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Jeux violents

Publié le par Carlus

 
Sur la devanture d'une librairie consacrée à la BD, j'ai trouvé un exemplaire de ça :

 

Jeux violents

 

Prince Valiant ( ou Vaillant) est un des héros préférés de ma jeunesse. Et pourtant des héros de BD, j'en ai connu ! Je les ai tous connu d'ailleurs  (Akim, Blek le roc, Mandrake, Zembla, j'en passe et des très cons !)

Mais Val, comme l'appelait affectueusement son auteur, tient une place à part dans mes souvenirs !

Un garçon, dans son développement pubère, rêve de combats, de violence et de guerre ! Dans ces rêves seulement, heureusement, mais il y a de la violence latente en chacun de nous, c’est une évidence ! Sinon comment expliquer que des histoires comme ça puissent nous faire rêver ?

Jeux violents

(A noter au passage que les ennemis, les envahisseurs, ceux qui nous préparaient un grand remplacement, étaient blonds aux yeux bleus et particulièrement féroces... mais c'est une autre histoire sur laquelle nous reviendrons plus tard...peut-être !)

Mais il a aussi besoin, le petit garçon, d'histoires d'amour, de séduction et d'idylles joyeuses !

Jeux violents

 

Hé bien Prince Valiant, c'était tout ça ! C'était  Faites l'amour ET la guerre !

Et puisque tout cela se passait avant mai 68, l'amour était très chaste et la guerre très sanglante. 

 

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Une mort annoncée

Publié le par Carlus

Ma société est morte. 

Morte emportée par des torrents de boue, de mensonges, de stupidité et de lâcheté.

Nous avons assisté, impuissants, dans la lumière lugubre d'un crépuscule d'automne, à la lutte de pouvoir que se livraient les nouveaux barbares. Le drame a suivi son cours, inéluctablement, sans que personne ne puisse s'y opposer.

Les sociétés ont une fin. Nous le savons maintenant.

La mienne est morte misérablement. Traînée dans la boue et dans la fange, achevée à coups de pied par des crapules qui poussaient le cynisme jusqu'à se réclamer de ses valeurs ! Tuée au nom de la liberté, elle qui l'avait si généreusement offerte à ses assassins ! Massacrée au nom de la justice, quel paradoxe ! Quelle tristesse !

J'ai assisté à tout, depuis le début ! Au commencement, des nuages noirs, menaçants et de mauvais augure, ont envahi le ciel. On entendait au loin les bêlements indignés de quelques brebis stupides. Cela n'avait pas l'air grave. Il y avait bien d'étranges bergers derrière elles, mais on n'y a pas prêté attention.
De temps en temps une flambée de violence était signalée à la périphérie des villes. On craignait que ce ne soit des hordes de loups. C'était des "jeunes", nous disait-on, pour nous rassurer. Parfois, on entendait dire qu'ils étaient entrés dans Paris continuer les luttes territoriales commencées ailleurs.

Peu de temps après, des clans barbares sont arrivés et se sont installés dans le paysage, luttant entre eux pour le contrôle de territoires avant de revendiquer le contrôle de la société tout entière. Ils étaient minoritaires. On ne leur a pas accordé plus d'attention que cela. Après tout, la liberté (la liberté ! ô mon Dieu) la liberté voulait qu'on les laisse tous s'exprimer. Trois clans principaux se dégagèrent rapidement, se référant à des sociétés où toutes (TOUTES !) les libertés avaient été abrogées, soit au nom de la pureté de la race, soit au nom de la justice sociale, soit au nom de la religion.

On les a laissé s'exprimer sans prendre la peine de les contredire !

Oui, hypothétique lecteur de ce récit improbable, nous avons fait cela ! Nous avons offert la liberté aux ennemis de la liberté ! Cela leur a permis de prétendre qu'ils avaient changé et qu'ils étaient désormais les seuls défenseurs des libertés et que cette vieille putain de société bourgeoise (NOTRE société !) ne méritait que haine et mépris !

Ils ont pris la parole et l'ont gardée. Les uns ont proclamé que la loi de Dieu (de leur Dieu !) était supérieure à la loi des hommes (à nos lois !), les autres que la pureté raciale était la seule garante de la survie et du progrès du genre humain (une stupidité sans nom !) les autres encore que les élections "un homme - une voix" n'étaient pas démocratiques et que seule une petite minorité (choisie parmi ceux qui avaient tout compris) devait diriger cette société et faire le bonheur du plus grand nombre, contre son gré éventuellement.

On les a laissés parler ! On n'a même pas lutté. On n'a même pas répondu. Nous étions intellectuellement avachis, convaincus (cons vaincus d'avance !) que nos valeurs étaient si fortes, si ancrées dans les esprits qu'elles étaient indestructibles. Peut-être aussi avons-nous été suffisants ! Ils paraissaient tellement insignifiants !

Tout ensuite a été très vite ! Toutes nos valeurs ont été retournées contre nous ! Des pratiques religieuses puériles issues des sociétés antédiluviennes ont conquis les esprits de nombreux malheureux en quête de spiritualité. Des femmes soumises à la loi patriarcale jusque dans leurs tenues vestimentaires ont été présentées comme des symboles de l'émancipation des femmes. Des gens se revendiquant d'une hiérarchie des races se sont réclamé hérauts d'une démocratie basée sur la loi du plus fort (du plus pur !).

La grande curée commença alors ! Ils étaient tous unis dans la détestation de la Grande Putain ! Celle-ci se défendit mollement, ses défenseurs étant la plupart du temps occupés à négocier des concessions qui seraient dénoncées aussitôt après avoir été signées.

Le jour de sa mort, le ciel devint noir, seulement éclairé par des nuages reflétant la lumière rouge des incendies, dispersés un peu partout dans la ville, intenses et beaux comme des buissons ardents !

Son agonie fut longue et horrible. Elle fut d'abord humiliée, battue, séquestrée dans le bruit et la fureur, dans le tumulte et le fracas par la horde des fauves se réclamant de sentiers lumineux et d'avenir radieux. Puis violée, souillée et réduite en esclavage par des religieux en transe avant d'être vendue aux partisans de l'avènement de l'Ordre Nouveau qui la transférèrent dans un camp où elle mourut de faim et de froid, rongée par la vermine.

Après sa mort, personne ne parla plus de liberté, ni de justice sociale, ni de partage de richesse. Le temps d'argumenter et de convaincre était fini. Le temps des fauves était venu. Le temps du sang et de la mort. Le temps de la guerre, le temps du plus fort.

 

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Et un lexomil, un !

Publié le par Carlus

 

On connaît la blague de la pharmacienne qui demande à haute voix à son assistante qui est au fond de la pharmacie : "Mireille, tu peux me prendre deux boites de préservatifs Olla rainurés Extra pleasure pour monsieur, s'il te plaît" et qui se retourne vers vous pour vous dire avec un grand sourire : "une minute, ça arrive, monsieur" devant la demi-douzaine de mères de famille qui font la queue derrière vous avec bébés sur les bras et gamins en train de courir dans la pharmacie ?

 

Hé bien d'une certaine façon, ce qui m'est arrivé est bien pire que cela ! Ca commence il y a quelques années dans le cabinet du médecin :

"Ecoutez, cher ami, il fallait me le dire dès le départ, enfin ! La maladie d'un proche est une terrible épreuve qui explique vos troubles".

- Mais je vous avoue que je ne voyais pas moi-même le rapport, docteur...

- Vous nous faites un petit épisode anxieux, cher ami ! je vais vous prescrire un traitement qui va vous permettre de traverser cette phase d'une façon plus... d'une façon moins pénible.

 

Le lendemain, je me rends à la petite pharmacie qui se trouve à deux pas de mon bureau. Je connais bien la pharmacienne. Elle est sympa avec moi et a la particularité d'être une adepte inconditionnelle de l'homéopathie et de la phytothérapie. Il n'est pas rare qu'elle vous dise en vous délivrant l'ordonnance "si vous trouvez ça trop agressif, il y a des produits à base de plantes qui sont très efficaces. N'hésitez pas à revenir me voir".

J'entre, elle me salue derrière le comptoir et me dit "Ah monsieur Carlus, vous avez retrouvé votre carte ? " C'est un petit code entre nous pour me faire passer avant les autres en leur faisant croire que j'étais là avant eux et que je me suis absenté quelques minutes juste pour chercher un document.

Je lui tends l'ordonnance. Elle la met de côté pour terminer de servir la cliente en cours. Quelques minutes après, alors que je suis en train de regarder les produits phyto étalés sur le comptoir, je l'entends me dire :

 "Vous êtes angoissé ?"

Je la regarde, elle est là avec mon ordonnance entre les mains, le regard étonné, curieux, presque souriant... Je regarde les autres clients devant qui je suis passé, certains me regardent, d'autres détournent la tête poliment comme s'ils n'avaient rien entendu... Je suis à deux pas du bureau, il y a certainement parmi eux des gens qui me connaissent, au moins de vu...

Je lui dis "non, non, c'est le médecin qui m'a..."

Elle me coupe la parole , toujours avec le regard un peu étonné "C'est très lourd comme médicament... ça crée de l'accoutumance, vous le savez ?"

- Mais va te foutre, salope, tu ne vas pas refuser de me délivrer mon médicament, quand même ! Non, non, je ne lui dis pas cela, évidemment mais je le pense très fort !

- C'est du stress professionnel ou un problème plus grave ?

Elle me fixe toujours du regard, avec cet air un peu étonné, un peu incrédule ! C'est vrai que je ne dois pas avoir l'air d'un anxieux à ses yeux ! On se croise quelques fois dans les restaurants du quartier et c'est vrai qu'avec mon 1.80 mètre et mes 95 kilos, mon sourire facile et mes blagues de potaches, ma propension à écumer les restos du quartier avec quelques collègues et les paris stupides organisés au bureau, je dois plutôt faire figure de bon vivant dans le quartier ! 

Je lui réponds : Oui-oui, c'est... professionnel, oui !

 - Ah ben, c'est trop lourd, je pense ! J'ai des produits aussi efficaces et moins invasifs... tenez, je vais vous montrez !

Là, j'évite de regarder la file d'attente, car, à mon avis, les gens doivent certainement commencer à grogner leur mauvaise humeur.

Bref, comme elle m'aime bien et qu'elle veut m'éviter une dépendance aux anti-dépresseurs, elle me fait acheter une douzaine de boîtes de produits à base de... je ne sais plus, moi... de coca, de ginseng, de mandragore, de thé vert, de Valériane, de Passiflore, d'Aubépine, j'en passe et des meilleurs !

En me recommandant les produits, elle me signale de temps en temps :  "ça , j'en prends régulièrement, c'est très efficace" !

Ben oui, ma pharmacienne est une anxieuse, certainement de type chronique, comme ma mère, comme ma femme, comme ma fille aînée ! Qu'est-ce qui vous angoisse ainsi les filles ? La société ? les hommes ? la vie ? la mort ? la vieillesse et la maladie ?

Pour moi je crois que c'est la mort qui me fait peur ! ou plus exactement la mort précédée de longues souffrances inéluctables !

Mais je crois seulement ! au fond j'en sais rien ! si c'était ça, l'angoisse aurait été permanente et les médocs n'y pourraient rien changer !

Quand on prend un anxiolytique, tout va bien, la boule dans l'estomac disparaît, les idées noires s'évanouissent, mes muscles de détendent ! Si ça trouve, l'angoisse n'est qu'un problème physique, assimilable à une crise de foie ou à la migraine ! tu prends des cachetons et ça disparaît !

 

Ma pharmacienne m'a quand même délivré mes Lexomil prescrits ! j'ai essayé la phyto et le Lexomil ! Voulez-vous mon avis ? y a pas photo, le Lexomil est mille fois plus efficace !

 

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