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Pâques : Petit Jésus, tu m'as déçu

Publié le par Carlus

François Morel :  Petit Jésus, tu m'as as déçu 

Tu avais commencé très fort
Tu changeais l'Evian en Cahors
La Cristalline en Chambertin
Et la Vittel en St Pourçain
Mais depuis plus une nouvelle
Pas un message, pas un e-mail
Petit Jésus, tu m'as déçu

Après tu nous as tous bluffés
Au désespoir des boulangers
Il t'avait suffi d'un quignon
Pour nourrir toute une région
Mais depuis c'est silence radio
Pas un coup d'fil, pas un texto
Petit Jésus, tu m'as déçu

Je n'oublie pas tes fantastiques 
Talents dans les sports aquatiques
Tes aptitudes d'orateur
Tes facultés de guérisseur
Je t'invoque à Noël, à Pâques
Mais je n'attends plus ton come-back
Petit Jésus, tu m'as déçu

Juste après ta crucifixion
Il y a eu ta résurrection
Tout le monde a crié chapeau
Vas-y prophète, tu déchires trop
Mais pas de renouveau depuis
Même pas un petit tour de magie
Petit Jésus, tu m'as déçu

Fallait qu'il ait bon caractère
Entre nous Joseph ton beau-père
Quand un jour Marie lui a dit
"J'suis enceinte mais, c'est le St Esprit"
Dans chaque famille y'a des dossiers
Quand même chez toi, c'est gratiné
J'en dis pas plus, Petit Jésus

Tes aventures ont fait long feu
Y'aura jamais de saison deux
Quand tu es remonté au ciel
Il n'y 'avait pas de minitel
Il faut se faire une raison
Vivons sans toi et puis chantons
Petit Jésus tu m'as déçu
Petit Jésus tu m'as decu

Source : Musixmatch

Paroliers : Jean Renard / Gilles Thibaut / Claude Francois

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François Villon, Alzheimer et moi

Publié le par Carlus

Les princes sont destinés à la mort,
Et aussi tous ceux qui vivent 
Qu'ils s'en affligent ou s'en irritent,
Autant en emporte le vent.

François Villon

Depuis quelques jours, François vient me rendre visite tous les soirs après l'extinction des feux. Je pense qu'il est pensionnaire de cette maison, lui aussi, car il passe me voir hors des heures de visite. Le soir, sitôt après le dernier passage de l'infirmière, je le trouve installé dans le fauteuil situé à la tête du lit. Il reste là une bonne partie de la nuit, dans une semi obscurité à écrire et à bavarder avec moi. Je l'observe du coin de l'œil  car, allongé sur le dos, j'ai du mal à tourner la tête. Hier je lui encore demandé ce qu'il est devenu après avoir quitté Paris, mais il ne répond jamais à cette question et s'enferme dans une attitude de déni, comme on dit aujourd'hui.

Je me souviens de ma première rencontre avec lui. C'était dans une geôle sombre et humide. Il avait été condamné à la potence après une rixe au cours de laquelle le notaire Ferrebouc avait reçu un coup de dague. Le prévôt m'avait chargé de tenter de savoir avant l'exécution, qui, de lui et de ses trois amis, avait porté le coup.
En entrant dans la minuscule cellule, je lui demandai de décliner son identité. Il avait du panache, le bougre ! Il me répondit :

Je suis François, dont il me poise
(Je suis François et cela me pèse)
Né de Paris emprès Pontoise
(Né à Paris près de Pontoise)
Et de la corde d'une toise
(Et au bout d'une corde long d'une toise)
Saura mon col que mon cul poise
(Mon cou saura bientôt ce que pèse mon cul)

Je n'ai jamais eu la moindre sympathie pour les truands et les brigands de grands chemins, mais celui-là me fascinait. Il faut dire que c'était un poète, et quel poète ! Le chantre de la débauche et de la "mauvaise vie", l'étudiant ami des catins et des voyous, le poète mondain flatteur et railleur à la fois des grands du royaume. Mais aussi le chantre de l'amour courtois et tendre.

"Mort, j’en appelle de ta rigueur,
Toi qui m’as ma maîtresse ravi
Depuis je n’ai force ni vigueur,
En quoi te nuisait-elle en vie ?

Nous avons discuté pendant des heures et sommes devenus amis, moi le fonctionnaire de police et lui le poète débauché. A-t-on jamais vu amis si dissemblables ?
Au moment où je m'en allais, il me demanda si je pouvais lui faire la faveur, "en bon chrestien" de lui fournir de quoi écrire. Je me suis arrangé pour le lui faire parvenir dès le lendemain. C'est dans cette geôle qu'il écrivit sa célèbre Ballade des pendus.

Frères humains qui après nous vivez,
N'ayez pas vos cœurs durcis à notre égard ...
La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil nous a séchés et noircis;
Pies, corbeaux nous ont crevé les yeux,
Et arraché la barbe et les sourcils.
De ci de là, selon que le vent tourne,
Il ne cesse de nous ballotter à son gré,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez pas de notre confrérie,
Mais priez Dieu qu'il veuille tous nous absoudre!

Je le revis plusieurs fois par la suite et décidai de le sauver du gibet. Je fis, en son nom, appel du jugement auprès de la cour du Parlement, fis intervenir le peu de relation que j'avais, et pris à ma charge les frais de procédure. Et le 5 janvier 1463, j'eus le bonheur de voir commuer sa peine capitale en dix ans de bannissement de la ville et du comté de Paris.

Je lui offris le gîte et le couvert en attendant son départ. Il fêta dignement sa victoire en faisant défiler chez moi tout ce que Paris comptait de catins et de filles de joie. Jamais ma modeste demeure n'avait été si pleine de cris, de rires et de chants paillards ! Il composa en même temps deux ultimes textes poétiques de grande qualité, l'un dans lequel il remerciait, en les raillant, les juges du Parlement, l'autre dans lequel il se moquait de son geôlier.

Je ne fus pas son serf... ni sa biche !
Il m'a nourri d'une petite miche
Et d'eau froide tout un été ;
Qu'il soit large ou serré,
Avec moi il fut très chiche :
Que Dieu soit pour lui  
comme pour moi il a été

Puis, après m'avoir chaleureusement remercié, il me confia ses derniers manuscrits et quitta la ville.
Personne n'entendit jamais plus parler de lui. Certains disent qu'il fut dévoré par les hordes de loups qui entouraient Paris en ce temps-là, d'autres qu'il s'est fondu dans la masse des gueux et a cessé d'écrire.
Parmi les manuscrits qu'il m'a confiés, il y en a un que je garde encore précieusement et qui pourrait être considéré comme sa propre épitaphe:

Ici se clôt le testament
Et finit le pauvre Villon.
Venez à son enterrement,
Quand sonnera le carillon,
Vêtus rouge comme vermillon,
Car en amour mourut martyr;
Le jura-t-il sur son couillon 

Quand de ce monde il voulut partir.

François Villon, Alzheimer et moi

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Houellebecq le poète

Publié le par Carlus

Houellebecq n'est pas seulement le romancier que l'on sait, il est (il a été, en tout cas) poète. Et le moins qu'on puisse dire est que, s'agissant des femmes, de l'amour et du sexe,  la vision du poète n'est pas très différente de celle du romancier.Voici  deux exemples de la poésie  Houellebecquienne :

 

---------------------------    1     --------------------------------------------

 SEX-FRIEND

Tu te cherches un sex-friend, 

Vieille cougar fatiguée 

You're approaching the end, 

Vieil oiseau mazouté

---------------------------    2     ---------------------------

LES HOMMES 

Les hommes cherchent uniquement à se faire sucer la queue 

Autant d'heures dans la journée que possible 

Par autant de jolies filles que possible. 

En dehors de cela, ils s'intéressent aux problèmes techniques. 

Est-ce suffisamment clair ? 

Michel Houellebecq

Configuration du dernier rivage  (Flammarion)

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Mais de temps en temps, on trouve chez lui des choses qui ressemblent à de la vraie poésie. Exemple déclamé par Blanche Gardin

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Rebelle et soumise

Publié le par Carlus

Il y a des faux rebelles de merde et des insoumis qui donnent envie de vomir...

Et puis il y a des jolies fiancées "rebelles et soumises" qui nous font rêver et qui inspirent de belles chansons d'amour et d'érotisme.

L’amour est cerise
Chanson de Jean Ferrat

Rebelle et soumise
Paupières baissées
Quitte ta chemise
Belle fiancée
L'amour est cerise
Et le temps pressé
C'est partie remise
Pour aller danser


Autant qu'il nous semble
Raisonnable et fou
Nous irons ensemble
Au-delà de tout
Prête-moi ta bouche
Pour t'aimer un peu
Ouvre-moi ta couche
Pour l'amour de Dieu


Laisse-moi sans crainte
Venir à genoux
Goûter ton absinthe
Boire ton vin doux
Ô rires et plaintes
Ô mots insensés
La folle complainte
S'est vite élancée

Défions le monde
Et ses interdits
Ton plaisir inonde
Ma bouche ravie
Vertu ou licence
Par Dieu je m'en fous
Je perds ma semence
Dans ton sexe roux


Ô Pierrot de lune
Ô monts et merveilles
Voilà que ma plume
Tombe de sommeil
Et comme une louve
Aux enfants frileux
La nuit nous recouvre
De son manteau bleu

Rebelle et soumise
Paupières lassées
Remets ta chemise
Belle fiancée
L'amour est cerise
Et le temps passé
C'est partie remise
Pour aller danser

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Âme, te souvient-il ?

Publié le par Carlus

 

 

Âme, te souvient-il ? au fond du paradis,

De la gare d’Auteuil et des trains de jadis

T’amenant chaque jour, venus de la Chapelle 

Jadis déjà ! Combien pourtant je me rappelle

 

Après les premiers mots de bonjour et d’accueil,

Mon vieux bras dans le tien, nous quittions cet Auteuil

Et, sous les arbres pleins d’une gente musique,

Notre entretien était souvent métaphysique.

 

Ô tes forts arguments, ta foi du charbonnier !

Non sans quelque tendance, ô si franche ! à nier,

Mais si vite quittée au premier pas du doute !

Et puis nous rentrions, plus que lents, par la route

 

Un peu des écoliers, chez moi, chez nous plutôt,

Y déjeuner de rien, fumailler vite et tôt,

Et dépêcher longtemps une vague besogne.

Mon pauvre enfant, ta voix dans le bois de Boulogne !

 

Poème de Paul Verlaine

(mis en musique et chanté par Léo Ferré)

 

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Belle qui tenait ma vie

Publié le par Carlus

 

Belle qui tiens ma vie
Captive dans tes yeux
Qui m’as l’âme ravie
D’un sourire gracieux
Viens t'en me secourir
Ou me faudra mourir.

Pourquoi fuis-tu mignarde
Si je suis près de toi
Quand tes yeux je regarde
Je me perds dedans moi
Car tes perfections
Changent mes actions.

Tes beautés et ta grâce
Et tes divins propos
Ont échauffé la glace
Qui me gelait les os
Et ont rempli mon cœur
D’une amoureuse ardeur.

Mon âme voulait être
Libre de passions
Mais amour s’est fait maître
De mes affections
Et a mis sous sa loi
Et mon cœur et ma foi.

Approche donc ma belle
Approche-toi mon bien
Ne me sois plus rebelle
Puisque mon cœur est tien
Pour mon mal apaiser
Donne-moi un baiser.

Je meurs mon angelette
Je meurs en te baisant
Ta bouche tant doucette
Va mon bien ravissant
À ce coup mes esprits
Sont tous d’amour épris.


Plutôt on verra l’onde
Contre mont reculer
Et plutôt l’œil du monde
Cessera de brûler
Que l’amour qui m’époint
Décroisse d’un seul point

 Jehan Tabourot (1520-1595), dit Thoinot Arbeau. 


 

 


 

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Lectures de vacances grivoises : Verlaine

Publié le par Carlus

 

- Qu'est-ce que tu lis en ce moment, Carlus ?

- Verlaine !

- Ah, Verlaine... Tu es un indécrottable romantique, Carlus
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

- Oui, pour moi, la poésie romantique, il n'y a que ça de vrai !


 Extraits de Hombres (hommes) de Paul Verlaine

 Lectures de vacances grivoises : Verlaine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peu de merde et de fromage
Ne sont pas pour effaroucher
Mon nez, ma bouche et mon courage
Dans l’amour de gamahucher.


L’odeur m’est assez gaie en somme,
Du trou du cul de mes amants,
Aigre et fraîche comme la pomme
Dans la moiteur de saints ferments.


Et ma langue que rien ne dompte,
Par la douceur des longs poils roux
Raide et folle de bonne honte
Assouvit là ses plus forts goûts,

 

Puis pourléchant le périnée
Et les couilles d’un mode lent,
Au long du chibre contournée
S’arrête à la base du gland.


Elle y puise âprement en quête
Du nanan qu’elle mourrait pour,
Sive, la crème de quéquette
Caillée aux éclisses d’amour


Ensuite, après la politesse
Traditionnelle au méat
Rentre dans la bouche où s’empresse
De la suivre le vit béat,


Débordant de foutre qu’avale
Ce moi confit en onction
Parmi l’extase sans rivale
De cette bénédiction !

Extraits de Hombres (hommes) de Paul Verlaine

 

 

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Je suis urbain

Publié le par Carlus

 

Je suis urbain.
J'aime bien la foule des fins de journées,
Les cinémas jusqu'à minuit
Et les taxis au coin des rues.
J'aime bien aussi les petits bistrots,
Les grands boulevards, les petites rues.

Je suis urbain,
j'aime bien toutes les cuisines du monde,
L'arrabiata et la pizza,
Le taboulé, la crèpe au sucre,
Et les sushis, et les accras
Tout cela à portée de main.

Je suis urbain.
J'aime bien avoir tout près de moi
un kiosque avec plein de journaux,
des librairies remplies de livres
où je trouverai celui que je cherche
mais surtout ceux que je ne cherche pas.

Je suis urbain.
J'aime bien la ville l'après-midi,
les bancs publics des amoureux,
la promenade des petits vieux
les discussions de jeunes mamans,
les tobogans de leurs enfants.

Je suis urbain.
J'aime les théâtres inconfortables
J'aime bien aussi les p'tits musées,
En compagnie d'une érudite,
Ou bien avec mes petits-enfants
Pour voir leurs grands yeux étonnés

Je suis urbain.
J'aime bien les crépuscules blafards
J'aime bien les néons dans la nuit,
J'aime bien les rues après la pluie,
Et les rues vides au petit matin.

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La calomnie, Monsieur !

Publié le par Carlus

Comment ? On me dit que Beaumarchais aurait dénoncé la rumeur calomnieuse (celle qu'on appelle rumeur complotiste, en Français moderne) ???

Il nierait donc, s'il était encore là, que les médecins du monde se sont ligués pour injecter un poison létal à des milliards de gens ? Il contesterait que des pédophiles sataniques nous gouvernent et que la première dame de France n'en serait pas une ?

Où a-t-il dit cela, dites-moi, je vous prie ? Dans Le barbier de Séville Acte II scène 8 ?  Je vais de ce pas, vérifier !


 Basile :

La calomnie, Monsieur !
J'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés.
Croyez qu'il n'y a pas de méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde, qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville en s'y prenant bien ;  Et nous avons ici des gens d'une adresse !

D'abord un bruit léger, rasant le sol comme l'hirondelle avant l'orage pianissimo, murmure et file, et sème, en courant, le trait empoisonné.
Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement.
Le mal est fait ; il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable !

Puis, tout à coup, je ne sais comment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'œil. Elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription.
Qui diable y résisterait ?

Le barbier de Séville ou la Précaution inutile

Acte II scène 8

 

 


 

 

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Question de point de vue

Publié le par Carlus

Deux poètes antillais,
l'un est "blanc créole"
et se veut Parnassien,
l'autre qui se revendique "Nègre"
est proche des Surréalistes.
Ils parlent tous deux de leur île
C'est la même île et le même siècle
Mais ils ne voient pas la même chose.
Forcément. C'est une question de point de vue !

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Je suis né dans une île amoureuse du vent
Où l’air a des senteurs de sucre et de vanille
Et que berce au soleil du tropique mouvant
Le flot tiède et bleu de la mer des Antilles.
...
Cent fois je suis monté sur ses mornes en feu
Pour voir à l’infini la mer splendide et nue
Ainsi qu’un grand désert mouvant de sable bleu
Border la perspective immense de la vue.

Daniel Thaly


 


Au bout du petit matin
bourgeonnant d’anses frêles,
les Antilles qui ont faim,
les Antilles grêlées de petite vérole,
les Antilles dynamitées d’alcool,
échouées dans la boue de cette baie,
dans la poussière de cette ville
sinistrement échouées.
...
Au bout du petit matin,
une vieille vie menteusement souriante ,
ses lèvres ouvertes d’angoisses désaffectées ;
une vieille misère pourrissant sous le soleil, silencieusement ;
un vieux silence crevant de pustules tièdes
l’affreuse inanité de notre raison d’être.

Aimé Césaire


 

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