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hopital

Putain d'hôpital !

Publié le par Carlus

 Il y a beaucoup de gens mécontents dans les hôpitaux. Quelques  exemples observés ou vécus.


 

Certaines imageries médicales (IRM, TEP SCAN, etc.) surtout s'il y a injection de produit, se font dans des conditions très strictes. Le patient doit donc remplir un questionnaire pour certifier qu'il ou elle ne possède pas de prothèses métalliques, de pace maker, ou n'est pas enceinte, etc.

- L'infirmière : Ah ! Attendez, Madame, vous n'avez coché aucune case à la question " Etes-vous enceinte ou susceptible de l'être ?"

- La patiente : Mais j'en sais rien, moi !!! Comment voulez-vous que le sache ??

- L'infirmière : Ah ! désolé, madame, nous ne pouvons pas pratiquer l'examen s'il y a le moindre risque que vous soyez enceinte. Faites un test de grossesse et reprenez rendez-vous. Personne suivante.

- La patiente : Non mais, je ne suis pas enceinte, merde ! Arrêtez de me faire chier, p'tain ! Je vais vous le signer, votre papier de merde !

- L'infirmière : Personne suivante, s'il vous plait !


 


Dans la salle d'attente une dizaine de personnes attendent d'être invitées à rejoindre la salle de soins pour une séance de chimiothérapie. Une grande blonde, la cinquantaine, visage et coupe au carré, tailleur de marque, à priori cadre (très) supérieur ou dirigeante d'entreprise. Elle se lève et s'adresse sur un ton furieux et hautain à l'infirmière.

- Mais c'est incroyable, enfin ! Vous m'avez donné rendez-vous à 9 heures, il est 9 heures 30 et je n'ai pas encore commencé !

- Désolé, madame, nous avons un souci. Les produits ne sont pas encore arrivés, nous avons envoyé quelqu'un les chercher. Ca ne devrait pas tarder.

- Mais enfin, c'est vous qui m'avez proposé 9 heures, vous devez respecter votre planning ! j'ai dû décaler deux rendez-vous et je maintenant je dois en repousser un troisième à cause de votre incurie !

- Désolé, il va falloir attendre que les produits arrivent

- Eh bien, moi j'en ai marre, je m'en vais ! je vais m'adresser à un autre établissement capable de tenir un planning !

Et elle s'en va, d'un pas assuré et la tête haute !

L'infirmière se tourne vers une collègue et lui dit à voix basse et sourire en coin

Oh Mon dieu, elle va passer à la concurrence...

Dans cette ambiance pourtant stressante, je ne peux pas m'empêcher de sourire en pensant aux journées de cette dame. Je suppose que c'était sa première chimio car un malade réserve en général toute la journée pour une séance de chimiothérapie même si la séance elle-même ne dure que deux heures en moyenne, ne serait-ce que pour gérer les effets secondaires comme la fatigue ou les nausées. Cette dame semble avoir calé ce rendez-vous parmi ses autres rendez-vous professionnels, ce qui est certainement une façon (très idiote) de nier la gravité de sa maladie :

- 8h 30       : Tél Brochard pour annuler commande
- 9h - 11h   : chimiothérapie hôpital Saint Louis
- 11h 30     : Rdv avec DHR pour finaliser DADS 2022
- 12h 15     : déjeuner avec DAF filiale de Reims


 


Toujours en imagerie TEP SCAN

Le service est débordé et travaille de 8 heures à 19 heures sans interruption pour gérer le maximum de malades. Il est conseillé d'arriver 30 minutes à l'avance, car le service n'a pas les moyens d'attendre les retardataires (ce qui aurait pour effet en plus de décaler tous les autres rendez-vous).

Je vois cette jeune femme (enfin jeune, la quarantaine) mince, un peu "femme libérée c'est pas si facile" qui au lieu de s'asseoir et d'attendre comme tout le monde, fait les cent pas. Ca doit être son premier TEP SCAN. Elle est anxieuse, ça ne doit pas faire très longtemps qu'elle a appris sa maladie. Elle en a marre d'être là au milieu de tous ces gens malades qui attendent. Elle n'en peut plus et quitte une première fois la salle d'attente pour aller faire les cent pas dans le hall de l'hôpital. Puis elle retourne. L'agacement se lit sur son visage. Pourquoi la fait-on attendre comme ça ? Elle ressort une deuxième fois de la salle d'attente. J'ai envie de lui dire "ne faites pas ça ! attendez ici qu'on vous appelle !" Mais Non, si je fais ça , il y a des chances qu'elle me réponde " Vas te faire foutre ! de quoi je me mêle ?"

Elle ressort une troisième fois. Erreur fatale. L'infirmière appelle une fois, une deuxième fois sur un ton plus appuyé, attend quelques secondes puis une troisième et dernière fois. Pas là. Elle appelle le patient suivant.

Elle revient plus tard, attend, attend, attend. Puis elle va voir la secrétaire qui lui dit après avoir vérifié sa liste "vous n'étiez pas à l'heure. Votre rendez-vous a été annulé". Elle se met à pleurer et à crier "Vous êtes des salauds ! C'est ignoble ce que vous me faites ! J'attends depuis ce matin ! Vous êtes tous des salauds !"

L'infirmière en chef arrive et tente de lui parler. Mais elle ne veut rien savoir. Elle se lève crie "Je sais ce qu'il me reste à faire, je vais crever et personne ne veut rien faire pour moi" et s'en va en courant. L'infirmière en chef essaie de la rattraper mais compte tenu de sa corpulence, ne peut pas courir très vite. Elle passe devant moi et (sachant que je suis un accompagnant) me dit "Monsieur, aidez-moi à la rattraper" Je cours vers elle et la rattrape presqu'à la sortie de l'hôpital. Elle se tourne vers moi. Elle est en pleurs. Je lui dis "l'infirmière veut vous parler. Ecoutez là, svp". Elle me dit entre deux sanglots "Je vais crever, je vais crever et tout le monde s'en fout". Je lui dis "Ils sont débordés, ils ne peuvent pas attendre les retardataires. Mais vous ne pouviez pas le savoir, c'est pas de votre faute". L'infirmière en chef arrive et la prend par l'épaule, lui parle sur un ton doux et maternel et l'emmène vers le service. Je les regarde s'éloigner. C'est bon, j'ai fait ma B.A. du jour.

 

 

 

 

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Vive l'hôpital et les soignants vaccinés !

Publié le par Carlus

Triste constat et vrai problème :

"Les soignants ne se plaignent même plus. Ils partent."

 

 

 

 

 

 

 

Ils s'en vont et on sait pourquoi : fatigués, harassés, corvéables à merci, avec des horaires trois-huit très contraignants, travaillant la nuit et les jours fériés, vivant dans l'angoisse que la plus petite erreur de leur part ait des conséquences dramatiques pour leurs patients  et tout cela pour des salaires qui ne tiennent pas compte de la charge mentale et physique qui pèse sur eux.

Alors, ils s'en vont.

SAUF, évidemment, une secte de  fanatiques antivax qui, eux, non seulement refusent de partir, mais attendent avec impatience de reprendre du service. 

L'hôpital moderne est né au moment où on a commencé à détecter les réseaux invisibles de la contamination  et compris qu'entasser ensemble des gens souffrant de différentes pathologies ne faisait que compliquer les choses. 

Aujourd'hui, on n'a pas eu le peu de détermination qu'il fallait pour refuser de réintégrer des personnes fanatisées, contestant l'existence même de certaines maladies et les bienfaits de la vaccination,  persuadées qu'elles possèdent un savoir médical supérieur à celui de toutes les autorités  nationales et internationales de santé publique et refusant de faire la moindre concession ni à leur hiérarchie, ni à la société, ni à des malades affaiblis et fragiles.


Vive l'hôpital et les soignants !

 

 

 

 

 

 

 

C'est une bonne (mais curieuse) idée d'appeler "Gabrielle d'Estrée" une salle de soins chimiothérapiques réservée aux femmes . 

Gabrielle d'Estrée est connue pour deux choses :  d'abord pour sa beauté et l'amour fou que lui vouait Henri IV (et moi aussi accessoirement)

Ensuite pour sa mort très douloureuse que l'on a d'abord attribuée à un empoisonnement avant que les scientifiques modernes ne fassent l'hypothèse, compte tenu des symptômes, qu'elle aurait plutôt été victime d'éclampsie toxique ("une intoxication par un taux élevé d'albumine dans les urines, pathologie de la femme enceinte se traduisant par une forte hypertension, allant jusqu'à des convulsions et pouvant provoquer la mort"). 

L'exemple même de maladie qui tuait il y a quelques siècles et qui ne tue plus aucune femme de nos jours. 

(PS : A condition, bien sûr, que des fanatiques aveuglés par leur idéologie ne viennent nous expliquer que l'éclampsie toxique n'existe pas et que c'est une invention de Big Pharma.)


 Vive l'hôpital et les soignants ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le petit poème situé dans la salle d'attente de ce centre de lutte contre le cancer de l'hôpital Saint-Louis dit "le tintement doux et léger de mon traitement terminé". Mais bien sûr, toutes celles qui actionnent la cloche croient lire "de ma maladie terminée".  Mais ce n'est pas toujours le cas. Pour le cancer, on ne parle pas directement de guérison, on parle de rémission. Et ce n'est qu'après plusieurs années de rémission, qu'on ose, timidement et avec beaucoup de réserves, parler de guérison.

 

 

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