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aventure

L’aventure, il n’y a que ça de vrai

Publié le par Carlus


L’aventure, il n’y a que ça pour se sentir vivant.

Je m’ennuie dans ma vie. Il faut que je fasse quelque chose. C’est décidé, je pars à l’aventure. Sans me retourner.

Dans les romans, quand tu fais ça, je veux dire quand tu pars sans but précis (en général après une grosse peine de coeur ou parce que tu fais l’hypothèse que la terre est ronde) il t’arrive toujours quelque chose d’extraordinaire. Non seulement, les impôts ne vident pas ton compte pour se servir en "acomptes", non seulement les enfants ne te harcèlent pas pour savoir où tu es, non seulement les collègues ne t’appellent pas pour savoir où tu as rangé le dossier Dupond, mais en plus il t’arrive des choses merveilleuses : tu trouves l’amour sous le soleil de Toscane ou tu arrives à l’autre bout du monde et tu deviens le conseiller du Kubilaï Khan ou tu te perds dans la jungle et tu partages pendant 15 ans la vie d’une tribu vivant encore à l’âge de la pierre taillée, jusqu’à ce qu’un jour une expédition te découvre par hasard. "Mister Carlus, I presume ? "

Il fallait que j’aille à la rencontre de mon destin ! Dans cette vieille France avachie , il ne m’arrive jamais rien. Rendez-vous compte : J’ai fait une fois Toulouse-Paris tout seul en voiture sans tomber sur une seule auto-stoppeuse ! Il faut que je quitte la France ! 

Alors je fais quoi ?

Je pars loin, très loin,  en Nouvelle-Calédonie et je m'installe là-bas ! Mais après trois mois à errer dans les rues à la recherche d’un regard, d’un sourire, je décide de prendre sur moi et d'aller en boîte de nuit. Je déteste les boîtes de nuit, mais on m' a dit qu'au bar, on peut se faire des amis. Oui, je me fais des amis : des expatriés médiocres, toujours en bermuda et tongs, vaguement racistes, se vantant sans cesse de partouzes avec des prostituées et pour qui l’aventure consiste à vendre des maillots de bain sur les plages aux touristes et à les mettre en garde contre "l’hypocrisie" des Kanaks.

Alors, je repars et je vais en Afrique : manque de bol, à peine débarqué, j’attrape la malaria et je passe six mois entre hôpital et maison de repos. C’est pas glorieux, la malaria ! Tu passes ton temps aux chiottes avec une diarrhée interminable entrecoupée de vomissements ! Y a rien à raconter sauf si ton interlocuteur aime les histoires scatologiques. Il y aurait certes des choses à raconter sur l’hygiène des hôpitaux, mais bon, je ne veux pas tomber dans les vieux clichés de toubabs pleins de certitude…

Mais je ne me laisse pas décourager : je repars cette fois en Amérique latine. Là ce sont les moustiques locaux qui me foutent la "dengue hémorragique". A l’hôpital, on découvre en plus que j’ai la chaude-pisse. "C’est pas possible, Docteur ! La seule relation que j’ai eue depuis que j’ai quitté la France, c’était avec une très jeune fille sur le port d’Abidjan et son oncle s’est porté garant de sa virginité."
A l’hôpital de Bogota, maigre comme un clou et épuisé, je tombe amoureux de l’infirmière qui s’est occupée de moi et je vais vivre chez elle dans une favela à soixante kilomètres de la ville. Elle est très corpulente et un peu autoritaire mais c’est une femme admirable : elle élève seule ses neuf enfants sans aucune aide de la part de leurs six pères. En tant qu’étranger, je n’ai pas le droit de travailler, alors je m’occupe des enfants pendant la journée et je nettoie la maison pour la soulager.

Voilà, ça fait bientôt quinze ans et je ne regrette rien… ! Enfin, si… l’absence d’eau potable et les longues files d’attente au dispensaire me pèsent un peu ! Mais il faut savoir ce qu’on veut : loin du confort bourgeois de la vieille Europe, je me sens en phase avec moi-même. 

L’aventure, il n’y a que ça de vrai pour se sentir vivant.

 


 

PS : toutes ces aventures ( romancées à ma façon) sont inspirées d'histoires vraies qui m'ont été rapportées au cours de ma vie. 

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Mauvaise haleine et libido

Publié le par Carlus

Il y a des périodes comme ça où de petites choses désagréables vous  déprime plus que de raison.

Comme ce rendez-vous chez l'opticien le matin à l’ouverture. J'ai mal dormi. Je suis d'une humeur massacrante. En plus on me fait attendre. L’opticienne de service, une jeune femme banale, pas très avenante vient me contrôler la vue. Elle est un peu essoufflée. Ma tête posée sur l’appareil est à une vingtaine de centimètres de la sienne. Elle respire fort et je sens son haleine à travers son masque. C’est l’haleine d’une femme le matin dans son lit. Je fais l’hypothèse qu’elle était en retard et qu’elle a quittée chez elle précipitamment sans manger et sans se brosser les dents, ce qui explique qu'elle soit essoufflée. Et cette mauvaise haleine (pas si mauvaise que ça, en fait) déclenche curieusement dans ma mémoire des impressions agréables. Cette odeur qui me trouble c’est... l’haleine du matin d’une femme avec qui on a passé la nuit pour la première fois.

Quand la nuit s’est bien passée, la "mauvaise haleine" du matin est indissociable du plaisir que l’on a éprouvé durant la nuit.  C’est une ratification de la période d’essai, une attestation de compatibilité sexuelle, un certificat de complicité corporelle. Une odeur intime qui ravive le plaisir et donne envie de recommencer.

Mais bon, à part une envie -très théorique et très respectueuse !- d’embrasser cette jeune femme, c’est la nostalgie qui m’envahit. L’idée un peu triste que tous ces petits plaisirs de la vie -les premières fois, les sensations nouvelles, les découvertes- appartiennent désormais au passé et aux souvenirs. Il y a un temps pour tout. 

Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu envie intime d'embrasser une femme. Ca me rassure un peu, mais je sens que ça va m'arriver de plus en plus rarement.

 

 

 

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Crevette sauce piquante

Publié le par Carlus

J'ai fait l'objet d'une tentative de chantage  ! C'était il y a bien longtemps. On payait encore en francs, c'est dire ! 


 

Restaurant chinois Le New Pekin

-  Bonjour Lisa, tu m'inquiètes un peu... c'est quoi, ce truc super important que tu as à me dire ?

-  Je vais te le dire, mon pote ! Assied-toi pour bien m'écouter !

-  Ok ! voilà, je t'écoute ! Je suis toute ouïe 

-  Eh bien, voilà ! je voulais te dire que tu m'as traitée comme une pute ! Eh bien tu vas payer le prix d'une pute !

-  Mais...??!!! Ca veut dire quoi, ça ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes !

-  Tu comprends très bien, mon vieux !!! Pendant trois mois, tu as couché avec moi quand tu en avais envie et quand tu en as eu marre tu as cessé purement et simplement de m'appeler !

-  Mais... Lisa... ! Le boulot... la famille...

-  Ta gueule ! écoute-moi ! Je me suis renseignée : une pute de luxe pour l'après-midi c'est 2 000 francs et on a couché 12 fois ensemble ! Tu me donnes 24 000 balles ou je raconte tout à ta femme !

-  Mais enfin Lisa... ! Tu deviens folle ? Tu es mariée toi aussi, je te signale. Et tu as deux enfants...!

-  J'en ai rien à foutre ! Tu vas casquer ou je dis tout à ta femme !

-  Lisa...! Lisa... écoute-moi !  Je ne t'ai jamais prise pour une pute, enfin ! Nous sommes mariés tous les deux ! Nous avons eu une aventure ! Tout ça c'était des moments de bonheur volés à nos vies bien réglées, c'est tout ! Des souvenirs pour plus tard ! Et je t'assure que j'ai beaucoup de respect et de tendresse pour toi !

-  Arrête avec ton boniment, mon bonhomme, ça ne marche plus ! Pas avec moi, en tout cas ! Moi, j'en ai marre d'être toujours le dindon de la farce ! Je vais gâcher ton petit bonheur tranquille ! Je vais faire exploser ton petit couple idéal, ta petite famille parfaite ! Hhhmmm, je m'en réjouis d'avance !

-  Lisa, essaie de te calmer et écoute-moi...

-  Aaahhh! Il chie dans son froc, le petit monsieur...! il a peur, le baratineur...! Mais je suis très calme, détrompe-toi ! Je n'ai même jamais été aussi calme depuis longtemps, je crois...!

-  Lisa, c'est ta vie que tu vas gâcher, pas la mienne... Ton mari est...?

-  J'en ai rien à foutre, je t'ai dit ! Tu vas payer, mon gars, ou je balance tout à ta femme !

-  Lisa, ça fait plus d'un an que je suis séparé de ma femme ! Ca fait deux ans qu'on se déchire ! Ca fait très longtemps que ma vie de famille n'a plus rien à voir avec "la petite maison dans la prairie" !

-  Va te faire foutre ! Je n'en crois pas un mot ! Quand j'ai téléphoné chez toi, c'est elle qui m'a répondu  ! Tu me prends pour une conne ou quoi ?

-  Lisa, calme-toi ! On habite encore ensemble pour les enfants mais on n'est plus ensemble ! Si tu veux je l'appelle tout de suite, je lui explique la situation et je te la passe ! Tu veux que je le fasse ?

- Arrête...c'est du bluff, je le sais ! Ca ne marche plus avec moi !

- Ok , fais le numéro et passe la moi. Je lui explique et je te la repasse ensuite

-  C'est pas vrai...?! Tu es vraiment un salopard de première...! Pourquoi tu ne me l'aurais pas dit... ?

-  Ben, je sais pas, moi... j'avais pas envie de parler de ça...  peut-être aussi en pensant à toi : mariée,  des enfants, pas envie de tout changer ... Je ne pensais pas que avais envie de quitter ton mari, non plus ! Tu sais ? sans cette légèreté, il n'y aurait jamais eu cette complicité, cette amitié entre nous !

-  Cette amitié...?!  En fait, tu ne m'as jamais aimé... C'est ce que je disais, tu m'as prise pour une pute...

-  Mais toi non plus Lisa, tu ne m'as jamais aimé ! Tu as passé ton temps à me parler de ton grand amour de jeunesse ! C'est ça, aimer quelqu'un ?

-  Ben toi aussi, tu me parlais de ta pouffiasse

- Oui mais pour moi, c'était juste des souvenirs ! Toi, tu as payé un détective pour retrouver son adresse ! 

-  Non, j'ai fini avec ça ! C’était bidon tout ça !

-  Tu as bien fait car ça n’aurait abouti qu'à... attends...! Oh c'est pas possible...! Tu l'as retrouvé, c'est ça, hein...? Tu as eu son adresse et tu as repris contact avec lui ?

-  Fous moi la paix ! C’est pas de ça qu'on parle !

-  Ah, salooope ! Tu as repris contact avec lui, ça n'a pas marché et tu viens te faire les nerfs sur moi... !!! Alors là j'en reviens pas...! Tu as couché avec lui ?

-  Fous-moi la paix, merde ! Qu'est-ce que t'en a à foutre ? Tu es mon mec ? J'ai des comptes à te rendre ?

- Ben, je suis un minimum concerné quand même, puisque tu voulais me faire payer pour lui !

-  En fait, tu sais quoi ?

-  Dis-moi

-  Je crois que, toi aussi, comme mon mari, tu es trop couille molle, trop bisounours pour moi ! Si on m'avait fait un chantage comme le mien, ça fait longtemps que j'aurais balancé le plat de crevettes sauce piquante à la gueule du maître-chanteur !

-  Ben, il n'est pas trop tard pour moi.  Mon assiette est encore  pleine !

-  Essaie un peu,  tu verras ! Tu ne veux plus de tes crevettes ? Je peux te les piquer ?

- Oui oui, vas-y... Tout cela m'a coupé l'appétit...!

-  Hé bien, tu vois, moi ça m'a donné une faim d'ogre au contraire ! Cool, man,  relax ! Y a pas mort d'homme !
 

 

 

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