient pas les filles vers les filières artistique à cette époque

- 4) Mais il est précisé ensuite qu’aucun de ses élèves n’a laissé une œuvre quelconque, même médiocre (contrairement aux élèves des autres maîtres), ce qui laisserait entendre qu’ils ne branlaient rien (enfin… ! façon de parler) dans l’atelier du grand maître et qu’ils étaient là juste pour être regardés !

Pour sa défense je dirais que ses élèves étaient peut-être issus de quartiers difficiles, pas parfaitement italianophone, ou handicapés par une double culture... ce sont des arguments intemporels qui expliquent l'échec scolaire, non ?

-5) Autre indice : Il a eu des démêlés avec la justice pour acte de sodomie. Mais il a été prouvé que l’accusation était malveillante et il a été acquitté !

Ah oui, accusation malveillante, comme Macron ? heureusement, il semble que la présomption d'innocence existait déjà et  les fact-checkers aussi !

-6) Autre indice ? Et c’est pour moi le plus troublant : Léonard trouvait l’acte et les organes sexuels laids !

"Il montre un extraordinaire refoulement sexuel, que confirme une phrase tirée de ses carnets :

« L’acte de procréation et ses organes sont caractérisés par une telle laideur que, n’était la beauté du reste du corps, la race humaine se serait éteinte depuis longtemps. »

C’est pas terrible et poignant, ça ? Ce type est LE grand génie de l’humanité, artiste, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, peintre, sculpteur, architecte, urbaniste et philosophe, il est considéré généralement comme la personne la plus talentueuse ayant jamais vécu sur cette Terre ; une copie d’une de ses œuvres a été envoyée dans l’espace pour un voyage de 35 000 ans et quand la Terre aura disparu, il sera peut-être le seul représentant de l’humanité à être un jour connu dans l’univers !

Hé bien, ce type-là, dans sa chambre, en chemise de nuit, face à lui-même, en écrivant son journal intime à la lueur des bougies, se disait : l’acte sexuel et les organes sexuels sont horriblement laids ! C’est… comment dire ? humain, fragile, émouvant ! Il aimait sa maman de façon tendre et exclusive, il n’aimait pas les femmes, trop… humides, trop goulues, il aimait les beaux jeunes hommes, mais n’osait pas les toucher… alors il bossait, il inventait, il peignait, il sculptait, il regardait le ciel et les oiseaux et inventait des machines à voler, il regardait la mer, les poissons et dessinait des sous-marins, et puis il pensait encore à son enfance et la douceur de l’amour maternel, puis à la laideur des organes sexuels et à la position ridicule que les hommes et les femmes prennent pour s’accoupler…

Vous savez quoi ? je vais vous dire (mais je vous en prie, ne le répétez pas à Freud, cela pourrait donner lieu à une interprétation erronée me concernant ) je crois que l’aime, ce type !

Oui, je sais, c'est facile, tout le monde l'aime ! Mais moi, je l’aime parce que je m'identifie et je me dis parfois que si je n'avais connu aucune femme de ma vie, si j'avais été dans l'enfance arraché à ma mère, si j'avais eu la chance de trouver les organes génitaux féminins d'une grande laideur, si j'aimais être entouré de beaux garçons, j'aurais peut-être été, comme lui, un immense.... Non, non, laissons tomber, ce n'est pas plausible !  Même en cumulant tous les arguments de Freud, ça n'aurait pas marché avec moi !

 

Léonard de Vinci mon ami LGBT

 

Voir les commentaires

Depuis ce temps, nous sommes pour eux l’ennemi.

Publié le par Carlus

 

Au cours de son voyage en Asie, Hérodote recueille l'avis des Perses (Iraniens actuels) sur la guerre de Troie. Et leur position est claire : On ne doit pas faire tant d'histoire pour une femme ! 


 

- La guerre de Troie selon Hérodote

"... Ainsi enleva-t-il Hélène. Les Grecs envoyèrent aussitôt un messager la réclamer et demander réparation. "Réparation? répondirent les Troyens. En avez-vous fourni, vous, pour l’enlèvement de Médée ?" Jusqu’ici, il n’y avait eu, en somme, que rapts contre rapts. Mais les Grecs aggravèrent les choses et prirent de lourdes responsabilités en portant, les premiers, la guerre en Asie.

- La guerre de Troie selon les Perses

«Enlever les femmes, me dirent les Perses, c’est évidemment malhonnête, mais prendre ces choses à cœur au point de vouloir les venger, quelle folie ! Les gens sérieux n’agissent pas ainsi. Il est évident que si elles n’y tenaient pas les premières, on n’enlèverait jamais les femmes de force ! Nous autres Perses, avons-nous fait tant d’histoires pour les femmes qu’on nous a ravies ? Mais les Grecs, pour une femme, ont équipé une flotte entière et détruit la puissance de Priam ! »

- Conclusion d'Hérodote

Depuis ce temps, le Grec est pour eux l’ennemi. On sait que les Perses considèrent toute l’Asie comme leur domaine propre, et l’Europe -en particulier le monde grec- comme une terre étrangère. "


(Extraits de : En cheminant avec Hérodote de Jacques Lacarrière)


 

 

Voir les commentaires

Anecdotes concernant l'abolition de l'esclavage

Publié le par Carlus

 

A l'occasion de la commémoration de l'abolition de l'esclavage, quelques anecdotes ou faits historiques curieux.


 A l'international

Si la plupart des pays ont officiellement aboli l'esclavage au 19e siècle, certains ont un peu traîné des pieds et ont attendu le 20e siècle avant de se décider. Par exemple  :

1923 - Abolition de l’esclavage en Ethiopie

1923-  Abolition de l’esclavage en Afghanistan.

1963 - Abolition de l’esclavage en Arabie Saoudite

1981 - Abolition de l’esclavage en Mauritanie

1992 - Abolition de l’esclavage au Pakistan

Rappelons que l'Etat Islamique a, pendant sa courte existence,  officiellement rétabli l'esclavage. 


 

Au niveau national

- Pourquoi évoque-t-on la date de 1848 comme date de l'abolition alors qu'elle a eu lieu en 1794 ? 

Pour une raison toute simple : parce que Napoléon Bonaparte a rétabli en 1802 l'esclavage qui avait  été aboli par la Convention huit ans plus tôt en 1794. 

En résumé, l'esclavage a été  aboli une première fois en 1794, puis rétabli par Napoléon en 1802 puis à nouveau aboli, définitivement cette fois, en 1848 ( sous l'influence de Schoelcher, notamment) 

- Joséphine de Beauharnais, la femme de Napoléon,  a-t-elle influencé Napoléon dans sa décision de rétablir l'esclavage ? 

Rien, aucun courrier, aucune rumeur, aucun ragot de l'entourage de l'époque ne permet de l'affirmer, disent les historiens.  

Les  Antillais soulignent cependant que Joséphine était une "Créole" appartenant à la caste des blancs  propriétaires d'esclaves,  caste très hostile à l'abolition et qu'elle ne peut pas ne pas avoir eu une influence sur la décision de rétablir l'esclavage. 

Mais, même s'il est très probable qu'elle approuvait le rétablissement de l'esclavage, il n'existe aucun document prouvant de façon certaine que Joséphine ait eu un rôle décisif dans cette décision. 

 

- A qui a-t-on versé les indemnisations financières suite à l'abolition ?

Cela peut paraître insensé aujourd'hui, mais ce sont les propriétaires d'esclaves qui ont été indemnisés pour le préjudice subi et non les esclaves libérés !  Un peu comme si, pour interdire la prostitution, un gouvernement indemnisait les proxénètes :

L’article 5 de la loi d'abolition précise que «l’Assemblée nationale réglera la quotité de l’indemnité qui devra être accordée aux colons ».

Il n'y a pas eu d'unanimité sur ce point, bien sûr.  La position des opposants à l'indemnisation était que "Le peuple souverain ne doit donc aucun dédommagement au maître des esclaves, de même qu’il n’en doit pas à un voleur qu’un jugement a privé de la possession d’une chose volée." (Condorcet).

Mais le législateur s'est souvenu que lors de la première abolition (celle de 1794), effectuée sans indemnisation, les propriétaires d'esclaves avaient opposé une farouche résistance, allant même jusqu'à passer sous le drapeau anglais.

En conséquence, pour "assurer la cohésion sociale et maintenir l’équilibre économique des colonies", les propriétaires d'esclaves ont été indemnisés. 

Dans le même esprit, alors que Haïti avait gagné militairement son indépendance (et donc l'abolition de l'esclavage), le pays a été contraint de verser à la France de fortes indemnités pendant plusieurs décennies.


 

 

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 > >>