Eklablog Tous les blogs Top blogs Humour
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Nostalgie zemmourienne

Publié le par Carlus


Si les principes préconisés par Zemmour avaient été respectés depuis le règne de Clovis, nous nous appellerions aujourd'hui :

Caribert            Childebert          Landbert
Chilpéric            Dagobert            Clotaire
Theodemir         Clodebald           Ragnomer
Richomer            Genniod             Chlodion 

et nos compagnes s’appelleraient :

Magnachaire      Ragnacaire           Marcatrude
Gondioque          Sprote                  Frédégonde
Brunehaut          Ultrogothe            Ingonde
Arégonde           Radegonde            Deoteria
Wisigarde         Vuldetrade            Méroflède
Marcowefa       Théodechilde         Marcatrude
Bilichilde           Fastrade               Ermentrude

 

PS :  Parce que, franchement, de vous à moi, remonter seulement à Napoléon, ça fait un peu petit bras, non ?

 

Voir les commentaires

Ma famille portera plainte

Publié le par Carlus


Les plaintes civiles de particuliers contre les institutions se multiplient depuis quelques années et concernent tous les secteurs ( militaire, terrorisme, écologie et maintenant sanitaire !

Ces dernières années, il y a eu, par exemple :

- La plainte contre l’armée française déposée par la famille d’un soldat français tué en Afghanistan, demandant à un juge d’instruction de vérifier s’il n’y avait pas eu des erreurs dans la chaîne de commandement !

- La plainte en France du père israélien d’un soldat franco israélien demandant à un juge français de poursuivre le Hamas devant les tribunaux français pour séquestration !

- La plainte déposée par le père de Mohamed Merah contre la police et l’armée française pour l’assassinat de son fils.

- La plainte d’organisations écologistes contre l’inactivité de l’Etat en matière de réchauffement climatique

- Et maintenant, la plainte de familles de victimes et de médecins demandant à des tribunaux civils de juger du bien-fondé des mesures sanitaires prises par le gouvernement pendant l’épidémie.


Je ne peux pas m’empêcher de penser avec regret à ce qu’aurait été notre Histoire si ce phénomène était apparu plus tôt :

- Une plainte des familles aurait peut-être permis de déterminer dans quelle mesure l’homo sapiens a contribué à la disparition des Néandertaliens. Y a-t-il eu massacre ? Ou seulement accaparement des territoires de chasse ? Y a-t-il lieu à réparation ?

- A quoi aurait abouti la plainte de la famille de Vercingétorix contre César pour acte de torture et de barbarie et crime de guerre ? Je ne peux m’empêcher de rêver à un tel procès !

- Et la plainte de la famille de Jacques de Molay, Grand Maître de l’Ordre des Templiers, contre Philippe le bel pour détournement de fonds et escroquerie, propagation de rumeurs, actes de barbarie et assassinats ! Je n’ose l’imaginer !

- Et le pauvre Ravaillac ? Si ça se trouve, après un procès équitable engagé sur plainte de sa famille après son arrestation, et avec un bon avocat, il aurait peut-être été déclaré irresponsable et aurait échappé à la torture et à la mort par écartèlement !

- Peut-être qu’une plainte de la famille de l’homme au masque de fer aurait permis à un juge d’instruction indépendant de révéler aux Français sa véritable identité et peut-être même son éventuelle parenté avec Louis XIV ! Quelle révélation, mes amis !

- Et les plaintes qui se seraient accumulées contre Robespierre ! Avec peut-être extension de l’action contre Monsieur Guillotin ! Et Saint Just qui serait venu déclarer à la barre qu’il n’était pas au courant des pratiques du sieur Fouquier-Tinville ? ahlala, quel bonheur ça aurait été !

- Et la famille de Charlotte Corday portant plainte contre Marat pour délation, appel au meurtre et complicité de crime contre l’humanité ?

Bon je m’arrête là ! Mais je suis convaincu que si une telle pratique était apparue plus tôt, l’histoire de France eut été très différente de celle que nous connaissons !

Voir les commentaires

La fake news de Christophe Colomb

Publié le par Carlus

Une fake-new peut l'être soit parce que l'information elle-même est  fausse, soit parce que l'interprétation qu'on en donne est erronée. Exemple  : 

On se souvient tous que Tintin dans Le Temple du Soleil trouve le moyen d’échapper à la mort en profitant d'une éclipse pour faire croire aux indigènes qu’il a le pouvoir d’éteindre le soleil.

La fake-new de Christophe Colomb

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’aventure est arrivée à Christophe Colomb mais reste peu connue. C’était son quatrième et dernier voyage. IL n’était plus l’immense vedette qu’il avait été à son retour du premier voyage. Il était en froid avec le roi et la reine d’Espagne, d’autres marins, souvent ses anciens compagnons, s’étaient lancés dans l’aventure désormais sans grand risque. L’un d’eux Amerigo Vespucci allait même donner son nom au nouveau continent. Il était plutôt désargenté quand il entreprit ce quatrième et dernier voyage.

A l’approche du continent, un violent cyclone l’obligea à chercher refuge dans une baie située dans une île inhospitalière qui deviendra plus tard la Jamaïque. Il n’avait plus beaucoup de vivres et il lui fallait du temps pour réparer les dégâts qu’avaient subis les bateaux. Les marins étaient épuisés. Peu après, une partie de l'équipage se mutina et s’en alla avec un des bateaux et une grande partie des vivres. Pour compliquer le tout, Colomb tomba malade de la Malaria (également appelée Paludisme).

La famine et la maladie menaçaient de décimer l'équipage.

Il envoya quelques hommes à l’intérieur des terres pour négocier avec la population locale l’obtention d’eau et de vivres. Mais soit parce qu’ils avaient déjà été confrontés à la brutalité d’autres aventuriers européens, soit parce qu’ils étaient naturellement inhospitaliers, les indigènes refusèrent d’aider les naufragés.

Et ils étaient trop nombreux pour que l’équipage épuisé et malade obtienne quoi que ce soit par la force. Colomb, malade, tenta d’aller négocier lui-même. Sans résultat.

Alors que tout semblait perdu pour lui et son équipage, il se souvint qu’une éclipse solaire devait avoir lieu dans le secteur.

Pourquoi diable un marin était-il au courant des éclipses solaires sur la planète ? Hé bien pour la raison suivante (que je vous livre sans y comprendre grand-chose) : si au temps de Colomb les marins savaient très bien se situer en latitude, le positionnement en longitude était beaucoup plus approximatif. Et Christophe Colomb avait décidé d'utiliser pour ce voyage une nouvelle méthode pour affiner le calcul de la longitude en utilisant les éclipses. Cela consistait à "mesurer la durée de l’éclipse, cinq sabliers depuis le coucher du Soleil, pour en déduire la longitude du lieu." L’idée était pourtant ancienne puisqu’elle était déjà décrite par un savant grec nommé Hipparque, un siècle avant notre ère. Mais la mise en pratique était nouvelle. Il avait donc emporté dans ses bagages un des ouvrages de référence en la matière (les spécialistes pensent qu'il s'agissait peut-être du "Calendarium de Regiomontanus")

La suite est facile à imaginer. Colomb menaça les indigènes pendant plusieurs jours d’éteindre bientôt le soleil s’il n’obtenait pas satisfaction. Le jour venu, devant une foule nombreuse d’indigènes parmi lesquels se trouvaient certainement les chefs, il leva les bras au ciel et demanda au soleil de cesser d’éclairer ce peuple inhospitalier.
Malgré une grosse erreur dans ses calculs, il bénéficia malgré tout d'une éclipse partielle ("d'un rouge sombre") suffisante pour plonger les indigènes dans la crainte d’une punition divine et les amener à plus de coopération.

Pendant le reste de leur séjour sur l’île, Christophe Colomb et ses hommes ne manquèrent ni d’eau ni de vivres, ni d’aide pour réparer un des bateaux pour aller chercher du secours. Après quelques mois, il put lever l’ancre, continuer son dernier périple et entrer définitivement dans l’histoire des hommes comme l'un des plus grands aventuriers de tous les temps.

 

 

Voir les commentaires

Faisons-nous peur : la peste noire

Publié le par Carlus

 

La petite ville de Caffa, (aujourd'hui Théodosie ) sur la côte de Crimée en mer Noire, était un comptoir génois qui commerçait avec les régions alentour.

Ce petit comptoir fortifié eut la malchance d'être sur le chemin d'une armée mongole atteinte par la peste qu'elle ramenait de Chine. Les Mongols décidèrent donc d'assiéger cette petite cité riche et mal défendue en 1346.

Alors qu’ils avaient planté leurs tentes et leurs catapultes autour des remparts de la cité, la peste qui décimait leurs rangs redoubla de virulence et les rendit incapables de poursuivre plus longtemps le siège. Ils négocièrent donc  une trêve avec les Génois, non sans avoir auparavant, pour faciliter la négociation, catapulté nombre de leurs cadavres pestiférés à l'intérieur des remparts de la cité génoise. 

Une fois la trêve signée, en 1347, des Génois n'eurent rien de plus pressé que de mettre les voiles vers l'Europe, emportant dans les cales du navire les rats qui répandront la "grande pestilence" dite aussi "la Mort noire" ou encore "la Peste noire"  dans toutes les villes où ils jetaient l'ancre :  Constantinople, Gènes, Marseille. Et bien d'autres. 

L’épidémie de peste qui ravagea l’Europe à partir de ce navire fut la pire de toute l’Histoire. Vingt-cinq millions de morts dans une Europe qui n'en comptait pas cinquante. 

 


 PS : 

Ironie de l'Histoire : Ce sont les Mongols qui ont peur aujourd'hui des virus arrivés chez eux via l'Europe  

Faisons-nous peur : la peste noire

Voir les commentaires

Sartre était-il un bon coup ?

Publié le par Carlus

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir étaient un couple "libre". Ils considéraient leur amour comme un "amour nécessaire" (dans le sens philosophique du terme : inévitable, qui ne peut pas ne pas être) et les aventures qu'ils s'autorisaient comme des "amours contingentes" 

Avec la publication de la correspondance de Simone de Beauvoir, on se rend compte que les choses n'étaient pas aussi idylliques que cela

Extrait d'une lettre de Simone de Beauvoir à Bost, l'un de ses "contingents".  Ca ressemble quand même beaucoup à une lettre d'amour et ce n'est pas sympa pour Jean-Paul Sartre.

« Et pour finir sur ce point, quoique ça me gêne un peu, il faut que je précise ; avec Sartre aussi j'ai des rapports physiques, mais très peu, et c'est surtout dans la tendresse et je ne sais trop comment dire, je ne m'y sens pas engagée parce qu'il n'y est pas engagé lui-même ; ça, je le lui ai expliqué souvent. C'est pourquoi je peux dire qu'avec vous seul j'ai et j'ai jamais eu une vie sensuelle et j'ai besoin que vous la preniez au sérieux et que vous sachiez que je la prends au sérieux moi aussi de toute mon âme. »

Simone de Beauvoir. « Castor de guerre ».

 

Des rapports physiques "dans la tendresse" ?!! Mais quel con, ce mec !

 

 

 

Voir les commentaires

Le poète a toujours raison ? Même Aragon ?

Publié le par Carlus

C'est curieux. Je n'avais jamais entendu parler de Matzneff, et pourtant j'ai toujours été curieux de polémiques littéraires ou touchant la vie privée des écrivains connus. 

Bizarre,  je n'avais jamais entendu parler de pétitions signées par des politiques en faveur de pédophiles, pourtant j'ai toujours été curieux de polémiques politiques et notamment  celles touchant aux histoires de cul des élus. 

Quand je voulais dénoncer la duplicité de certains écrivains, je me rabattait, par exemple, sur Aragon dont les turpitudes étaient connues de tous.

Exemple d'un article publié en mars 2014 (un peu remastérisé)


 Le poète a toujours raison ? Même Aragon ?

Tous les communistes et assimilés sont fiers d'avoir un grand poète dans leur camp.  Et ils n'hésitent pas, avec Jean Ferrat,  à l'affirmer haut et fort : 

Le poète a toujours raison

Qui voit plus loin que l'horizon

Et le futur est son royaume

Le poète étant Aragon, on peut être tenté (c'est humain)  d'aller vérifier s'il a toujours eu raison, s'il a vu plus loin que l'horizon et si le futur a été son royaume. Qu'est ce que vous en dites, mes amis  ? On ne risque pas grand-chose, à part de se faire insulter par Mélenchon et ses soumis.

Alors qu'est-ce qu'il dit le poète visionnaire qui voit plus loin que l'horizon à propos de... Staline, par exemple ? A l'occasion d'un prix "Staline", il déclare en 1953 dans un discours resté célèbre :

"Cette distinction porte le nom du plus grand philosophe de tous les temps. De celui qui éduque les hommes et transforme la nature (...) de celui dont le nom est le plus beau, le plus proche, le plus étonnant(...), le nom du camarade Staline. "

Sur ce coup-là je ne sais pas si on peut vraiment dire que le poète a toujours raison ou si l'on doit plutôt dire :

Le poète est toujours très con

Quand il fait preuve de soumission

Et la bêtise est son royaume.

Vous me direz "oui mais bon, personne ne connaissait les crimes de Staline, à l'époque ! Il ne savait pas, le pauvre !" Ah oui, vous croyez, ça ? Voici ce qu'il disait deux décennies plus tôt en 1936 de la condamnation à mort d'opposants politiques en URSS :

"C'est un effroyable déballage d'ignominie, ce procès que domine leur maître à tous, Trotsky, allié à la Gestapo. (...) La Cour suprême se prononce : la mort pour les seize coupables. Le pays n'eût pas compris un autre verdict."

Amis de la poésie et du massacre de masse, bonjour ! Chantons la gloire du poète

Le poète est couvert de sang

Et crie "à mort, les opposants"

Et le Goulag est son royaume

Vous me direz, oui, bon, politiquement c'était un gros connard de stalinien, mais dans le privé, quel homme ! Tu as lu "les yeux d'Elsa" ?

Oui , bon déjà pour moi c'est le poème d'amour le plus ridicule de tous les temps.

Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire

J'ai vu tous les soleils y venir se mirer

S'y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

(et tout le reste est à l'avenant ! Si malgré tout, vous pensez pouvoir pécho avec ça, à vos risques et périls, la suite est là > Les yeux d'Elsa )

Mais au moment où il écrit cela, il est déjà homosexuel. Elsa Triolet lui écrira à la fin de sa vie "Le plaisir normal de faire quelque chose ensemble, tu ne le connais pas" Lisez bien cette phrase, mes amis,  et essayez de deviner ce qu'elle évoque de leur vie sexuelle quand elle lui reproche de ne pas connaître "le plaisir normal". Pauvre Elsa !

Et une fois les yeux d'Elsa fermés, que fait le fringant veuf de 73 ans ? Il assume son homosexualité et notamment sa forte attirance pour les très jeunes garçons :

Il ne craint plus d’aller draguer dans le square Jean XXIII, sous les tours de Notre-Dame, et s’entoure d’une Cour d’éphèbes de plus en plus jeunes.

Allez ! Suggestion à Jean Ferrat pour une version remastérisée de son tube

Le poète de soixante-dix ans

A toujours aimé les garçons

L’hypocrisie fut son royaume

Elsa n'était qu'un paravent

Un avenir juste en chanson

Il n'aimait  que ses jeunes amants.

 

 

Voir les commentaires

Marie pleine de grâce

Publié le par Carlus

 

 

Quand on demandait à Michel-Ange pourquoi dans La Piéta il avait représenté la Vierge Marie plus jeune que son fils Jésus allongé sur ses genoux, il avait cette explication:


"Ne sais-tu pas, me dit-il, que les femmes chastes se conservent beaucoup plus longtemps jeunes que celles qui ne le sont point ? Combien n’est-ce pas plus vrai pour une Vierge qui n’eut jamais le moindre désir lascif qui pût altérer son corps !…. "

Sachant cela, je voudrais donc à cette occasion remercier les quelques femmes qui, tout au long de ma vie,  n’ont pas hésité à renoncer à la jeunesse éternelle et à altérer leurs corps pour m’offrir avec amour et tendresse leurs désirs lascifs.

Je voudrais leur dire ici que, plusieurs décennies après, je suis encore ému par l’ampleur du sacrifice qu’elles ont accepté de faire pour rendre ma vie plus belle et leur exprimer ma gratitude et ma reconnaissance éternelle.

Voir les commentaires

Gaby ô Gaby

Publié le par Carlus

Dans ce célèbre tableau d'un peintre inconnu, Gabrielle d'Estrée (Gaby, pour son fan-club) ravissante maîtresse du roi Henri IV est avec sa sœur .  

Gaby oh Gaby

 

Ce tableau pose aux spécialistes mille questions d'interprétation .

- en lui tenant le téton entre les doigts, la petite sœur désigne-t-elle Gabrielle comme la favorite du roi ?  

(NDLR : autrement dit, indique-t-elle que le Roi avait passé la poule à la casserole -ou la poule au pot, comme on disait à l'époque- mais bon, passons...!)

- et Gabrielle avec une bague entre ses doigts veut-elle faire savoir que son mariage était en cours d'annulation, ce qui lui permettrait d'épouser le bon roi Henri IV ?

- Pour d'autres, le téton entre les doigts indiquerait plutôt qu'elle est enceinte et l'alliance enlevée et tenue à bout de doigts signifie que le bébé n'est pas de son mari légitime mais de son amant le roi Henri

- que signifient les rideaux de théâtre qui encadrent la scène ? 

- qu'est-ce que la vieille est en train de branler au fond de la pièce ? Une layette ?  

Moi je n'ai pas de réponses à ces questions, vous vous en doutez bien, mais je dis que je regrette l'époque où on s'envoyait des messages sibyllins par tableau interposé ! 

A l'âge de Gaby sur ce tableau, entre 17 et 18 ans donc, ma copine de l'époque, pour m'annoncer la même chose, m'a dit " Dis-moi, si je t'apprenais un jour que j'étais enceinte, quelle serait ta réaction ?". 

Si elle m'avait montré un tableau la représentant en train de se faire triturer les tétons par sa sœur, peut-être que j'aurais compris le message, peut-être que ma réponse aurait été différente, peut-être que j'aurais été aussi amoureux d'elle que le bon roi Henri le fut de sa Gabrielle d'Estrée ! Peut-être que j'aurais été heureux !  

Carlus 

 

PS : voici ce qu'un de ses contemporains disait de Gaby : 

"Bien qu’elle fust vestue d’une robe de satin blanc, il semblait estre noire à comparaison de la neige de son beau sein. Ses yeux estaient de couleur celeste et si luisants qu’on eust difficilement pu juger s’ils empruntaient du soleil leur vive clarté ou si ce bel astre leur estait redevable de la sienne. Avec cela, elle avait deux sourcils également recourbés et d’une noirceur aimable, le nez un peu aquilin, la bouche de la couleur des rubis, la gorge plus blanche n’est l’ivoire le plus beau, et les mains dont le teint esgalait celui des roses et des lys mélez ensemble d’une proportion si admirable qu’on les prenait pour un chef d’œuvre de la nature. " 

 

PPS : si vous vous reconnaissez dans ce portrait, merci de me laisser vos coordonnées.

Voir les commentaires

Mon pote Hérodote

Publié le par Carlus

 

Des gens sont encore passés me voir ce matin. Rituel immuable. Deux jeunes au regard apeuré sommés de m’embrasser et dire "Bonjour papy" et les vieux cons qui semblent leur servir de parents qui s’adressent à moi comme si on avait élevé les cochons ensemble !

 

Ils m’ont demandé qui j’avais rencontré ces derniers temps. J’ai préféré ne pas répondre. J’ai bien reçu la visite de mon vieux frère Hérodote, mais je ne veux pas avoir de problème. La réputation qu’a ce vieux gredin d'affabuler pourrait leur laisser penser que, moi aussi, j’invente les histoires que je raconte. Je pourrais pourtant garantir que cet homme - mon ami, mon frère - n’a jamais rien inventé et que tous ces récits sont le reflet exact de ce qu’il a vu et de ce qu’on lui a raconté, mais qui me croirait ? On me rétorquerait que c’est par amitié que j’affirme cela et que "qui se ressemble s’assemble" !

 

Ceci dit, qu’il soit bien clair que je n’ai aucun problème à être comparé à mon ami Hérodote ! Car nous avons été amis malgré nos disputes incessantes, peut-être même du fait de nos disputes incessantes ! Il était originaire d’Halicarnasse, moi de Mésopotamie. Sa famille avait émigré à Samos pour fuir la tyrannie. La mienne aussi.

 

Au moment où nous nous sommes connus, il voulait voyager et raconter l’histoire des hommes ! De tous les hommes "tant les Grecs que les Barbares" précisait-il. A cette époque, nous manquions de modestie et voulions tous les deux être Homère ! "Homère ou rien", chantions-nous à tue-tête les soirs de beuverie ! Mais alors que moi je me prenais à l’époque pour un aède, un poète lyrique, lui se sentait plutôt l’âme de ce qu’on appellerait aujourd’hui un "journaliste". Il voulait raconter non pas de lointains événements, comme la guerre de Troie mais l’histoire de son temps ! "La littérature et la poésie, lui disais-je, imbu de moi-même, il n’y a que cela pour vous garantir la postérité !" — "Le récit  et les témoignages sont un moyen plus modeste mais plus sûr", rétorquait-il ! 

 

La suite lui a donné raison. Je n’ai jamais pu écrire le chef-d’oeuvre que j’avais pourtant là, quelque part dans un recoin de mon cerveau. Lui, a voyagé et raconté. Il est devenu une célébrité de son vivant. Oh certes, il fut très critiqué ! Plutarque de Chéronée  lui consacre même un ouvrage tout entier intitulé " De la mauvaise foi d’Hérodote " et Aristote le qualifie de « mythologue ». En fait, ce qu’on lui reproche est d’avoir la même bienveillance pour les barbares et pour les grecs, la même curiosité amusée pour décrire l'histoire et les coutumes persanes ou égyptiennes et celles des cités grecques.

 

Mais bien des siècles plus tard, alors que la trace des hommes de son temps était en train de s’estomper dans le sol et dans les mémoires, son oeuvre fut redécouverte et son talent reconnu. Des ouvrages lui sont à nouveau consacrés en pleine renaissance européenne "Apologie pour Hérodote", "Voyage du jeune Anarchasis en Grèce",. 

 

Plus tard encore, au vingtième siècle, les chercheurs en train de redéfinir les contours de sciences telles que l’histoire, la géographie ou l’ethnologie le considéreront comme le premier d’entre eux.

 

Jacques Laccariere dans son ouvrage " en cheminant avec Hérodote" dit de lui "Grâce au génie du conteur, le monde « barbare » revit sous nos yeux. Qu’il raconte les suicides de chats en Egypte, la capture des crocodiles sacrés ou les mésaventures du roi Khampsinite, Hérodote nous tient littéralement sous le charme. Et l’émotion nous gagne peu à peu, lorsqu’apparaissent en filigrane « le mouvement du visage, la silhouette de la tendresse » de ceux qui demeurent pour nous l’enfance de l’humanité. "

 

Et je peux, de mon côté modestement, confirmer à la face du monde que s’il y a bien quelque chose que l’on a envie de faire avec toi, Hérodote, mon ami, mon frère, c’est bien de cheminer à travers le monde en dissertant aimablement avec l' homme de bonne compagnie et de grande culture que tu es !

Voir les commentaires

La Princesse Palatine se fait royalement chier

Publié le par Carlus

La princesse Palatine, belle-soeur de Louis XIV, est, pour les historiens, un témoin privilégié de son époque et de la Cour de Versailles puisqu'elle a écrit au cours de sa vie près de 90 000 lettres. Mœurs des courtisans, grands événements, détails de la vie quotidienne, tout ou presque y est décrit dans le moindre détail.

Parmi les 90.000 lettres, il y a celle-ci, une lettre envoyé à sa tante.

 

"Vous êtes bien heureuse d’aller chier quand vous voulez ... Nous n’en sommes pas de même ici, où je suis obligée de garder mon étron pour le soir ; il n’y a point de frottoir aux maisons du côté de la forêt. J’ai (...) par conséquent le chagrin d’aller chier dehors, ce qui me fâche, parce que j’aime chier à mon aise, et je ne chie pas à mon aise quand mon cul ne porte sur rien. Item, tout le monde nous voit chier ; il y passe des hommes, des femmes, des filles, des garçons, des abbés et des Suisses. 

(...)

Il est très chagrinant que mes plaisirs soient traversés par des étrons. Je voudrais que celui qui a le premier inventé de chier ne pût chier, lui et toute sa race, qu’à coups de bâton ! Comment, mordi ! qu’il faille qu’on ne puisse vivre sans chier ? Soyez à table avec la meilleure compagnie du monde ; qu’il vous prenne envie de chier, il faut aller chier. Soyez avec une jolie fille ou femme qui vous plaise (1); qu’il vous prenne envie de chier, il faut aller chier ou crever. Ah ! maudit chier ! Je ne sache point de plus vilaine chose que de chier. Voyez passer une jolie personne, bien mignonne (1), bien propre ; vous vous récriez : « Ah ! que cela serait joli si cela ne chiait pas ! »

Je le pardonne à des crocheteurs, à des soldats aux gardes, à des porteurs de chaise et à des gens de ce calibre-là. Mais les empereurs chient, les impératrices chient, les rois chient, les reines chient, le pape chie, les cardinaux chient, les princes chient, les archevêques et les évêques chient, les généraux d’ordre chient, les curés et les vicaires chient. Avouez donc que le monde est rempli de vilaines gens ! Car enfin, on chie en l’air, on chie sur la terre, on chie dans la mer. Tout l’univers est rempli de chieurs, et les rues de Fontainebleau de merde, principalement de la merde de Suisse, car ils font des étrons gros comme vous, Madame.

Si vous croyez baiser une belle petite bouche avec des dents bien blanches (1), vous baisez un moulin à merde. Tous les mets les plus délicieux, les biscuits, les pâtés, les tourtes, les farcis, les jambons, les perdrix, les faisans, etc., le tout n’est que pour faire de la merde mâchée, etc.

____________________________________________________ 

 

(1) : Par ailleurs, je remarque ( mais pas les historiens)  que la Princesse Palatine parle des femmes et des jeunes filles comme si elle était de la fanfare (comme on dit aujourd'hui) . Mais bon, ça n'a rien à voir avec le sujet.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 > >>