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Rien ne va plus

Publié le par Carlus

Il y a des périodes dans la vie où rien ne va. Ou plus exactement où tout m’ennuie.

En politique tout va mal. Le pays dirigé par un type tellement médiocre que même quand il séduit une actrice, ça a l’air d’être une minable histoire de fesses. (En face, de l’autre côté de l’Atlantique, Obama dépose ses mains sur les fesses de Madame et toutes les femmes fondent devant cette belle manifestation de tendresse et d’amour.)

Politiquement, même quand il prend les bonnes décisions, il tarde à les mettre en oeuvre, les promet pour l’année prochaine et annonce que les résultats devraient se faire sentir l'année d'après, c'est à dire… au cours de la dernière année de son mandat.

Son impopularité est telle qu’il entraîne dans le gouffre toute la gauche modérée, les élus de son camp souhaitant se démarquer de lui ne pouvant le faire  que par la gauche.

 

A droite, l’autre grand parti démocratique est dirigé depuis des années par des aventuriers persuadés que la présidence de la République est une aventure individuelle, une preuve de réussite personnelle et que le secret de cette réussite est que c’est celui qui a le plus de fric à mettre sur la table qui l’emporte, "y a pas à chier" ! Les plus modérés, les plus intellectuels, les plus économistes ont laissé les premières places à des personnalités assez médiocres attirées les uns par l’argent, les autres par l’extrême-droite.

 

En embuscade (et encore… plus maintenant !) apparaît comme un recours possible, un parti politique créé et longtemps dirigé par un homme qui n’a jamais vraiment caché son admiration pour Hitler, qui a nié l’existence des chambres à gaz, qui était un défenseur affiché de l’Apartheid, qui parsème ses discours de jeux de mots et de sous-entendus racistes et antisémites, un homme que même les autres partis d’extrême-droite européens considèrent comme infréquentable ! 

 

Franchement, tout cela me fait profondément chier et je vais arrêter de m’intéresser à la politique. En fait, je suis comme beaucoup de gens, je ne m’intéresse de façon passionnée à la politique que quand je me fais chier dans ma vie personnelle.

D’ailleurs, tiens, je me demande si, au niveau collectif, ce ne serait pas un petit peu le cas aussi : c’est peut-être parce que les Français se font chier dans leurs vies quotidiennes qu'ils ont décidé de mettre un peu le foutoir dans la vie politique !  histoire de rigoler.un bon coup ! Ou alors.. de faire monter leur taux d'adrénaline en jouant à la roulette russe !

 

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Retournement

Publié le par Carlus

Il y a une semaine encore, il se disait beaucoup  que la seule chance qu'avait Hollande d'être réélu était de se retrouver face à Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle.

Aujourd'hui, on commence à penser que la seule chance qu'a Marine Le Pen d'être élue est de se retrouver face à Hollande au deuxième tour de la présidentielle.

 

 

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Elections européennes : où est le problème ?

Publié le par Carlus

Voici les résultats ventilés par parti :

FN  25%              UMP 20%            UDI 10%

PS  14%                EELV 9%             FDG  6%

  

- Le FN a fait campagne contre  "le système" 

FN  :   25%

LE SYSTEME :  75%

 

- Parfois c'était juste contre l'UMPS

FN 25%

UMPS 34%

 

- Parfois, c'était contre  droite et gauche réunies

FN 25%

DROITE+GAUCHE+EELV+FDG :  59%

 

Non, vraiment, je ne vois pas où est cette victoire dont on nous rebat les oreilles depuis hier !

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PS : non, je déconne ! je la vois bien cette victoire ! mais on a encore le droit de plaisanter, non ?

 

 

 

 

 

 

 

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Bon ben OK !

Publié le par Carlus

Laissons les gagnants savourer leur victoire et pleurons dans notre coin. La vie politique, la vie tout court, est faite aussi de défaite qu'il faut savoir reconnaître, assumer et analyser.

 

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Mélenchon : chapeau l'artiste !

Publié le par Carlus

Au tribunal de l'Histoire, Carlus, avocat du Diable, prend la parole et dit:

Monsieur le président, Mesdames et Messieurs du jury

Si j’ai accepté de prendre aujourd’hui la défense de mon client Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas  parce que ce tribun hors pair ne pourrait pas assurer lui-même sa défense, bien sûr que non !  

Si j’ai décidé de prendre la parole, Mesdames et Messieurs, c'est parce que l'homme se laisse trop facilement griser par son propre verbe et devient rapidement incohérent,  parfois tellement modeste que cela en devient ridicule, parfois tellement vantard que même ses adversaires éprouvent de la gêne pour lui. 

Mais si je parle en son nom, Mesdames et Messieurs du jury, c’est surtout pour le saluer bien bas et lui dire avec admiration : CHAPEAU L’ARTISTE !

Chapeau l’artiste parce que décider un jour de se lancer dans la course pour le pouvoir en s’enchaînant à la cheville le plus lourd des boulets, je veux parler de l’alliance avec un parti communiste vomi par l’histoire, est une démarche qui ne peut susciter que de la curiosité et de l’admiration!

Chapeau l’artiste, parce que définir une tactique politique consistant à flatter de jeunes maoïstes et trotskistes électoralement et intellectuellement insignifiants  qui , en plus, répondent avec mépris à ses propositions d'alliance est une attitude qui relève de la forme la plus achevée du stoïcisme !

Chapeau l’artiste parce que prendre fait et cause pour le régime chinois dans l’entreprise de colonisation à outrance qu’il mène au Tibet, présenter Hugo Chavez comme un démocrate intransigeant et  Jérôme Kerviel comme une innocente victime, c'est faire preuve d’une audace intellectuelle extrêmement poussée !

Chapeau l’artiste, parce que répondre à un étudiant journaliste "Pouet Pouet camembert, petite cervelle" et ajouter tout de suite après, avec le plus grand sérieux, "DIGNITAS ET GRAVITAS" est un propos digne de figurer dans le dictionnaire des citations les plus remarquables  des hommes célèbres.

Chapeau l’artiste, parce qu’ajouter le lendemain de cette histoire que, s’il était élu, il créerait une commission de "déontologie journalistique" chargée de veiller à ce que les journalistes posent les bonnes questions aux hommes politiques est un propos qui montre que l’homme a de la suite dans les idées et une grande constance dans la vision de la société qu’il nous propose !

Monsieur le président, Mesdames et Messieurs du jury, l’histoire fourmille de Robespierre, de Staline, de Castro, de Pol Pot, de Kim Il sung qui, après avoir juré qu’ils seraient les défenseurs intransigeants du petit peuple, les garants des libertés civiques et de la démocratie se sont révélés des dictateurs aux mains pleines du sang de ceux-là même qu'ils prétendaient défendre et représenter.

Se placer résolument dans la lignée de ces gens relève non pas de l’inconscience, non pas de la sincérité, mais bien de la bravoure et du panache !

Et moi je dis CHAPEAU L’ARTISTE !

 

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L'extrême droite a une histoire

Publié le par Carlus

Depuis  Marine Le Pen et Zemmour,  l'extrême droite n'a plus d'histoire ! Elle n'a rien contre les Juifs, ni contre les homosexuels, elle défend le droit à l'avortement et s'est ralliée à la démocratie parlementaire.  Vraiment ?

Si on veut savoir si l'extrême droite a changé, ce n'est pas à ses dirigeants extrêmement habiles qu'il faut poser la question. Il y a deux autres moyens de le vérifier :

- La première méthode consiste à lire les articles et les commentaires de blogs tenus par les militants et les sympathisants pour les entendre regretter qu'il y ait trop de juifs dans les médias  ou traiter tous les hommes politiques de pourris, de pédophiles, de transgenres, et aujourd'hui, dire la grande admiration qu'ils éprouvent pour Poutine et sa "guerre de libération" de l'Ukraine. 

- La deuxième méthode consiste à aller dans les livres d'histoire (aujourd'hui dans les blogs d'Histoire) et de se demander si demain, avec un front National suffisamment puissant pour se dévoiler sans crainte de représailles, on serait certain de ne pas ré-entendre  ça  : 

Petit florilège des insultes adressées à Léon Blum 

(Je ne cite pas les auteurs quand leurs noms ne nous disent plus rien aujourd'hui, mais ce sont des "copier"  qu'il suffit juste de "coller" dans Google pour avoir les sources)  

- Léon Blum incarne tout ce qui me révulse le sang et me donne la chair de poule. Il est le mal, il est la mort.

- Le Führer est chez lui et maître chez lui, tandis que M. Blum n’est pas de chez nous et, ce qui est le plus fort, M. Blum est maître chez moi et nul Européen ne saura jamais ce que pense un Asiatique.

- Afin de ne pas devenir le dépotoir des juifs de Palestine, la France ...

- D'abord, il est laid. Sur un corps de pantin désarticulé, il promène la tête triste d'une jument palestinienne.

- Le juif névropathe

- La dormeuse parfumée du quai de Bourbon

-  l’Action Française du 5 juin 1936 titrait : « La France sous le Juif.»

- Un  député d’Action française en 1936, signalait qu’il était impossible pour « un vieux pays gallo-romain comme la France d’être gouverné par un juif »

« Léon  Blum, le socialiste pour salonnards (1) , a un physique qui tient de la chèvre et du lévrier »

 « douze Hitler plutôt qu’un Blum » (Louis Ferdinand Céline)

Mention spéciale à Charles Maurras: 

Détritus humain à traiter comme tel. L’heure est assez tragique pour comporter la réunion d’une cour martiale qui ne saurait fléchir. M. Reibel demande la peine de mort pour les espions. Est-elle imméritée pour les traîtres ? Vous me direz qu’un traître doit être de notre pays : M. Blum en est-il ? Il suffit qu’il ait usurpé notre nationalité pour la décomposer et la démembrer. Cet acte de volonté, pire qu’un acte de naissance, aggrave son cas. C’est un homme à fusiller, mais dans le dos.  

 

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PS :  

(1) salonnards : on dirait aujourd'hui : "enculés mondains"

 

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Guerrières et danseuses

Publié le par Carlus

Si je vous dis que les gouttes de pluies qui tombent sur le sol sont des guerrières et des danseuses, vous me croyez ?  ou pas ? 

 

Guerrières, ô guerrières, par la lance et le trait jusqu'à nous aiguisés !

Danseuses, ô danseuses, par la danse et l'attrait au sol multipliés !

Ce sont des armes à brassées

Ce sont des filles par charretées

Une distribution d'aigles aux légions

Un soulèvement de piques aux faubourgs 

 

Saint John Perse - Pluies

 


 

PS : Oui, oui, je sais, chère lectrice, les "filles par charretées" ce n'est plus dans l'air du temps. J'aurais peut-être dû l'enlever de l'extrait... mais qui serais-je pour oser faire ça ?

 

 

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Pauvre Europe

Publié le par Carlus

Pauvre Europe

Ron Muek 

Le monde l'a longtemps considéré comme étant agressif et violent. Et c'est vrai que c'était encore le cas il n'y a pas si longtemps que cela. Guère plus que les autres, certes, mais il l'a été ! On dit aussi qu'il pourrait bien avoir changé. Ca se vérifie depuis quelque temps. Il aimerait bien qu'on lui accorde le bénéfice du doute.

On l'accuse d'avoir utilisé sa force pour dominer, exploiter et finalement nier l'humanité des autres.  Il y a du vrai dans tout cela, oui c'est vrai. Mais le doute et la contestation l'ont toujours habité. Et dans les pires moments de son existence, ceux où il avait le rôle du bourreau, le salut est venu de l'intérieur et a contribué à libérer  la victime et aussi lui-même, le bourreau. 

On lui reproche son matérialisme effréné, son manque de spiritualité et son individualisme excessif. Mais seuls ceux qui confondent religiosité et spiritualité peuvent lui reprocher cela. Sa contribution à la pensée universelle est énorme et il n'a jamais refusé les apports extérieurs dans aucun domaine.  Et l'individualisme qu'on lui reproche tant fait de lui un rebelle toujours en quête de sens ! 

Aujourd'hui, il doute et se pose des questions. Comme toujours. Il est un peu honteux des reproches qu'on lui fait. Il est parfois tenté de rester dans son coin, de se replier sur lui-même, de laisser la  recherche et la découverte aux autres et de retourner à la vie bucolique qui était la sienne à une époque où... c'était quand déjà ? il ne s'en souvient plus... à une époque qui n'a peut-être jamais existé que dans ses rêves !

 

 

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The connoisseur

Publié le par Carlus

The connoisseur

 

J'aime bien cet homme. Ben oui, la mode étant au bad boy méprisant envers les premiers de la classe, je prends le parti délibéré d'aimer les premiers de la classe (quelque soit leur âge) et de mépriser les bad boys !

Le bonhomme est de dos mais son attitude et ses vêtements disent qu'il est bourgeois, friqué, plutôt cultivé, avocat d'affaire réputé, notaire peut-être, ou alors haut fonctionnaire ou encore principal associé d'une grosse agence immobilière.  

La scène n'est pas ironique. On sent bien que le tableau ne montre pas un vieillard  ridicule totalement imperméable à l'art moderne en train de se demander "c'est quoi, cette connerie ? " . 

Le titre The connoisseur paraît pourtant suggérer le contraire (on croit entendre "ah, je vois que Monsieur est connaisseur") mais c'est un faux ami.  Wikipedia nous dit :  "En 1955, dans Meaning in the Visual Arts, Erwin Panofsky explique la différence entre un connoisseur (à ne pas confondre avec un connaisseur, en anglais - an expert) et un historien de l'art. « Le connoisseur peut être défini comme un historien de l'art laconique et l'historien de l'art, comme un connaisseur loquace"

Autrement dit, notre homme est un amateur d'art averti et introverti, un type qui aime l'art et se tient au courant mais n'en fait ni un élément de frime, ni son métier.  

Il y a deux façons de tomber dans le piège de l'art moderne : en faire son métier ou en faire un élément de look intellectuel. 

En faire son métier vous fait tomber dans le panneau des experts. Vous cessez de voir l'oeuvre pour ne voir que sa valeur. Plus précisément vous évaluez l'intérêt artistique d'une oeuvre en fonction du prix estimé par les experts. Un dessin griffonné à la va-vite par Picasso pour payer sa note d'hôtel aura une valeur financière bien supérieure à sa valeur artistique (1). Mais comment pourrions-nous, si c'est notre métier d'en vendre, d'en acheter ou d'en exposer , faire abstraction de cela  et estimer que ce gribouillis est une merde en dépit de son prix ? 

Dans l'autre cas, celui de l'amateur averti soucieux de son image d'homme cultivé, nous tombons dans le piège de l'historien de l'art et nous  nous ancrons dans la conviction qu'un vrai amateur d'art n'est que celui qui sait parler d'une oeuvre, parler des circonstances dans lesquelles elle a été créée, des détails de la vie du peintre, du courant pictural dans lequel il s'inscrivait, des peintres qui ont influencé l'artiste, en faisant totalement abstraction de ce qu'une oeuvre d'art peut avoir de "brut", d'absolu à nous proposer.

Notre "connoisseur" n'a l'air d'être ni l'un ni l'autre. Il observe en honnête homme, se dit que tout cela est très... attrayant et très déconcertant en même temps . Il fait l'analyse que cela représente un courant qui ne fera que se développer ou au contraire que c'est un "one shot" et que l'artiste passera sa vie à reproduire le même tableau à quelques variantes près. Il se demande si il aime. Mais si,  il aime ! Cette explosion de couleur a à voir avec la naissance, la vie , le big bang, la jouissance ! Bien sûr qu'il aime ! Il n'ira pas le crier sur les toits, mais il aime !

 

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(1) Et quand le directeur de l'hôtel lui demande de signer le dessin griffonné en quelques secondes, Pablo lui répond " Hé, je n'ai jamais dit que je comptais acheter votre hôtel, Monsieur !"  

Prétentieux ? peut-être pas ! 

 

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