La meuf de mon pote Charly B.
C'était il y a longtemps, maintenant. Les chagrins d'amour me rendent exalté et mystique, je ne sais pas pourquoi
Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !
(Charles Baudelaire - Une Charogne - extraits)
Tu as donc été plaqué, le poète...! Pour écrire quelque chose comme ça, tu as forcément été plaqué ! Jeté comme un kleenex usagé, comme tout un chacun ! Viré de la vie d'une femme, comme Bebert, comme Fredo, comme moi...! Et tu en a gros sur la patate, mon pote Charly, ça se sent ! Mais comme tu sais causer, tu ne lui dis pas "j'espère que tu vas crever la gueule ouverte"! Non! tu préfères dire : "Et pourtant vous serez semblable à cette ordure, A cette horrible infection" en parlant d'un chien crevé que tu as croisé sur la route il y a longtemps en te promenant à mobylette avec elle. Euh... non ! y avait pas de mobylette à l'époque...! à cheval alors...!
Ca veut dire la même chose, remarque, mais moi je trouve ça plus classe quand même ! Surtout que pour lui montrer que tu n'es pas fâché, que tu resté gentleman, tu ajoutes tout de suite après "Étoile de mes yeux, soleil de ma nature, Vous, mon ange et ma passion!" Franchement, ça a quand même plus de gueule que " toi, ma meuf que je kiffe grave" !
On ne peut pas, on ne pourra jamais dire à une femme mieux que ça, plus beau que ça : "étoile de mes yeux, soleil de ma nature, vous, mon ange et ma passion"... Je sais en lisant cela que tu as vraiment aimé cette meuf, Charly, car quand on aime un femme, elle est exactement tout cela à la fois : une étoile qui brille dans tes yeux, un soleil qui te réchauffe le corps, un ange descendu du ciel juste pour toi, une passion dévorante qui donne un sens à ta vie...
"Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine Qui vous mangera de baisers," Quand la petite garce m'a quitté, j'ai eu envie de lui dire la même chose : "Hé, ma belle! dis à la vermine qui te saute que ..." Mais non, trop vulgaire ! Si j'avais lu ton poème à l'époque, je lui aurait dis cela avec la classe , ça m'aurait fait du bien : " dis à la vermine qui te bouffera la chatte que.." non! non! qu'est ce que je raconte là ? c'est pas la même chose du tout ! je lui aurais dit texto comme toi, Charly "Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine Qui vous mangera de baisers..."
..."Que j'ai gardé la forme et l'essence divine De mes amours décomposées !"
Dis lui ça, oui! ou ne lui dis rien, je m'en fous, je n'ai rien à cacher, rien à prouver! La forme et l'essence divine de mes amours décomposées, je les garde toujours sur moi, précieusement.
C'est ma rancœur et ma richesse.
C'est mon chagrin et ma vie, belle comme un ciel d'orage.
C'est ma tristesse et tous ces moments d'éternité où j'ai conscience de faire partie de la longue lignée des hommes qui, depuis la nuit des temps, ont jeté un regard attendri et protecteur sur une femme endormie.
La longue lignée des hommes qui ont aimé une femme et une seule.
La longue lignée des hommes qui n'ont pas été aimé en retour.
Moi seul peux comprendre ce que tu ressentais en écrivant cela, Charly! Dommage que tu sois mort ! On aurait pu être potes tous les deux !
/image%2F0651531%2F20260604%2Fob_df9a6e_capture-d-ecran-2026-06-04-113910.jpg)
/image%2F0651531%2F20260125%2Fob_8f66b6_screenshot-20260125-183601-1.png)