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Ma première fois

Publié le par Carlus

Le Décaméron de Boccace :
Pour fuir l’effroyable peste noire qui atteignit Florence en 1348, dix jeunes gens s’isolent en pleine campagne (on dirait aujourd’hui se confinent) et, pour passer le temps, se racontent à tour de rôle leurs aventures amoureuses.  

Pourquoi ne pas en faire autant ?


Ma première fois

Ma première fois, c’était avec Nicole. Seize ans tous les deux. Elle était plutôt romantique, fille de bonne famille et voulait rester vierge jusqu’au mariage. Et moi comme je l’aimais tendrement, comme on aime à cet âge-là, il ne m’est pas venu une seule fois à l’idée d’aller contre sa décision et de faire pression sur elle pour "coucher". Nous faisions ce que l’on appelait à l’époque le "tout sauf ça". Des caresses très poussées avec nos bouches, nos langues, nos mains, ses seins, son ventre, mais pas question de toucher son sexe et de risquer de lui enlever le précieux hymen qu’elle réservait à celui qui lui passerait la bague au doigt !

Mais voilà, la nature est plus forte que nous !

Un jour je me suis rendu chez elle en début d’après-midi pour préparer un exposé et ses parents n’étaient pas là, retenus ailleurs, les braves gens, par une quelconque obligation professionnelle ou familiale. Nous nous sommes donc retrouvés dans sa chambre non plus pour faire l'exposé prévu mais pour nous livrer à notre fameux "tout sauf ça". Baisers, léchouilles, caresses… Je lui enlève le haut pour lui sucer les tétons, elle me déboutonne ma chemise pour faire de même (oui, c’est mon côté féminin, j’adore ça) et c’est tout !

Oui, oui c’est tout ! 

Mais quand je dis "c’est tout" je veux dire par là que c’est tout ce que nous avions décidé ! Mais il se trouve que nous avons fait l’amour ! Sans l’avoir voulu, sans même nous en rendre compte ! Non, non, cher lecteur, je suis sérieux ! Je n’ai eu, après, aucun souvenir ni de lui avoir enlevé la culotte, ni d’avoir déboutonné mon pantalon ! Et le plus extraordinaire, c’est qu’elle, de son côté, m’a juré que ce n’était pas elle qui en avait pris l'initiative ! Alors vous comprenez ce que je veux dire en affirmant que "la nature est plus forte que nous" ? Si ce n’est pas moi qui l’ai fait et si ce n’est pas elle non plus, alors je vous pose la question : qui a bien pu ouvrir ma braguette et mon caleçon, écarter sa culotte et introduire mon sexe dans le sien à notre insu et même contre notre volonté ?

Heureusement pour moi, après notre forfait (sans intention de le commettre, donc) j’étais allongé sur le dos et elle à califourchon sur moi ! Je pense que c’est pour cela qu’elle n’a jamais émis l’hypothèse que j’avais abusé de sa confiance pour arriver à mes fins ! Dans cette position, une telle accusation n’aurait pas tenu la route une seconde !
Il est vrai que, d’une façon générale, et j’ai eu l’occasion de le vérifier à de nombreuses reprises  par la suite, dans cette position il est assez difficile pour un module lunaire bien huilé d’éviter l’arrimage à la fusée géostationnaire placée juste en dessous et profilée pour ça !

Mais à vrai dire, le problème n’est pas là ! Le problème c’est que je n’ai jamais eu conscience (et elle non plus, selon des dires) de faire l’amour ! A aucun moment, je ne me suis dit " je suis en train de la pénétrer" ou "que c’est bon de faire l’amour !" ! Non, pendant tout ce temps où j’étais en elle, j’étais absorbé par ses baisers, ses caresses, sa douceur… et ce n’est qu’après avoir eu ma jouissance que je me suis rendu compte qu’on "l’avait fait" !

Bon, ceci dit, ce mystère non résolu ne nous a pas perturbé outre mesure. L’avantage avec le pucelage des filles est que quand il est perdu, il est perdu ! Et donc autant en profiter car le futur mari ne verra jamais la différence entre une faute et deux fautes !

Ca tombait bien car elle avait envie de recommencer. Et moi aussi !

 

 

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Quel fiasco, mes amis !

Publié le par Carlus

fiasco : nom masculin  (de l'italien fiasco) :  échec sexuel masculin.

mars 2011

Ce soir, sortie avec Katie. Elle m’a appelé ce matin pour accepter une invitation que je lui ai faite... il y a quinze jours ! Deux semaines de réflexion pour accepter une simple invitation à dîner ! 

Je passe la matinée à me poser des questions. Peut-être qu'elle n'est pas aussi libre qu'elle le dit... Et pourquoi ce ton sérieux ? si ça se trouve, c'est juste pour se moquer de moi au téléphone avec ses collègues ... Ca me met mal à l’aise d’avancer comme ça, à l’aveuglette ! Je vais me faire accompagner de mon ange gardien, la petite Mélusine, on ne sait jamais ! (Je suis là, Carlus)

Je la rappelle en fin de matinée pour en avoir le cœur net. Elle m’explique qu’après son divorce, elle a eu une grande aventure avec un homme dont elle était très amoureuse mais qu’elle s’est prise "une grande claque dans la gueule" et s’est juré de ne plus jamais souffrir. Mais qu’après avoir mûrement réfléchi à ma proposition, elle est arrivée à la conclusion que "ça ne sert à rien d’avoir peur de souffrir".

J’hésite… C’est plausible comme explication, ça, Mélusine ? (Mais je n’en sais rien, Carlus ! Je suis dans ta tête, pas dans la sienne)
Elle précise devant mon silence que si j’ai changé d’avis, elle comprendrait ! Qu’auriez vous fait à ma place ? Après une seconde de réflexion (essentiellement consacrée à chercher une réponse pleine d’humour), je réponds " non, non je n’ai pas changé d’avis ! ok pour ce soir !"

Elle m’appelle vers 18 heures aujourd’hui pour confirmer notre rendez-vous et m’informer que ses enfants sont chez leur père et qu’on a donc toute la nuit pour nous. C’est une excellente nouvelle mais ça augmente mon malaise, malgré tout. Je n’aime pas être mis comme ça devant le fait accompli, être obligé de faire l’amour. J’aime bien surmonter les réticences ou la timidité d’une femme, c’est cela qui me fait bander (Surveille ton langage, Carlus !). J’aime les prudes, les hésitantes, celles qui croient (où font semblant de croire) que la soirée est censée se terminer après le dessert. Mais bon, si j’en crois ce qu’elle m’a dit d’elle, ça fait au moins "deux ans qu’on ne l’a pas touché" et je décide de considérer cela comme l’impatience d'une (quasi) vierge.  (On ne se moque pas des femmes, Carlus, ce n’est pas tendance en ce moment… !)

A l’heure prévue, on se rencontre dans un petit resto sympa, pas très loin de chez moi. L'ambiance est un peu tendue. J’essaie d'être drôle, je plaisante sur le menu, je lui pose des questions sur ses enfants. Elle me répond en me parlant de sa santé. Elle m’apprend qu’elle a une sciatique chronique, causée par ses grossesses, qui l’empêche de se courber -adieu donc la levrette- (Ah non, ne sois pas grossier Carlus, ça n’apporte rien au récit !) . Elle ajoute aussi, en me montrant des petites taches brunes sur les bras, qu'elle a des mélanomes pour s’être trop exposée au soleil dans son enfance .  Elle me prévient enfin qu’elle n’est pas libre le week-end, à cause de ses enfants -qui ont pourtant 18 et 20 ans-. Elle conclut tout cela en me disant qu’elle préfère tout me dire pour que je sache exactement à quoi m’en tenir.

Je suis tenté de lui répondre que moi, de mon côté, je n’ai pas fait l’amour depuis plus de six mois et que cela relativise largement tous ces menus problèmes (arrête, Carlus ! ça fait peut-être rire les mecs mais tes lectrices finiront par te prendre pour un grossier personnage, c’est ce que tu cherches ?) mais je me retiens et lui dis que de mon côté j’ai fait un peu d’asthme dans l’enfance et qu’aujourd’hui je fais un peu d’hypertension, ce qui, ajouté au tabac, fait de moi un candidat sérieux à l’infarctus.

Les présentations médicales étant faites et le repas terminé, nous nous rendons chez moi, direction : ma chambre. Baisers, caresses, bisous dans le cou… Katie est assez bien foutue pour son âge : 45 ans, comme moi ! encore que… j’ai un doute pour elle… ! (pour elle seulement, Carlus ?…. Carlus ?) oui, ok, j’ai un doute sur mon âge aussi, passons ! Bien foutue donc, et plutôt réservée, ce qui me met dans d’excellentes dispositions. Mais, très vite, je m’aperçois que ce que je prenais pour de la réserve est en fait le désir froid et déterminé de prendre le contrôle des événements. Malgré mon insistance, elle refuse de se laisser déshabiller par moi et veut le faire toute seule.

Bon ! je décide de tirer avantage de la situation qui m’est imposée et je vais m'asseoir sur le bord du lit pour mieux jouer au voyeur. Ca n’a pas l’air de la déranger mais, une fois qu'elle a terminé, elle se tourne vers moi et me dit sur un ton détaché, comme si elle s’adressait à un gamin timide : "mais qu'est-ce-que tu attends ? enlève tes vêtements !"

AH NON ! Là je suis complètement bloqué, il ne faut pas qu’une femme me parle comme ça, MERDE ! (Calme-toi, calme-toi, Carlus, c’est ton côté macho à la con ! Tu n’avais pas promis de lutter contre cela ?)

Bon, bon bon ! J’essaie quand même de prendre sur moi et de faire abstraction de cette entrée en matière un peu mal barrée, mais la suite est à l’avenant :… "NON, ne touche pas mon nombril, j’aime pas ça !… Va baisser le chauffage, il fait trop chaud !…. ARRÊTE, pas là, ça me chatouille… ! Attends, remonte un peu, tu bloques mon bras… Arrête, tu me chatouilles…"  Bref, tout ce qu’il faut pour ramener mon désir, (c’est-à-dire mon érection, n’ayons pas peur des mots) à pas grand-chose, si vous voyez ce que je veux dire !

Inutile de préciser qu’elle non plus ne mouille pas ! Et pour cause, je n’ai fait que la chatouiller depuis tout à l’heure ! Et, alors que je suis en train de rechercher désespérément quelle partie de son corps je vais bien pouvoir caresser sans la chatouiller, elle me prend la queue à pleine main, non pas pour une caresse, mais pour jauger mon érection !!! Une palpation quasi médicale, sans gêne et sans émotion particulière ! Elle se tourne alors vers moi et me demande, l’air un peu étonné :" y a un problème ? t’as pas envie de moi ?"

La réponse qui me vint spontanément à l’esprit fut :"écoute bien ce que je vais te dire, Katie, … (Carlus, tu es énervé ! si tu ne maîtrises pas ton langage, je te promets que tu n’auras jamais plus d’érection, et je m’en assurerai personnellement, crois-moi !) euh… ma réponse interne fut donc en substance : Ad impossibilia nemo tenetur (à l’impossible nul n’est tenu).

Mais pour que cette réponse arrive au périphérique du langage, quelques préalables s'avéraient nécessaires : tout d’abord, me libérer de son étreinte pour mettre fin à l’examen clinique quelque peu humiliant dont je faisais l’objet, ensuite retrouver par des exercices de respiration appropriés une tension artérielle convenable et enfin, une fois ma capacité de raisonnement et ma courtoisie naturelle retrouvées (c’est beaucoup grâce à moi, Carlus, il faut le souligner ! Si je te laissais aller à ton penchant naturel…), lui trouver des circonstances atténuantes pour diminuer mon ressentiment et ma gêne : "Elle est encore amoureuse de son ex, n’a pas eu de relations sexuelles depuis deux ans et voulait seulement se rassurer sur sa capacité à faire bander un mec rien qu’en se déshabillant, c’est tout ! Elle n’avait pas vraiment envie de baiser avec moi" (Ce sont des excuses pour elle ou pour toi, ça, Carlus ?) Voilà, je crois que c’est ça… Non, franchement, je ne crois pas avoir la responsabilité principale dans ce fiasco. (Carlus, je crois que tes états d’âme concernant ton absence d'érection n’intéressent pas grand monde… Tu finis ton histoire ?)

La réponse finale fut donc : "non, c’est pas ça, j’ai très envie de toi mais j’ai dû abuser du Mouton Cadet ! Toi aussi, on dirait, non ? On fait un petit somme et après on reprend les choses où on les a laissées ?"

Sa réponse fut sèche
- Non, je dois rentrer chez moi !

- Ok , il est tard, je te raccompagne  (Oui, mais ce sera sans moi,  les amoureux ! Ciao Ciao !)

 

 

 

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Ma Lolita

Publié le par Carlus

Souvenirs, souvenirs et... humour !

Mon ex-femme me téléphone ce matin au bureau, très en colère :

- Tu es ridicule ! Vraiment ridicule ! T’afficher avec une gamine qui pourrait être ta fille !!!

- Gamine...!? Elle a 28 ans !

- Mais c’est bien ce que je dis ! 20 ans d’écart d’âge…

- 17 ans pas 20 !

- Un pédophile ! Voilà ce que tu es !

- Écoute, tu devrais éviter d’employer des mots dont tu saisis mal le sens ! 

- Et en plus, tu la présentes à tous nos amis...

-Mais comme toi avec ton nouveau mec, ma chère..!

 

Elle continue à parler. Mais mes pensées se sont déjà envolées...

C’est vrai qu’elle ne fait pas son âge avec sa bouille d’ange perverse, ma petite garce ! C’est vrai qu’elle le sait et qu’elle joue souvent de ça !

Si ça se trouve, peut-être qu’elle aussi me prend pour un pédophile : une fois, elle est arrivée dans la chambre coiffée de deux nattes façon Laura Ingalls, a enlevé sa culotte et me l’a lancée au visage…

Ma petite garce, mon ange déchu, ma perverse… ma Lolita

J’aurais peut-être à m’expliquer un jour devant les juges (ou devant les amies de ma femme) à la façon de Humbert Humbert

"Mesdames et Messieurs les jurés qui avez la lourde tâche de me juger en votre âme et conscience, que savez-vous du trouble qui s’empare de l’âme d’un homme à qui un ange au regard gourmand vient de lancer une petite culotte en pleine face ? Comment pourriez-vous me comprendre  et me juger équitablement sans rien savoir de la nature du crime qui m'est reproché ? Aucun des mots que je pourrais vous dire ne saura jamais exprimer le désir que j’avais pour elle dans ces moments-là, aucun discours, aucune plaidoirie ne pourra jamais vous faire comprendre l'étendue infinie de l’amour et du désir que j’éprouvais pour elle !

Et comment pourrais-je, moi, reconnaître votre autorité et accepter de me soumettre à votre jugement alors que les conventions sociales que vous êtes chargés de faire respecter pèsent de si peu de poids au regard de l'incandescence qui s'emparait de mon corps et de mon âme face à son visage d’ange, son corps brûlant de désir, son regard suppliant, son sourire juvénile.

Aaah, comme je vous crains, Mesdames du jury, qui allez me condamner pour un crime dont je suis la victime !

Aaah comme je vous plains, Messieurs les jurés, qui ne saurez jamais comment une petite culotte de nymphe peut vous transpercer le cœur aussi cruellement que l’épée d’Achille la poitrine du vaillant Hector !

Il vous appartiendra, si vous le décidez ainsi, de prendre ma vie et de livrer mon honneur à l’appétit des chiens ! Peu m'importe ! Ma part de paradis m’a été offerte ici-bas par une nymphe et tenait sur la surface étroite d’une petite culotte. Et cela, rien ni personne ne pourra me l’enlever !  Aussi, je vous le dis humblement, Mesdames et Messieurs les..."

 - Allo ? Allo, tu es là...?

- Oui oui, je t’écoute…

- Il faut absolument que tu te ressaisisses ! Ne serait-ce que pour les enfants.

- Ah non, je t'interdis de mêler les enfants à ça !

- Mais c’est pour ton bien que je dis cela, tu sais ?

- Écoute, fous-moi la paix ! Tu as un mec dans ta vie, alors occupe-toi de lui  et fous-moi la paix, OK ? Allez bye !

 

 

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L'exclusion et le partage

Publié le par Carlus

 

J’aime bien conduire la nuit. J’aime bien la sensation d’être protégé dans ma bulle étanche et la sentir s’enfoncer dans l’épaisseur palpable de la nuit.  Anne-So s’allume une cigarette. Elle a rabaissé le dossier de son siège et allongé ses pieds sur le pare-brise. Elle a l’air grave. Elle se tourne vers moi

- Tu es fatigué ? Tu veux que je prenne le volant ?

– Non, ça va… mais je veux bien que tu me racontes quelque chose… A quoi pensais-tu à l’instant ?

- A nous, à notre semaine de thalasso… à ma vie… à mes enfants…

- à ton mari…

- à mon mari aussi !

- Tu as peur qu’il s’aperçoive de quelque chose ?

- pouuhh… ! Il s’en fout, lui, de savoir où je suis, il ne m’a pas téléphoné une seule fois pendant la semaine.

- Justement, c’est peut-être ça qui t’inquiète…

- Non, il a trop de classe pour s’abaisser à surveiller une femme. En fait, il est parti avec son groupe à Vienne pour un concert.

- Il est musicien ?

- Non, il est prof de musique. C’est un passionné de musique classique et il n’hésite jamais avec un groupe d’amis à traverser l’Europe pour un concert qui en vaut la peine.

- C’est pour cela que toi tu détestes la musique classique…

- Non, je ne déteste pas le classique ! Seulement j’aime l’écouter en faisant autre chose. Lui, il peut rester des heures avec un casque sur les oreilles, les yeux fermés à écouter sa musique en se berçant lentement comme un autiste. Ca me dépasse.

- Tu sais que, comme tu le décris là, il me plaît, comme bonhomme ! J’aime bien les gens qui ont une passion totale, à la limite du raisonnable. Moi je n’y arrive pas.

- Justement non, il ne correspond pas du tout à ce profil ! Il est terne, morne, prévisible… Il est autiste, je te dis ! Il n’a jamais essayé de communiquer sa passion, ni à moi ni aux filles.

- Oh il a dû essayer au début mais ça fait longtemps, tu ne t’en souviens plus. Tiens, je pense qu’il a dû t’inviter à l’opéra, comme Richard Geere dans Pretty Woman, juste pour voir si tu te mettrais à pleurer d’émotion. Mais tu n’as pas eu la perspicacité de faire semblant, comme Julia Roberts. Tu t’étais endormie…

- Eh bien, tu as encore tout faux ! Il ne m’a jamais invité au concert. Tu sais, son père et son grand-père sont musiciens professionnels. Il est né dans ça et il m’a dit une fois que tant qu’on n’a pas été immergé dans cette musique depuis la petite enfance on ne peut pas vraiment la comprendre.

- Une façon de t’exclure, de refuser de partager ça avec toi, tu penses ?

- je sais pas ! Pas délibérément en tout cas ! Je crois que tout cela doit lui paraître tellement pur, tellement beau qu’il se sent incapable d’expliquer, de mettre des mots dessus…

- Qu’est ce qui vous a rapprochés au début alors ? Tu m’as déjà dit que ce n’était pas le sexe !

- Oh que non ! En fait, môssieur à 32 ans avait décidé de "prendre femme" et de fonder un foyer ! Quand je l’ai rencontré, il était déjà exactement comme il est aujourd’hui, sans émotion, sans prise de tête, faisant exactement ce que les conventions sociales lui dictaient… Et les conventions sociales, et certainement aussi Madame sa mère, lui disaient que le temps était venu de se marier.

- Des aristos ?

- Non. ça doit être une spécialité nancéenne : des familles bourgeoises, pas nobles, pas très fortunées mais qui se soumettent à un protocole social et familial rigide comme s’ils étaient à la cour d’Angleterre. Il ne va pas jusqu’à vouvoyer sa mère mais ils se parlent avec une espèce de respect distant. Moi, elle m’a toujours vouvoyé, la belle-doche, comme ses autres belles-filles d’ailleurs.

- Bon, il décide de se marier, mais pourquoi il jette son dévolu sur toi spécialement ?

- Nos familles se connaissaient. Je ne sais pas ce qui lui a plu chez moi. Il était très coincé, peut-être que c’est mon petit côté fofolle qui lui a plu. Ou peut-être au contraire mon côté femme-mère et femme d’intérieur et de rigueur ménagère qu’il a cru deviner à travers ma mère.


- Ah ? Il connaissait la chanson d’Henri Salvador ?

"Avant d’épouser ta bergère
Regarde sa mère, regarde sa mère
Pour voir ce qu’elle sera dans 20 ans
Regarde sa mère, regarde sa maman"

Grand principe de précaution trop souvent négligé de nos jours !

- Oui ! Et qui pourrait fonctionner dans les deux sens, je crois !

- Et toi, comment as-tu pu tomber amoureuse de lui ?

- Moi je n’ai jamais été amoureuse de lui. Il est arrivé au bon moment. J’essayais à grand-peine de sortir d’une déception qui m’avait conduite à la dépression, avec tentative de suicide et tout…

- Tentative de suicide ?

- Oui, je m’étais enfermée dans ma chambre universitaire et je refusais de me nourrir…

- Ah oui d’accord ! Euh… sans vouloir rien enlever à ta peine de l’époque, ma chérie, la tentative de suicide par inanition, c’est plus tentative que suicide quand même… !

- Non, je t’assure, j’avais vraiment décidé de mourir !

- Oui, je plaisante mais je comprends ! Alors, raconte-moi. Ce grand amour, un étudiant comme toi ?

- Non, il avait la quarantaine peut-être plus ! Il ne m’a jamais dit son âge ni montré ses papiers. C’était un bel homme, élégant et distingué, beau parleur et bon amant. Il s’appelait Pierre-Emmanuel mais tout le monde l’appelait Pierem. J’étais folle amoureuse de lui. Et le seul fait de prononcer nos deux prénoms me remplissait de joie. "Pierem Anne-So"! Pierre aime Anne-Sophie ! Tu comprends ?

- Oui je comprends surtout que tu avais 20 ans ! Et il était marié comme il se doit, je suppose ?

- Oui, il m’a fait croire pendant près d’un an qu’il était en instance de divorce, mais c’était du pipeau, je l’ai su par la suite ! Il était le représentant parisien d’un gros groupement agricole de Lorraine. Et il faisait des navettes fréquentes entre Paris et Nancy.

- Et quand sa femme a appris votre liaison, il t’a quitté

- Non, il n’a jamais voulu me quitter ! Des années après, il me harcelait encore de coups de fil !

- Qu’est-ce qui s’est passé alors ?

- C’était un type bizarre et pervers dans l’âme. Après plusieurs mois d’une histoire d’amour sublime, il m’a annoncé comme ça un beau jour que pour être certain des sentiments que je lui portais, il voulait d’une preuve d’amour absolu : soit que je couche avec un homme en sa présence soit qu’il couche avec une femme en ma présence. Je te passe le drame que cela a été pour moi mais j’ai fini par accepter de coucher avec un de ses amis devant lui.

- Un trio ?

- Non, il s’est contenté de regarder en fumant assis dans un fauteuil en face du lit.

- Et après ?

- Après j’ai passé tout le reste de la nuit à pleurer toutes les larmes de mon corps et il est resté là avec moi à me consoler tendrement et nous avons recommencé notre belle histoire d’amour épisodique.

- Mais ça s’est pas arrêté là ?

- Non. Quelques mois après, il m’a demandé de le refaire. Trois fois au total je l’ai fait. A posteriori je ne crois pas que c’était vraiment des amis à lui. J’imagine aujourd’hui que je devais être le cadeau réservé aux gros clients.

- Enfin bref, ça, s’est terminé comment ?

- J’avais déjà commencé à devenir dépressive. Je savais qu’il ne n’aimait pas mais… il était tendre et empressé, et je l’aimais, moi, à la folie ! Et puis pour sa quatrième "preuve d’amour", il s’est rappliqué avec un jeune garçon de 15 ans, le fils d’un ses… "amis". Il m’a prise à part et m’a dit qu’il était jeune et encore puceau et qu’il savait pouvoir compter sur moi pour faire de ce moment un moment magique dont il se souviendrait toute sa vie. Devant mon air ébahi, il a ajouté, comme pour me rassurer, que je n’aurais pas à le regretter car la famille du jeune homme était très influente et qu’il saurait tôt ou tard se montrer reconnaissant. J’ai éclaté en larmes avant qu’il finisse de parler et je me suis enfuie. Il m’a poursuivi dans l’escalier en me parlant sur un ton violent et apeuré en même temps, comme si c’était une question de vie ou de mort pour lui que je le fasse. Mais une fois arrivé sur le trottoir, il a fait demi-tour ! Je suppose qu’il ne voulait pas de scandale. J’étais en pleurs, je n’arrêtais pas de pleurer. Je suis rentrée à pied à la résidence, je me suis enfermée dans ma chambre et je n’en suis pas sortie pendant plus d’une semaine. J’ai dû pleurer au cours de cette semaine plus que ce que la moyenne des gens pleurent en une vie. Je ne mangeais pas. Je voulais mourir. J’étais vraiment décidé à mourir. Et plus encore quand il venait frapper à ma porte, le soir, tout doucement pour qu’on ne l’entende pas ! Je lui criais "va-t’en !" à travers la porte et il s’en allait sans discuter. Ce type avait une peur bleue du scandale… ! Alors, tu vas rire, j’ai écrit une longue lettre où je racontais tout. Une lettre qu’on découvrirait en même temps que mon cadavre. Et j’avais des frissons de bonheur en imaginant sa tête à la lecture de cette lettre une fois qu’elle serait publiée dans l’Est Républicain.

- Et alors, finalement, tu es morte ou pas ?

- Non, comme tu vois ! Des copines sont venues tambouriner à ma porte et m’ont dit qu’elles étaient inquiètes et que si je n’ouvrais pas, elles seraient obligées de prévenir mes parents. Ca a été le déclic : j'ai pensé au scandale que  ce serait si ma famille venait à connaitre tout cela.

- Ta famille ne lit pas l'Est Républicain ?

-  Han han han... très drôle ! 

- Et après ? 

Hé bien après, voilà ! Quelques mois après, un prof de 32 ans me demandait en mariage trois semaines après m’avoir rencontrée et transformait ma vie en une looonngue traînée d’ennui qui dure depuis 20 ans.

- Et la lettre ?

- Je l’ai gardé ! Je suis comme toi, mon cher, je ne veux rien oublier de mon passage dans la vallée des larmes.

 

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L'ogresse et la Mante, les femmes de ma vie

Publié le par Carlus

Tiens, voilà encore un autre qui pousse la porte du restaurant pour y entrer au lieu de la tirer vers lui ! Ca fait plus de vingt ans que la loi a imposé dans tous les lieux publics que les portes s’ouvrent vers l’extérieur et on se fait quand même tous avoir.

Ce soir je fais découvrir la cuisine japonaise à mon ex-femme. Elle adore la cuisine exotique. Elle est de passage à Paris pour le renouvellement de ses implants mammaires. Dix ans déjà, comme le temps passe ! à l’époque, on était encore ensemble et je n’avais pas aimé. Mais alors pas du tout ! moi, les seins, je ne les effleure pas, je les triture. Et triturer des ballons de silicone merci beaucoup, j’ai trop peur de les faire exploser.

- Un menu 18, s’il vous plait… dites-moi, est-ce que je peux avoir que des Sushis au saumon, s’il vous plait ? Merci, avec deux Californian Maki.

Elle me dit que la visite au chirurgien la stresse et me demande de l’accompagner à l’hôpital. Ohlala, c’est bien la peine d’avoir divorcé pour me retrouver avec ce genre de corvées ! Oui mais elle, elle est toujours d’accord pour me rendre service, je ne peux pas lui refuser ça… Mais d’un autre côté ça me met dans une situation embarrassante vis-à-vis de son mari, s’il l’apprend… J’aurais l’air de quoi, là ? Je ne sais même pas si elle lui a dit qu’elle s’était fait refaire les seins…
Allez ! si le prochain client tire la porte, j’y vais. S’il la pousse, qu’elle se démerde ! Tiens, justement, en voilà un qui arrive… Il tire la porte vers lui !
- Ok ! Je viendrai avec toi ! mais je ne veux pas que les enfants le sachent
- Pourquoi ?
- Ben, tu racontes à tout le monde, même aux enfants, que je suis encore un "petit peu amoureux de toi" !
- Et alors ? c’est un peu vrai, non ?
- Mais tu es incroyable !!! Tu as un mari, je te soupçonne même d’avoir un amant, et tu voudrais en plus avoir un ex-mari "encore amoureux" de toi ? Tu veux être aimée de tout le monde ? Tu es une ogresse insatiable !
- Mais regarde-toi : tu es en train de me faire une crise de jalousie au sujet d’un soi-disant amant ! c’est pas la preuve ça ?
- Oh écoute, on arrête ! c’est pas la peine de discuter avec toi !

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Quelques semaines, plus tard, la garce a droit elle aussi à la dégustation commentée du sushi. Elle, par contre, n’a pas aimé. Tu m’étonnes, plus coincée qu’elle en matière de bouffe, tu meurs !
La garce ? Oui c’est comme ça que j’ai décidé de l’appeler depuis notre rupture, c’est la femme de ma vie, la seule que j’ai vraiment aimée. Je l’ai revu, au début des vacances, c’est elle qui m’a appelé ! On s’est parlé au téléphone. Je sentais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Elle n’arrêtait pas de dire "la vie est belle", "je suis seule à décider de ce que je fais de ma vie".
- Je suis d’accord avec cela, ma petite chérie ! mais quand c’est dit vingt fois de suite, ça cache forcément quelque chose !
- Je n’ai pas envie d’en parler !
- Ok comme tu veux ! Alors passons aux choses sérieuses ! dis-moi pourquoi tu voulais me voir
- Parce que… imagine-toi que ça fait 7 mois et 12 jours que je n’ai pas fait l’amour !
- Sept mois ! ET douze jours ! Ah oui, ça fait un bail !!! il faut absolument faire quelque chose ! mais alors, question subsidiaire : pourquoi moi  ?
- Disons que... c’est parce que je suis une mante religieuse… !
- une mante religieuse ! ? ça veut dire quoi, ça ? 
- cherche pas à comprendre ! c’est mon psy qui me l’a dit ! Et j’assume !
- Ah, tu te fais coacher maintenant…? C'est une bonne chose... Donc, mante religieuse ça veut dire que tu ne peux faire l’amour qu’avec des hommes qui t’aiment et que tu n’aimes pas, c’est ça ?
- Alors ? c'est Oui ou Non ? je suis libre ce weekend. Mes enfants sont chez leur père.
- Donc moi, dans cette affaire, je suis censé me faire…
- Bouffer la tête !!! mais après avoir tiré ton coup quand même, il y a des contreparties… !
- Bon laisse moi réfléchir… ! OK, je crois que je suis prêt à risquer ma tête !
- Haaann, tu m’étonnes !
- Eh oh ! on ne se moque pas, s’il te plait ! sinon je m’en vais et je te laisse poireauter encore sept mois… !
- Ecoute, je n’ai qu’à claquer des doigts et il y a quinze mecs qui…
- arrêêtte, c’était pour déconner !

Ave, Eros, morituri te salutant. On a fait l'amour tout le week-end ! Dire que ça colle entre nous n'est pas exact : ca fusionne entre nous ! Quand je fais l'amour à cette fille, je sais intimement que c'est elle que j'aime et personne d'autre ! Sorti du plumard aussi, je l'aime encore, mais là c'est plus difficile à mettre en oeuvre, compte tenu de son caractère de cochon ! Mais à vrai dire, elle ne me demande pas de mettre quoi que ce soit en oeuvre, elle est amoureuse d'un autre. Qui, lui, ne l'aime pas. La vie est compliquée. Elle souhaite juste me rencontrer de temps en temps pour faire l'amour et aller au restaurant. L'amour pour lui rappeler qu'il y a quelqu'un qui l'aime et le resto pour lui rappeler qu'elle n'aime pas la cuisine exotique.

Dans le train du retour, mes pensées vagabondent : "la vie est belle" qu'est-ce que ça veut dire ? En amour par exemple, elle est belle quand, la vie ? Quand on aime ou quand on est aimé ? Mon ex-femme n'aime personne et veut être aimée de tout le monde. La garce, elle, est amoureuse d'un homme, un seul, envers et contre tous. Deux façons radicalement différentes de vivre l'amour. Aucune des deux ne garantit le bonheur, aucune des deux ne préserve de la dépression.

Oui, oui, je sais, vous me direz que le bonheur c’est d’aimer ET d’être aimé ! Ben oui, tant qu’à faire ! Ca paraît évident ! Mais je vous répondrai : Pas toujours ! Pensez à la mante religieuse mâle  : ne pas être aimé de sa belle lui garantit une plus belle vie, non ? enfin… plus belle, je ne sais pas, mais plus longue en tout cas !

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Y en a certains qui aiment...

Publié le par Carlus

 
Nous faisions l'amour bien trop sagement à son goût. 
- C'est à cause de ma corpulence , disait-elle! 
  - C'est à cause de ton innocence !
Elle aimait les massages pudiques et les caresses sensuelles. 
Sa spécialité au lit, fièrement revendiquée, était "la pluie de baisers". 
J'en redemandais. 
Après l'amour, elle aimait rester nue sous l'édredon à regarder la télé et à commenter. 
Je m'ennuyais délicieusement. 
Elle était jolie et avait un corps ferme. Elle savait se maquiller et s'habiller. 
Elle me plaisait. 
Elle se trouvait trop forte et manquait de confiance en elle. 
Mais affirmait savoir faire preuve d'autorité. En tout cas comme monitrice de colonies de vacances, le seul travail (payé, précisait-elle!) qu'elle avait réussi à trouver. 
Elle m'appelait " mon coeur" et rien d'autre. Elle aimait sa mère fantasque et son père malade. Elle n'aimait pas ses frères et leurs femmes. "Des apprentis intégristes "! disait-elle, l'air grave. 
Elle avait adhéré à Ni Putes Ni Soumises. Mais elle l'avait fait en catimini, dans un autre quartier que le sien et n'avait jamais participé à aucune manifestation. Courageuse mais pas téméraire. 

Mais c'était pour défendre « ses droits de femme » expliquait-elle. Ses droits de femmes menacés non par la société, non par des ministres, non par des juges ou des policiers, mais par son père, ses frères, ses cousins et ses oncles, tous de braves gens, honnêtes et travailleurs pour qui l'humanité s'arrête aux talons des femmes. Tous de braves gens attachés au culte de la virginité et à la polygamie comme étant des valeurs "culturelles". Tous de braves gens expliquant à qui veut bien entendre que les femmes sont trop émotives pour qu'on leur confie des responsabilités importantes. De braves gens qui se plaignent des brimades du policier et du videur de boîte de nuit tout en tout exerçant, en toute bonne conscience, les mêmes brimades envers leurs soeurs, leurs femmes, leurs filles et leurs cousines. 

 

Elle s'était inscrite à 28 ans à la fac de Droit. Elle a abandonné après quelques mois. Trop compliqué. Trop surveillé. Trop mal compris par ses proches. Qu'elle aille à la fac, ce lieu de débauche bien connu, leur semblait tellement plus grave que les déboires de son frère avec la justice, que la maladie de son père, que le chômage de son oncle ! 

 

Elle s'occupait de son père malade du cancer. Mais curieusement le "traumatisme de sa vie" a été d'apercevoir un jour au centre commercial sa mère embrasser furtivement un homme "sur la bouche". L'homme en question étant un vieil ami de son père qu'elle a toujours appelé "Tonton". 


Un soir alors que je la raccompagnais chez elle, des jeunes en bande de sa communauté sont passés devant nous en disant assez fort pour être entendus: 
"Y en a certains qui aiment les grosses PUTES !" 
Elle a fait semblant de ne pas entendre. Moi aussi, avec ma lâcheté coutumière ! 

 

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Crevette sauce piquante

Publié le par Carlus

J'ai fait l'objet d'une tentative de chantage  ! C'était il y a bien longtemps. On payait encore en francs, c'est dire ! 


 

Restaurant chinois Le New Pekin

-  Bonjour Lisa, tu m'inquiètes un peu... c'est quoi, ce truc super important que tu as à me dire ?

-  Je vais te le dire, mon pote ! Assied-toi pour bien m'écouter !

-  Ok ! voilà, je t'écoute ! Je suis toute ouïe 

-  Eh bien, voilà ! je voulais te dire que tu m'as traitée comme une pute ! Eh bien tu vas payer le prix d'une pute !

-  Mais...??!!! Ca veut dire quoi, ça ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes !

-  Tu comprends très bien, mon vieux !!! Pendant trois mois, tu as couché avec moi quand tu en avais envie et quand tu en as eu marre tu as cessé purement et simplement de m'appeler !

-  Mais... Lisa... ! Le boulot... la famille...

-  Ta gueule ! écoute-moi ! Je me suis renseignée : une pute de luxe pour l'après-midi c'est 2 000 francs et on a couché 12 fois ensemble ! Tu me donnes 24 000 balles ou je raconte tout à ta femme !

-  Mais enfin Lisa... ! Tu deviens folle ? Tu es mariée toi aussi, je te signale. Et tu as deux enfants...!

-  J'en ai rien à foutre ! Tu vas casquer ou je dis tout à ta femme !

-  Lisa...! Lisa... écoute-moi !  Je ne t'ai jamais prise pour une pute, enfin ! Nous sommes mariés tous les deux ! Nous avons eu une aventure ! Tout ça c'était des moments de bonheur volés à nos vies bien réglées, c'est tout ! Des souvenirs pour plus tard ! Et je t'assure que j'ai beaucoup de respect et de tendresse pour toi !

-  Arrête avec ton boniment, mon bonhomme, ça ne marche plus ! Pas avec moi, en tout cas ! Moi, j'en ai marre d'être toujours le dindon de la farce ! Je vais gâcher ton petit bonheur tranquille ! Je vais faire exploser ton petit couple idéal, ta petite famille parfaite ! Hhhmmm, je m'en réjouis d'avance !

-  Lisa, essaie de te calmer et écoute-moi...

-  Aaahhh! Il chie dans son froc, le petit monsieur...! il a peur, le baratineur...! Mais je suis très calme, détrompe-toi ! Je n'ai même jamais été aussi calme depuis longtemps, je crois...!

-  Lisa, c'est ta vie que tu vas gâcher, pas la mienne... Ton mari est...?

-  J'en ai rien à foutre, je t'ai dit ! Tu vas payer, mon gars, ou je balance tout à ta femme !

-  Lisa, ça fait plus d'un an que je suis séparé de ma femme ! Ca fait deux ans qu'on se déchire ! Ca fait très longtemps que ma vie de famille n'a plus rien à voir avec "la petite maison dans la prairie" !

-  Va te faire foutre ! Je n'en crois pas un mot ! Quand j'ai téléphoné chez toi, c'est elle qui m'a répondu  ! Tu me prends pour une conne ou quoi ?

-  Lisa, calme-toi ! On habite encore ensemble pour les enfants mais on n'est plus ensemble ! Si tu veux je l'appelle tout de suite, je lui explique la situation et je te la passe ! Tu veux que je le fasse ?

- Arrête...c'est du bluff, je le sais ! Ca ne marche plus avec moi !

- Ok , fais le numéro et passe la moi. Je lui explique et je te la repasse ensuite

-  C'est pas vrai...?! Tu es vraiment un salopard de première...! Pourquoi tu ne me l'aurais pas dit... ?

-  Ben, je sais pas, moi... j'avais pas envie de parler de ça...  peut-être aussi en pensant à toi : mariée,  des enfants, pas envie de tout changer ... Je ne pensais pas que avais envie de quitter ton mari, non plus ! Tu sais ? sans cette légèreté, il n'y aurait jamais eu cette complicité, cette amitié entre nous !

-  Cette amitié...?!  En fait, tu ne m'as jamais aimé... C'est ce que je disais, tu m'as prise pour une pute...

-  Mais toi non plus Lisa, tu ne m'as jamais aimé ! Tu as passé ton temps à me parler de ton grand amour de jeunesse ! C'est ça, aimer quelqu'un ?

-  Ben toi aussi, tu me parlais de ta pouffiasse

- Oui mais pour moi, c'était juste des souvenirs ! Toi, tu as payé un détective pour retrouver son adresse ! 

-  Non, j'ai fini avec ça ! C’était bidon tout ça !

-  Tu as bien fait car ça n’aurait abouti qu'à... attends...! Oh c'est pas possible...! Tu l'as retrouvé, c'est ça, hein...? Tu as eu son adresse et tu as repris contact avec lui ?

-  Fous moi la paix ! C’est pas de ça qu'on parle !

-  Ah, salooope ! Tu as repris contact avec lui, ça n'a pas marché et tu viens te faire les nerfs sur moi... !!! Alors là j'en reviens pas...! Tu as couché avec lui ?

-  Fous-moi la paix, merde ! Qu'est-ce que t'en a à foutre ? Tu es mon mec ? J'ai des comptes à te rendre ?

- Ben, je suis un minimum concerné quand même, puisque tu voulais me faire payer pour lui !

-  En fait, tu sais quoi ?

-  Dis-moi

-  Je crois que, toi aussi, comme mon mari, tu es trop couille molle, trop bisounours pour moi ! Si on m'avait fait un chantage comme le mien, ça fait longtemps que j'aurais balancé le plat de crevettes sauce piquante à la gueule du maître-chanteur !

-  Ben, il n'est pas trop tard pour moi.  Mon assiette est encore  pleine !

-  Essaie un peu,  tu verras ! Tu ne veux plus de tes crevettes ? Je peux te les piquer ?

- Oui oui, vas-y... Tout cela m'a coupé l'appétit...!

-  Hé bien, tu vois, moi ça m'a donné une faim d'ogre au contraire ! Cool, man,  relax ! Y a pas mort d'homme !
 

 

 

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Qu'est-ce qui fait pleurer les hommes ?

Publié le par Carlus

 

Pourquoi je me pose cette question, là maintenant ? Parce qu'en cette fin de journée, je suis en train de me promener les mains dans les poches, boulevard des Italiens, et qu'il y a mille personnes autour de moi qui vaquent à leurs occupations, des mères qui vont chercher leurs enfants à l'école, des gens qui sortent du travail et rentrent chez eux, des gens assis à la terrasse des cafés, et puis... là assis sur un banc public, un couple, la cinquantaine. Des gens sérieux, plutôt élégants. Le type, est penché en avant, les coudes sur les genoux, la tête dans les mains et a l'air de pleurer. La femme, une main sur son épaule, le regard inquiet et un peu étonné, a l'air de chercher en vain les mots pour le consoler.

Qu'est ce qui peut bien faire pleurer un homme dans la rue ? Un homme comme moi.

Il vient peut-être d'apprendre qu'il a un cancer des bronches.  Un cancer incurable et foudroyant... ça doit être ça ! Sur le moment, chez le médecin, il a accusé le coup. De toute façon, il s'en doutait. On ne vous fait pas faire une telle batterie d'analyses et de radios comme ça, par hasard, juste au cas où ! Il s'est tourné vers elle et lui a dit en souriant "six mois ! Je dois avoir ça comme congés en retard!" Elle s'est mise à pleurer et il l'a prise dans ses bras et l'a consolé. Ils ont décidé de rentrer à pieds en passant par le boulevards des Italiens et c'est en voyant cette foule éparse s'activer autour de lui qu'il a compris la vanité de sa personne. Dans quelque mois, ce seront les mêmes personnes qui continueront à vaquer aux mêmes occupations. Le boulevard n'aura pas changé d'un iota, les restaurants afficheront les mêmes menus, les gens seront les mêmes, la terre sera la même. Seule différence infinitésimale : il ne sera plus là, lui. Mais la différence sera imperceptible. Qui se soucie de savoir s'il manque une goutte à l'océan ? à part la goutte elle-même, je veux dire! Et là maintenant, de larmes d'infinie tristesse lui montent aux yeux. Il a du mal à les retenir. Il va s'asseoir sur un banc public, et se cachant la tête dans les mains, se met à pleurer tout doucement.

 

Non, non ! Ce n'est pas ça ! Elle vient de lui avouer qu'elle l'a trompé. Elle lui a annoncé cela, il y a une heure au restaurant, avec d'infinies précautions. "Tu es quelqu'un de bien... je ne sais pas pourquoi j'ai..., mais, je voudrais te dire que..." Sur le moment, il a encaissé la nouvelle sans émotion apparente. Ca fait des semaines, trois mois déjà ? qu’il a intercepté un mail qui ne laissait aucun doute sur son infidélité. Elle a commencé par nier, puis a admis l'existence d'une relation amoureuse mais platonique rien de plus ! Trois mois qu'il la harcelait de questions, trois mois qu'elle affirmait contre toute évidence qu'il n'y avait pas eu le plus petit effleurement, même pas un baiser sur la bouche entre elle et son amant internet !

Là ce soir, elle lui a avoué qu'elle avait couché une fois avec ce type, lui a juré que c'était la première et la seule fois qu'elle l'avait fait. Il ne savait pas quoi dire. Il regrettait à présent d'en avoir la certitude. Il aurait préféré qu'elle continue à nier, juste pour lui laisser le doute. En avouant, c'était comme si elle avait cessé de se battre pour leur couple et avait décidé de le laisser mourir. Ils ont décidé de rentrer à pied. En passant par le boulevards des Italiens, ça leur ferait vingt minutes à peine de marche pour rentrer à la maison. Sur le trajet elle s'est accrochée machinalement à son bras comme d'habitude. Et ça lui a fait tout drôle, ce petit geste de tendresse auquel il ne prêtait pas plus d'importance que cela d'ordinaire ! Ce petit bout de femme avec qui il s'était marié il y a une quinzaine d'années, qui, malgré son boulot  était maman à plein-temps; ce petit bout de femme qui paraissait si fragile, si dépendante de lui qu'elle lui demandait parfois la permission de changer de coiffure, s'était faite baiser par un autre ! Elle avait écarté les jambes et avait gémi sous la bite d'un autre homme. Elle l'avait senti jouir en elle et s'était blottie dans ses bras après. De larmes d'infinie tristesse lui montent aux yeux. Il a du mal à les retenir. Il va s'asseoir sur un banc public, et se cachant la tête dans les mains, se met à pleurer tout doucement.

 

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La faiseuse d'anges

Publié le par Carlus

L'actualité américaine me renvoie au visage des bouffées de souvenirs pénibles.

Elle s'appelait Martine. Nous sortions ensemble en Terminale au lycée. Dix-sept ans tous les deux et nous étions déjà  comme un couple. Toujours ensemble, ensemble  pendant les cours, ensemble à réviser, ensemble à la cantine, ensemble hors du lycée.

La fille la plus romantique que j'ai connue. Son livre de chevet était un recueil de poèmes, écrit par un type qui s'appelait Paul Geraldy intitulé 'Toi et Moi". Les poèmes de ce type étaient...comment dire...? comme de la pâte de guimauve saupoudrée de sucre, nappée de caramel et recouverte de miel !  

Plus d'un an de mamours, de tendresse et de bisous et le premier souvenir qui me vient d'elle est cette réplique banale : "alors là, ça m'étonnerait!". Les circonstances ? Elle avait un peu saigné pendant l'amour et on cherchait l'explication. "Tes règles? - Non, je les ai eues la semaine dernière ! Peut-être tes ongles à toi? - Non, regarde, ils sont taillés de près !" Elle paraissait soucieuse. Je fis une petite plaisanterie: "Si ça se trouve, c'est un reste de pucelage...". Et sa réponse, murmurée comme à elle-même, qui me glace le sang: "Alors là, ça m'étonnerait !

Refus catégorique de sa part de m'en dire plus, évidemment. Je n'en ai pas dormi pendant des jours. Qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Qu'avait-elle subi comme atrocité pour dire une chose pareille sur un ton si triste ? un viol collectif ? Un inceste dans l'enfance ?  Il fallait que je sache la vérité. Je la harcelai pendant des jours et des jours et finis par apprendre le fin mot de l'histoire.

C'était tout simplement l'horreur ordinaire des jeunes filles de notre époque : un avortement clandestin effectué par une "faiseuse d'anges" avec aiguilles à tricoter et curetage manuel. Voulez-vous des détails ? A 15 ans elle avait été mise enceinte par un ami de son père et ses parents l'avaient confiée au bon soin d'une dame connue pour régler ce genre de problème dans leur région natale. Les avorteuses de l'époque semblaient avoir toutes le même profil : celui de bonne chrétienne chargée d'aider les parents à éviter l'opprobre et la honte mais aussi de faire payer aux jeunes putains qui leur étaient amenées l'horrible péché qu'elles avaient commis.

Après avoir réglé le sort du foetus à l'aide des aiguilles à tricoter, il fallait nettoyer et enlever les restes. Elle le fit en introduisant à plusieurs reprises sans ménagement sa main tout entière dans le vagin pendant qu'elle accompagnait les gémissements de douleur de la jeune pécheresse d’incantations destinées à montrer sa réprobation envers sa conduite : "ah ben oui ! Il fallait y penser avant, ma fille...! Ah ben oui, c'est ben le moment de regretter, tiens...! Ah ben oui, quand on fait sa putain, il faut en payer le prix, ma fille..." 

Voilà pourquoi elle n'était plus vierge dans sa tête. Voilà pourquoi elle pleurait en me le racontant. 

Et voilà pourquoi, accessoirement, je suis pour le droit des femmes à disposer librement de leur corps. C'est pour que, confrontées au drame qu'est toujours un avortement, elles n'aient pas, en plus,  à subir la souffrance, la haine et la honte. 

 

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Une histoire d'amour

Publié le par Carlus

Pour transformer en moment de plaisir les embouteillages de fin de journée , il y a deux méthodes  : de la bonne musique si on on a envie d'être seul au monde ou, si on a envie de rester au milieu de ses contemporains,  une bonne émission radiophonique pour insomniaque comme l'émission "Allo Macha" de Macha Béranger.

A l'époque, je vivais en Martinique et je bénéficiais de ce point de vue d'un avantage en nature très appréciable : le décalage horaire ! Pouvoir écouter en rentrant chez moi après le boulot dans les embouteillages de fin de journée l'émission "Allo Macha" de Macha Béranger diffusée en pleine nuit à Paris, était un vrai bonheur.

J'allume la radio, l'émission est en cours. La nuit se fait immédiatement autour de moi. Les bruits de fond disparaissent. Il n'y a plus que la voix grave de Macha et celle, anxieuse, de son invitée au bout du fil.

Macha : Mais quand vous dites que cet amour vous a détruite, ça veut dire que...

L'invitée : Ah oui, Macha, c'est une histoire qui m'a complètement ravagée… et d'ailleurs je ne sais pas si je peux dire aujourd'hui que j'en suis sortie...

Macha : Oui, je comprends, mais c'est une histoire que vous avez... 

L'invitée :  C'est une histoire dans laquelle j'étais complètement investie, oui !  C’était une obsession : je me réveillais avec lui, je m'endormais avec lui, je pensais  à lui à tout moment de la journée...

Macha : Ah oui, en effet ! Et... ça a duré longtemps ? 

L'invitée : Eeuuhhh... je vous avoue, Macha, que je ne sais même plus aujourd'hui combien de temps ça a duré... des mois et des mois... peut-être des années...

Macha : Vous en avez parlé à votre entourage ? à vos amies ? ou même à votre médecin peut-être ? 

L'invitée : Oui , j'ai même vu un psy pendant quelque temps, sur les conseils de mon médecin !  Mais ça n'a pas duré ! Je n'ai pas donné suite, il ne me comprenait pas....

Macha : Oh vous savez, dans ce domaine, il faut quelques fois persévérer pour obtenir des résultats...!

L'invitée : Non, ça ne faisait que compliquer les choses.... 

Macha : Ok ! Alors dites-moi  lui, cet homme objet de votre amour absolu, comment  réagissait-il ? 

L'invitée : Lui, il s'en foutait complètement...

Macha : Oui... vous savez, ce genre d'amour fait peur aux hommes, parfois !    Comment réagissait-il quand vous lui parliez de vos sentiments ?

L'invitée : Je ne lui en ai jamais parlé, Macha

Macha :  Vous ne lui avez jamais dit que vous l'aimiez ?

L'invitée : Je ne lui ai jamais parlé, Macha

(silence) 

Macha : Ah ..? Dites-moi,  vous vous voyiez souvent ? 

L'invitée: Tous les jours ! Je le croisais tous les jours  !

Macha : Mais... il n'y a jamais eu d'histoire entre vous, en fait ?

L'invitée : Comment ça ...? Mais c'est justement de cette histoire que je vous parle, Macha !

Macha : Oui, oui, excusez-moi, je me suis mal exprimée ! Je voulais dire : Vous ne faisiez que le croiser au bureau...? il n'était pas au courant de vos sentiments, c'est ça ?

L'invitée: Non, il n'en savait rien ! Je n'ai jamais osé lui adresser la parole, en fait ! 

 

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