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Premier baiser

Publié le par Carlus

Préambule
En visitant un blog de libertine, un détail me frappe. En faisant la longue liste de ses ex, notre libertine précise qu’avec certains des mecs qui figurent sur la liste, elle n’a pas eu de relations sexuelles !
S’il y a un truc qui distingue les femmes des hommes, c’est bien cela : les femmes intègrent dans leurs vies amoureuses des hommes avec qui il ne s’est rien passé de sexuel ! Quand elles racontent leurs vies amoureuses, elles commencent souvent par le premier baiser, le premier flirt, un type sur lequel elles ont fantasmé… ! Pour nous, les mecs, notre vie amoureuse commence avec le sexe ! Avant ce sont des amourettes insignifiantes. Après, si on n’a pas couché, on oublie ! 

Par association d’idées, mon premier baiser m’est venu à l’esprit ! En fait, mon deuxième. Le premier était un baiser furtif, une "grande" de deux ans plus âgée que moi et que je connaissais à peine, m’ayant, je ne sais plus dans quelles circonstances, enfoncé la langue dans la bouche. Elle a dû du vouloir s’entraîner sur un petit avant d’aller embrasser un grand. Je n’ai pas aimé, j’ai eu l’impression d’avoir un morceau de viande crue dans la bouche. Oublions donc.

Introduction
La partenaire du vrai premier baiser s’appelait Christine. On faisait partie d’une petite bande de bons élèves au collège et elle était éprise de moi. Bon, je ne sais pas si on dit "éprise" à 14 ans ! Disons, qu’elle m’avait déjà fait savoir à plusieurs reprises qu’elle me trouvait beau et que tout le monde au collège savait qu’elle était amoureuse de moi. Moi, malgré la fierté naturelle qu’a un garçon de savoir qu’il plaît à une fille, elle ne m’intéressait pas trop. D’une part, parce qu’elle était très surveillée par ses parents qui la déposaient devant le collège une minute avant la sonnerie et l’attendait à la sortie. Et d’autre part, parce qu’elle n’était pas spécialement jolie. Aujourd’hui encore quand je pense à elle, c’est l’image d’Olive, la fiancée de Popeye, qui me vient à l’esprit. Même silhouette, même coiffure, la jupe trop grande qui lui arrivait à mi-mollet.

Le décor
Un jour nous nous sommes retrouvés dans la kermesse d’une oeuvre catholique. Elle était avec sa petite soeur de 12 ans et deux cousines de 13-14 ans comme elle. Leurs parents étaient occupés dans les stands et elles étaient seules mais en contrepartie, elles avaient l’obligation absolue de rester ensemble toutes les quatre. Elle a tout pris en main, la Christine, du haut de ses 14 ans ! Elle est venue me saluer, m’a séparé de mes copains, m’a tenu la conversation sans discontinuer pendant une heure et m’a demandé de raccompagner son petit groupe chez elle au moment où la nuit commençait à tomber.

Ca va se faire, les gars
Sur le trajet, elle m’a pris la main, regardant droit devant elle, totalement indifférente aux ricanements de ses cousines et de sa soeur qui nous suivaient 10 mètres plus loin. Je me suis laissé faire. Un peu plus loin, elle s’est arrêtée dans le renfoncement d’une entrée de magasin et a pris mes deux mains dans les siennes pour que je sois en face d’elle. Quand ses cousines sont arrivées à notre niveau, elle leur a demandé de continuer et de l’attendre devant la pharmacie située deux rues plus loin. La petite soeur n’était pas d’accord pour transgresser l’interdiction parentale de rester ensemble, mais elle a fini par suivre les cousines qui s’éloignaient.

L’heure H
Voilà, j’allais avoir mon premier baiser ! Tranquille, zen, avec une fille qui me regardait avec des yeux de groupie admirative ! Vous savez, nous les garçons, nous sommes toujours inquiets devant les choses de l’amour et du sexe ! Comme c’est à nous qu’il revient de tout faire, on a toujours un peu peur de ne pas être à la hauteur, de dévoiler notre inexpérience, de se prendre un râteau, d’être l’objet de la risée générale le lendemain ! D’autant plus que les filles sont moqueuses et cruelles, en général ! Là, rien de tout cela ! Je savais déjà avant, et encore plus à la façon dont elle avait pris les choses en main, qu’elle était totalement conquise ! Elle n’avait pas pris le premier garçon qui passait par là pour tester ses baisers, elle n’avait pas déclenché un Plan B après s’être fait larguer par un autre, non ! Je savais que j’étais son plan A, son préféré de tous les garçons du collège, le garçon à qui elle pensait quand les filles se demandaient les unes aux autres "avec lequel tu aimerais sortir ?"…

Yepp ! C’est fait, les copains !
Une gamelle d’enfer, je lui ai roulé, les gars ! Ouais, hier soir ! Non, je ne peux pas dire qui, ça se fait pas ! Un indice ? Euuhhh… la présidente de mon fan-club, hihihi ! Vous voyez qui c’est ? Mais vous ne le dites pas aux autres, Ok ? Gentlemen, les gars… !
Ah oui, un vrai baiser ! Avec la langue et tout et tout…
Non, je ne lui ai pas touché le minou… ! On était en pleine rue, bande de nazes ! On est gentleman où on ne l’est pas, les gars !
Les nénés oui, j’ai un peu caressé, mais elle était pendue à mon cou et son corps était collé au mien, pas facile dans cette position…
Oh, ça a duré… je dirais… 20/25 minutes ! Ah oui non-stop, en apnée ! Ah j’ai assuré sur ce coup-là, je vous le dis !
Non, je lui ai pas mis la main dans la culotte, Ducon ! Je te l’ai déjà dit : ça s’est fait dans la rue, avec des gens qui passaient et qui nous regardaient ! T’es con ou quoi ?

Conclusion
Compte tenu de la surveillance stricte de ses parents, nous n’avons pas eu l’occasion d’échanger d’autres baisers. Non, non, en ce temps-là, on n’invitait pas les filles dans les chiottes pour les embrasser et on ne s’embrassait pas non plus dans la cour du collège ! Je suis seulement resté, jusqu’à la fin de l’année scolaire, son amoureux secret ! Celui à qui elle venait chuchoter "je crois que ma copine Estelle se doute de quelque chose" ! Heureusement qu’elle ne m’a pas demandé si mes copains "se doutaient de quelque chose", j’aurais été obligé de mentir !

Epilogue
Et voyez-vous, pendant que je raconte cela, plusieurs décennies plus tard, je suis pris de nostalgie. Je regrette le temps de l’innocence, le temps des confidences, le temps des baisers furtifs, des déclarations d'amour par copines interposées, la douceur des premiers baisers et les nuits à rêver des dessous des filles.

Enfin… je pense ça aujourd’hui ! Demain je penserai que tout ça, ce sont des gamineries !

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