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La presse people à travers les siècles

Publié le par Carlus

Jules César

Certains parlent déjà d’un Cléopatra-gate. Le chef de l’Etat aurait confié à des proches son intention de répudier son épouse pour s’afficher avec la reine d’Egypte, une jeune femme ambitieuse et sans scrupule qui n’a pas encore 20 ans (rappelons que lui est proche de la cinquantaine). Il nourrirait même le projet de la faire venir à Rome en grande pompe.

Cette aventurière sans scrupule, de sang-mêlé gréco-égyptien, qui n’a pas hésité à trucider son propre frère pour accéder au pouvoir dans son pays, ne nourrirait-elle pas l'ambition de devenir la Première Dame de notre glorieuse cité ?

 

Clovis

Selon l’entourage du couple, ce serait son épouse Clotilde, femme discrète et soumise en apparence, qui porterait la culotte. Ce serait en effet bien elle qui aurait ordonné à notre roi d’embrasser une religion venue du Levant qui exige de ses membres des comportements d'esclaves puisque le premier credo de cette secte est d'aimer ses ennemis et le deuxième est, quand on a reçu une gifle, de tendre l’autre joue pour en recevoir une autre !

Avec les centaines de Dieux dont nous disposions déjà pour toutes les occasions de la vie, était-il vraiment nécessaire d’aller en chercher un autre dans une région si éloignée et, de surcroît, si peu conforme à nos traditions martiales  ?

 

François 1er

Une source anonyme mais généralement bien informée laisse entendre que le chef de l’Etat serait atteint d’une grave maladie vénérienne qui lui aurait été refilée par une des nombreuses catins aux mœurs dissolues et à l’hygiène douteuse qu’il a l’habitude d’honorer (si on peut encore employer ce terme en l’occurrence).

Le chargé de pouvoir de l’ambassadeur d’un pays voisin croit savoir que ce serait la Syphilis, une MST incurable dont on sait qu’elle provoque à terme des crises de démence. Le problème se pose donc encore une fois : doit-on laisser gouverner un chef d’État malade ?

 

Henri III

Il se dit à la ville que notre bon roi cherche encore son penchant naturel et que la vue des fessiers bien musclés des mignons de sa cour lui procure autant de désir que ceux, plus rebondis, de la gent féminine.

Le poète Ronsard va même plus loin et affirme qu’il n’aime que les hommes
Le roi comme l’on dit, accole, baise et lèche
De ses poupins mignons le teint frais, nuit et jour ;
Eux pour avoir argent, lui prêtent tour à tour
Leurs fessiers rebondis et endurent la brèche.

Selon les informations que nous a confiées un membre de la maison royale qui tient à garder l’anonymat, il n’en serait rien et le roi continue à fréquenter de nombreuses maîtresses.

Nous continuons notre enquête et nous ne manquerons pas, cher lecteur, de vous tenir informé des mœurs en vigueur à la tête de l’Etat

 

Napoléon

Des rumeurs insistantes prétendent que plusieurs maréchaux de France seraient devenus les amants suppléants de l’Impératrice Joséphine en l’absence du malheureux titulaire retenu sur les champs de bataille.

"On ne se coiffe pas impunément d'un... bicorne " ricane un de ses aides de camps.

Il est vrai que la galante a la réputation de recevoir sans culotte, ni jarretière, comme il est certainement de coutume dans son île natale… !  

"Ils sont plus nombreux à passer dans sa couche qu’au siège de l’Etat-Major" soupire le majordome qui a noté secrètement, à toutes fins utiles, le nom des visiteurs.

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Mon pote François Villon

Publié le par Carlus

Les princes sont destinés à la mort,
Et aussi tous ceux qui vivent :
Qu'ils s'en affligent ou s'en irritent,
Autant en emporte le vent.

François Villon

Depuis quelques jours, François vient me rendre visite tous les soirs après l'extinction des feux. Je pense qu'il est pensionnaire de cette maison, lui aussi, car il passe me voir hors des heures de visite. Sitôt après le dernier passage de l'infirmière, il entre dans ma chambre, s'installe dans le fauteuil situé à la tête du lit et reste là une bonne partie de la nuit, dans une semi-obscurité à écrire et à bavarder avec moi. Je l'observe du coin de l'œil car, allongé sur le dos, j'ai du mal à tourner la tête. Hier je lui encore demandé ce qu'il est devenu après avoir quitté Paris, mais il ne répond jamais à cette question et s'enferme dans une attitude de déni, comme on dit aujourd'hui.

Je me souviens de ma première rencontre avec lui. C'était dans une geôle sombre et humide. Il avait été condamné à la potence après une rixe au cours de laquelle le notaire Ferrebouc avait reçu un coup de dague. Le prévôt m'avait chargé de tenter de savoir avant l'exécution, qui, de lui et de ses trois amis, avait porté le coup.
En entrant dans la minuscule cellule, je lui demandai de décliner son identité. Il avait du panache, le bougre ! Il me répondit :

Je suis François, dont il me poise
(Je suis François et cela me pèse)
Né de Paris emprès Pontoise
(Né à Paris près de Pontoise)
Et de la corde d'une toise
(Et au bout d'une corde long d'une toise)
Saura mon col que mon cul poise
(Mon cou saura bientôt ce que pèse mon cul)

Je n'ai jamais eu la moindre sympathie pour les truands et les brigands de grands chemins, mais celui-là me fascinait. Il faut dire que c'était un poète, et quel poète ! Le chantre de la débauche et de la "mauvaise vie", l'étudiant ami des catins et des voyous, le poète mondain flatteur et railleur à la fois des grands du royaume. Mais aussi le chantre de l'amour courtois et tendre.

"Mort, j’en appelle de ta rigueur,
Toi qui m’as ma maîtresse ravi
Depuis je n’ai force ni vigueur,
En quoi te nuisait-elle en vie ?

Nous avons discuté pendant des heures et sommes devenus amis, moi le fonctionnaire de police et lui le poète débauché. A-t-on jamais vu amis si dissemblables ?
Au moment où je m'en allais, il me demanda si je pouvais lui faire la faveur, "en bon chrestien" de lui fournir de quoi écrire. Je me suis arrangé pour le lui faire parvenir dès le lendemain. C'est dans cette geôle qu'il écrivit sa célèbre Ballade des pendus.

Frères humains qui après nous vivez,
N'ayez pas vos cœurs durcis à notre égard ...
La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil nous a séchés et noircis;
Pies, corbeaux nous ont crevé les yeux,
Et arraché la barbe et les sourcils.
De ci de là, selon que le vent tourne,
Il ne cesse de nous ballotter à son gré,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez pas de notre confrérie,
Mais priez Dieu qu'il veuille tous nous absoudre!

Je le revis plusieurs fois par la suite et décidai de le sauver du gibet. Je fis, en son nom, appel du jugement auprès de la cour du Parlement, fis intervenir le peu de relation que j'avais, et pris à ma charge les frais de procédure. Et le 5 janvier 1463, j'eus le bonheur de voir commuer sa peine capitale en dix ans de bannissement de la ville et du comté de Paris.

Je lui offris le gîte et le couvert en attendant son départ. Il fêta dignement sa victoire en faisant défiler chez moi tout ce que Paris comptait de catins et de filles de joie. Jamais ma modeste demeure n'avait été si pleine de cris, de rires et de chants paillards ! Il composa en même temps deux ultimes textes poétiques de grande qualité, l'un dans lequel il remerciait, en les raillant, les juges du Parlement, l'autre dans lequel il se moquait de son geôlier.

Je ne fus pas son serf... ni sa biche !
Il m'a nourri d'une petite miche
Et d'eau froide tout un été ;
Qu' il soit large ou serré,
Avec moi il fut très chiche :
Que Dieu soit pour lui comme pour moi il a été

Puis, après m'avoir chaleureusement remercié, il me confia ses derniers manuscrits et quitta la ville.
Personne n'entendit jamais plus parler de lui. Certains disent qu'il fut dévoré par les hordes de loups qui entouraient Paris en ce temps-là, d'autres qu'il s'est fondu dans la masse des gueux et a cessé d'écrire.
Parmi les manuscrits qu'il m'a confiés, il y en a un que je garde encore précieusement et qui pourrait être considéré comme sa propre épitaphe:

Ici se clôt le testament
Et finit le pauvre Villon.
Venez à son enterrement,
Quand vous orrez (entendrez) le carillon,
Vêtus rouge comme vermillon,
Car en amour mourut martyr;
Le jura-t-il sur son couillon (couille)
Quand de ce monde il voulut partir.

 

 

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Petite Mary, reine de France

Publié le par Carlus

 ou Comment François 1er devint roi

 1) Normalement, il sera roi

Louis XII et Anne de Bretagne n'ont pas de fils, mais une fille, Claude. A ce stade, l'héritier du trône est le cousin François. En plus, François, pour plus de sûreté, épouse Claude, ce qui conforte son statut d'héritier de Louis XII.

2) Ah merde, il ne sera pas roi

Mais quand Anne de Bretagne meurt en 1514, Louis XII, 52 ans, décide d' épouser Mary Tudor, ravissante jeune femme de 18 ans et soeur du roi d'Angleterre Henri VII.

Si elle lui donne un enfant mâle, c'est cet enfant qui sera roi. François chargé de l'accueillir à son arrivée en France est charmé et inquiet à la fois : jolie, de grands yeux bleus, une abondante chevelure dorée, des "lèvres humides", bref, tout ce qu'il faut pour réveiller un mort et peut-être même son cousin Louis XII chétif et malade.

"Et en effet le lendemain de la nuit de noces, on vit sortir de sa chambre un roi gaillard qui répétait à qui voulait l'entendre : Suis tout vaillant, suis tout vaillant !" (1)

 3) Super, il sera roi

Après deux mois de vaillance, Louis XII tombe dans un coma dont il ne se relèvera plus. François se prépare à devenir roi de France dès que Louis XII aura trépassé, ce qui n'est plus qu'une question de jours, selon les médecins.

4) Ah merde, il ne sera peut-être pas roi

Mais peu de temps après, on apprend avec effroi à la cour que la jeune Mary a un amant depuis deux ans, un certain Charles Brandon, duc de Suffolk, arrivé avec elle en France avec le titre d'ambassadeur ! Putain de merde, se disent François et sa mère, il ne manquerait plus qu'il la mette enceinte ! L'enfant serait considéré comme l'héritier de Louis XII.  Et alors adieu, veau, vache, cochon, couvée...!

 5) Mais si,  il sera roi ! 

François et sa mère se précipitent chez l'ambassadeur Suffolk et lui offrent 50.000 livres de rente à condition qu'il s'éloigne de Mary jusqu'à la mort du roi. Pour plus de précautions François le loge chez sa propre maîtresse avec mission pour elle de l'occuper nuit et jour. Et lui, François, de son côté, décide de ne pas lâcher Mary d'une semelle pour être sûr qu'elle ne lui fasse pas un enfant dans le dos !

6) Ah le con, il ne sera pas roi !

Mais la jeune Mary, qui s'amuse de la situation, (ou qui a envie de devenir Reine-mère)  fait de François son amant ! Ce ne fut pas bien difficile : François n'a jamais su résister aux femmes !

François se laisse alors aller à l'insouciance de l'amour en compagnie de Mary. Il est amoureux, il partage son lit, et ne pense plus à rien d'autre. Sa mère, furieuse, vient lui rappeler que si Mary tombait enceinte maintenant, ce serait légalement de Louis XII et que ce serait cet enfant qui serait roi et pas son nigaud de géniteur ! Mais François "se mourait d'amour" et continua à partager la couche de la jolie Mary, en promettant peut-être à sa mère de "prendre ses précautions"  !

7) Mais si , mais si ! il sera bien roi

Sa mère décide alors avec la complicité de Claude, l'épouse de François, que celle-ci dormirait dans la même chambre que Mary jusqu'à la mort du roi, officiellement pour assister dans ses prières la jeune épouse éplorée.

Louis XII finit par mourir le 1er janvier 1515. Avant de déclarer François roi de France, il fallait encore attendre le délai légal de six semaines pour être sûr que le défunt roi n'avait pas mis enceinte sa jeune épouse avant de trépasser. Par précaution, on envoya la jeune veuve durant cette période dans un couvent, avec interdiction de recevoir, ni de communiquer avec l'extérieur.

 8) Aie aie aie, il ne sera donc pas roi ?

Et vous savez ce qu'elle fit dans son couvent, la jeune Mary ? Hé bien, pour s'amuser jusqu'au bout (elle n'avait que 18 ans après tout !) en entassant progressivement du linge sous ses vêtements, elle fit croire pendant deux semaines à la cour, à François et à sa mère, qu'elle était enceinte !

 9) Ouf, il est roi ! Et quel roi !

Mais ce petit jeu ne pouvait pas durer bien longtemps ! La supercherie découverte, elle déclara qu'elle n'était pas enceinte ce qui mit fin au délai de viduité. Elle aura été reine de France du 9 octobre 1514 au 1er janvier 1515, soit un peu moins de trois mois.

François 1er fut donc proclamé Roi de France le 25 janvier 1515.

Mary, elle, malgré toutes ces aventures, n'avait jamais eu qu'un amour dans sa vie. Elle l'épousa et devint Mme Brandon duchesse de Suffolk.

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Petite Mary , 16 ans, reine de France

 

(1) Source : Jean Duché - L'histoire de France racontée à Juliette - Tome II  - Éditions J'ai Lu (livre de ma jeunesse, aujourd'hui épuisé, et retrouvé -d'occasion- sur Amazon pour mon plus grand bonheur)

 

 

 

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