Lettre à mon psy : les féministes d'aujourd'hui
Cher Docteur,
C’est une grande victoire que je veux vous annoncer aujourd’hui : Je crois avoir trouvé ce matin d’où vient ma difficulté à comprendre et à communiquer avec les femmes d'aujourd'hui.
Pour suivre vos instructions, j’ai mis sur papier les réflexions qui me sont venues à l’esprit, en attendant de m’allonger bientôt sur votre divan.
Oh mon Dieu, comme je suis impatient de vous en parler de vive voix !
En préalable, je voudrais vous dire que mon problème n’a rien à voir avec l’homosexualité refoulée que vous avez évoquée la dernière fois. Je vous demande donc instamment, Docteur, d’abandonner cette piste de recherche qui ne fait qu’augmenter mon angoisse au lieu de l’atténuer.
Voilà, j’ai compris une chose très importante ce matin sous la douche : si dans ma vie, je n’ai pas aimé les femmes qui m’aimaient et aimé les femmes qui ne m’aimaient pas, c’est à cause de mon père. Et peut-être aussi à cause de ma mère.
En effet, j’ai eu une illumination ce matin : les années passant, je ressemble de plus en plus à mon père : mêmes tics de langage, même gestuel et, peut-être aussi, si ça se trouve, même vision des femmes, partiellement en tout cas.
Or, pour mon père, l’humanité féminine était divisée en DEUX catégories de femmes : les Saintes et les Autres.
Dans la catégorie des Saintes figuraient de droit sa mère et ses grands-mères, par exception des femmes exceptionnelles comme Yvonne de Gaulle, et par tolérance sa propre femme (ma mère).
Toutes les femmes qui ne figuraient dans la catégorie des Saintes étaient donc reléguées dans la catégorie des Autres. C’est-à-dire, des femmes intéressées, calculatrices, menteuses comme des arracheuses de dents, infidèles, mauvaises mères, nymphomanes, féministes, j’en passe et des meilleures !
Notons au passage que paradoxalement, pour une raison qui reste inconnue à ce jour, c’est avec les femmes de la deuxième catégorie (les Autres) qu’il passait le plus clair de ses loisirs, délaissant de ce fait la seule Sainte qu’il avait sous la main, à savoir sa femme (ma mère).
Mais pour moi les choses ne s’arrêtent pas là.
Car ma mère, entre deux crises de jalousie hystérique contre son mari volage, entreprit très tôt de m’éduquer dans le respect des femmes pour éviter que je ne devienne un "voyou coureur et menteur" comme mon père.
Et pour ce faire, ma mère m’expliqua tout au long de mes longues années de jeunesse, qu’il y avait DEUX catégories de femmes : les honnêtes femmes et les Autres ! Dans la catégorie des honnêtes femmes figuraient de droit sa mère et ses sœurs, par exception des femmes exceptionnelles comme Mireille Mathieu, et par tolérance quelques-unes de ses amies d’enfance.
Toutes les femmes qui ne figuraient dans la catégorie des honnêtes femmes étaient donc reléguées dans la catégorie des Autres. C’est-à-dire, les voleuses de maris, les maîtresses, les femmes intéressées, calculatrices, menteuses comme des arracheuses de dents, infidèles, mauvaises mères, nymphomanes, féministes, j’en passe et des meilleures !
Voilà pourquoi, Docteur, après avoir fait la synthèse des différents courants de pensées qui influencèrent ma vision du monde en général et des femmes en particulier, je suis arrivé à la conclusion qu’il est possible de distinguer DEUX catégories de femmes parmi celles qui ont jalonné ma vie :
- D’une part celles qui m’ont aimé : les saintes, les honnêtes femmes, les "fiancées", les bonnes cuisinières, les petites femmes d’intérieur, celles qui pleurent quand on hausse le ton, et qui haussent le ton quand on salit le salon qu'elles viennent de nettoyer, bref, un peu les traditionalistes qu'on trouve aujourd'hui dans la Manif pour tous.
- Et d’autre part celles que j’ai aimées : hhhmmm... les voleuses de maris, les maîtresses, les femmes intéressées, les calculatrices, les menteuses, les infidèles, les nymphomanes, les dominatrices, celles qui vous draguent avec gourmandise et vous plaquent sans préavis, bref, les féministes qui partaient à la conquête du monde et du mâle avec sensualité et détermination !
Vous comprendrez aisément, Docteur, mon désarroi quand je vois ce que les plus médiatiques d'entre elles sont devenues aujourd'hui : de simples lesbiennes haïssant les hommes, et les haïssant non pas dans l'objectif de prendre du plaisir à les faire souffrir, ni de les utiliser pour arriver à leurs fins, ni même pour les mettre à leurs pieds en esclaves soumis à leurs désirs, mais avec l'objectif avoué de vivre entre elles, sans aucun contact avec les hommes, refusant même d'écouter les poèmes et la musique pourtant souvent composés pour elles. Pour leurs congénères, en tout cas.
Vous comprenez bien, Docteur, que tout ceci explique la défiance et même -n'ayons pas peur des mots- la crainte que m'inspire la gent féminine d'aujourd'hui.
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