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gouvernement

Le 49.3 expliqué aux poutinistes et aux chavistes

Publié le par Carlus

 

Je vous prie de m'excuser, chers lecteurs,  je vous quitte un instant pour m'adresser à un mec tellement démocrate qu'il est horrifié par l'utilisation de l'article 49.3 !


Mais non, connard, le 49.3 n’a rien d’antidémocratique ! Au contraire, il te permet, à toi l’opposant, si tu as une majorité au parlement, de renverser le gouvernement et de prendre sa place ! Qu’y a-t-il de plus démocratique que ça ?

L'article 49.3 te permet de déposer une motion de censure pour renverser le gouvernement.  Si la majorité des députés vote TA motion de censure, donc si TU es à la tête d'une majorité, le gouvernement est ipso facto renversé et le Président doit choisir un nouveau Premier ministre dans TA nouvelle majorité.  Ou alors, il dissout l'assemblée et déclenche de nouvelles élections.

Mais répond-moi, bordel ! Qu'y a-t-il d'antidémocratique dans tout cela ?

C'est quoi pour toi, la démocratie, connard ?

La démocratie, ce serait donc le droit pour des minorités  extrémistes et/ou démagogues et/ou irresponsables de paralyser l'Etat, histoire de nous dire après que "la 5e République, ça ne marche pas et qu'il faut essayer autre chose" ? En s'inspirant, si possible, des admirables modèles démocratiques  cubain, vénézuélien ou russe, c'est bien ça ?

Ce serait le droit pour des extrémistes de tous bords, incapables de s’entendre entre eux, de paralyser l'action d'un gouvernement pour ensuite déplorer cette paralysie et préconiser pour y remédier l'intervention d'un leader providentiel, de préférence militaire, comme le faisaient les Gilets Jaunes ?  

Et puis, c'est quoi, déjà,  vos sources d'inspiration, dites-moi ? A la Douma, il y a des opposants ? Dans l'assemblée constituante vénézuélienne, il y a une opposition ? Non ? C'est facile alors : pas d'opposition, pas de minorité, pas besoin de 49.3 évidemment !

D'ailleurs, ça donnerait quoi, cette alliance contre nature ?

Sur l’Europe, ce serait le droit pour les tenants du Frexit et ceux de l’Alliance bolivarienne de faire perdre à la France toute crédibilité au niveau international ? L'une allant s'agenouiller devant Poutine et l'autre allant à Caracas faire la promotion de son ami Maduro et de sa si merveilleuse assemblée constituante ?

Sur le problème des migrants, ce serait l'alliance de ceux qui veulent tirer sans sommation sur les migrants à la frontière et ceux qui veulent les accueillir sans aucune restrictions ?

 

Vous savez quoi ? je vais vous dire le fond de ma pensée, à vous :
- les indignés par tout ce qui est démocratique
- les soi-disant insoumis soumis à un vieux gourou,
- les auto-proclamés patriotes choisissant toujours le camp des ennemis de la France,
- les communistes de sinistre mémoire historique,
- les chercheurs de complots judéo-maçonniques et pédo-sataniques
- vous tous qui n’avez que le mot "démocratie" à la bouche alors que vos pratiques présentes et passées sont tellement dégoulinantes de sang que vous n’osez même pas vous en réclamer !

Alors, je vais prendre un peu de hauteur et vous dire calmement :

Allez tous vous faire foutre ! Et vive l'article 49.3 !

Et, accessoirement,  merci de m'avoir écouté jusqu'au bout.


 

 

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Libanais, mes frères

Publié le par Carlus

Le totalitarisme iranien ne se contente pas de menacer Israël de génocide, de réprimer et de massacrer son peuple, il menace aussi l'existence du Liban à travers le Hezbollah "le Parti de Dieu" sous la direction de Hassan Nasrallah.

Depuis l'indépendance du Liban, un fragile équilibre constitutionnel donne aux principales religions du pays (musulmanes et chrétiennes) la garantie d'être représentées au sommet l'état. La présidence est réservée à un chrétien, le poste de premier ministre à un sunnite et la présidence de l'assemblée à un chiite. Les ministères aussi font l'objet d'une répartition de fait, ce qui oblige tout le monde à se parler et à faire des concessions.

Cet équilibre marche tant bien que mal. Ce sont toujours des facteurs extérieurs (la question palestinienne, l'occupation syrienne, par exemple) qui expliquent les luttes inter-libanaises

Dans les années 1980, en réaction à l'occupation israélienne du Sud-Liban et avec le soutien de Khomeini arrivé au pouvoir en Iran, un parti chiite, le Hezbollah, sous prétexte de lutter contre l'occupation israélienne du Sud-Liban a recruté des milliers de combattant, reçu de l'Iran des tonnes de matériel militaires sophistiqués et tout cela hors du contrôle de l'Etat libanais et sous la seule direction du parti de Dieu.

Le Hezbollah est donc un état dans l'état libanais, tout en participant à la vie politique du pays.

Nasrallah ne se cache pas de recevoir ses ordres du grand Ayatollah iranien (qui est pour les chiites du monde entier l'équivalent du pape pour les catholiques), et gère seul aujourd'hui une milice qui est plus puissante que l'armée régulière libanaise.

Il refuse catégoriquement de livrer ses hommes à la justice libanaise et internationale, que ce soit pour des accident de la route, des crimes de droit commun ou des attentats terroristes (assassinat en 2005 du premier ministre Hariri, explosion en 2020 dans le port de Beyrouth...) Mais parallèlement, il participe aux élections et a en conséquence des députés et des ministres au sein du gouvernement.

Hassan Nasrallah et toute la direction du Hezbollah vivent dans la clandestinité, refusant de se soumettre à toute autorité libanaise ou internationale mais, à travers ses ministres au gouvernement, ils ont connaissance de tout ce que le gouvernement, l'armée, les services secrets et la diplomatie libanaises peuvent avoir comme projets et comme secrets. Et ces informations sont portées à la connaissance du pouvoir iranien. Par soumission à l'autorité religieuse chiite dont ils dépendent pour leur financement et leur armement. 

Ainsi, aujourd'hui, le parti de Dieu, le Hezbollah, désigné comme organisation terroriste par une grande partie de la communauté internationale, a les moyens de paralyser le fonctionnement démocratique de l'Etat libanais en bloquant depuis des semaines l'élection au parlement d'un président et donc d’un gouvernement. Avec la volonté affichée d'affaiblir le pays et de provoquer un chaos dont il ne pourrait que sortir vainqueur.

 

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