Les injustices de l'Histoire
La Palice, s'il n'était pas mort...
Jacques de Chabannes seigneur de La Palice, maréchal de François Ier, n'a jamais été l'auteur d'une lapalissade.
C'est un de ses soldats qui, pour rendre hommage à son courage et à son panache sur le champ de bataille où il trouva la mort, composa une chanson un peu niaise dont le refrain était "s'il n'était pas mort, il ferait encore envie".
Un chansonnier, pour se moquer des soldats, caricatura les paroles en "hélas, s'il n'était pas mort, il serait encore en vie". La formule connut un vif succès associant ainsi définitivement, dans notre imaginaire collectif, le nom d'un vaillant maréchal de France, qui n'en demandait pas tant, à des propos de nigaud attardé.
Onan soit qui mal y pense
L'onanisme désigne, comme on le sait, la masturbation et vient d'Onan personnage biblique. Onan était le frère cadet de Er. Ce dernier mourut sans avoir eu le temps d'assurer sa descendance. La coutume en vigueur à l'époque voulait que, dans une telle situation, le frère cadet (Onan, donc) épouse la femme de son frère et lui fasse un enfant qui serait considéré comme le fils de son défunt frère.
Refusant l'idée de faire un bébé dont il ne serait que l'oncle et le beau-père, Onan pratiqua avec son ex belle-soeur devenue son épouse le coïtus interruptus, premier et seul moyen connu de contraception à l'époque.
Mais voilà ! Yahvé ne faisant pas de différence fondamentale entre le coït interrompu et la masturbation, les deux pratiques consistant à "laisser la semence se perdre dans la terre", le condamna à mort et son nom fut associé pour les siècles des siècles à la masturbation.
Juda s'est fait baiser
Le nom de Juda est définitivement associé à la trahison la plus abjecte. Or si l'on se souvient que Dieu le père a, dans son infinie bonté, envoyé son fils racheter les péchés du monde avec un scénario prédéfini et réglé dans le moindre détail, le rôle de Judas était absolument nécessaire pour arriver à la sublime scène finale.
On devrait donc lui manifester au minimum la même considération que celle accordée à tous les autres acteurs de ce péplum. Plus encore même car c'était le rôle le plus difficile à tenir et en conséquence le plus digne de respect.
Heureux qui comme Ulysse ?
Après la guerre de Troie, qui a duré environ dix ans, Ulysse n'avait qu'une idée : retourner chez lui pour régner sur le minuscule royaume d'Ithaque, faire l'amour deux fois par semaine à sa fidèle Pénélope et éduquer son fils Télémaque pour qu'il prenne sa succession le moment venu !
C'est la fatalité, la colère des dieux, la jalousie des femmes, la bêtise de ses hommes qui ont fait durer encore dix ans le retour dans son île. Pendant tout ce temps, il n'a cessé de pleurer, de regretter, de supplier les dieux, de faire des pieds et des mains pour retourner chez lui ! Il n'a jamais été heureux de voyager, cet homme ! C'était au fond un casanier qui n'aspirait qu'à une petite vie tranquille !
Et il serait le premier surpris de savoir que son nom est resté dans l'histoire comme celui d'un type heureux de voyager !
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