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Radieuse nostalgie

Publié le par Carlus

C'était l'époque où les hommes portaient encore des chapeaux. Pour eux, ce n'était absolument pas pour des raisons esthétiques ni pour faire comme tout le monde. Non, c'était parce que... parce que c'était absolument nécessaire ! Aujourd'hui, personne n'en porte plus et personne n'en est mort.

C'était l'époque ou les femmes n'envisageaient pas de mettre une jupe sans un jupon dessous. Ou de mettre une robe sans une "combinaison" (on dit aujourd'hui Fond de robe). Pourtant les jupes en ce temps-là n'étaient pas transparentes. Mais c'était, expliquait ma mère à ses nièces, parce que la jupe, dans certaines conditions de luminosité, pouvait "laisser voir les formes".   Aujourd'hui personne n'en porte plus. Et tant pis si on voit les formes !

C'était l'époque ou les gens dansaient en couple plus ou moins enlacé. A table, tout le monde était gai et  riait  en se parlant.  Les hommes invitaient les femmes à danser avec un large sourire. Les femmes acceptaient d'un geste de la tête et se levaient en souriant. Mais arrivés sur la piste de danse, ils prenaient tous un air sérieux et grave, les yeux baissés ou le regard dans le vide comme s'ils se livraient à une tâche un peu ennuyeuse.

C'était l'époque où les gens dansaient sur la musique d'un orchestre. Parfois, mon père me donnait un billet à remettre au chanteur  pour lui demander de jouer "La dernière danse pour moi".  Dès que le morceau commençait, ma mère et lui s'échangeaient un sourire complice et se rendaient sur la piste de danse. Ce morceau représentait  certainement quelque chose pour eux, mais je ne saurai jamais quoi. Peut-être s'étaient-ils connus sur cette chanson de Dalida, peut-être avaient-ils connu cette situation où mon père avait joué le joli coeur avec une autre dans une soirée mais était retourné vers elle en fin de soirée . Je ne le saurai jamais.

 

C'était l'époque où les filles "réservaient" des danses à des cavaliers. Un jour, mon oncle Jo, le plus gentil des tontons, en pleine discussion avec moi, interrompt brutalement la conversation, me dépose par terre et me dit "excuse-moi, je reviens". Surpris, un peu inquiet même, je le suis du regard. L'orchestre vient de commencer "Sur ton visage une larme". Il se précipite sur la piste, semble chercher avec fébrilité quelqu'un de bien précis, finit par la trouver et l'invite à danser. Elle deviendra Tante Arlette l'année suivante. 

 

C'était le temps de mon enfance. Une enfance heureuse. 

 

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O
Oui oui je sais ! Mais j'y peux rien, c'était le bon vieux temps ! :-)
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S
C'est pas bon signe, ça, Carlus ! Tu vieillis.... Oui, bon, moi aussi ! Lol !
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O
La formule est très belle. Et très juste. La mémoire est un filtre très puissant.
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D
Le passé est toujours souriant, mais après sélection.
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