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Putain de prostate

Publié le par Carlus

 

Jusqu'à hier, je pensais que le cancer de la prostate était un cancer comme les autres, je veux dire par là, le genre de maladie sur laquelle on n'a aucune prise, où les médecins décident de tout, où l'on n'a rien d'autre à faire qu'espérer que ça se passe le moins mal possible. 

L'écrivain Tahar Ben Jelloun dans un livre intitulé "L’Ablation" semble dire que ce n'est pas vraiment le cas. Que les personnes atteintes de ce cancer ont un choix terrible à faire. Selon le très bref résumé qu'en fait rue 89 le problème se pose ainsi : 

- ou une ablation totale (prostatectomie), "dont les effets secondaires les plus lourds sont l’incontinence et l’impuissance." (Ben Jelloun parle de la honte. L’achat de couches, l’odeur d’urine, les piqûres dans le pénis, l’impuissance, la panique.) 

- ou la chimiothérapie, avec le risque de métastase "François Mitterrand a eu le choix entre l’ablation et le traitement. Il a choisi le traitement. Il disait : “J’ai envie de continuer à faire l’amour.” Son cancer s’est métastasé, il a beaucoup souffert."

 

Putain de merde, il y a donc des mecs qui se trouvent devant un choix de ce genre :  on peut te guérir définitivement de ce cancer, mais tu seras impuissant et incontinent, tu porteras des couches absorbantes pour le reste de ta vie, tu ne pourras jamais plus faire l'amour à une femme. 

Ou alors...  ou alors si tu préfères, tu me dis "mon cher Julien, c'est moi qui décide dans cette affaire, c'est moi qui suis le maître du jeu, alors votre prostatectomie, je n'en veux pas, et je choisis le traitement chimiothérapique qui va durer des années, qui va provoquer des nausées et des malaises insupportables, sans jamais me garantir que des métastases n'envahiront pas mon corps pour le pourrir de l'intérieur, MAIS… mais qui me permettra de baiser ma femme entre deux séances de chimio ! 

Encore que… dans ce dernier cas, c'est à voir ! Je ne sais pas si mon moral me le permettrait ! Car sauf si on s'appelle Mitterrand ou DSK,  je ne suis pas certain qu'en cours de chimiothérapie on soit particulièrement préoccupé par le sexe.

Mais bon, là je suis de mauvaise foi, car on sait ce que ça veut dire : tout homme veut rester CAPABLE de faire l'amour à une femme, même si, dans les faits, il ne le fait pas, pour diverses raisons.

 

Enfin bref, faisant partie de la grande communauté des hommes de plus de cinquante ans et de ce fait particulièrement exposé au risque de cancer de la prostate comme Franz-Olivier Giesbert, comme François Mitterrand, comme Tahar Ben Jelloun, je prie ardemment le ciel de ne jamais me soumettre un choix aussi horrible.

S'il décide de m'envoyer cette terrible maladie, qu'il m'accorde au moins la grâce de ne pouvoir rien y faire, la chance de pouvoir remettre humblement ma santé et ma vie entre les mains du médecin, la faveur de mourir paisiblement sans avoir à me demander si mon choix était le bon. 

 

 

Commenter cet article
O
Pallier... avec de la tendresse ? Mon Dieu, quelle horreur ! 
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S
Si j'en crois les personnes que je connais et qui ont été guéries de ce cancer (pris à temps) par opération, l'incontinence est rare. L'impuissance par contre....Mais bon, on peut pallier, non ?  
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O
Je me demande si un bon pile ou face ne serait pas la meilleure option ! :-) 
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D
Difficile de faire un commentaire pour un médecin. Sachez pour vous consoler (un peu) de vos peurs que c'est encore plus difficile pour un médecin quand il s'agit de lui ou de ses proches.
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