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Et voilà pourquoi, Monsieur, votre fille est malade

Publié le par Carlus

 

GÉRONTE : Entrez, Docteur Meluche, nous vous attendions.

Dr MELUCHE : Est-ce là votre fille, la malade ?

GÉRONTE : Oui, c'est ma fille Démocratie. je n'ai plus qu'elle et j'aurais tous les regrets du monde si elle venait à mourir.

Dr MELUCHE : Qu'elle s'en garde bien, il ne faut pas qu'elle meure avant que je sois prêt.

GÉRONTE : Allons, vite, un siège pour le Doctor Maximo !

Dr MELUCHE (en aparté) : Démocratie... Voilà une malade fort dégoûtante et je tiens qu'un homme bien sain ne saurait s'en accommoder.

GÉRONTE : Que murmurez-vous là ? Vous lui faites peur, Docteur !

Dr MELUCHE : Tant mieux, lorsque le malade a peur, c'est le meilleur signe du monde. Eh bien ! de quoi est-il question ? De quel mal souffre-t-elle ?

GÉRONTE : Monsieur, sa maladie est qu'elle est confuse et anxieuse pour son avenir

Dr MELUCHE : Et pourquoi cela ?

GÉRONTE : Pour les prochaines élections elle semble incapable de prendre une décision cohérente et refuse de s'exprimer clairement

Dr MELUCHE (en aparté) : Et qui est ce sot-là, qui ne veut pas qu'elle soit confuse et anxieuse avant d'aller voter ? Plût à Dieu qu'elle le reste, je me garderais bien de la vouloir guérir.

GÉRONTE : Enfin, Monsieur, nous vous prions d'employer tous vos soins, pour la soulager de son mal.

Dr MELUCHE : Ne vous mettez pas en peine. Dites-moi un peu, ce mal l'oppresse-t-il beaucoup ?

GÉRONTE : Oui, Monsieur.

Dr MELUCHE : Tant mieux. Se sent-elle anxieuse pour son avenir ?

GÉRONTE : Très

Dr MELUCHE : Fort bien. En souffre-t-elle ?

GÉRONTE : Oui...

Dr MELUCHE (se tournant vers la malade) : Donnez-moi votre bras. (Il prend son pouls) Voilà un pouls qui marque que votre fille est confuse et anxieuse...

GÉRONTE : Eh! oui, Monsieur, c'est là son mal : vous l'avez trouvé du premier coup.

Dr MELUCHE : Nous autres grand visionnaires, nous connaissons d'abord les choses. Un ignorant aurait été embarrassé, et vous eût été dire : « C'est ceci, c'est cela » : mais moi, je touche au but du premier coup, et je vous apprends que votre fille Démocratie est confuse et anxieuse.

GÉRONTE : Oui, mais je voudrais bien que vous me pussiez dire d'où cela vient.

Dr MELUCHE : Il n'est rien de plus aisé. Cela vient de ce qu'elle souffre de confusion et d'anxiété.

GÉRONTE : Fort bien : mais la cause, s'il vous plaît, qui fait qu'elle est confuse et anxieuse ?

Dr MELUCHE : Tous nos meilleurs auteurs vous diront que ce sont le matérialisme et la dialectique qui l'empêchent de prendre les bonnes décisions pour son avenir.

GÉRONTE : Mais, encore, vos sentiments sur la cause de cet empêchement ?

Dr MELUCHE : Lénine, là-dessus dit… de fort belles choses.

GÉRONTE : Je le crois

Dr MELUCHE : Ah ! c'était un grand homme !

GÉRONTE : Sans doute.

Dr MELUCHE : Grand homme, tout à fait : un homme qui était plus grand que moi de tout cela. Pour revenir donc à notre raisonnement, je tiens que cet peur de l'avenir est causée par certaines humeurs, qu'entre nous autres, léninistes, nous appelons dialectiques, mais aussi matérialistes, c'est-à-dire... relatives à la lutte de classes... Entendez-vous le marxisme-léninisme ?

GÉRONTE - En aucune façon.

Dr MELUCHE (avec étonnement) : Vous n'entendez rien au marxisme-léninisme ???

GÉRONTE - Non.

Dr MELUCHE (sur un ton professoral)
Luttes de classes... impérialisme... dialectique... matérialisme,  effacement de la dette, à mort l'Otan, aux chiottes l'Europe... assemblée constituante...

GÉRONTE - Ah! que n'ai-je étudié?

Dr MELUCHE - Tout cela pris dans un certain ordre peut avoir comme conséquence que... Soyez attentif, s'il vous plaît !

GÉRONTE - Je le suis.

Dr MELUCHE : Je disais donc... peut avoir comme conséquence que... que votre fille Démocratie vivant dans une dictature comme la nôtre et subissant la paupérisation croissante de la classe ouvrière, a donc de ce fait, de la peine à exprimer ses désirs de parti unique, de référendum révocatoire et de dictature du prolétariat...

GÉRONTE - Ah! que cela est bien dit !

Dr MELUCHE : Et voilà justement ce qui fait que votre fille Démocratie est malade !

GÉRONTE - On ne peut pas mieux raisonner, sans doute. Il n'y a qu'une seule chose qui me surprend : Je n'ai pas observé la dictature et la paupérisation croissante que vous avez évoquées

Dr MELUCHE - Oui... cela est dû au fait que vous vous fiez à vos sens ! Il faut faire confiance aux spécialistes comme moi qui connaissent, mieux que vous, ce qu'il convient de voir et de penser.

GÉRONTE - C'est ce que je ne savais pas, et je vous demande pardon de mon ignorance.

Dr MELUCHE - Il n'y a point de mal, et vous n'êtes pas obligé d'être aussi habile que moi.

GÉRONTE - Assurément. Mais, Docteur, que croyez-vous qu'il faille faire à cette maladie pour la guérir ?

Dr MELUCHE : Pour la guérir ?

GÉRONTE - Oui.

Dr MELUCHE : Mon avis est qu'on achève votre Démocratie et qu'on la remplace par une autre !

GÉRONTE - Achever Démocratie et la remplacer...? Mais... par qui ?

Dr MELUCHE : Je préconise la Démocratie populaire, une fille parfaite en tous points

GÉRONTE : Et en quoi est-elle parfaite, Docteur ?

Dr MELUCHE : Parce que Démocratie populaire ne dira que ce que je lui dirai de dire et ne fera que ce que je lui dirai de faire. En conséquence , elle ne sera ni confuse ni anxieuse  !

GÉRONTE  :  Ah, le grand homme ! Vite, achevons la Démocratie!

 

 

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Manu et le pot au lait

Publié le par Carlus

 

Manu, réélu président
Face à des gens fort indigents
Etait sûr d'avoir sans encombre
De députés en très grand nombre
Pour lui permettre d'exercer
Seul, son mandat réitéré.

"L'affaire sera rondement menée"
Pensait le président surdoué
"Il ne sera pas difficile
De promettre de tout changer
A ceux qui trouvent cela utile
Mais en même temps ne rien changer
Car d'autres pourraient s'en offusquer."

Dès lors, confiant et sûr de lui,
Il appelle Poutine son ami
Puis va rencontrer Zelenski
Avant d'se rendre en Moldavie.
"Après cela, j'irai aussi
Bientôt m'occuper du Liban
De la Chine et de Taiwan.

Les résultats sont arrivés.
Oh, quelle énorme déconvenue !
Les veaux (la vache !) ont mal voté
La majorité est perdue
Les pleins pouvoirs ont disparu
Et notr' Jupiter président
Se retrouve Gros Jean comme devant !

 

Carlus 

 

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