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Baudelaire, Reggiani et moi

Publié le par Carlus

Connaissez-vous la différence entre Baudelaire et moi ?  La différence n'est pas à mon avantage : moi, je me moque de ces pauvres filles livrées à la  prostitution alors que Baudelaire, lui,  les aime et les regarde avec tendresse .


 

Si vous la rencontrez, bizarrement parée,
Se faufilant au coin d'une rue égarée,
Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé,
Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé,

Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordure
Au visage fardé de cette pauvre impure
Que déesse Famine a, par un soir d'hiver,
Contrainte à relever ses jupons en plein air.

Cette bohème-là, c'est mon tout, ma richesse,
Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse,
Celle qui m'a bercé sur son giron vainqueur,
Et qui dans ses deux mains a réchauffé mon cœur.

Charles Baudelaire


 

Et la différence entre Serge Reggiani et moi, vous la connaissez ? Nous aimons tous les deux Baudelaire, mais seul l'un d'entre nous a du talent . 

 

 

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Les Monty Python et les wokes

Publié le par Carlus

Les Monty Python, c'est pas récent. Ils nous faisaient déjà rire il y a une trentaine voire une quarantaine d'années.   Mais ils se moquaient déjà des wokes, ce qui tend à prouver que le phénomène prétendument né récemment sur les campus américains est beaucoup plus ancien que cela même s'il reste toujours aussi ridicule. 

Deux minutes de fou rire dans cette actualité morose. C'est cadeau ! 

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Rappelle-toi, Bà Bà Là

Publié le par Carlus

 

 

 

 

 

 

Rappelle-toi Bà Bà Là
Il faisait chaud ce jour-là
Et tu marchais d'un pas léger
Jeune, élégante, épanouie
Ton sac Chanil sous tes aisselles
Sous un soleil de canicule

Rappelle-toi Bà Bà Là
C'était Boulevard Sébastopol
Pas loin de la porte Saint Denis
Je t'ai croisée sur le trottoir
Tu m'as regardé et souri
Et moi aussi je t'ai souri

Quel quiproquo, Bà Bà Là !
Toi qui ne me connais pas
Mais qui me prend pour un micheton
Un amateur de prostituées
En quête de sexe tarifé !

Et moi qui ne te connais pas
Mais qui sait bien qu'une jeune chinoise
Déambulant sur le boulevard
En souriant aux vieux messieurs
A toutes les chances d'être prostituée.

Le sais-tu, ô Bà Bà Là ?
Si tu n'avais pas été une pute
Peut-être qu'on se serait aimé !
Ah oui mais... quelle connerie la vie !
Si tu n'avais pas été une pute
On ne se serait jamais croisé
Car tu serais restée au pays. 

 

Carlus ( poète romantique)

 

 

 

 

 

 

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L’aventure, il n’y a que ça de vrai

Publié le par Carlus


L’aventure, il n’y a que ça pour se sentir vivant.

Je m’ennuie dans ma vie. Il faut que je fasse quelque chose. C’est décidé, je pars à l’aventure. Sans me retourner.

Dans les romans, quand tu fais ça, je veux dire quand tu pars sans but précis (en général après une grosse peine de coeur ou parce que tu fais l’hypothèse que la terre est ronde) il t’arrive toujours quelque chose d’extraordinaire. Non seulement, les impôts ne vident pas ton compte pour se servir en "acomptes", non seulement les enfants ne te harcèlent pas pour savoir où tu es, non seulement les collègues ne t’appellent pas pour savoir où tu as rangé le dossier Dupond, mais en plus il t’arrive des choses merveilleuses : tu trouves l’amour sous le soleil de Toscane ou tu arrives à l’autre bout du monde et tu deviens le conseiller du Kubilaï Khan ou tu te perds dans la jungle et tu partages pendant 15 ans la vie d’une tribu vivant encore à l’âge de la pierre taillée, jusqu’à ce qu’un jour une expédition te découvre par hasard. "Mister Carlus, I presume ? "

Il fallait que j’aille à la rencontre de mon destin ! Dans cette vieille France avachie , il ne m’arrive jamais rien. Rendez-vous compte : J’ai fait une fois Toulouse-Paris tout seul en voiture sans tomber sur une seule auto-stoppeuse ! Il faut que je quitte la France ! 

Alors je fais quoi ?

Je pars loin, très loin,  en Nouvelle-Calédonie et je m'installe là-bas ! Mais après trois mois à errer dans les rues à la recherche d’un regard, d’un sourire, je décide de prendre sur moi et d'aller en boîte de nuit. Je déteste les boîtes de nuit, mais on m' a dit qu'au bar, on peut se faire des amis. Oui, je me fais des amis : des expatriés médiocres, toujours en bermuda et tongs, vaguement racistes, se vantant sans cesse de partouzes avec des prostituées et pour qui l’aventure consiste à vendre des maillots de bain sur les plages aux touristes et à les mettre en garde contre "l’hypocrisie" des Kanaks.

Alors, je repars et je vais en Afrique : manque de bol, à peine débarqué, j’attrape la malaria et je passe six mois entre hôpital et maison de repos. C’est pas glorieux, la malaria ! Tu passes ton temps aux chiottes avec une diarrhée interminable entrecoupée de vomissements ! Y a rien à raconter sauf si ton interlocuteur aime les histoires scatologiques. Il y aurait certes des choses à raconter sur l’hygiène des hôpitaux, mais bon, je ne veux pas tomber dans les vieux clichés de toubabs pleins de certitude…

Mais je ne me laisse pas décourager : je repars cette fois en Amérique latine. Là ce sont les moustiques locaux qui me foutent la "dengue hémorragique". A l’hôpital, on découvre en plus que j’ai la chaude-pisse. "C’est pas possible, Docteur ! La seule relation que j’ai eue depuis que j’ai quitté la France, c’était avec une très jeune fille sur le port d’Abidjan et son oncle s’est porté garant de sa virginité."
A l’hôpital de Bogota, maigre comme un clou et épuisé, je tombe amoureux de l’infirmière qui s’est occupée de moi et je vais vivre chez elle dans une favela à soixante kilomètres de la ville. Elle est très corpulente et un peu autoritaire mais c’est une femme admirable : elle élève seule ses neuf enfants sans aucune aide de la part de leurs six pères. En tant qu’étranger, je n’ai pas le droit de travailler, alors je m’occupe des enfants pendant la journée et je nettoie la maison pour la soulager.

Voilà, ça fait bientôt quinze ans et je ne regrette rien… ! Enfin, si… l’absence d’eau potable et les longues files d’attente au dispensaire me pèsent un peu ! Mais il faut savoir ce qu’on veut : loin du confort bourgeois de la vieille Europe, je me sens en phase avec moi-même. 

L’aventure, il n’y a que ça de vrai pour se sentir vivant.

 


 

PS : toutes ces aventures ( romancées à ma façon) sont inspirées d'histoires vraies qui m'ont été rapportées au cours de ma vie. 

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Napo le cocu

Publié le par Carlus

On peut avoir été un grand chef de guerre, un stratège de génie, un chef d'Etat hors pair, on peut avoir inscrit son nom dans l'histoire de France et du monde, avoir suscité l'admiration d'Eric Zemmour, avoir fait l'objet de dizaines de milliers de thèses, de biographies, de romans ET... ET, comme toi et moi, cher lecteur,  avoir été pendant une période de sa vie, un simple cocu amoureux d'une petite pute qui te trompe au vu et au su de tous,  dès que tu as le dos tourné, et tu le sais, mais tu restes avec elle quand même, parce que tu l'as dans la peau.

Bref, on peut être à la fois un grand homme et un petit cocu.  La preuve :

Lettre de Napoléon à Joséphine

Je t'écris, ma bonne amie, bien souvent, et toi peu. Tu es une méchante et une laide, bien laide, autant que tu es légère. Cela est perfide, tromper un pauvre mari, un tendre amant ! Doit-il perdre ses droits parce qu'il est loin, chargé de besogne, de fatigue et de peine ? Sans sa Joséphine, sans l'assurance de son amour, que lui reste-t-il sur la terre ? Qu'y ferait-il ?
Nous avons eu hier une affaire très sanglante ; l'ennemi a perdu beaucoup de monde et a été complètement battu. Nous lui avons pris le faubourg de Mantoue.
Adieu, adorable Joséphine ; une de ces nuits, les portes s'ouvriront avec fracas : comme un jaloux, et me voilà dans tes bras.
Mille baisers amoureux.

Vérone, le 1er frimaire

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