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lecture

Lectures de vacances grivoises : Maupassant

Publié le par Carlus

 

- Qu'est-ce que tu lis en ce moment, Carlus ?
- Guy de Maupassant !
- Waouh...vacances studieuses, dis-moi !
- Ah, la grande littérature, il n'y a que ça de vrai !


 

Extraits de A la feuille de rose de Guy de Maupassant

La feuille de rose est une "Maison turque" (un bordel, quoi)
Les personnages de l'extrait ci-dessous sont :
- Le Marseillais, un client
- Fatma et Raphaëlle : 2 prostituées du bordel
- MICHÉ: le maquereau
- Crête de Coq : garçon de bordel


 Lectures de vacances grivoises : Maupassant

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le Marseillais
Les vits de marseillais, mon bon ! C'est comme le beaupré d'un navire. Eh couillon ! Que je ne vous plaindrais pas si vous en aviez un entre les fesses, troun de l'air !

MICHÉ
Moi non plus.

Le Marseillais
Sans compter qu'il vous faudrait un fameux cul pour le recevoir ! Un vit de Marseillais, tenez, moi qui vous parle, quand je bande, ze suis terrible, et ze bande toujours. Une fois, mon bon, j'avais couché avec une femme, la malheureuse, je la fous, je la bifous, je la trifous, ze la refous, et quand zai eu fini, à la dizoutième fois, sans débrider, couillon, je m’aperçois qu’elle était morte. Mon vit lui avait percé le ventre, et le médecin, qui a constaté le décès, a reconnu qu’elle avait été étouffé par mon vit qui lui était entré dans la gorge.

Fatma
Eh bien merci, tu peux te fouiller que je baise avec toi.

MICHÉ (blaguant)
Eh bien, et moi, et bibi, dans un incendie un jour je monte au quatrième étage d’une maison qui était en feu. Il y avait quatre personnes à sauver. Je mets le mari sur mon dos, je prends le père de la main droite, la mère de la main gauche, restait la femme, comment faire ? Je te la fous à cheval sur mon vit, et en descendant l’escalier, sans m’arrêter, je la baise quatre fois, une fois à chaque étage.

Crête de Coq
Tiens, Monsieur, il bande comme l’obélisque.

Le Marseillais
L’obélisque ! Je lui rendrais des points, pécaïre ! une fois même que je devais me marier.

Raphaële
Ah ! vous êtes marié.

Le Marseillais
Oh ! j'ai le bonheur d’être veuf. Ma future me donnait de telles tentations tout le temps que je lui faisais la cour que quand, rentré dans ma chambre le soir, je voulais pisser dans mon pot, impossible, mon vit restait en l’air. J’aurais mouillé tout le plafond, c’était gênant, qu’est-ce que vous z’auriez fait, vous ?

Crête de Coq
Moi, je sais pas. J’aurais pissé par la fenêtre.

Le Marseillais
Et les voisins, pécaïre ! Moi, je mettais mon vit dans la cheminée et je pissais par dessus les toits, troun de l’air !

 Extraits de A la feuille de rose de Guy de Maupassant

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Lecteur et Liseur

Publié le par Carlus

De temps en temps, quand par exemple un prix Nobel de littérature est décerné à un écrivain -francophone de surcroît ! - dont je n’ai jamais entendu parler, je me pose la question : QUI lit QUOI ?

- Bon, OK, il y a  les professionnels de la lecture : le membre du comité de lecture d’une grande maison d’édition, le critique littéraire d'un journal prestigieux, le Professeur de littérature française comparée du Moyen-Âge à nos jours à la Sorbonne, pour qui les choses sont simples : Lecture à plein-temps + lecture rapide + lecture en diagonale = des milliers de livres lus.

Le comité de lecture de Gallimard, par exemple, qui comprend, entre permanents et invités, environ une vingtaine de membres reçoit environ 8 000 manuscrits par an. Si on part du principe qu’un manuscrit doit être lu par au moins deux membres, un lecteur Gallimard lit en moyenne 2 projets de romans par jour, (sans compter ses propres lectures). Un journaliste du Monde raconte que le permanent lit "en diagonale… secoue les manuscrits pour en faire tomber une fleur séchée ou un ticket de métro et éviter d’être accusée de ne pas avoir lu l’œuvre de A à Z."
Pour ces gens, donc, tout est plus simple. Ils ont le même rapport avec le livre qu’un marchand d’art avec les tableaux : est-ce que les gens vont aimer ? Est-ce que c’est dans l’air du temps ? Est-ce qu’il y a une niche pour ça ? Est-ce que c’est l’œuvre d’un génie ?

 

De l’autre côté, il y a NOUS, les amateurs, les lecteurs de romans, consommateurs obligés ou passionnés de récits de fiction ou biographiques. Qui lit quoi chez ceux-là, dont les miens et moi faisons partie ?

- Il y a une de mes tantes qui passait tout son temps libre à lire. Elle dévorait, tous les soirs avant de se coucher, le week-end et pendant les vacances, des dizaines et des dizaines de livres… de la collection Arlequin ! C’était une grande liseuse ("personne qui se livre passionnément à la lecture") de romans d’amour à l’eau de rose.

- Il y a aussi les amateurs de romans policiers, ceux qui n’apprécient l’œuvre QUE s’ils ne connaissent PAS le dénouement ! Une fois l’énigme résolue et le coupable connu, l’œuvre n’a plus aucune valeur pour eux ! Et il ne leur viendra jamais l’envie de relire un roman dont ils connaissent la fin.

- Il y a ceux qui ont lu "utilitaire" pendant leurs études, qui se sont tapé des milliers de pages pour rédiger leurs thèses ou leurs mémoires, et qui ont arrêté de lire sitôt leurs diplômes obtenus. Ils garderont toute leur vie l'avantage  décisif de pouvoir parler avec brio des romans évoqués par Claude Lévi-Strauss,  Bourdieu, Foucault ou Lacan.

- Il y a ceux qui achètent les livres qu’il faut avoir lus, par exemple chaque année un des Prix littéraires, qui en lisent les 60 premières pages puis les rangent dans la bibliothèque du salon en se promettant de les finir plus tard, ce qu’ils ne feront jamais.

- Il y a mon oncle  qui lisait le Reader’s digest et ceux qui ont lu l’ouvrage de Beigbeder "Dernier inventaire avant liquidation" qui résume les 50 livres qui ont compté au XXe siècle et nous dit ce qu’il faut en penser, ce qui permettra au lecteur de parler de ces 50 chefs-d'œuvre comme s’il les avait tous lus.

Il y a ceux et celles qui ne lisent qu’un seul auteur, celui qui leur a poliment accordé un jour un entretien de trois minutes à la fin d’une séance de dédicace.

Il y a ceux qui lisent des romans parce qu'ils s’identifient physiquement ou mentalement à l'auteur : le conteur biographe libanais Amin Maalouf, le poète volcanique Aimé Césaire, le conteur flamboyant du Nouveau Monde Garcia Marquez, le pervers amoureux Nabokov ou le déporté indomptable Soljenitsyne…

Nous sommes tous un peu de tout cela.  Des liseurs de livres qu'il faut avoir lus ou écrits par des auteurs qu'on aime ou achetés au hasard parce que le titre nous a accrochés, ou parce qu’on en a parlé à la télé, ou parce que l’auteur vend un million de livres à chaque nouveau roman, parfois aussi parce qu’on s'identifie à l'auteur ou à un personnage et qu'on a envie de comprendre ce qui se passe dans nos têtes avec  des gens qui pensent comme nous ou, plus rarement, avec des gens qui ne pensent pas comme nous.

 

 

 

 

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