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maladie

De quoi mourait-on il y a deux siècles ?

Publié le par Carlus

 

Quand je lis certains propos sur le Net, j’ai un peu l’impression que pour beaucoup de gens, nos aïeux ne mouraient pas de maladie, mais seulement de vieillesse. La nourriture était saine, la vie se passait au grand air, il n’y avait pas de virus, ni de staphylocoque, doré ou pas. Et quand on avait des petits désagréments de santé, des tisanes et des infusions réglaient tout cela en un rien de temps.

Et c’est le capitalisme (et son annexe médicale : le maudit Big Pharma) qui nous a expulsés du paradis terrestre et bucolique dans lequel nous vivions en parfaite santé !

Un blog hébergé par le Monde, intitulé Passeur des sciences, nous donne une idée des causes de mortalité par maladies qui existaient il y a deux siècles. Il s’agit de relevés effectués dans la ville de Boston au cours de l’année 1 811. On peut facilement faire l'hypothèse que les causes de mortalité en France et dans le reste de l’Europe ne devaient pas être très différentes. L’article est super intéressant et mérite d’être lu, en plus du résumé que je vous propose (non, non, je vous en prie, il n'y a pas de quoi, c’est moi qui vous remercie de lire mon blog).

Le nombre de mort de cette année 1 811 à Boston cité dans l’article est de 942. Le nombre de mort par maladies que j’ai compté et classé ci-dessous est de 638. On peut supposer que la différence (304) est constituée des morts par accidents, homicides, disparition, et causes inconnues, etc. Classées par ordre d’importance numérique, les causes déclarées de décès par maladie donnent le classement suivant :

- la "consomption" qui recouvre essentiellement la tuberculose, a fait cette année-là, 221 morts soit près d’un décès sur trois.

- les accouchements et leurs suites ont provoqué 135 décès chez les mères et les nouveau-nés soit un décès sur cinq.

- les fièvres diverses et variées parmi lesquels on compte le typhus ont fait 116 morts.

- les causes de décès dont on ne sait pas très bien à quelles maladies d’aujourd’hui elles correspondent sont responsables de 109 morts ("convulsions" (36), "faiblesse" (28), "déclin" (20), ou "mort subite"(25).

- la diarrhée a tué dans 15 cas

- l’apoplexie" qui recouvrait, entre autres, ce que l’on désigne aujourd’hui par AVC est responsable de 13 décès.

- la syphilis a tué 12 fois,

- le choléra 6 fois.

- le cancer est noté comme cause de décès dans 5 cas.

- la variole dans 2 cas

- les "crampes d’estomac" sont responsables de 2 décès

- et 2 deux personnes sont mortes pour avoir "bu de l’eau froide"

 J’ai envie d’ajouter que dans ma petite enfance, j’avais une grand-tante qui semblait chargée de la rubrique nécrologique de son village et même au delà. Je me souviens l’avoir entendu évoquer de nombreuses maladies citées dans cet article (comme l’apoplexie, la mort subite, les convulsions…) mais aussi de maladies inconnues à Boston comme la "congestion" et la "pleurésie", ou encore le "chaud et froid" (mais peut-être que les deux personnes qui ont péri pour avoir bu de l’eau froide entrent dans cette catégorie), ce qui me laisse penser que son village au fin fond de sa province reculée était, en matière de mortalité, à la pointe du progrès.

Voilà ! je pourrai dire désormais, et de façon documentée, à mes amis écolos passéistes et complotistes d'extrême droite que dans le paradis pré-industriel, d'abord que nos aïeux ne savaient toujours de quoi ils mouraient, ensuite que les médecins n'étaient pas obligatoirement tenus de préciser les causes des décès, et enfin que si on mourrait (peut-être) moins de cancer, d’infarctus ou d’AVC, on mourrait par contre pas mal en couches pour les femmes, en bas âge pour les enfants, de tuberculose, de convulsions ou de mort subite et parfois même en buvant de l’eau froide (!?), sans parler de la famine dans certaines régions du monde, de la peste, de la grippe, de la variole, de la coqueluche, de la rougeole et bien d'autres maladies !

Et je ne suis pas certain qu'on ait perdu au change !

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Plaidoyer en faveur de l'industrie pharmaceutique

Publié le par Carlus

Incroyable ! L'industrie pharmaceutique a réussi à trouver un défenseur : il s'agit de Carlus, avocat du Diable :


 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs du jury

 

La tâche qui est la mienne aujourd’hui n’est pas facile ! Non, elle n’est pas facile, je vous l’assure !

En vérité, en acceptant d’assurer la défense de mes riches clients, je ne risque rien de moins que de voir tous mes amis se détourner de moi, rien de moins que d’être désigné à l’opprobre public, rien de moins que d’être considéré comme le complice actif du crime organisé !

Car c’est bien de cela que mes clients sont accusés, n’est-ce pas ? Ce que les journalistes dévoilent, ce que les blogueurs dénoncent, ce que vous avez à juger aujourd’hui, ce sont des crimes prémédités, de la corruption aggravée, des profits usurpés !!!

Non, en vérité, ma tâche ne sera pas facile !

Elle ne sera pas facile, car je suppose qu’aucun d’entre vous, Mesdames et Messieurs les jurés, n’a eu le malheur de voir un de ses proches atteint d’un cancer et le bonheur de le voir guérir de ce cancer ! De le voir guérir d’un cancer qui, il y a quelques décennies à peine, conduisait à une mort douloureuse et inéluctable !

Non, ma tâche ne sera pas facile, je vous le dis, car je sais  - oh, je sais ? je suppose !- qu’aucun d’entre vous n’a un ami ou un collègue qui est séropositif depuis 10 ou 15 ans. Et aucun d’entre vous ne se souvient (à quoi bon ? c’est de l’histoire ancienne !) qu’il y a quelques années à peine, un séropositif avait une espérance de vie qui ne dépassait pas deux ou trois ans !

Non, je vous le dis avec résignation : je ne réussirai pas à trouver ne serait-ce que des circonstances atténuantes à mes clients ! Car je fais l’hypothèse qu’aucun d’entre vous n’a eu un père qui a survécu quinze ans à une insuffisance rénale, ou un époux soigné pour des problèmes cardiaques, ou une compagne guérie du cancer du sein !

Mais je sens que je vous lasse !

Quel rapport, vous demandez-vous, y a-t-il entre ces maladies redoutées et terrifiantes  que je suis en train d’évoquer et l'industrie pharmaceutique ?

"Bien sûr, me répondez-vous in petto, que nous avons connu, directement ou à travers un proche, la maladie, la souffrance, l’angoisse de la mort ! Et le bonheur de la guérison, de plus en plus souvent !"

Mais, quoi ? répondez-vous aussitôt, l’industrie pharmaceutique n’y est pour rien ! Ce sont des elfes et des fées qui nous apportent dans une corbeille fleurie les médicaments nouveaux ! Les actionnaires ne font que prélever des profits au passage ! Ce sont des enchanteurs et des magiciens qui trouvent les formules et les recettes magiques pour nous guérir, et les rapaces des conseils d’administration ne font que voler leurs philtres et leurs grimoires pour en tirer leurs plus grands profits !

 

Eh bien, Mesdames et Messieurs les jurés, je vais en ce jour vous faire une terrible révélation : ce ne sont pas des elfes et des fées qui mettent à notre disposition les médicaments qui nous guérissent ! Ce ne sont pas des enchanteurs et des magiciens qui trouvent les formules qui nous permettent de vivre plus longtemps et en bonne santé !

C’est l’argent des uns et les talents des autres, des sommes considérables apportées par les uns et le talent, l’intuition, le génie des autres.

C’est l’industrie pharmaceutique, mesdames et messieurs !

 

Oh je sais, une fois le choc passé, ce que vous pensez : "mais ne pourrait-on pas faire la même chose, inventer des médicaments nouveaux, guérir de nouvelles maladies tous les jours en enlevant toute notion de profit et de bénéfice ? Ne pourrait-on pas créer une association loi de 1901 pour faire de la recherche médicale une activité bénévole ? ou, mieux encore, en faire une des branches de la fonction publique à l'instar de l'administration fiscale ou de celle des Eaux et forêts ?"

Non, Mesdames et Messieurs, on ne peut pas, je vous le garantis ! Ce n’est pas une bonne idée que de confier le secteur la recherche à des fonctionnaires ! Oh, entendons-nous bien : je n’ai rien contre eux ! Ils sont absolument indispensables et ils savent exécuter les tâches qui leur sont confiées avec une efficacité et un dévouement  dignes du plus grand respect quand il s’agit de récolter l’impôt et de pondre des circulaires ! Mais, croyez-moi je vous en conjure, ce ne sont pas les bonnes personnes pour trouver et créer des médicaments innovants !

Je n’ai pas le temps de développer ce point mais sachez que si c’était le cas, l’ex union soviétique ou la Chine d’aujourd’hui seraient devenues des leaders en matière de découverte médicale ! Vous savez qu’il n’en est rien et qu'on en est même très très loin !

 

Alors, Mesdames et Messieurs les jurés, je vous en conjure, au moment de juger, sachez faire la part des choses, sachez punir les comportements coupables de quelques-uns sans y associer tout le secteur de la recherche médicale !  Sanctionnez les excès des uns, la rapacité des autres sans vous sentir obligés de manifester de la méfiance et de l’hostilité envers toute la profession !

Et enfin, Mesdames et Messieurs les jurés, avant de les clouer au pilori, avant de les désigner comme des marchands de mort,  prenez en considération la quantité innombrable de vies (de nos vies, la vôtre, la mienne, celles de nos enfants) qui ont été rallongées, améliorées ou sauvées par leurs découvertes !

 

Carlus (qui, de temps en temps, aime bien se faire maître )

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