De l’inconvénient d'être trop précis en politique
“Gouverner, c’est prévoir. Quand on n’est pas capable de prévoir et qu’on dépense l’argent des contribuables sans raison, car là en l’occurrence, on parle de près de 2 milliards d’euros. Il faut que les Français sachent qu’au-delà du milliard dépensé pour ces doses [de vaccin], il y a aussi tout le reste: les stocks de Tamiflu qui se périment vite, les masques, les campagnes de communication extrêmement chères”, déclarait Marine Le Pen en 2010 au micro de RFI.
"Mais quelle connerie, p'tain !" doit se dire Marine chaque jour en se cognant la tête contre les murs. "Pourquoi j'ai parlé de vaccins et de masques à l'époque, putain ? A quoi ça sert d'être aussi précis, merde ? J'aurai pu rester dans les généralités, reprocher à cette grosse vache de Bachelot d'être grosse, d'être conne, d'être salope ! Aujourd'hui , tout le monde aurait oublié !
Mais qu'est-ce que je fais au lieu de ça ? je lui reproche d'avoir commandé TROP DE VACCINS !!! Et j'ajoute (mais quelle conne je suis, quelle conne, putain !) j'ajoute aussi "TROP DE MASQUES" !
Et ça bien sûr , tout le monde s'en souvient ! Personne n'a oublié ! Ah ça, quand il s'agit de me faire chier, quand il s'agit de m'emmerder, y a du monde, y a foule, ça se bouscule au portillon !
Et puis, en plus, je commence mon speetch, en parlant de PREVOIR ! Gouverner, c'est prévoir que je dis ! Comment j'aurais pu prévoir que dix ans après, la bonne critique à faire au gouvernement aurait été de n'avoir PAS commandé assez de masques et de médicaments ?
De quoi j'ai l'air à présent ? Comment je vais expliquer cela maintenant ? Comment je vais leur expliquer qu'à l'époque il fallait prévoir de ne PAS ACHETER des masques, et qu'aujourd'hui il fallait prévoir d'ACHETER des masques ? Autant dire carrément "je suis une conne démagogique qui dit NOIR ou BLANC selon le sens du vent" !
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