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Baudelaire, Reggiani et moi

Publié le par Carlus

Connaissez-vous la différence entre Baudelaire et moi ?  La différence n'est pas à mon avantage : moi, je me moque de ces pauvres filles livrées à la  prostitution alors que Baudelaire, lui,  les aime et les regarde avec tendresse .


 

Si vous la rencontrez, bizarrement parée,
Se faufilant au coin d'une rue égarée,
Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé,
Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé,

Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordure
Au visage fardé de cette pauvre impure
Que déesse Famine a, par un soir d'hiver,
Contrainte à relever ses jupons en plein air.

Cette bohème-là, c'est mon tout, ma richesse,
Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse,
Celle qui m'a bercé sur son giron vainqueur,
Et qui dans ses deux mains a réchauffé mon cœur.

Charles Baudelaire


 

Et la différence entre Serge Reggiani et moi, vous la connaissez ? Nous aimons tous les deux Baudelaire, mais seul l'un d'entre nous a du talent . 

 

 

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Demande en mariage

Publié le par Carlus

En période de vacances et plus encore en pleine campagne électorale de merde, on profite pour faire du rangement. Et savez-vous ce que je découvre en le faisant ? D'anciens écrits de jeunesse  à l'époque où j'étais un poète romantique.   

Dans ce petit poème, un jeune homme amoureux taquiné par les muses, tente de convaincre sa dulcinée que ses intentions sont pures et qu'elle a tort de se montrer méfiante.

 

Ô ma mie, mon amour, laisse-moi te baiser
La main et la joue, en galant chevalier.

Mon amour, ma promise, viens coucher avec moi,
Sur un beau parchemin, les mots de nos émois.

Ma mie, ma dulcinée,  laisse-moi te tirer
De ce triste célibat où l'on t'a enfermée.

Aimerais-tu, ma reine,  te faire mettre par moi
Une jolie bague au doigt  et faire de moi ton roi ?

Oui ?  Mais d'abord, ma mie, il faut te pénétrer
De l'idée toute simple qu'avant notre hyménée,

J'y tiens absolument, il te faut écarter
La très curieuse idée que je suis obsédé !

 

Carlus ( poète romantique)

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Primaires à gauche : un résumé de l'affaire

Publié le par Carlus

 

La demande
Anne Hidalgo : Camarades, chers ami.e.s, moudames, mousieurs, s’il vous pliait, sauvez-moi la face ! C’est pas moi, c’est Faure qui m’a obligée, je vous jure, moi je ne voulais pas ! Evidemment aujourd’hui on ne l’entend plus, y a plus personne ! S’il vous plait, je préfère être jetée par vous, mes chers camarades, que par les électeurs ! Allez, quoi , soyez sympas !


 

Les réponses 

Montebourg : Ecoute, Anne, comme toi, je suis prêt à offrir ma candidature pour éviter le ridicule. Oui, oui, comme toi, je suis conscient qu’elle n’a pas une grande valeur, ma candidature, mais moi je peux je proposer de rajouter en plus  trois pots de miel bio premium Bleu-blanc-ruche produit par des abeilles françaises, le tout à prix coûtant ! Allez, quoi, chers amis de gauche, un geste commercial comme ça, ça ne se refuse pas !


 

Mélenchon : Mais tu es ridicule, ma pauvre Anne : Ecoute, c’est simple, j’ai déjà avec moi l’avenir du pays à savoir la totalité des musulmans radicalisés, des racisés et des indigénistes présents dans notre beau pays. Pourquoi j’irais me faire chier à flatter un minuscule pourcentage de Gaulois bobos ? (Gaulois qui, soit dit en passant, je le rappelle, n’ont jamais existé !)


 

Roussel : Une candidature unique ? Mais ça ne va pas, non ? Le parti était à 1 % il y a quatre ans et aujourd’hui je l’ai fait monter à presque 1.5 %  (soit une progression de 50% !) et tu voudrais qu’on lâche le morceau maintenant ? Mais tu es conne ou quoi ?


 

Jadot : Ecoute, Anne ! J’ai déjà Sandrine Rousseau à gérer, qui ne me lâche pas une seconde les baskets, qui jette des peaux de bananes sans arrêt sur mon passage, qui contredit tout ce que je dis et qui menace à tout bout de champs de rejoindre Mélenchon… et  ce que tu me proposes, c'est que je négocie à nouveau ma candidature avec une demi-douzaine d’hystériques du même acabit ? Allons allons, enfin, voyons !


 

 

 

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Maîtresse… d’elle-même

Publié le par Carlus

 

La première fois que j’ai succombé à la tentation délicieuse et coupable de l'aventure extra-conjugale, c’était avec Muriel, une femme pourtant plutôt froide et autoritaire. Ca m'est arrivé après dix ans de fidélité. Dix ans de mariage et pas une tromperie ! Que celui (ou celle) qui a fait mieux me jette la première pierre ! Le défi ne s’adresse, bien sûr, qu'aux personnes de la vraie vie, celles dont la chair est faible, celles qui ne savent pas résister à la tentation, celles qui n’ont qu’une vie et qui se demandent tout le temps si elles ne sont pas en train de la gâcher ! Et qui en se demandant cela, la gâche peut-être...!

Enfin, bref, c’était une "Supervisor Manager" d'un gros cabinet d'audit, détachée dans mon service pendant deux mois pour suivre et contrôler le respect des nouvelles procédures que nous étions en train de mettre en place.
36 ans, divorcée, pulpeuse, vêtements un peu austères mais moulants, le port un peu rigide, le regard assuré, la répartie un peu garce, ne baissant jamais les yeux devant un regard insistant, sachant évoluer en milieu hostile sans se laisser marcher sur les pieds, voilà l’impression toute professionnelle que j’eus d’elle après une semaine.

Elle restait au bureau relativement tard, autour de 20 heures parfois, ce qui fait que nous nous retrouvions tous les deux seuls au 4e étage et que nous discutions un peu avant de nous en aller. De boulot au début, puis de plus en plus de choses et d’autres, émission de télé, actualités…

Un jour, au cours d'une conversation banale, elle me dit qu’elle s’était acheté une console de jeux et qu’elle passait une grande partie de ces week-ends à y jouer. Cette petite confidence sans conséquence me troubla. J'étais troublé qu'elle me parle de sa vie personnelle, qu'elle dévoile une fragilité, qu'elle me fasse savoir indirectement qu'elle vivait seule... Etait-ce une ébauche d'esquisse d'autorisation de lui faire des avances ? Mais quoi ? peut-être aussi que je me trompais du tout au tout... Je décidai de me lancer prudemment en lui rappelant que j’étais marié (puisque de toute façon elle le savait ) et que j'étais un bon père de famille. Vous voyez le genre ? "Ah oui ? Une Game Gear ? C'est le cadeau à la mode. Ma femme envisage d’en offrir une à notre fille aînée pour la Noël ! Moi, je ne sais pas si c'est de son âge, je veux d'abord voir ce que c'est, je ne sais pas du tout de quoi ça parle, ces trucs !" 

J’obtins comme réponse : "Hé bien, passez chez moi un de ces jours, je vous ferai une démonstration et vous verrez que vos craintes ne sont pas du tout fondées."

Ô mon Dieu ! Elle n’avait pas terminé sa phrase que je compris que j’avais une énorme envie d’elle, une gigantesque envie de sexe avec elle, avec une autre femme que ma femme ! Je l’aimais pourtant, la mère de mes enfants, et je n’avais pas envie de lui faire de la peine, pas envie de l’humilier, pas envie de la tromper ! Mais il me venait comme une évidence que ce n’était pas possible que je n’ai de relations sexuelles qu’avec elle pour le reste de ma vie ! Il m’apparaissait que ce n’était pas dans l’ordre des choses qu’un homme, que moi en l’occurrence, je ne fasse plus désormais l’amour qu’à une seule et unique femme et de surcroît à une femme dont je connaissais tellement le corps, et dans ses moindres recoins, dont je connaissais tellement les réactions à chaque caresse, à chaque position que, paradoxalement, il n’y avait plus d’émotion possible avec elle !

Ne m’en veuillez pas, chères lectrices qui me faites la grâce de me lire, je sais bien que vous désapprouverez la suite de cette histoire et que vous penserez que les hommes sont des êtres frustes et grossiers, mais pour moi, ce soir-là, c’est l’amour conjugal qui me paraissait hygiénique et dénué de sentiments et l’amour extraconjugal qui me semblait porteur d’émotions, de douceurs sensuelles et de plaisirs divins.

Je pris quelques jours pour habituer ma femme à l’idée que je rentrerais tard les jours suivants en lui racontant que de gros clients nous avaient mis la pression pour avoir leur dossier avant la fin du mois sous peine de nous retirer la mission, que cela signifiait des réunions de travail très tard le soir à prévoir bientôt et que j’en avais marre et que j’envisageais sérieusement de démissionner ! La pauvre chérie m’apporta avec tendresse son soutien, m’assura qu’elle partageait mes soucis, m’encouragea à réfléchir avant de prendre une décision aussi grave.

Quelques jours après, je me retrouvai chez Muriel pour une démonstration de Game Gear ! Je me souviens d’une légère odeur de friture quand elle m’ouvrit sa porte. Elle commença par me faire la visite de son bel appartement, coquet et bien rangé : le salon, le coin cuisine, le petit balcon… Au moment où elle me montrait sa chambre, à la vue de son lit un peu défait, je n’ai pas pu résister à la tentation de la prendre dans mes bras. Elle s’est laissée faire avec passivité et sensualité.

Ah quel bonheur ! Quel bonheur de toucher une femme pour la première fois, de caresser un corps que vous n’aviez pas le droit de toucher quelques secondes auparavant ! Quel bonheur d’ouvrir le corsage d’une femme et de découvrir son ventre, de dégrafer son soutien et de voir ses seins lourds offerts à vos caresses, à vos baisers, à vos suçons. Quel bonheur de s’allonger sur le lit d’une femme tout en l’embrassant, de lui caresser le corps en se dirigeant lentement vers son sexe. Quel bonheur de lui toucher le sexe à travers la culotte et de palper la douce humidité de son désir. Quel bonheur d’enlever la culotte d’une femme en train de vous embrasser et qui ne fait rien pour vous aider, à part soulever légèrement le bassin pour rendre la chose possible. Aaah, Quel bonheur, quel plaisir de voir et de sentir une femme s’abandonner avec une sensualité lascive à votre désir impatient ! Quel plaisir de la voir réagir au moindre de vos gestes, de sentir ses cuisses s’écarter sur un simple effleurement de vos doigts, de la voir ouvrir la bouche pour vous offrir ses lèvres juste parce que vos lèvres sont à portée des siennes !

Je lui fis l’amour avec fougue et passion, désireux de profiter pleinement de ma vie sexuelle enfin retrouvée, mais aussi avec tendresse, soucieux de ne pas lui donner le plus petit motif de penser que je la traitais en "maîtresse d'un homme marié".

Elle me fit un ultime cadeau en me lançant une bordée de mots grossiers au moment où elle atteignait le summum de son plaisir. Un cadeau, non pas parce que j’aime entendre des grossièretés pendant l’amour, mais parce qu’il était évident que cela échappait à sa volonté et qu’elle les aurait volontiers contenus si elle avait eu le moindre contrôle sur elle-même. Un cadeau, parce qu’il était important pour moi, à ce moment-là, d’être certain que je pouvais faire jouir une autre femme que la mienne.

Une fois nos sens apaisés, je restai allongé un moment sur le lit, elle blottie contre moi, tous les deux en train de fumer. Il était déjà 23 heures passées, il allait falloir que je m’en aille… Mais le sentiment de mélancolie et de culpabilité post-coïtus propres aux grands naïfs (dont je suis) me paralysait un peu : n’y-avait-il pas là un énorme malentendu ? Peut-être était-elle amoureuse de moi ? peut-être pensait-elle que j’allais quitter ma femme pour elle ? Mon Dieu, dans quelle situation me suis-je mis ?  Pauvre petite, il allait falloir lui dire avec beaucoup de tact que ça avait été une belle aventure mais que la vie est quelque fois cruelle avec les gens qui s'aiment et que…

C’est elle qui me ramena à la raison : " Houla, il est déjà onze heures ! Il faut que tu y ailles, ta femme va s’inquiéter !"

- Euh... oui,  oui, je vais y aller ! On se revoit quand ?

- On ne se revoit pas. Ma mission se termine la semaine prochaine.

 

 

Maîtresse… d’elle-même

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Je n'ai pas changé. Je suis toujours le même

Publié le par Carlus

Il s’est passé quelque chose, je ne sais quoi précisément, ni à quel moment ça a eu lieu. Je devais être occupé, ou assoupi, j’ai rien vu venir.

Hier encore, les hommes ressemblaient à des vieux. Ils étaient tous chauves, bedonnants et moustachus. Souvent gentils mais imbus d’eux-mêmes, en général. Aujourd’hui, ils ne sont ni moustachus, ni bedonnants et ce sont mes potes. Où sont passés les vieux qui ressemblaient à des vieux ?

Avant le whisky avait un autre goût, celui de la fête, des baptêmes,  des mariages et des nuits blanches. Le goût fort et amer de l’amitié et des fous rires, du rami et du poker ! Il avait aussi une musique, celle des remontrances des femmes, qui allait crescendo à mesure qu'on avançait dans la nuit. Aujourd’hui, il a plutôt le goût de l'ennui des soirées interminables animées par des "DJ".   Je cherche parfois à me saouler, mais je n’y arrive pas, je m'assoupis avant, et de toute façon, personne ne fait plus rien pour m'arrêter, c'est pas marrant.

Il n’y a pas si longtemps que ça, les filles étaient belles, souriantes et insouciantes et leurs mères acariâtres, autoritaires et méfiantes. De véritables antidotes à l’amour. Mais  qu'est-ce qui a bien pu se passer, bordel, pour que ce soient elles, les mères, qui me paraissent bandantes aujourd'hui ? Ce serait moi qui aurais changé ? En si peu de temps ? Ou elles qui sont allées s’apprêter pendant que j’avais le dos tourné ?

Avant, quand je débarquais dans une société, tout le monde était content de me voir remplacer le vieux chef de service qui ne comprenait plus rien aux nouvelles directives décidées par la Direction parisienne. Maintenant, si j’en crois une réflexion entendue récemment, il semblerait que je fasse partie de ceux qui sont "plus près de la fin que du début" de leurs carrières professionnelles. J’ai été vérifier : c’est vrai ! il me reste moins de trimestres à faire que de trimestres effectués. Beaucoup moins.  C'est une bonne chose, ça, ou pas ? je ne sais plus.

A quel moment tous ces changements se sont-ils produits ? Moi je sais que je n’ai pas changé, que je suis resté le même ! Les rêves qui hantent mes nuits sont toujours les mêmes. Ce sont les gens qui peuplent ma vie  qui ont changé. Ce sont mes enfants qui ont grandi, mes collègues qui ont rajeuni et les femmes matures qui ont embelli ! Moi, je me connais bien : je sais que je n’ai pas changé ! Si c’était le cas, vous me connaissez, je vous le dirais !

 

 

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Poésie : la Chloroquine, ça m'enquiquine

Publié le par Carlus

Ca avait commencé comme Je me balance de Barbara mais ça a fini en cacahuète. Pardon !

Moi, j' m’en balance,
L’histoire de Chloroquine
Ca m'enquiquine
J’ai pas confiance
Car je n’aime pas du tout
Le look de savant fou

Si ça se trouve demain mardi
Je changerai peut-être d’avis
Mais aujourd’hui on est lundi

Moi, j’fais confiance
Aux travaux de la science
Aux expériences
Ma préférence
Aux chercheurs inconnus
Plutôt qu’aux vieux gourous

Tout bien réfléchi, mercredi
J'aurai peut-être un autre avis
Mais on est mardi aujourd’hui 

J' fais pas confiance
Aux médocs recyclés,
De circonstance
J’ai pas confiance
En ceux qui ont trouvé
Avant d’avoir cherché

Peut-être bien que demain jeudi
Je changerai encore d’avis
Mais aujourd'hui c’est mercredi

Certains balancent
Entre vieilles croyances
Et puis voyance
Moi j’ai d’la chance
Je vis dans un pays
Où tout se vérifie.

Sauf que peut-être vendredi
Il ne me restera comme avis
Qu’un bref faire-part de fin de vie.

 

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