Insoumis... au bon sens ?
Aujourd'hui, même les discussions avec des amis ou avec mes enfants m'énervent. Nous sommes dans l'ère du mélenchonisme triomphant. Il perd les élections mais ses convictions imbéciles gagnent la société tout entière.
Je tente alors de faire un point écrit sur des points qui paraissent évidents à certains de mes amis mais qui me hérissent.
Histoire de vérifier que ce n'est pas par simple esprit de contradiction que je suis contre (comme on me le reproche souvent)
On peut NE PAS rembourser une dette souvenraine
Bien sûr qu'on peut ne pas rembourser une dette, souveraine ou privée, si on est vraiment insolvable ou... de mauvaise foi. Les exemples historiques ne manquent pas et les commissions de surendettement décident tous les jours d'effacer les dettes de braves gens qui ne peuvent objectivement plus les rembourser.
Mais, Etat souverain ou simple quidam, cette décision a une contrepartie : une fois votre dette effacée, vous ne pouvez plus, bien sûr, contracter immédiatement un nouvel emprunt. Ca paraît normal et de simple bon sens. Oui, mais pas toujours pour les intéressés. C'est une décision qui énerve certains surendettés compulsifs. La joie d'apprendre que leur dette a été effacée par la commission ne dure que quelques secondes. En apprenant qu'ils ne pourront pas contracter de prêt pendant cinq ou dix ans, ils crient au scandale !
C'est certainement ce qui a poussé la Grèce de Tsipras à accepter les conditions qui lui ont été imposées par l'Europe. Si le pays avait, comme le suggérait le ministre des finances d'alors, décider d'effacer unilatéralement la dette, elle n'aurait pas eu la possibilité de contracter de nouveaux emprunts pendant longtemps et aurait donc été obligée d'équilibrer ses comptes. Or équilibrer les comptes aurait consisté à diminuer de façon drastique la dépense publique et augmenter fortement les impôts. Exactement ce que le FMI et l'Union Européenne préconisaient pour continuer à l'aider ! Avec comme avantage de rester dans le concert des grandes nations.
On peut éradiquer la fraude fiscale
Bien sûr qu'il faut lutter contre la fraude fiscale. Et tous les gouvernements le font, d'ailleurs. Mais considérer que la fraude fiscale représente un montant bien identifié et dont les mécanismes et les bénéficiaires sont connus et qu'il suffirait d'une loi pour la faire disparaître est aussi con que de dire qu'on connaît avec précision le montant des arnaques à l'assurance, ou le nombre et les noms de gens ne respectant pas le Code de la route et qu'une loi pourrait régler d'un seul coup ces problèmes. On peut progresser dans la lutte contre ses fléaux, mais pas les éradiquer en trois coups de cuillère à pot!
D'ailleurs, il y a un indice qui montre que la promesse n'est faite que par des démogos stupides : c'est quand le montant de la fraude fiscale est estimé pile-poil au montant nécessaire pour équilibrer leurs programmes largement déficitaires.
Il faut taxer les Gafa
Bien sûr qu'il faut taxer les GAFA. Mais il faudrait surtout avoir nos propres GAFA français ou, au moins, européens. Or en France dès qu'une entreprise atteint une taille internationale, elle devient l'ennemi à abattre, l'entité avec laquelle il ne faut pas se montrer (Hidalgo avec Total, par exemple).
Lorsqu'on propose de vendre des boutiques de souvenirs pour financer l'économie numérique ( bon, si la promesse sera tenue ou non, est un autre problème) les démagos passéistes s'opposent de toute leur force au "bradage de notre patrimoine".
L'idéal serait donc de laisser les Américains (et demain les Chinois) maîtres de tous les outils numériques que nous utilisons au quotidien et se contenter seulement de les taxer (et qui plus est au moyen de lois fiscales d'exception) ?
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