Roméo et Juliette 2009
JULIETTE. - N’es-tu pas Roméo et un Montaigu ?
- Tu es là ? au fait Carlus, ça signifie quoi ? Charles ?
ROMÉO. - Ni l’un ni l’autre, belle vierge, si tu détestes l’un et l’autre.
- Oui, mais j’ai un deuxième prénom, si tu n’aimes pas celui-là
JULIETTE. - Comment es-tu venu ici, dis-moi ? et dans quel but ? Les murs du jardin sont hauts et difficiles à gravir. Considère qui tu es : ce lieu est ta mort, si quelqu’un de mes parents te trouve ici.
- Je peux te poser une question : Tu m’as dit que tes filles s’amusaient sur ce genre de site, tu n’as pas peur que ce soit pour t'espionner ?
ROMÉO. - J’ai escaladé ces murs sur les ailes légères de l’amour : car les limites de pierre ne sauraient arrêter l’amour, et ce que l’amour peut faire, l’amour ose le tenter ; voilà pourquoi tes parents ne sont pas un obstacle pour moi.
- Si c'est le prix à payer pour te rencontrer, je veux bien prendre le risque de me faire espionner par ces deux chipies !
JULIETTE. - S’ils te voient, ils te tueront.
- Que diraient-elles si elles apprenaient que leur papa "drague" (oouh, quel vilain mot) sur Meetic ?
ROMÉO. - Hélas ! il y a plus de péril pour moi dans ton regard que dans vingt de leurs épées : que ton oeil me soit doux, et je suis à l’épreuve de leur inimitié.
Ben, elles diront ce qu'elles voudront, je n'ai pas peur d'elles. De toute façon tôt ou tard il faudra bien qu'elles se fassent à l'idée !
JULIETTE. - Je ne voudrais pas pour le monde entier qu’ils te vissent ici.
- En tout cas ça m’embêterait beaucoup pour toi si elles ont eu connaissance de notre séance cam d'hier ! lol
ROMÉO. - J’ai le manteau de la nuit pour me soustraire à leur vue. D’ailleurs, si tu ne m’aimes pas, qu’ils me trouvent ici ! J’aime mieux ma vie finie par leur haine que ma mort différée sans ton amour.
- Je suis caché derrière mon pseudo ! Je pourrais nier qu’il s’agit de moi !
JULIETTE. - Quel guide as-tu donc eu pour arriver jusqu’ici ?
- A propos (excuse-moi si je suis indiscrète) qu'est-ce qui t'a amené sur ce site ? pas de rencontres dans le monde réel ?
ROMÉO. - L’amour, qui le premier m’a suggéré d’y venir : il m’a prêté son esprit et je lui ai prêté mes yeux. Je ne suis pas un pilote ; mais, quand tu serais à la même distance que la vaste plage baignée par la mer la plus lointaine, je risquerais la traversée.
- Le hasard ! La déesse Fortuna qui est si souvent la complice de Cupidon ! Et puis, non, pas trop de rencontres dans le "monde réel" : trop vieux pour aller en boîte, trop fainéant pour le club de sport, trop mauvais pour la chorale et j'ai cherché en vain à bousculer au coin de ma rue une jolie femme avec des dossiers sur les bras, comme dans les films romantiques...
JULIETTE. - Le masque de la nuit est sur mon visage ; sans cela, tu verrais une virginale couleur colorer ma joue, quand je songe aux paroles que tu m’as entendue dire cette nuit. Ah ! je voudrais rester dans les convenances ; je voudrais, je voudrais nier ce que j’ai dit. (...) ; mais crois-moi, gentilhomme, je me montrerai plus fidèle que celles qui savent mieux affecter la réserve. J’aurais été plus réservée, il faut que je l’avoue, si tu n’avais pas surpris, à mon insu, l’aveu passionné de mon amour : pardonne-moi donc et n’impute pas à une légèreté d’amour cette faiblesse que la nuit noire t'a permis de découvrir
- Hier, je suppose que tu m’as trouvé trop… entreprenante ? je ne suis pas comme ça d’habitude...
ROMÉO. - Madame, je jure par cette lune sacrée qui argente toutes ces cimes chargées de fruits !….
- Non, pas du tout, je te le jure ! j'ai beaucoup apprécié qu'on se laisse comme ça emporter par l’ambiance !
JULIETTE. - Oh ! ne jure pas par la lune, l’inconstante lune dont le disque change chaque mois, de peur que ton amour ne devienne aussi variable !
- Lol ! on dira ça comme ça ! En fait tu avais déjà une idée précise derrière la tête en me proposant de brancher ma cam
ROMÉO. - Par quoi dois-je jurer ?
- Non, vraiment... je te jure…
JULIETTE. - Ne jure pas du tout ; ou, si tu le veux, jure par ta gracieuse personne, qui est le dieu de mon idolâtrie, et je te croirai
- lol ! bon, alors c’est bien ce que je disais : c’est moi ! ma réputation de femme sérieuse va en prendre un sacré coup ! lol
ROMÉO. - Si l’amour profond de mon coeur..
Et la mienne alors ?! je ne suis pas un homme facile lol ! je ne me laisse pas faire d’habitude ! lol
JULIETTE. - Ah ! ne jure pas ! Quoique tu fasses ma joie, je ne puis goûter cette nuit toutes les joies de notre rapprochement ; il est trop brusque, trop imprévu, trop subit, trop semblable à l’éclair qui a cessé d’être avant qu’on ait pu dire : il brille !…. Doux ami, bonne nuit ! (...)… Bonne nuit, bonne nuit ! Puisse le repos, puisse le calme délicieux qui est dans mon sein, arriver à ton coeur !
- Bon, il est tard ! je tombe de sommeil ! Je te souhaite une douce nuit, mon amour (je peux ?)
ROMÉO. - Oh ! vas-tu donc me laisser si peu satisfait ?
Oui tu peux, ma chérie ! :-) tu t'en vas déjà ? tu n’aurais pas envie de brancher ta web cam juste quelques minutes ?
JULIETTE. - Quelle satisfaction veux tu obtenir cette nuit ?
- Ecoute, je suis certaine que si on recommence ce soir, ce sera moins naturel, moins spontané qu’hier…
ROMÉO. - Le solennel échange de ton amour contre le mien.
- Alors, fais moi la promesse que tu la branches dès le début, la prochaine fois
JULIETTE. - Mon amour ! je te l’ai donné avant que tu l’aies demandé. Et pourtant je voudrais qu’il fut encore à donner.
- Promis ! D'ailleurs hier c'est moi qui ai pris l'initiative...! je veux juste ne pas gacher ce petit moment magique de perte de contrôle… dans les bras d’une web cam ! loool !
- Rire ! Ok alors je te souhaite une bonne nuit pleine de rêves érotiques
- Merci, une douce nuit à toi ! à demain
Couvre-feu
A 21 heures, extinction des feux, tout le monde rentre chez soi. Sauf Giacomo et sa Mamma !
Les doutes du leader maximo
Jean-Luc Mélenchon à RTL Soir le 14 mai 2020 :
"Pour 2022, je sais que j'ai une décision à prendre. Je la prendrai le moment venu. Mais il faut aussi avoir un peu d'humilité devant la vie : avec le Coronavirus, nul ne peut savoir ce que seront les prochains mois. "
" Etre ou ne pas être candidat, telle est la question.
Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir un nouvel échec et le dédain d’électeurs outrageants, ou bien à faire le bilan d’une carrière trentenaire et à y mettre fin ?
Renoncer… partir... dégager… et dire que, par ce départ, je mets fin aux supplices de Tantale et de Sisyphe qui furent le lot de ma vie politique : c’est là un dénouement que je devrais souhaiter avec ferveur.
Partir… prendre du recul... une retraite méritée.…
Oui, mais...
Quel plaisir pourrait bien venir d'une retraite certes dorée mais débarrassée du tumulte de la vie politique ?
Et qui reprendra le flambeau ? Qui saura, comme moi, manier l'injure et la menace, insulter la presse et humilier le bourgeois ?
Qui d'autre que moi pour déclencher le bruit et la fureur?
Qui pour dénoncer l'injustice de la loi, l’insolence du pouvoir, et rappeler le caractère sacré de ma personne tout en réclamant que les autres soient traités comme des citoyens ordinaires ?
Qui, à part moi, pourrait tout à la fois porter le gilet jaune de la colère, grogner contre le Juif et flatter le Maure ?
Qui d'autre que moi pourrait demain partir explorer la Terreur, cette terre à nous promise d’où nul opposant ne revient ?
Qui, hormis moi, aura l'audace d'extirper ce pays du Vieux continent pour mieux l'implanter dans le Nouveau monde ?
En vérité, aucun de nains qui me suivent n'est de taille à reprendre le flambeau ! Et il faudrait que je me désigne moi-même comme une victime du dégagisme ?
Oui, mais...
Faut-il prendre le risque d'affronter les affres de la défaite et l'ultime humiliation de sortir de l'Histoire par la porte des vaincus ? Laisser le souvenir d'un loser, d'un éternel perdant qui toute sa vie montra des crocs qui jamais n'ont mordu ?
Après tout, la trace laissée dans l'histoire des hommes n'est pas toujours corrélée à l'exercice du pouvoir. Qui se souvient des dirigeants du temps de Jaurès ? Qui connait le nom de celui qui succéda à Blum ?
Renoncer à l'action. Devenir une référence. Passer le reste de ce qui me reste à vivre comme un vieux sage respecté de tous, y compris (et peut-être surtout !) de ses adversaires, une icône que l'on viendrait visiter juste pour la photo et à qui l'on confierait des présidences d'honneur et des titres honorifiques...?
Les promesses de la victoire nous donnent des ailes, le risque de la défaite fait de nous des lâches.
Théâtre : Covid ou la Colère divine
- Belzébuth : Salut Carlus, je viens me reposer un moment chez toi ! Ca ne te dérange pas ? Ch’uis crevé, lessivé…
- Carlus (surpris) : Vous… ?
- Belzébuth : ben oui, moi ! Tu ne me reconnais pas ?
- Carlus (tremblant) : Oui mais, que venez-vous faire...ici ?
- Belzébuth : Ben, je viens de te le dire : je suis venu pour me…
-Carlus : pour m'emmener, c'est ça ?
-Non, non, rassure-toi, je suis venu pour gérer mon business, c'est tout
-Votre business...? mais bien sûr, suis-je bête ! J’aurais dû me douter que vous étiez derrière tout cela !
- Derrière tout quoi… ?
- Ben, cette épidémie… cette hécatombe !
-Non, du calme, l'ami, je n’y suis pour rien ! je suis là juste pour recenser et planifier le flux de ceux que j’aurai la charge de recevoir ces prochaines semaines
- Oh mon Dieu ! Je suis… sur la liste ?
- NE PRONONCE PAS Son nom devant moi, s’il te plaît ! De quelle liste parles-tu ?
- Ben, de la liste de ceux que vous êtes venu recenser
- Ah, si tu y es ou pas, j’en sais rien ! Ce n’est pas une liste nominative. En fait, je tente de réguler les flux afin d'éviter les pics de réception chez nous. Nos salles d’attente sont déjà bondées !
- Les salles d’attente… ?
- Ben oui, il faut bien analyser les âmes des primo-arrivants pour les dispatcher entre les différentes salles de supplice. Et ça prend du temps, je te dis pas !
- Ils ne se plaignent pas d’attendre, quand même, les arrivants ?
- Non, seulement ils ne se plaignent pas, mais ils veulent faire durer le plaisir, on dirait ! Entre ceux qui font appel pour vices de formes, ceux qui affirment être victimes d’homonymie et ceux prétendent qu’il y a tromperie sur la marchandise parce qu’on leur aurait promis des vierges, nos centres d’orientation ne désemplissent pas en ce moment ! Non, il faudrait étaler tout cela dans le temps !
- Donc, vous n’êtes pas du tout à l’origine de cette épidémie ?
- Ben, t’es vraiment con, Carlus ! Il y a des indices, quand même : une épidémie qui épargne bébés, enfants et ados…
- Mais oui, ça paraît évident, à présent que vous le dîtes ! C’est comme si on disait qu’Hitler avait décidé d’épargner les bébés et les enfants…
- Ben oui, mon con ! Tu penses bien que si c’était moi, j’aurai commencé par les bébés et les enfants…. Mmm !
- Mais c’est qui alors ? Ne me dites que pas c’est… Lui !
- Ben oui , je crois bien que c'est Lui ! Si j’en crois mes sources, Il aurait détecté un bug dans votre programme, dans votre ADN, et ça l’énerve beaucoup.
- Mais c’est une attaque extérieure, notre ADN n’y est pour rien
- je constate que tu es resté toujours aussi con, mon pauvre Carlus
- Carlus (vexé mais curieux): Je ne demande qu’à m'améliorer ! Quel est le rapport avec notre ADN ?
- Bon, tu m’offres l’hospitalité, alors je peux bien prendre deux minutes pour t’expliquer
- Eeuuhh… pour l’hospitalité, je n’ai pas encore…
- Alors dis-moi, le jour où le Créateur (pouaahh !) a décidé d’en finir avec la reproduction par division cellulaire, c’était une bonne chose ou pas, à ton avis ?
- Une bonne chose, oui, bien sûr, la division cellulaire ne permettait pas aux organismes d’évoluer.
- Exactement ! Donc il a décidé de passer à la reproduction sexuée, de façon à mélanger les ADN, l’hérédité, tout ça et faire en sorte que la progéniture ne soit pas identique au géniteur.
- Ah oui, la reproduction sexuée a été très bonne décision dont nous avons tous à nous réjouir à plus d’un titre !
- Belzébuth (sourire en coin) : "A plus d’un titre"… Ouais… pas ces jours-ci pour toi, il me semble !
- Comment savez-vous… ? Non, mais c’est à cause d'elle ! Elle est stressée, anxieuse…
- Ben voyons… ! je t’ai pas entendu insister, non plus ! Tu vois bien que quand je t’appelle Couilles molles, c’est pas une insulte, c’est juste une constatation.
- Mouais... Bref, en attendant j’aimerais bien savoir quel est le rapport entre la reproduction sexuée et cette épidémie
- Oui, je disais donc : A partir du moment où le descendant n’est pas identique à ses géniteurs, on entre dans un monde nouveau : celui de la sélection naturelle.
- Ah oui, oui je vois..! Vous voulez dire que cette épidémie nous a été envoyée pour éliminer les plus malades et les plus vieux d’entre nous ?
- Mais non, Ducon, c’est pas aussi simple que ça ! Déjà parce qu’aujourd’hui les plus faibles, c’est-à-dire les moins adaptés à leur environnement, ce ne sont pas les plus vieux, ce sont les plus cons !
- Ben alors je ne comprends rien ! C’est quoi alors l’utilité darwinienne de cette épidémie ?
- Selon ce qui m'a été raconté, Il comptait vraiment sur ce principe de sélection naturelle pour faire de vous, de son peuple (moi je dis de ses pitoyables pantins, mais ça n’engage que moi) quelque chose de sublime, de grandiose, bref quelque chose de ressemblant à ce qu’il croit être son image !
- Et alors ?
- Et alors, (je précise bien que tout cela m’a été rapporté, je n’invente rien) il vient de s’apercevoir que les plus cons, donc les moins aptes à faire progresser l’humanité, sont les croyants les plus fervents, ceux qui ont le plus la foi en Lui. Ca l’a foutu dans une rogne, je te raconte pas !
- Ah merde ! Mais… C’est le cas depuis longtemps, non ?
- Mais oui, depuis toujours je le répète sans arrêt ! Il faut qu’Il soit vraiment con pour s’en apercevoir seulement maintenant !
- Et même si c’était vrai, sa réaction n’a aucun sens, tout le monde est touché par le virus, pas seulement les cons et les fidèles !
- Ben, tu le connais mon pauvre ami, quand il est colère, c’est pas le genre à faire dans le détail
- Oui c’est vrai, entre le Déluge, Sodome et Gomorrhe et les douze plaies d’Egypte, on peut dire qu’il ne craint ni d’essentialiser les gens, ni les amalgames
- Allez, déprime pas, mon Carlus ! Il vous laisse les jeunes pour prendre la relève
- Les jeunes ? oui, bonne idée, inspirés par leurs idoles Booba, Karis, Akenaton et Nekfeu
- Belzébuth (Rires) : T'as oublié Francky Vincent !
- Oui, vous avez raison, moquez-vous !
Houla, tu ne serais pas en train de nous faire une petite déprime, là, mon Carlus ?
- Je peux vous poser une question personnelle ?
- Vas-y, c'est gratuit
- Carlus : Je suis sur la liste ou pas ?
- Belzébuth : J’en sais rien, mon pote ! Mais si c’est le cas, demande pour moi, je t'aime bien, je vais te pistonner pour t’éviter le pire des supplices.
- Carlus : Ah oui ? C’est quoi ?
- Belzébuth : Un truc atroce qu’on vient tout juste de créer : passer l’éternité à écouter des politiciens de merde t’expliquer que s’ils avaient été au pouvoir, il n’y aurait pas eu un seul mort en France. C'est insupportable !
Lucifer recrute
Lucifer
- Salut Carlus, je passais par là et j’ai vu de la lumière….
Carlus
- Ah non, merde !!! encore vous ? il n’y a que chez moi qui soit éclairé dans ce pays ???
Lucifer
- Ben oui, les insomniaques ne sont pas si nombreux que ça ! à cette heure, tout le monde dort !
Carlus
- Et les bars à putes ? Et les meetings du Front National ? Et les réunions de salafistes ? Et les beuveries de hooligans racistes ?
Lucifer
- Oui oui, mais c'est pour plus tard ! Avant, je veux voir les vraies gens ! Je veux d’abord échanger, m’enrichir au contact de la base !
Carlus
- Vous enrichir ? Avec moi ? Hé bien, je crois que cette fois vous vous êtes trompé de fenêtre, mon vieux !
Lucifer
- Détrompe-toi Carlus ! Il n’y a rien de plus enrichissant que de discuter avec un connard !
Carlus
- Ah oui, d’accord… ! Je vois...
Lucifer
- Non-non, s’il te plaît, ne le prends pas mal, Carlus ! C’est la bonne catégorie, celle des braves gens ! L’autre catégorie, c’est celle des assassins !
Carlus
- Beaucoup moins nombreuse, donc, que la catégorie à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir.
Lucifer
- Oh moins nombreuse, ne crois pas ça ! Quantitativement, ça représente beaucoup de monde ! Je précise que dans la catégorie des assassins, tous ne passent pas à l’acte. Faute d’occasion ou par lâcheté !
Carlus
- Alors dans ce cas, j’en fais partie, ! J’ai souvent des envies de meurtres !
Lucifer
- Oui, mais ça c’est humain, c’est… c’est typiquement connard même ! Non, je parle de ceux qui ont vraiment envie de tuer ! de ceux qui regardent des femmes et des enfants dans la rue et se disent qu’ils méritent la mort, de ceux qui n' envisagent l' organisation des sociétés humaines que comme une machine à contraindre, à broyer, à tuer !
Carlus
- Ah oui, vous venez voir les Hitler, les Staline, et les Baghdadi… !
Lucifer
- Noon, ceux-là, ce sont les modèles, les couillus, ceux qui, au moment de frapper ou d’en donner l’ordre, n’ont pas un geste d’hésitation ! Les leaders, les chefs, quoi ! Ils n’ont pas besoin de moi. C'est pas eux que je suis venu voir.
Carlus
- Et... c'est qui, alors ?
Lucifer
- Ceux qui m'intéressent, ceux que je suis venu encourager, ce sont les petits, les jeunes de banlieues amateurs de tournantes, les twittos et les facebookeurs qui harcèlent en meute, ceux qui diffusent sur les réseaux sociaux la vidéo du viol collectif d’une copine de classe, ceux qui se masturbent en regardant des vidéos de décapitation et de lapidation, ceux qui envoient des menaces de mort , ceux qui…
Carlus
- OK OK… ! Vous êtes venu recruter des militants, en quelque sorte ?
Lucifer
- Oui, la période est propice aux rêves de domination et de massacre ! Il faut juste détecter et encadrer ceux qui sont susceptibles de devenir les futurs leaders !
Carlus
- Ah cette fois, vous êtes mal tombé, je crois ! Dans la France d’aujourd’hui, personne n’a envie de massacrer ! Le Front National affirme être un "bouclier pour les citoyens juifs français" et le salafiste dit être le représentant d’une religion de paix et de tolérance.
Lucifer
- Ah tu crois ça, toi ? t’es vraiment un… comment dire ?
Carlus
- Un connard, je sais, vous me l’avez déjà dit !
Lucifer
- Oh pire que ça, je crois ! Je me demande si tu n’es pas un gentil !
Carlus
- Oh ben, si vous me laissez le choix, je choisis "gentil" oui !
Lucifer
- Tu crois vraiment que ceux qui se réclament de systèmes politiques ou religieux qui ont fait des monceaux de morts par le passé sont devenus sages et ne recommenceront pas à massacrer si on leur en donne l’occasion ?
Carlus
- Ben… Les héritiers français d’Hitler jurent qu’ils ne sont ni racistes, ni antisémites, qu’ils sont de vrais démocrates et opposés à toute forme de violence…
Lucifer
- Ah, je les adore, ceux-là ! Le seul problème est qu'ils sont trop connus maintenant ! Ils sont devenus LA référence ! A part quelques débiles profonds, personne ne peut croire qu’ils ont vraiment changé ! Même le fameux "vote protestataire" est le fait de gens qui savent qui ils sont et ce qu'ils feraient s'ils étaient élus !
Carlus
- Vous croyez, vraiment ?? ! Hier encore, Marion…
Lucifer
Ha, c’est vrai, j’oubliais celle-là ! C’est moi qui l’ai découverte ! Quel trait de génie j’ai eu !!!
Carlus
C’est la relève de sa tante ?
Lucifer (fier)
- La relève de son grand-père ! Elle va attirer avec ses discours tous ceux qui suivaient le grand-père et qui savent qui elle est et, en même temps, des millions de gens séduits par son visage angélique de gentille fille romantique qui ne ferait pas de mal à une mouche ! Moi-même j’ai craqué sur son visage de jeune fille sérieuse et sage !
Carlus
- Et à part ça, qui venez vous encourager ?
Lucifer
- Les marxistes ! En termes de probabilité, j’y crois pas beaucoup mais il ne faut négliger aucune piste.
Carlus
- Ah non ! Vous avez dit que ce sont les intentions qui comptent ! Ceux-là ont de bonnes intentions, on ne peut pas le nier !
Lucifer
- Bien sûr, mon cher Carlus et ça, c’est beaucoup plus efficace pour le même résultat quant au nombre de morts ! Tu essaies de protester en disant "mais on ne peut pas faire cela à un être humain"…" et ils te répondent " Tu es pour le chômage ? pour la misère ? pour les injustices ? C’est ça que tu veux ?" Et toi, tu fermes ta gueule, tu fermes les yeux et tu les laisses massacrer en paix.
Carlus
- Oui, mais les intentions du militant de base sont nobles, quand même !
Lucifer
- Tu es déjà assez con comme ça, Carlus, pas besoin d’en rajouter une couche ! Qui peut penser cela sérieusement ? Le militants de base, comme tu dis, c'est quelqu'un qui n'a rien lu, rien regardé, rien entendu de ce qui s’est passé dans le monde depuis un siècle ?
Carlus
-Ouais… chais pas !
Lucifer
- Non crois-moi, ce sont des gens qui rêvent, de façon plus ou moins avouée, de violences et de sang, de bruit et de fureur, comme disait l’autre, des gens qui se voient dans leurs rêves punir et torturer les gens qu’ils n’aiment pas, exécuter sans procès ceux qui s’opposeront à eux ! Ca a marché pendant plus de cent ans sur la moitié de la planète ! Personne ne peut l’ignorer et penser que le marxisme, quelles que soient ses obédiences, pourrait aboutir à autre chose que ce à quoi elle a abouti jusqu’ici !
Carlus
Et qui encore, pour gonfler vos effectifs ?
Lucifer
- Les plus prometteurs ! Tu les connais et tu ne les aimes pas, je sais : les religieux fanatiques et spécialement la branche qui prédispose actuellement le plus au fanatisme, l’Islam ! Ceux-là, ce que j’aime chez leurs fanatiques, c’est qu’ils n’ont pas besoin de te promettre quoi que ce soit. Ils sont détenteurs de la parole divine, et le monde doit leur obéir et accepter les massacres, la soumission, l’esclavage, le viol institutionnalisé, le fouet, les mutilations, et la lapidation… Et, ils l’affirment en hurlant : toutes ces règles de vie ont été établies par un Dieu plein de miséricorde !
Carlus
- Oufff, tout le monde y passe, identitaires, marxistes, islamistes... Vous n’avez pas l’impression d’être un tantinet misanthrope, là ?
Lucifer
- Crois-moi, Carlus, je suis bien placé pour le savoir : Il y a de la haine dans le cœur des hommes, beaucoup de haine, de la haine aveugle, de la haine infinie, de la haine tous azimuts, de la haine cannibale ! Homo homini lupus, c’est pas moi qui l’ait inventé !
Carlus
- Oui, mais à côté de ça, il y a... !
Lucifer
- Il y a quoi ??? Il y a le procès de ces proxénètes qui torturaient des filles de l’Est. Pour les forcer à se prostituer, ils les violaient à dix, à vingt, ils les battaient tant et tant que selon un témoin, au bout d’un moment elles ne ressentaient plus rien et étaient insensibles aux coups… alors ils leur enfonçaient des clous sous les ongles avec un marteau…
Carlus
- Arrêtez, ça suffit ! Quel rapport avec notre propos ?
Lucifer
- Ces mecs-là, pendant leur procès, ont tenté de mettre en avant qu’ils étaient de braves pères de famille et, de fait, certains d’entre eux avaient des épouses et des enfants qu’ils aimaient !
En situation de guerre, les braves gens tortionnaires, tu les retrouves dans tous les camps ! Chez les nazis, bien sûr ! Mais chez les communistes aussi ! Eh oui, on n’a jamais eu du mal à trouver des tortionnaires chez ceux qui rêvaient d’un avenir radieux pour l’humanité ! Lis Soljenitsine : l’épouse du dissident est envoyée elle aussi au Goulag. Pendant tout le trajet qui dure plus d’une semaine, elle sera abondamment violée par les délinquants entassés avec elle dans le wagon à bestiaux et, arrivée au camp, violée encore par les gardiens membres du parti qui appellent ça en riant "le droit d’entrée" et ensuite…
Carlus
- Non, ça suffit le musée aux horreurs ! S’il vous plaît, arrêtez… !
Lucifer
- Et ces gens qui sont partis en Syrie, violer, crucifier, massacrer, réduire en esclavage sexuel des gamines parfois de huit, dix ou douze ans, c’est pas de la bonne recrue, ça ? Des gens qui filment et diffusent sur internet des décapitations, des mises à mort lentes filmées comme des spectacles : celui-là enfermé dans une cage et plongé dans une piscine et on filme son visage, l’autre brûlé vif dans sa cage qui saute qui s'agrippe aux barreaux sous les fous-rires du public, un autre encore jeté du haut d’un immeuble avec caméra sur le toit de l’immeuble et une autre au sol… Et ces vidéos, diffusées sur Internet, sont des vidéos de PROPAGANDE ! Oui oui oui, mon cher, ces vidéos diffusées sur Internet incitent des jeunes à rejoindre leur rang !
Carlus
- Non…!!??
Lucifer
- Mais oui, Ducon ! Des jeunes gens et des jeunes filles regardent le visage terrifié d’un homme en train d’être lentement décapité, le spectacle de paysans chrétiens crucifiés et ils brûlent d’envie de rejoindre le camp des bourreaux pour participer aux festivités ! ET puis il y a aussi…
Carlus
- Non, arrêtez, arrêtez ! Je vous demande de vous arrêter… !
Lucifer
- Oui bon OK j’arrête, couille molle ! de toute façon, il faut que j’y aille, là ! On papote, on papote et moi je suis déjà en retard !
Carlus
- Vous allez où ? Je peux venir ?
Lucifer
- Non, tu peux pas ! Là où je vais, les gentils connards ne sont pas admis !
Paradoxes et égoïsme
Petite scène de ménage illustrée par des citations d'auteurs
Elle - Tu as passé une bonne soirée ? comment tu trouves ma copine Sylvie ? sympa non ?
Lui - Ouais sympa...bof !! Tu sais, le paradoxe quand elle dit que son mec est un égoïste qui ne s'occupe pas assez d'elle, est qu'en disant cela elle réclame de lui quelque chose pour elle seule, pour son seul bénéfice, donc c'est elle l'égoïste en fin de compte.
Eugène Labiche : Un égoïste ? quelqu'un qui ne pense pas à moi.
Elle - Non! le paradoxe est qu'il vit avec elle comme s'ils étaient en couple mais ne partage rien avec elle et la considère comme un meuble, rien de plus.
Jean Dutourd : " ELLE : Je me sens si seule !... LUI : Moi, pas assez.
lui - Mais non ! le paradoxe est que lui, le prétendu égoïste, il vit avec elle à sa façon à lui et la laisse vivre à sa façon à elle, alors qu'elle, elle voudrait non seulement vivre à sa façon mais en plus lui imposer sa façon de vivre !
Oscar Wilde : "L'égoïste n'est pas celui qui vit comme il lui plaît, c'est celui qui demande aux autres de vivre comme il lui plaît"
Elle - Le paradoxe est que s'ils vivaient tous les deux à sa façon à lui, ils ne seraient que des colocataires ! alors que s'ils vivaient tous les deux à sa façon à elle, ils formeraient un vrai couple ! et je suis sûr qu'elle le rendrait heureux!
Simone de Beauvoir : "Elle ne cherchait pas le plaisir d'autrui. Elle s'enchantait égoïstement du plaisir de faire plaisir."
Lui - le paradoxe est que dans ce cas ils formeraient un couple qui aurait l'air de résulter de la volonté des deux alors que c'est elle seule qui déciderait ce que contient ou pas la notion de couple. C'est ca votre problème, à vous les femmes, imposer aux mecs votre vision du couple et les obliger à dire que c'est d'un commun accord!
Tahar Ben Jelloun : " La vie de couple repose sur un leurre, une agression. Il s'agit pour chacun des deux comparses de prendre possession de l'autre, de relever un défi : "Comment le changer ? Comment le faire devenir moi ?"
Elle - "Les femmes" ??? Ca, ça veut dire que tu es énervé, mon gars ! Alors laisse moi te dire : moi, je trouve que le paradoxe chez vous les mecs c'est de vouloir dire "je suis en couple, mais je garde ma liberté, je sors avec ma bande de copain, je ne participe pas aux corvées liées à la vie de couple ! Mais mais mais... je suis en couple !"
Bref, le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière pendant qu'on la baise ! Voilà la philosophie de la plupart des mecs ! L’égoïsme fondamental, il est là !
Claude Roy : " C'est un ménage à quatre : lui, elle, l'idée qu'elle se fait de lui et l'idée qu'il a d'elle."
Lui- Non, arrête là ! on discute gentiment et tu t'énerves ! je vais te le dire, moi, madame, où il est l’égoïsme fondamental : un homme qui est amoureux d'une femme à envie d'aimer cette femme ! alors qu'une femme qui est amoureuse d'un homme a envie d'être aimée de lui ! C'est ça le paradoxe féminin suprême ! Un homme dit à une femme en substance "je vais te rendre heureuse" alors qu'une femme dit "rends moi heureuse !" Et c'est pour cela que je dis que vous avez une conception fondamentalement égoïste de l'amour !
Elle - Alors là je trouve vraiment dégueulasse de dire ça ! C'est nous qui prenons à notre charge 80% des contraintes du couple! le ménage et les enfants, la préparation des vacances, les réunions parents-professeurs, c'est nous, la plupart du temps ! vous continuez à voir vos anciens copains alors que nous on perd de vue toutes les bonnes copines qu'on avait avant! vous continuez à faire du sport alors que nous on a abandonné depuis longtemps la danse moderne et le yoga qu'on faisait avant de vous connaître!!! Tout cela pour s'entendre dire que c'est nous qui sommes égoïstes et que nous ne souhaitons que d'être aimées sans rien donner en retour ???
Jules Renard : "Un véritable égoïste accepte même que les autres soient heureux, s'ils le sont à cause de lui."
lui - Mais tout ça, vous aimez cela, ma chérie ! tous les trucs dont tu viens de parler, c'est des trucs qui barbent un homme mais qui donnent à une femme l'impression de vivre une vraie vie de femme ! Regarde toi comment tu fonctionnes : dès que tu es un peu stressée au boulot, tu te mets à briquer la maison de fond en comble ! Et tu veux présenter cela comme un sacrifice fait sur l'autel de l'amour et du couple?
Elle - Alors là... jamais rien entendu de si grotesque ! D'abord si je nettoie la maison dans ces moments-là c'est que j'ai horreur de stresser dans la crasse et le bordel d'un autre, si tu vois ce que veux dire...!
Lui - le téléphone sonne ! tu réponds ?
Elle - Allo, oui ...? c'est Sylvie ! elle appelle pour savoir si nous sommes bien rentrés ! Elle te fait un bise, elle dit qu'elle te trouve très sympa !
Lui - Fais lui une bise de ma part aussi ! et dis lui que j'ai été heureux de faire la connaissance de la fameuse copine de lycée avec qui tu as fait les "quatre cents coups" !!!
Elle - Elle a entendu ! Elle te dit merci et bonne nuit !
Lui - Au fait dis moi ! les "quatre cents coups" en question que tu évoques chaque fois que tu parles d'elle, c'est quoi au juste ?
Elle - Ah non !!! on ne va pas recommencer avec ça...!!! tant qu'a se fâcher, je préfère que ce soit sur le paradoxe du couple..!
Sacha Guitry : "Si le plus grand plaisir des hommes est de se payer les corps des femmes, le plus grand plaisir des femmes est de se payer la tête des hommes."
Crise grecque : Ulysse revient !
ACTE I SCENE I
Contexte : Les cités grecques sont l’objet de menaces persistantes et d’agressions répétées de la part d'ennemis venus de la Finance. Les Grecs se sont regroupés une fois de plus sous la houlette d’Agamemnon. Celui-ci, en désespoir de cause fait appel, cette fois encore, au rusé Ulysse.
Lieu : la grande salle du Conseil
Agamemnon est assis sur son trône, l’air abattu. Ses conseillers, silencieux, tournent en rond, la tête basse, l’air pensif.
Arrive Ulysse
Agamemnon : Ah te voilà, Ulysse, nous attendions ta venue avec impatience
Ulysse : Salut à toi, Agamemnon ! que se passe-t-il ? Que réclame cette foule dehors ?
Agamemnon : Tu ignores donc les menaces dont nous sommes l’objet ? Les nouvelles ne parviennent donc pas jusqu’à Ithaque ?
Ulysse : Non, hélas, malgré la promesse des dieux, nous n’avons toujours pas la fibre optique. Je passe mes soirées à faire des points de croix avec Pénélope. J’ai dû terminer mon l'ouvrage avant de pouvoir te rejoindre, ce qui explique mon retard.
Agamemnon : Ah je vois... Heureux qui comme Ulysse a fait un long ouvrage
Ulysse : (Oui, bon, ça commence bien !) dis moi l’objet de ta convocation, ô Grand Roi ! Tu as l’air inquiet.
Agamemnon : Je le suis Ulysse ! depuis quelques mois nous sommes l’objet d’attaques incessantes de la part de nos ennemis et je ne sais plus quoi faire ! Le peuple gronde, certains appellent déjà à l'insurrection.
Ulysse : Qui sont donc ces insensés qui osent s’en prendre à toi, ô Grand Roi ?
Agamemnon : les banques, la Bourse, la Finance … que sais-je encore ? nos créanciers, quoi !
Ulysse : Vos créanciers ? Que vous veulent-ils donc ? Quelle peut bien être la raison de leur hostilité ?
Agamemnon : Ben… comment dire ? Nous n’avons plus la capacité de les rembourser, ils menacent donc de ne plus nous prêter la moindre drachme à l’avenir.
Ulysse : Ben... ça parait normal, non ?
Agamemnon : Merci beaucoup, Ulysse, pour cette fine analyse ! Si t’as envie de te marrer, on peut aussi danser le Sirtaki ! Comme ça, nous au moins mes conseillers et moi pourrons participer à la poilade…
Ulysse : Ne te vexe pas, vaillant Agamemnon ! Voyons, qu’est ce qui s’est passé pour que vous en soyez arrivé à cette situation de faillite ? La malédiction de Zeus, la grippe AH1N1, le redoutable virus Ebola ?
Agamemnon : Non, non, rien de tout cela ! Je crains que nous n’ayons été trop sympas ces dernières années…
Ulysse : Ah moi je l’ai toujours dit à mes sujets : en politique : trop bon, trop con ! Mais... ça ne te ressemble pas beaucoup. Ca veut dire quoi concrètement "trop sympas" ?
Agamemnon : ben, chais pas, moi ! Nous avons 25 % de fonctionnaires, par exemple…
Ulysse : Par Zeus ! Un grec sur quatre est fonctionnaire ??? mais avec quoi les payez-vous ? les impôts doivent être insupportables...!
Agamemnon : ben.. non, justement... tu sais, les impôts, nous on n'aime pas beaucoup ça, ici !
Ulysse : mais avec quoi les payez-vous, bordel ?
Agamemnon : mais avec les prêts, la dette, le déficit… avec nos créanciers, quoi ! tu ne comprends donc rien ?
Ulysse : Ah oui, bien sûr bien sûr ! Ah putain ! 25 % de mecs payés douze mois pour en bosser huit, c’est quand même lourd comme fardeau…
Agamemnon : Euuhhh… ils ne sont pas payés douze mois, Ulysse…
Ulysse : Ah quand même ! je me disais bien…
Agamemnon : ils sont payés quatorze…
Ulysse : quatorze… quoi ?
Agamemnon : quatorze mois !
Ulysse : Ah la vache !!!! ah putain !!!! Par la foudre de Zeus ! bon pas de panique, restons calmes, gardons notre sang-froid, on en a vu d’autres ! Autre chose encore ?
Agamemnon : Oh des bricoles... quinze jours d'absence pour cause familiale par an sont payés sans justificatif. Ils les prennent tous évidemment.
Ulysse : Non mais attendez ! C’est pas vous qui avez pris ces mesures, là, ce sont vos ennemis qui vous les ont imposées ?
Agamemnon : Non, c’est nous, je te l’ai dit : on a été trop sympa !
Ulysse : Bon vous savez quoi ? On va faire casquer les autres : les salariés du privé vont bosser jusqu’à 75 ans, les commerçants et les artisans vont cracher au bassinet !
Agamemnon : Oui, mais ça on l'a mis en place, évidemment ! Mais ça va pas être facile, tu sais : on a une économie souterraine florissante, un laxisme fiscal que pourraient nous envier certains paradis fiscaux… ET puis si j'augmente les impôts, je vais avoir aussi les grecs sur le dos !
Ulysse : bon, ok ok ! Alors, voyons… voyons… que faire ? Ah tiens ! Vous avez interrogé l’extrême gauche européenne ? Elle a souvent d’excellentes idées !
Agamemnon : Ah pour ça, des idées, ils en ont, oui ! Et d’excellentes vraiment !
Ulysse : Oui, je l'ai souvent constaté. C'est quoi, en l’occurrence ?
Agamemnon : Ils proposent... euhh... d'effacer la dette
Ulysse : Ah oui, d'accord ! Comme pour Haïti et le Ghana ?
Agamemnon : Euuhh.. oui… oui, c’est un peu ça, l’idée, en fait, oui…
Ulysse : Et bien entendu, ils suggèrent que, tout de suite après avoir effacé la dette, les banques nous prêtent à nouveau de quoi maintenir votre style de vie et votre déficit chronique ?
Agamemnon : Ah ben… normal ! Nous n’allons pas laisser la finance internationale décider de ce qu’il convient de faire chez nous ! Non mais, faut quand même pas pousser !
Ulysse : Ils n’ont pas proposé que les restos du coeur vous prennent en charge pour la bouffe, par hasard ?
Agamemnon : bon Ulysse, tes remarques perfides commencent à me fatiguer ! Soyons positifs, trouvons une solution !
Ulysse : Et l'extrême droite, elle propose quelque chose ?
Agamemnon : Oui en gros, ils proposent de massacrer tous les métèques, barbares et autres rastaquouères... avec femmes et enfants, évidemment !
Ulysse : pour leur piquer leurs maisons et leur pognon ???
Agamemnon : Mais non, enfin ! Ce sont des crève-la-faim qui n'ont pas un rond ! C'est même pour ça qu'ils sont chez nous !
Ulysse : mais pourquoi les tuer alors ?
Agamemnon : Mais j'en sais rien, moi ! pour se passer les nerfs ! ne leur jette pas la pierre, j'ai déjà essayé le massacre de masse, ça calme les tensions musculaires, je t'assure !
Ulysse : Je suis découragé, je ne vois aucune solution, ô Grand Agamemnon !
Agamemnon : Moi, j'en vois une !
Ulysse :Ah oui...? Ce serait quoi ?
Agamemnon : Ben, je me disais que, toi et moi, on pourrait mutualiser nos dettes. Il paraît qu'au fil des années, vous avez réussi à mettre de côté un beau petit magot. Si nos créanciers savent que vous garantissez nos dettes, ils pourraient reprendre confiance en nous.
Ulysse : Ah oui, je vois, me porter caution en quelque sorte ! Ce qui te permettrait de continuer à endetter davantage ta cité...! Mais dis-moi, ô grand Roi, quand TES dettes auront dépassé le montant de MES économies, comment ferons-nous ?
Agamemnon : Ah ben, on avisera à ce moment-là, Ulysse ! A chaque jour suffit sa peine !
Ulysse : Bon, ben... je vais rentrer chez moi réfléchir tranquillement à ta proposition ! Au fait tu ne m'as pas dit : Qu'est-ce que j'y gagne là-dedans ?
Agamemnon : Ma gratitude, Ulysse, ma gratitude ! Je dirais même plus : ma reconnaissance, mon amitié, ma sympathie...
Ulysse : Ok d'accord ! Et bien voilà ce qu'on va faire: je rentre à Ithaque et je demande à mes experts d'évaluer précisément la valeur de ton amitié, de ta reconnaissance et de ta gratitude et je te recontacte une fois que c'est fait pour te donner l'équivalent en drachmes, ok ?
L'infidélité féminine
Acte unique, scène unique
Lieu : Commission d'orientation des âmes - Séance plénière
Personnages (par ordre d'apparition)
- le greffier, personnage insignifiant
- Méphisto, Maître des lieux et odieux personnage
- Thérèse de Lisieux, sainte
- Christine Boutentrin, presque sainte
- Lucifer, Gardien - réceptionniste de l'Enfer
- Carlus, pauvre hère
Le greffier: La commission, réunie ce jour en séance plénière, présidée par le sieur Méphistophélès dit Méphisto, a pour objet d'examiner le recours en appel du sieur Carlus contre la décision n°666 de ladite commission de l'orienter vers l'Enfer aux fins d'expier les fautes impardonnables qu'il a commises de son vivant. En conséquence de quoi...
Méphisto : Bon, ça va, ta gueule, greffier de mes fesses! J'ai une soirée poker dans une heure, alors tu te magnes le cul, s'il te plaît ! Donne-nous les noms des membres de la commission et leur accréditation qu'on puisse commencer !
Le greffier : Pardon, Monseigneur... eeuuhh...Président! La commission est composée de Mesdames Thérèse de Lisieux et Christine Boutin accréditées par le très haut et très grand ci-devant...
Méphisto : et par Messaline et moi-même pour représenter les Forces du mal ! La séance est ouverte et présidée par moi-même : alors, au sujet de quoi est-ce à propos ce dont il s'agit?
Le greffier : Le sieur Carlus voudrait contester une décision de la commission, Monseigneur !
Méphisto : Ah oui, je sais, un chieur de première, celui-là ! Mais il me plaît bien depuis qu'il a énervé les deux poufs représentant le très honoré, très puissant et très haut branleur de l'univers !
Thérèse et Christine (se levant) : Oh! c'est un scandale ! Nous exigeons des excuses immédiates sinon nous quittons la commission !
Méphisto : Ok,Ok je vous présente mes excuses, Mesdames et je vous demande de vous rasseoir... lentement s'il vous plaît, car j'entends d'ici le bruit de grelot de vos boules de geisha !
Christine : ooohhh... Monsieur Méphisto... je suis outrée par votre grossièreté!
Méphisto: Bon, continuons ! je lis que le sieur Carlus a choisi de présenter lui-même sa requête en se faisant assister, au besoin, du sieur Lucifer ! Salut, Lucif ! ça boume ? la petite vierge que tu devais me préparer est prête ?
Lucifer : Elle se languit déjà de toi, Méphi !
Méphisto : Parfait ! Bon, Carlus, tu as la parole et nous te serions infiniment reconnaissants de nous la faire brève, s'il te plaît !
Carlus : Merci Monsieur le président. Mesdames et Messieurs les membres de cette honorable commission, je viens aujourd'hui devant vous pour demander réparation d'une horrible injustice commise à mon endroit. Votre commission, à la suite de ce qui ne peut être qu'un terrible malentendu, a interprété un de mes propos dans un sens contraire à celui que je voulais lui donner et je...
Méphisto : Bon, c'est bien ce que je craignais, Carlus, tu ne sais pas faire court ! alors je vais le faire à ta place ! Tu as dit en gros qu'une femme qui trompe son mari est une salope alors qu' un mec qui trompe sa femme n'a rien fait de grave ! Bon, je crois que c'est une vérité de bon sens et je demande aux membres de cette vénérable commission de voter l'acquittement.
Thérèse : Oh c'est un scandale !
Christine : les flammes éternelles de l'enfer, voilà le châtiment que cela mérite !
Carlus : Non, non ! s'il vous plaît ! Je n'ai jamais dit cela ! Ce que j'ai dit est totalement différent : j'ai dit que la charge affective mise dans une relation amoureuse n'était pas toujours aussi importante chez les hommes que chez les femmes et qu'en conséquence...
Méphisto : Excuse-moi, Carlus! C'est quoi, cette histoire de charge affective ?
Carlus : Euuhh... comment dire...? C'est, en quelque sorte...
Méphisto : (se tournant vers Lucifer) Dis-moi, Lucif, la petite possède une charge affective ?
Lucifer : Mieux que ça, Méphi ! Une charge explosive ! Elle n'attend que ta mèche...!
Méphisto : Parfait ! Allez, on t'écoute, Carlus !
Carlus : Je voudrais dire au préalable que je crois que les femmes sont les égales des hommes. Je le précise notamment à l'attention des membres féminins de la commission et...
Méphisto : C'est ça ! Passe-leur de la pommade, Carlus! A leur âge, c'est indiqué !
Carlus : ...et je suis prêt, sur ce point, à passer mon âme au détecteur de mensonges!
Méphisto : C'est déjà fait, Carlus, continue !
Carlus : Mais égales ne veut pas dire identiques! Il y a un certain nombre de domaines où nos sensibilités diffèrent ! Pour prendre l'exemple de l'amour...
Méphisto : Sois clair, Carlus, c'est bien la baise que tu appelles amour, là ? Appelons une chatte une chatte !
Carlus : Euuhh... oui, si on veut ! Donc pour prendre l'exemple du sexe, les femmes mettent souvent beaucoup de sentiment, d'affection dans une relation sexuelle même illégitime, même de courte durée.
Méphisto : OK ! Il te reste deux minutes pour présenter tes conclusions
Carlus : C'est donc pour cela, Monsieur le président, mesdames et messieurs de cette honorable commission, que j'en arrivais à la conclusion que lorsqu'une femme trompe son mari, il y a beaucoup de chances pour qu'elle ne soit plus amoureuse de lui ! Alors qu'une telle conclusion est beaucoup moins évidente pour les hommes.
Méphisto : Une minute
Carlus : Il ne s'agit pas de morale ! L'homme et la femme adultères sont aussi fautifs l'un que l'autre! je dis seulement qu'il y a plus des chances que l'une soit amoureuse de son amant que l'autre de sa maîtresse. Je ne dis donc pas qu'elles sont des salopes, ni qu'elles sont plus fautives que les hommes, je dis au contraire que la femme adultère est une femme amoureuse... amoureuse de son amant ! Et donc que l'infidélité féminine est plus fatale pour le couple légitime que celle des hommes.
Méphisto : Merci, mon cher Carlus! Lucifer, tu as vérifié le scanner cérébral ? Il a été sincère ?
Lucifer : parfaitement sincère, Président Méphisto !
Méphisto : des remarques, Mesdames ?
Thérèse : je voudrais dire qu’il est trop facile de trouver des différences entre les hommes et les femmes qui sont toujours à l'avantage des hommes...
Méphisto : Eh oh ! On fait la guerre, nous, pendant que vous restez planquées dans vos chaumières! Faut pas pousser, quand même ! En plus il paraît que vous jouissez dix à quinze fois plus intensément que nous !
Thérèse : ah oui, Monsieur Méphisto, la guerre, le sexe! vous ne savez faire que ça...!
Carlus : je voudrais dire, Mesdames, que je n'approuve pas cette remarque du Président...
Méphisto : Bref ! Christine, un mot avant de passer au vote?
Christine : Non, Monsieur Méphisto, rien à ajouter à ce qu'a dit Thérèse !
Méphisto : Messaline, ton verdict ? Où est-elle, encore ? Elle dort ? Pffttt... C'est vrai qu'elle a passé sa nuit dans une orgie monstrueuse hier soir ! Si je vous disais qui j'ai vu là...! Ah ça, mon brave Carlus, elle, on ne peut pas dire qu'elle mette beaucoup de sentiments dans ses partouzes, la Messaline!
Carlus : Les femmes comme Messaline sont rares, Président
Méphisto : Allez on vote à mains levées! Qui est d'accord pour envoyer Carlus au paradis ? Deux voix contre: celles du paradis, deux voix pour: celles de l'enfer! En cas d'égalité, la voix du président est prépondérante! Mon cher Carlus, tu vas au paradis!
Carlus : Ouf ! Merci Président
Méphisto : Oh et puis...je vais même faire mieux ! Pourquoi tu irais te faire chier là-bas, alors qu'ils ne veulent pas de toi ? Allez je suis dans un bon jour! En vertu des pouvoirs que je me suis conférés, je te renvoie sur Terre! En échange, tu m'expliqueras, avant de t'en aller, cette histoire de charge affective ! Je crois que j'ai jamais essayé ça avec une meuf !
/image%2F0651531%2F20260125%2Fob_8f66b6_screenshot-20260125-183601-1.png)