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chimio

Comment guérir du cancer

Publié le par Carlus

 Ou "Moi, je veux juste aider"

La cousine

- Lisa, c’est quoi ce délire ? C’est quoi, ton objectif ? l’enfoncer dans la dépression ?

- Ce n’est pas un délire, Carlus ! Je te jure que c’est vrai !

- Mais ça  veut dire quoi "les Américains ont trouvé un médicament qui guérit le cancer" ? D'où tu sors ça ? 

- Mais c'est vrai, je t'assure ! Je n'invente rien,  je l'ai lu !

- UN médicament contre LE cancer ??? Un seul médicament qui guérirait TOUS les cancers ?

- Oui, je l’ai lu, j’en suis certaine, je te jure !

- OK Lisa, et c’est quoi ce médicament ? ça s’appelle comment ?

- Je ne sais pas, mais je suis sûre que…

- Tu te souviens du nom du labo qui fabrique ce médicament ?

- Non, mais si tu cherches sur Internet...

- Ca se prend comment ? en comprimés, en gélules gastro-résistantes ? en spray à pulvériser sur les zones malades ? en lavement ?

- Carlus, arrête de m’agresser ! Je veux juste aider.

- Oui oui, je sais ! Donc si on résume ton aide : tu sais que les Américains ont trouvé UN médicament contre LE cancer, mais la nouvelle est passée complètement inaperçue au yeux du monde entier sauf de toi, et tu ne connais ni le nom du médicament, ni le nom du labo, tu n'as pas jugé utile de demander confirmation à un médecin, et tu jettes ça au visage de ta cousine malade et fragile psychologiquement en lui demandant de se débrouiller avec cette information ! C'est bien ça ?

- Ecoute Carlus, moi j’essaie juste d’aider, c’est tout !

 


  

Le tonton et la tatie

- Salut Fernand, c’est quoi ce médicament que tu conseilles à ta nièce ?

- Le médicam… ? Ah oui, oui, c’est le traitement de notre voisine, tu sais, la veuve qui habite au carrefour.  Elle l'a pris il y a quelques années et  ça lui a guéri son cancer. C’est très efficace. J’ai vérifié, c’est un peu cher, mais ça vaut peut-être le coup d'essayer !

- Comment ça, un peu cher… ? Elle a payé de sa poche ce médicament ?

- Ah ben Non, bien sûr ! En Belgique, le traitement du cancer est intégralement pris en charge par l’INAMI (Sécurité sociale belge).

- Oui, en France aussi, je te rassure. Et oui, ça doit être cher, et pour cause, moi aussi j'ai vérifié : c’est une chimiothérapie orale ! Et tu lui envoies ça pourquoi ? Parce que tu penses que les médecins français et la sécu française ne sont pas au courant ? Ou alors qu’ils sont au courant mais refusent de prescrire ce médicament… ?

- Eeuuhhh… ben j’en sais rien, moi ! Tu sais, chaque pays a ses médicaments ! D’ailleurs, j’ai vu que celui-là était fabriqué en Allemagne, peut-être que ça pose un problème aux Français…

- Fernand, si tu as vérifié le prix, tu as certainement aussi noté au passage que c’était un médicament contre le cancer de l’utérus ? Et ta nièce, c’est un cancer du sein qu’elle a ! Tu penses que ça pourrait la guérir, quand même ?

- Oh ben, j’en sais rien, moi ! J’essaie juste d’aider !

- Oui, je sais, et c’est vraiment sympa, Fernand. Et remercie aussi Tatie de ma part, je suis sûr que l'information vient d'elle  ! Alors comment ça va se passer ? Je prend le train, je vais dans une pharmacie à Bruxelles et je leur dis "ma compagne souffre d’un cancer métastatique du sein. Je voudrais ce médicament chimiothérapique qui a guéri il y a dix ans une voisine d’un cancer de l’utérus. Je pense que ça doit marcher aussi sur le cancer du sein". Tu as une bonne pharmacie à Bruxelles à me conseiller ?


 

La bonne copine 

Non non non ... écoute-moi, Carlus, je sais que tu es un indécrottable sceptique, mais fais-moi confiance pour une fois. C’est pas des conneries, la chimiothérapie c’est du poison. Attends, je t’envoie les références de ce que je te dis. Lis ce livre et tu comprendras tout.

"On connaît la cause du cancer et comment le guérir depuis les années 1930, mais le cartel médico-pharmaceutique a toujours empêché l’humanité de bénéficier de ces découvertes.
(Barry Lynes : L’homme qui savait guérir le cancer)"

Tu verras, c'est sérieux, c'est documenté, je te raconte pas des conneries ! Moi, tu sais, je ne dis jamais rien sans avoir vérifié mes sources. Et quand au Curcuma que je lui ai conseillé de prendre, ses pouvoirs sont avérés. Lis plutôt ça :

"Le Curcuma détruit les cellules cancéreuses. En plus de son action antioxydante et anti-inflammatoire, cette épice bloque la formation de nouveaux vaisseaux sanguins qui se développent pour nourrir les tumeurs et provoquent ainsi leur mort." (site internet)
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Putain d'hôpital !

Publié le par Carlus

 Il y a beaucoup de gens mécontents dans les hôpitaux. Quelques  exemples observés ou vécus.


 

Certaines imageries médicales (IRM, TEP SCAN, etc.) surtout s'il y a injection de produit, se font dans des conditions très strictes. Le patient doit donc remplir un questionnaire pour certifier qu'il ou elle ne possède pas de prothèses métalliques, de pace maker, ou n'est pas enceinte, etc.

- L'infirmière : Ah ! Attendez, Madame, vous n'avez coché aucune case à la question " Etes-vous enceinte ou susceptible de l'être ?"

- La patiente : Mais j'en sais rien, moi !!! Comment voulez-vous que le sache ??

- L'infirmière : Ah ! désolé, madame, nous ne pouvons pas pratiquer l'examen s'il y a le moindre risque que vous soyez enceinte. Faites un test de grossesse et reprenez rendez-vous. Personne suivante.

- La patiente : Non mais, je ne suis pas enceinte, merde ! Arrêtez de me faire chier, p'tain ! Je vais vous le signer, votre papier de merde !

- L'infirmière : Personne suivante, s'il vous plait !


 


Dans la salle d'attente une dizaine de personnes attendent d'être invitées à rejoindre la salle de soins pour une séance de chimiothérapie. Une grande blonde, la cinquantaine, visage et coupe au carré, tailleur de marque, à priori cadre (très) supérieur ou dirigeante d'entreprise. Elle se lève et s'adresse sur un ton furieux et hautain à l'infirmière.

- Mais c'est incroyable, enfin ! Vous m'avez donné rendez-vous à 9 heures, il est 9 heures 30 et je n'ai pas encore commencé !

- Désolé, madame, nous avons un souci. Les produits ne sont pas encore arrivés, nous avons envoyé quelqu'un les chercher. Ca ne devrait pas tarder.

- Mais enfin, c'est vous qui m'avez proposé 9 heures, vous devez respecter votre planning ! j'ai dû décaler deux rendez-vous et je maintenant je dois en repousser un troisième à cause de votre incurie !

- Désolé, il va falloir attendre que les produits arrivent

- Eh bien, moi j'en ai marre, je m'en vais ! je vais m'adresser à un autre établissement capable de tenir un planning !

Et elle s'en va, d'un pas assuré et la tête haute !

L'infirmière se tourne vers une collègue et lui dit à voix basse et sourire en coin

Oh Mon dieu, elle va passer à la concurrence...

Dans cette ambiance pourtant stressante, je ne peux pas m'empêcher de sourire en pensant aux journées de cette dame. Je suppose que c'était sa première chimio car un malade réserve en général toute la journée pour une séance de chimiothérapie même si la séance elle-même ne dure que deux heures en moyenne, ne serait-ce que pour gérer les effets secondaires comme la fatigue ou les nausées. Cette dame semble avoir calé ce rendez-vous parmi ses autres rendez-vous professionnels, ce qui est certainement une façon (très idiote) de nier la gravité de sa maladie :

- 8h 30       : Tél Brochard pour annuler commande
- 9h - 11h   : chimiothérapie hôpital Saint Louis
- 11h 30     : Rdv avec DHR pour finaliser DADS 2022
- 12h 15     : déjeuner avec DAF filiale de Reims


 


Toujours en imagerie TEP SCAN

Le service est débordé et travaille de 8 heures à 19 heures sans interruption pour gérer le maximum de malades. Il est conseillé d'arriver 30 minutes à l'avance, car le service n'a pas les moyens d'attendre les retardataires (ce qui aurait pour effet en plus de décaler tous les autres rendez-vous).

Je vois cette jeune femme (enfin jeune, la quarantaine) mince, un peu "femme libérée c'est pas si facile" qui au lieu de s'asseoir et d'attendre comme tout le monde, fait les cent pas. Ca doit être son premier TEP SCAN. Elle est anxieuse, ça ne doit pas faire très longtemps qu'elle a appris sa maladie. Elle en a marre d'être là au milieu de tous ces gens malades qui attendent. Elle n'en peut plus et quitte une première fois la salle d'attente pour aller faire les cent pas dans le hall de l'hôpital. Puis elle retourne. L'agacement se lit sur son visage. Pourquoi la fait-on attendre comme ça ? Elle ressort une deuxième fois de la salle d'attente. J'ai envie de lui dire "ne faites pas ça ! attendez ici qu'on vous appelle !" Mais Non, si je fais ça , il y a des chances qu'elle me réponde " Vas te faire foutre ! de quoi je me mêle ?"

Elle ressort une troisième fois. Erreur fatale. L'infirmière appelle une fois, une deuxième fois sur un ton plus appuyé, attend quelques secondes puis une troisième et dernière fois. Pas là. Elle appelle le patient suivant.

Elle revient plus tard, attend, attend, attend. Puis elle va voir la secrétaire qui lui dit après avoir vérifié sa liste "vous n'étiez pas à l'heure. Votre rendez-vous a été annulé". Elle se met à pleurer et à crier "Vous êtes des salauds ! C'est ignoble ce que vous me faites ! J'attends depuis ce matin ! Vous êtes tous des salauds !"

L'infirmière en chef arrive et tente de lui parler. Mais elle ne veut rien savoir. Elle se lève crie "Je sais ce qu'il me reste à faire, je vais crever et personne ne veut rien faire pour moi" et s'en va en courant. L'infirmière en chef essaie de la rattraper mais compte tenu de sa corpulence, ne peut pas courir très vite. Elle passe devant moi et (sachant que je suis un accompagnant) me dit "Monsieur, aidez-moi à la rattraper" Je cours vers elle et la rattrape presqu'à la sortie de l'hôpital. Elle se tourne vers moi. Elle est en pleurs. Je lui dis "l'infirmière veut vous parler. Ecoutez là, svp". Elle me dit entre deux sanglots "Je vais crever, je vais crever et tout le monde s'en fout". Je lui dis "Ils sont débordés, ils ne peuvent pas attendre les retardataires. Mais vous ne pouviez pas le savoir, c'est pas de votre faute". L'infirmière en chef arrive et la prend par l'épaule, lui parle sur un ton doux et maternel et l'emmène vers le service. Je les regarde s'éloigner. C'est bon, j'ai fait ma B.A. du jour.

 

 

 

 

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