fiasco : nom masculin (de l'italien fiasco) : échec sexuel masculin.
mars 2011
Ce soir, sortie avec Katie. Elle m’a appelé ce matin pour accepter une invitation que je lui ai faite... il y a quinze jours ! Deux semaines de réflexion pour accepter une simple invitation à dîner !
Je passe la matinée à me poser des questions. Peut-être qu'elle n'est pas aussi libre qu'elle le dit... Et pourquoi ce ton sérieux ? si ça se trouve, c'est juste pour se moquer de moi au téléphone avec ses collègues ... Ca me met mal à l’aise d’avancer comme ça, à l’aveuglette ! Je vais me faire accompagner de mon ange gardien, la petite Mélusine, on ne sait jamais ! (Je suis là, Carlus)
Je la rappelle en fin de matinée pour en avoir le cœur net. Elle m’explique qu’après son divorce, elle a eu une grande aventure avec un homme dont elle était très amoureuse mais qu’elle s’est prise "une grande claque dans la gueule" et s’est juré de ne plus jamais souffrir. Mais qu’après avoir mûrement réfléchi à ma proposition, elle est arrivée à la conclusion que "ça ne sert à rien d’avoir peur de souffrir".
J’hésite… C’est plausible comme explication, ça, Mélusine ? (Mais je n’en sais rien, Carlus ! Je suis dans ta tête, pas dans la sienne)
Elle précise devant mon silence que si j’ai changé d’avis, elle comprendrait ! Qu’auriez vous fait à ma place ? Après une seconde de réflexion (essentiellement consacrée à chercher une réponse pleine d’humour), je réponds " non, non je n’ai pas changé d’avis ! ok pour ce soir !"
Elle m’appelle vers 18 heures aujourd’hui pour confirmer notre rendez-vous et m’informer que ses enfants sont chez leur père et qu’on a donc toute la nuit pour nous. C’est une excellente nouvelle mais ça augmente mon malaise, malgré tout. Je n’aime pas être mis comme ça devant le fait accompli, être obligé de faire l’amour. J’aime bien surmonter les réticences ou la timidité d’une femme, c’est cela qui me fait bander (Surveille ton langage, Carlus !). J’aime les prudes, les hésitantes, celles qui croient (où font semblant de croire) que la soirée est censée se terminer après le dessert. Mais bon, si j’en crois ce qu’elle m’a dit d’elle, ça fait au moins "deux ans qu’on ne l’a pas touché" et je décide de considérer cela comme l’impatience d'une (quasi) vierge. (On ne se moque pas des femmes, Carlus, ce n’est pas tendance en ce moment… !)
A l’heure prévue, on se rencontre dans un petit resto sympa, pas très loin de chez moi. L'ambiance est un peu tendue. J’essaie d'être drôle, je plaisante sur le menu, je lui pose des questions sur ses enfants. Elle me répond en me parlant de sa santé. Elle m’apprend qu’elle a une sciatique chronique, causée par ses grossesses, qui l’empêche de se courber -adieu donc la levrette- (Ah non, ne sois pas grossier Carlus, ça n’apporte rien au récit !) . Elle ajoute aussi, en me montrant des petites taches brunes sur les bras, qu'elle a des mélanomes pour s’être trop exposée au soleil dans son enfance . Elle me prévient enfin qu’elle n’est pas libre le week-end, à cause de ses enfants -qui ont pourtant 18 et 20 ans-. Elle conclut tout cela en me disant qu’elle préfère tout me dire pour que je sache exactement à quoi m’en tenir.
Je suis tenté de lui répondre que moi, de mon côté, je n’ai pas fait l’amour depuis plus de six mois et que cela relativise largement tous ces menus problèmes (arrête, Carlus ! ça fait peut-être rire les mecs mais tes lectrices finiront par te prendre pour un grossier personnage, c’est ce que tu cherches ?) mais je me retiens et lui dis que de mon côté j’ai fait un peu d’asthme dans l’enfance et qu’aujourd’hui je fais un peu d’hypertension, ce qui, ajouté au tabac, fait de moi un candidat sérieux à l’infarctus.
Les présentations médicales étant faites et le repas terminé, nous nous rendons chez moi, direction : ma chambre. Baisers, caresses, bisous dans le cou… Katie est assez bien foutue pour son âge : 45 ans, comme moi ! encore que… j’ai un doute pour elle… ! (pour elle seulement, Carlus ?…. Carlus ?) oui, ok, j’ai un doute sur mon âge aussi, passons ! Bien foutue donc, et plutôt réservée, ce qui me met dans d’excellentes dispositions. Mais, très vite, je m’aperçois que ce que je prenais pour de la réserve est en fait le désir froid et déterminé de prendre le contrôle des événements. Malgré mon insistance, elle refuse de se laisser déshabiller par moi et veut le faire toute seule.
Bon ! je décide de tirer avantage de la situation qui m’est imposée et je vais m'asseoir sur le bord du lit pour mieux jouer au voyeur. Ca n’a pas l’air de la déranger mais, une fois qu'elle a terminé, elle se tourne vers moi et me dit sur un ton détaché, comme si elle s’adressait à un gamin timide : "mais qu'est-ce-que tu attends ? enlève tes vêtements !"
AH NON ! Là je suis complètement bloqué, il ne faut pas qu’une femme me parle comme ça, MERDE ! (Calme-toi, calme-toi, Carlus, c’est ton côté macho à la con ! Tu n’avais pas promis de lutter contre cela ?)
Bon, bon bon ! J’essaie quand même de prendre sur moi et de faire abstraction de cette entrée en matière un peu mal barrée, mais la suite est à l’avenant :… "NON, ne touche pas mon nombril, j’aime pas ça !… Va baisser le chauffage, il fait trop chaud !…. ARRÊTE, pas là, ça me chatouille… ! Attends, remonte un peu, tu bloques mon bras… Arrête, tu me chatouilles…" Bref, tout ce qu’il faut pour ramener mon désir, (c’est-à-dire mon érection, n’ayons pas peur des mots) à pas grand-chose, si vous voyez ce que je veux dire !
Inutile de préciser qu’elle non plus ne mouille pas ! Et pour cause, je n’ai fait que la chatouiller depuis tout à l’heure ! Et, alors que je suis en train de rechercher désespérément quelle partie de son corps je vais bien pouvoir caresser sans la chatouiller, elle me prend la queue à pleine main, non pas pour une caresse, mais pour jauger mon érection !!! Une palpation quasi médicale, sans gêne et sans émotion particulière ! Elle se tourne alors vers moi et me demande, l’air un peu étonné :" y a un problème ? t’as pas envie de moi ?"
La réponse qui me vint spontanément à l’esprit fut :"écoute bien ce que je vais te dire, Katie, … (Carlus, tu es énervé ! si tu ne maîtrises pas ton langage, je te promets que tu n’auras jamais plus d’érection, et je m’en assurerai personnellement, crois-moi !) euh… ma réponse interne fut donc en substance : Ad impossibilia nemo tenetur (à l’impossible nul n’est tenu).
Mais pour que cette réponse arrive au périphérique du langage, quelques préalables s'avéraient nécessaires : tout d’abord, me libérer de son étreinte pour mettre fin à l’examen clinique quelque peu humiliant dont je faisais l’objet, ensuite retrouver par des exercices de respiration appropriés une tension artérielle convenable et enfin, une fois ma capacité de raisonnement et ma courtoisie naturelle retrouvées (c’est beaucoup grâce à moi, Carlus, il faut le souligner ! Si je te laissais aller à ton penchant naturel…), lui trouver des circonstances atténuantes pour diminuer mon ressentiment et ma gêne : "Elle est encore amoureuse de son ex, n’a pas eu de relations sexuelles depuis deux ans et voulait seulement se rassurer sur sa capacité à faire bander un mec rien qu’en se déshabillant, c’est tout ! Elle n’avait pas vraiment envie de baiser avec moi" (Ce sont des excuses pour elle ou pour toi, ça, Carlus ?) Voilà, je crois que c’est ça… Non, franchement, je ne crois pas avoir la responsabilité principale dans ce fiasco. (Carlus, je crois que tes états d’âme concernant ton absence d'érection n’intéressent pas grand monde… Tu finis ton histoire ?)
La réponse finale fut donc : "non, c’est pas ça, j’ai très envie de toi mais j’ai dû abuser du Mouton Cadet ! Toi aussi, on dirait, non ? On fait un petit somme et après on reprend les choses où on les a laissées ?"
Sa réponse fut sèche
- Non, je dois rentrer chez moi !
- Ok , il est tard, je te raccompagne (Oui, mais ce sera sans moi, les amoureux ! Ciao Ciao !)