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Fake news : Jules César homosexuel ?

Publié le par Carlus


On croit souvent que la fake news est née récemment. Que les "révélations" sur l'homosexualité de Macron ou sur le changement transgenre de sa femme sont des créations de notre siècle et de ses réseaux sociaux. Il n'en est rien !

Les quolibets que le grand Jules César a dû supporter toute sa vie illustrent que la fake new crapuleuse inventée pour discréditer un ennemi politique existe depuis fort longtemps.

On peut résumer la chose ainsi : à la base, Jules César, comme tous les conquérants débordant de testostérone, est un homme à femmes. En plus de ses quatre mariages, de son histoire avec Cléopâtre et de sa liaison avec Servilia, la mère de Brutus, on lui connaît de nombreuses conquêtes féminines. D’ailleurs quand il rentrait à Rome après une campagne militaire, les Romains annonçaient son retour avec humour de la façon suivante :
"Romains, surveillez vos épouses, le chauve adultère est de retour"

Mais une autre particularité sexuelle était mise en avant par ses ennemis : celle d'une prétendue homosexualité, qui a pour origine l’histoire suivante :
En 80 av. J.C., le jeune et ambitieux Caius Julius Caesar est envoyé, avec le titre d’ambassadeur, en Bithynie (en Turquie actuelle) pour convaincre le roi Nicomède IV d’aider l’armée romaine à assiéger l’île de Lesbos. Il se trouve que ce Nicomède avait la réputation d’être un homme qui aimait les hommes.
La rumeur raconte que César a mis trop longtemps à convaincre le roi, qu’on l'a vu très souvent en sa compagnie privée et surtout qu’on l’aurait vu en train de verser lui-même du vin dans la coupe de Nicomède, ce qui était un signe de soumission féminine. Il n’en fallait pas plus pour que certains affirment que Jules César avait eu une relation homosexuelle avec le roi Nicomède. Et qui plus est, humiliation suprême,  dans la position passive.

Jamais avéré, ce soupçon d'homosexualité suivit César toute sa vie et fut la source d'innombrables plaisanteries et attaques politiques en dessous de la ceinture. Parmi les quolibets et les surnoms qu'on lui attribuait, il y a :
- Planche de la litière royale
- Reine de Bithynie
- Étable de Nicomède
- Rivale de la reine
- César a vaincu les Gaulois, Nicomède a vaincu César
- César, le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris

Même ses soldats chantaient régulièrement des chansons satiriques et grivoises sur ce sujet.

 

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Revue de réseaux sociaux

Publié le par Carlus

Un pour tous, tous Poutine.

Revue de réseaux sociaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Riez pour nous, beaux vrais pécheurs

Revue de réseaux sociaux

 

 

 

 

 

 

 

 


Poutine a même réussi à dépasser  la vitesse de la lumière. C'est dire s'il est puissant !

 

Revue de réseaux sociaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  


Une condition du traité de paix : l'Ukraine devra adopter le principe de la  présidence à vie, pour se conformer au modèle de ses voisins russe et bélarusse.

Revue de réseaux sociaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Une étude auprès de 30.000 élèves semblent indiquer que le racisme systémique ET le sexisme disparaissent quand on apprend ses leçons et quand on fait ses devoirs. 

Revue de réseaux sociaux

 

 

 

 

 


 

 

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Le temps a laissé son manteau en Ukraine

Publié le par Carlus

Version ukrainienne 

 

Poutine a lancé son armée
De chars et missiles par milliers,
Et s'est rendu à la télé,
Pour dire qu'il était menacé .

Il n'y a presse ni partis
A la douma, au KGB
Qui en Russie ne chante ou crie :
Vive Poutine et sa grande armée !

Femmes et enfants terrorisés
Sous la mitraille et sous la pluie
Sont bien les ennemis contre qui
Poutine a lancé son armée

 


 

Version russe 

Poutine à l'assaut s'est lancé
Avec sa redoutable armée
D'un méchant pays à côté
Qu'il souhaiterait annexer

Les généraux, le KGB
Lui avaient tous en chœur juré
Ce qu'il avait lui-même prédit :
Qu'en un weekend ce serait fini !

Après dix mille soldats tués
Dont cinq généraux très gradés
Il se demande parfois la nuit
Si ceux dont il s'est entouré
Ne sont pas aussi sots que lui.

 


 

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Epitaphe de Jean de la Fontaine

Publié le par Carlus

Epitaphe de Jean de la Fontaine
Faite par lui-même

Épitaphe d'un paresseux

Jean s'en alla comme il était venu,
Mangea le fonds avec le revenu,
Tint les trésors chose peu nécessaire.

Quant à son temps, bien le sut dépenser :
Deux parts il en fit, dont il voulait passer
L'une à dormir et l'autre à ne rien faire

Jean de la Fontaine


Cet art de vivre me convient assez bien mais sous les deux réserves suivantes :

- Dune part, je tiens qu’un minimum de trésors (aujourd’hui, on dirait Epargne) est chose nécessaire. Car si un jour je me retrouvais désargenté et dans le dénuement, je doute que je puisse trouver des Madame de Montespan et des Marguerite de La Sablière pour m’héberger et m’assurer une rente.  En effet, malgré l’excellente qualité de ce blog, aucune proposition de ce genre ne m’est parvenue à ce jour.

- Et d’autre part, si passer du temps à ne rien faire me convient assez bien (à condition toutefois que "ne rien faire" signifie seulement "ne rien faire de pénible et d’obligatoire" car l'inaction totale m'est pénible), passer du temps à dormir, par contre me plaît beaucoup moins. Car le sommeil, s'il est nécessaire pour le bon fonctionnement de l’organisme et notamment du cerveau, me semble être du temps perdu pour la vraie vie qui est la vie consciente et active, la seule qui mérite d'être vécue.


 Post Scriptum de la rédaction

- Mais, dis-moi, Carlus, t'es pas du tout d'accord avec lui , en fait !

- Oui c'est vrai. Mais c'est Jean de la Fontaine ! Je ne peux quand même pas lui dire "arrête tes conneries, Jeannot" !

 


 

 

 

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Paint it black

Publié le par Carlus

Paint it black des Rolling Stones parlait de dépression. Le film Full Metal Jacket l'a définitivement associé à la guerre du Viêt-Nam.

Une guerre qui, comme en Ukraine aujourd'hui, consistait,  avant d'envoyer la troupe sur le terrain, à bombarder tout ce qui bougeait.  Entre 1965 et 1973, l’armée américaine a largué sur le Vietnam deux fois plus de tonnes de bombes  que durant toute la Seconde Guerre mondialeCa n'a pas suffit.

 Extraits de Paint it black:

I look inside myself
And see my heart is black
I see my red door
I must have it painted black

Je regarde en moi-même
Je vois que mon cœur est noir
Je vois que ma porte est rouge
Je dois la faire peindre en noir.


Maybe then I'll fade away
And not have to face the facts
It's not easy facing up
When your whole world is black

Et puis peut-être vais-je disparaitre 
Pour ne pas affronter la vie
Ce n'est pas facile de faire face
Quand tout ton univers est noir.

 

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Je ne suis pas complotiste, mais...

Publié le par Carlus

Quand on est complotiste, on n’a peur de rien et surtout pas du ridicule. Et on commence toutes ses réflexions hautement intellectuelles par " je ne suis pas complotiste mais..."


- Je ne suis pas pro Trump mais il faut bien admettre que l’élection présidentielle lui a été volée, c’est évident, c’est écrit partout !

- Je ne suis pas complotiste mais il faut bien admettre que cette guerre en Ukraine qui commence juste au moment où le Covid finit, c’est curieux, non ?

- Je ne suis pas antivax, mais il y a de nombreuses personnes dans mon entourage familial qui sont mortes ou paralysées à cause du vaccin. Pourquoi personne n’en parle ?

- Je ne suis pas complotiste mais je crois que la date de fin du premier confinement a été fixée pour que les musulmans puissent fêter l’Aïd. Moi je dis ça, je dis rien !

- Je ne suis pas complotiste Gilet jaune mais c’est quand même curieux que Macron soit en tête des sondages alors que tous les gens de mon entourage que j’interroge le détestent.

- Je ne suis pas complotiste mais le fait que le candidat Zemmour ne fasse que 12 %, ça ne voudrait pas dire que 88 % des Français de souche ont déjà été remplacés ? C’est illégal de penser ça ?

- Je ne suis pas complotiste, mais ça ne vous étonne pas que les sondages donnent Zemmour en baisse, comme par hasard juste au moment où Marion Maréchal lui a apporté son soutien… ! Un peu grosse, la ficelle, non… ?

Je ne suis pas Pro-Poutine, mais les sanctions économiques vont se retourner contre nous. Car tout ce qui se passe en ce moment,  il l'a prévu dans le moindre détail. Dans quelques mois il deviendra le roi du monde et nous, ruinés par nos propres sanctions, nous irons lui faire allégeance.  

 

 

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Insultes politiques d'hier et d'aujourd'hui

Publié le par Carlus

 

La gauche morale, celle des bien-pensants (que j'aime parfois), des indignés professionnels (que je n'aime pas du tout), bref, en gros, celle qui est en train de disparaître en ce moment a, pendant des années, bradé ses insultes politiques. Elle les a largement diffusées, sans mégoter, avec générosité et sans rien attendre en retour.

Résultat : elle a gagné. Les insultes politiques utilisées autrefois par les différentes forces politiques ont disparu, remplacées par des insultes de gauche bien-pensante.

Nazis, SS, Gestapo sont devenus les insultes les plus utilisées par les Occidentaux entre eux, mais également par le monde entier à l’attention des Occidentaux.

Ainsi, les insultes Anti-France, métèques, sale nègre, sale juif et rastaquouère du XXe siècle ont disparu du lexique d’extrême droite pour être remplacé par… Nazis et SS. Ainsi les antivax, derrière le résistant Philippot défilent tous les samedis contre le gouvernement nazi qui viole les lois issues du procès de Nuremberg. Et au niveau international, le démocrate Poutine déclare la guerre à l’ennemi Zelensky, certes juif, mais surtout nazi en train de se livrer à un génocide.

Génocide, justement, a aussi remplacé les tortures, mauvais traitements, oppression et camp de travail forcé. Avant, les génocides c'était la volonté de faire disparaître une "race" de la surface de la terre en tuant des millions de gens, femmes, enfants et vieillards compris. Avec la gauche européenne la notion a évolué (et on ne louera jamais assez le rôle essentiel que Raphaël Glucksmann a eu dans cette évolution) et désigne maintenant des camps de travail forcé ou une féroce répression politique ou religieuse. C’est le cas des Ouigours chinois victime de génocide sans qu’aucun chiffre, même estimé, du nombre de morts ne soit donné et en Ukraine où la répression exercée par l’Etat ukrainien contre des séparatistes lourdement armés par la Russie a obtenu le label "Génocide" par Poutine.


Autre évolution remarquable, l’accusation de Racisme ! Cette accusation infamante utilisée, à juste titre, par la gauche progressiste dans la lutte contre l’esclavage, l’apartheid et la ségrégation, a beaucoup évolué. Aujourd’hui, alors que les lois punissent sévèrement toute discrimination raciale, certains accusent la société tout entière d’être raciste de façon systémique parce qu’il existe des racistes en son sein. Les mêmes gardent un silence assumé sur les discriminations religieuses ou ethniques existant dans leur patrie de cœur et n’hésiteront pas une seconde si vous insistez, avez vous accuser d’islamophobie.

Et justement, pour terminer : les phobies.
L’accusation de phobie est devenue l’insulte maîtresse pour clore le bec d'un interlocuteur. L’islamophobie, l’homophobie, la transphobie, la négrophobie, la LGBTQIphobie, la grossophobie, sont les fléaux de notre société et bien peu peuvent se vanter de ne pas être atteint d’une phobie condamnable. Même Poutine, utilisant pourtant habituellement un registre d'insultes très daté XXe siècle, accuse l’Occident de Russophobie. Ce qui laisse très clairement deviner qu’il a un conseiller occidental dans son équipe de communication.

 

 

 

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Fantasmes de guerre

Publié le par Carlus

Toute guerre a ses peurs et ses fantasmes. Ca fait généralement partie de partie de la propagande. Mais pas toujours. Quelques fois on se crée nos propres fantasmes, histoires de se faire peur, de se motiver ou de convaincre les réticents. On raconte par exemple que les féroces soldats ennemis, hé bien…
Ils viennent jusque dans vos bras,
Égorger vos fils, vos compagnes !
C’est effrayant quand même ! Non seulement ils viennent égorger fils et compagnes, mais en plus ils viennent le faire dans nos bras ...?

Face à l’héroïque résistance ukrainienne, ou peut-être face à l’incapacité des Russes de remporter des victoires décisives en Ukraine, la communauté internationale, et les Russes eux-mêmes s'inventent des ennemis qui font peur.


Le groupe Wagner
L’horreur dans toute son horreur. On raconte qu’ils sont entrés en Ukraine avec pour mission d’exécuter le président Zélenski. Les jours de ce dernier seraient comptés. En vérité, le groupe Wagner est une milice de mercenaires féroces et sans pitié… face à des civils ou face à des soldats africains mal armés, mal entraînés. Leur réputation de barbarie les précède et terrorise les populations civiles. Mais je crois pas une seule seconde qu’ils fassent le poids devant une simple escouade d’armée régulière et surtout pas d’une armée européenne. Barbarie et férocité n’ont jamais été synonymes d’efficacité. On sait que le président Ukrainien a échappé à trois attentats. J’espère que c’est eux qui les ont lancés et qu’ils ont été éliminés sans pitié.


Les Tchétchènes
Les Tchétchènes ont perdu la guerre contre Poutine. Les Russes ont été beaucoup plus féroces qu’eux et ont réussi à les mater. Ce sont donc aujourd’hui des caniches dressés et tenus en laisse par leur Maître Poutine. Ils sont tellement soumis qu'ils n'ont même plus de rancune contre leur vainqueur et que leur maître Poutine peut les envoyer sur n’importe quel théâtre d’opérations sur un signe de la tête. Et ces caniches dans leur pays deviendraient des lions féroces face à l’armée ukrainienne qui tient tête à la deuxième armée du monde depuis plusieurs semaines, au grand dam du généralissime de ladite armée ? Allons, allons, soyons sérieux ! Se livrer à des attentats contre des civils est une chose, combattre une armée régulière en est une autre !


Les Syriens
Les Syriens ont un problème : ils veulent quitter leur pays soit parce qu’ils sont persécutés par le régime de Bachar soit parce que tout simplement ils ont envie de vivre à l'occidental avec tout ce qui va avec (liberté, allocation, médecine au top, possibilité avec un titre de séjour de voyager dans le monde entier). Les envoyer se battre en Ukraine serait une énorme connerie de la part de Poutine car aussitôt arrivés en Ukraine, ils n’auront rien de plus pressé que de passer à l’ennemi pour demander l’asile politique et aller s’installer en Allemagne, pays où ils savent qu’ils pourront trouver de la famille ou du moins une grosse communauté de compatriotes.

 

Les amis chinois
Les occidentaux aident l'Ukraine. Par amitié. Et Poutine pense pouvoir compter sur les Chinois pour compenser les pertes subies à cause des sanctions économiques occidentales. Par amitié, également. D’ailleurs, un ministre chinois a même déclaré que l’amitié entre les deux pays était solide comme le roc. C'est mal connaitre les chinois. Les Chinois n'ont pas d'amis. Même au temps de l'URSS, quand ils partageaient tous les deux la même idéologie marxiste, ils avaient réussi à trouver des points de divergence idéologique suffisamment graves pour traiter l'URSS d'ennemi "social-impérialiste" cherchant à coloniser le monde. Alors penser qu'ils vont se fâcher avec les riches clients occidentaux qui assurent leur croissance économique et l'excédent de leur balance commerciale pour aller s'acoquiner avec un mégalomane ayant perdu le sens des réalités est une connerie abyssale.

Et puis, on ne le dira jamais assez,  en milliards de dollars, en 2021, le PIB de la Chine était de 18 460 et celui de la Russie de 1 703 soit 9 % du PIB chinois.
Un petit peu comme si on disait que la France se fâcherait avec la moitié de la planète pour soutenir le Venezuela. Par amitié. (Encore que... avec Mélenchon président...!)

 

 

 

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Mes ex-libris

Publié le par Carlus


On lit dans une vie des centaines et des centaines de livres. On en oublie beaucoup, en espérant qu’ils ont quand même imprimé quelque chose dans notre cerveau. Et on se souvient d’autres, parfois lus il y a très longtemps. On s’en souvient plutôt pour des raisons externes au contenu des livres. Des circonstances qui sont des petits ex-libris qui nous rappellent que ces livres ont été, à un moment de notre vie, à nous.


Le club des cinq
J’en ai lu des dizaines mais je ne me souviens de rien, même pas des personnages. Le souvenir associé est extérieur aux livres. Quand l’ophtalmo apprend à ma mère que j’ai une légère myopie qu’il faut corriger, elle lui demande si c’est parce que je lis trop. Ca me rend plutôt fier mais je crains la réponse du médecin. "Non, non, laissez-le lire autant qu’il veut" répond-il, sur un ton bienveillant et paternaliste en me passant la main dans les cheveux.

Les trois mousquetaires
Je me lance dans la lecture des Trois mousquetaires sur les conseils d’un de mes oncles. Je n’accroche pas vraiment. Un personnage me bloque : c’est Madame Bonacieux. L'explication, je crois, c’est qu’à cette époque je m’identifiais assez facilement aux histoires d’amour de mes héros et que je n'ai pas réussi à projeter mes désirs d'ado sur une amoureuse que tout le monde appelait "Madame" (Bonacieux de surcroît, quel vilain nom !) et qui, en plus, était lavandière (donc forcément grosse, non ?)

Et encore, je n’avais même pas capté à l’époque qu’elle était mariée à un Monsieur Bonacieux !

 

Le petit chose
Je me souviens que Le petit chose m’a arraché des larmes. L’histoire triste d’un enfant timide et victime de harcèlement scolaire (comme on dit aujourd’hui). L’histoire précise, je ne m’en souviens plus. Mais je l’associe à un des rares sentiments d'injustice que j’ai subi dans mon enfance. Ca se passe en Martinique, bien sûr. Alors que je rentre d’une semaine d’absence pour maladie, le prof métropolitain (Français blanc pour ceux qui ne connaissent pas ce mot) me fait passer au tableau pour m’interroger sur la leçon du jour. Je lui dis que j’étais malade toute la semaine, que je viens de reprendre les cours et que je ne connais pas la leçon. Il me crie dessus, me renvoie à ma place d’une façon humiliante et me met un zéro pointé. Je le ressens d’autant plus amèrement que j’aimais bien ce prof. Un pion me donnera quelques mois plus tard l’explication de cette agressivité : Des parents d’élèves et des profs lui reprochaient d’être très tolérant avec les élèves "blancs métropolitains" et très sévère avec les élèves noirs. En saquant un petit blanc (mais non "métro", avec un nom de famille libanais), il voulait montrer qu’il n’était pas raciste et qu’il était aussi sévère avec les élèves blancs qu’avec les noirs."

 

La Guerre du feu avait laissé dans ma mémoire d'enfant des paysages de jungle plutôt sombre et humide parsemée de marécages et de crevasses. Ayant vu dans la bande-annonce du film des paysages très différents, je m’étais promis de ne pas aller voir le film pour ne pas effacer cette ambiance de ma mémoire. Je n’ai pas tenu ma promesse évidemment.
Mais c’est surtout une anecdote curieuse qui me raccroche à ce livre. Quand, à la sortie du film, j’ai repensé au livre que j'avais lu plus de trente ans auparavant, une phrase m'est revenue en mémoire. Elle est prononcée à la fin du livre quand Naoh raconte ses aventures à sa tribu, la nuit, autour du feu. Dans mon souvenir, c'était "En ces temps farouches, les mots étaient rares, mais leur pouvoir d’évocation intense et puissant". C'était une belle façon d'évoquer la naissance, avec le langage,  de la poésie et du roman épique. 

En fait, la phrase exacte retrouvée dans le livre était plus belle encore que dans mon souvenir : En ces temps, les mots étaient rares, leur force d’évocation courte, brusque et intense… Le rugissement des flammes approuvait le récit."

Le mot "farouche" ajouté par ma mémoire vient certainement de "Rahan, le fils des âges farouches" :-).

 

San Antonio
On va accueillir un oncle militaire de carrière à l’aéroport. Il dépose le livre qu’il a à la main sur ses bagages pour embrasser tout le monde. Je prends le livre, je l’ouvre à la première page. Ca commence par "Je mate ma tocante. Il est six plombes". Ca veut dire quoi ? Le suite est en français. Mon oncle vient m’embrasser et me dit " je l’ai fini. Tu peux le garder, si tu veux." J’en lirai par la suite des dizaines. Par exemple, pendant mes premières années d’études, je ne lisais que des livres utiles. San Antonio était la seule lecture de délassement que je m’autorisais.

 

 

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