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Le philosophe malade du Covid

Publié le par Carlus

Michel ONFRAY a eu le Covid. Il s'en est sorti, heureusement pour lui. Et il nous raconte.  Et ce qu'il nous raconte ne manque pas de piquant quand on sait qu'il a été un chaud partisan du Professeur RAOULT et de son traitement miracle, l'hydroxychloroquine.  Le récit complet est sur son site.  Les parties soulignées le sont, bien sûr, par moi. 


 

Dans l’après-midi, je m’en ouvre à Dorothée: je suis fiévreux, j’ai vraiment de la fièvre, 38.5, j’ai des courbatures terribles, j’ai mal à la tête, je suis extrêmement fatigué.(...) J’apprends le lendemain lundi 23 novembre vers 16h00 que je suis positif.  (...)

Mon premier mouvement consiste à joindre le professeur Raoult. Mon médecin entre en contact avec l’équipe marseillaise. Il a cru à l’hydroxychloroquine, y croit moins, voire n’y croit plus beaucoup, mais m’expose les faits: mon passé de cardiaque m’expose à un risque de mortalité induite par l’usage de ce médicament. «Torsades de pointe» est-il dit pour caractériser la mort qu’on risque en prenant cette thérapie dont on ne sait, finalement, si elle soigne ou non. Pour l’heure, je n’ai pas envie de mourir en martyr de l’hydroxychloroquine! Passer l’arme à gauche non pas à cause du Covid mais à cause du médicament censé le soigner, c’est plus d’ironie que je n’en peux ces temps-ci!

J’entre donc dans la médecine de Molière à laquelle le Covid contraint la totalité du corps médical planétaire: des antibiotiques, du zinc, de la vitamine C… «De l’eau, beaucoup d’eau, bien s’hydrater», etc. 


Donc tout bien réfléchi et mis au pied du mur, notre philosophe s'est dit que choisir le traitement de "la totalité du corps médical planétaire" (même s'il le qualifie au passage avec mépris de "médecine de Molière") était peut-être plus indiqué que les remèdes miracles que le grand génie refuse de soumettre aux protocoles  de validation requis par sa profession ! 

Voilà, voilà, Il est d'accord pour soutenir le combat du professeur Raoult contre le "système", mais pas au point de risquer sa vie, faut pas déconner non plus ! La vie des autres suffit bien pour qu'il ne soit pas utile d'y ajouter la sienne !


 

PS : voici un extrait de ce qu'il disait de RAOULT il n'y a pas si longtemps !  (cliquez pour agrandir)

Le philosophe malade du Covid

 

 

 

 

 

 

 

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A propos d'Europe

Publié le par Carlus

Deux citations à propos de l'Europe attribuées à des hommes d'Etat. La première est drôle, la seconde est vraie


 

Au ciel, le policier est anglais, le cuisinier français, l'amant italien, le mécanicien allemand et l'administrateur suisse.

En enfer, le policier est allemand, le cuisinier anglais, l'amant suisse, le mécanicien français et l'administrateur italien.

Valéry Giscard d'Estaing



En Angleterre, tout est permis, sauf ce qui est interdit.

En Allemagne, tout est interdit, sauf ce qui est permis.

En France, tout est permis, même ce qui est interdit.

En U.R.S.S., tout est interdit, même ce qui est permis"

Winston Churchill


 

 

 

 

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Pour gagner du temps

Publié le par Carlus

J’ai un four à micro-ondes. C’est pratique, ça fait gagner du temps.

J’ai pris l'option "trafic" du GPS dans ma voiture. Pour éviter les bouchons et gagner ainsi du temps.

J’ai un smartphone avec agenda partagé. C’est pratique pour les réunions avec les collègues. Ca me fait gagner du temps.

Je prends rdv avec mon médecin sur Doctolib. Je gagne ainsi du temps.

D’ailleurs, si c’est possible, j’utilise la téléconsultation. C’est plus rapide, ça me fait gagner du temps

Pour mes clients, je privilégie les mails groupés plutôt que les coups de fil. Ca me fait gagner du temps.

Je rentre tard chez moi le soir pour éviter les embouteillages. Au final, ça me fait gagner du temps.

J’ai activé sur ma box un petit programme qui me présente les émissions intéressantes. Ca m’évite de chercher. Ça me fait gagner du temps.

Avec tout ce temps gagné, je cherche pendant des heures sur internet d’autres trucs à acheter pour me faire gagner du temps.

 

 

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Les origines libanaises de l’Europe

Publié le par Carlus

Si, si, je vous assure, mes amis, qu'Europe est d'origine libanaise. Si vous en doutez, lisez et regardez ce qui suit.


Selon la mythologie grecque, Europe, était la fille du roi de Tyr, une ville de Phénicie (le Liban d’aujourd’hui). Zeus, pour la séduire, se métamorphosa en taureau blanc, sur une plage de Sidon (aujourd’hui ville libanaise de Saïda) afin de l’approcher.

La naïve Europe chevaucha le beau taureau blanc qui l’enleva et l’emmena sur l’île de Crète. Là sous un platane qui depuis est toujours vert, Zeus reprit forme humaine et s’accoupla  avec Europe.

De leur union sont nés trois enfants dont le dernier ira s’exiler à Milet en Anatolie (en Turquie actuelle).

Une fois lassé d’elle, Zeus offrira Europe comme épouse au roi de Crète, Astérion.


 Et j'ai même des preuves en image :


 Félix Valloton, L’enlèvement d’Europe

Les origines libanaises de l’Europe

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Henry Matisse, L’enlèvement d’Europe

Les origines libanaises de l’Europe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Pablo Picasso, L’enlèvement d’Europe

Les origines libanaises de l’Europe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Fernando Botero, L’enlèvement d’Europe 

Les origines libanaises de l’Europe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Salvador Dali , L’enlèvement d’Europe

Les origines libanaises de l’Europe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Alors, vous me croyez maintenant ? Europe est bien une Libanaise ! Enlevée et violée par un Grec et mariée de force à un Crétois, certes, mais c'est quand même bien une Libanaise !

 

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Requiescat in pace, Diego

Publié le par Carlus

Carlus, avocat du diable, rend hommage à Diego. 

Monsieur le président
Messieurs les présidents de clubs
Mesdames et Messieurs les supporters
Mesdames et messieurs

Un hommage partiel n’est pas un hommage. Honorer la mémoire d’un défunt en omettant l’essentiel de ce que fut sa vie, son bonheur et ses joies quotidiennes, ce n’est pas honorer sa mémoire.

Diego fut un footballeur de génie, certes ! Cela a été dit et répété et je ne pourrais rien dire de plus que ce qui a été dit et répété depuis deux jours. Mais Diego, Monsieur le président, mesdames et messieurs, fut beaucoup plus que cela !

Il fut aussi, ne l’oublions pas, un magnifique handballeur qui n'a pas hésité, tel un artiste en proie à une vision fulgurante, à mixer les règles propres aux deux disciplines pour marquer un but que l’histoire retiendra comme étant, suivant sa propre formule, inspiré par "la main de Dieu".

Diego, Mesdames et Messieurs, mes chers amis, fut aussi un adepte courageux et obstiné du dopage, n’hésitant pas, malgré plusieurs condamnations et suspensions, à persister dans cette voie avec une opiniâtreté qui force l’admiration, allant même jusqu'à faire  appel à Ben Johnson, un spécialiste en la matière,  pour l’aider à retrouver la forme le plus rapidement possible.

Parallèlement au dopage, Diego fut un cocaïnomane invétéré, passant l’essentiel de ses loisirs à consommer cette substance qui lui donnait la conviction grisante qu’il pourrait un jour, en augmentant progressivement les doses, utiliser son cerveau à l'instar de son célèbre pied gauche.

La consommation de cette substance allait de pair avec une vie que d’aucuns qualifieraient de débauche, mais qui n’était rien d’autre, mesdames et messieurs, qu’une vie d’exploits et de performances ! Diego, en effet, était un fêtard achevé et un grand amateur de putes. Et tous les bordels d’Amérique latine - aujourd’hui dans le deuil et le recueillement - sont là pour en témoigner.

Ses talents pour les affaires et le business, (et ses rapports discrets mais avérés avec la Camora sont là pour en attester) étaient tels qu’ils l’ont conduit à soustraire à la rapacité féroce du fisc italien des sommes faramineuses, mais somme toute à la hauteur de son immense talent ! Ne dit-on pas que chez les grands tout est grand ?

Toutes ses qualités le firent apprécier des plus grands démocrates de ce siècle ! Il fut l’ami admiratif et le soutien de Fidel Castro, puis de Chavez et de Maduro.

Monsieur le président
Mesdames et messieurs
Diego, avec sa personnalité d’une grande richesse (au détriment du fisc), et en dépit de sa petite personne (alitée dans les maisons closes), par le souci qu’il avait d’avoir un corps sain (dans les centres de désintox), par ses fulgurantes montées au paradis (artificiel) et par ses fréquentations (qui disaient bien qui il était) est, je n’hésite pas à le dire, un exemple pour notre jeunesse. D'ailleurs, beaucoup d'entre eux, au cours des dernières décennies, ont suivi la voie qu'il leur a tracée.  
Et pour tout cela, nous ne l’oublierons JAMAIS !

 

 

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L'actu quotidienne au temps du trumpisme

Publié le par Carlus

J’ai beau ne pas aimer l’extrême droite, quand elle dit quelque chose comme ça :

Tweet
Jean MESSIHA
@JeanMessiha
24 nov.
Ils ne veulent pas manger comme nous.
Ils ne veulent pas s’habiller comme nous.
Ils ne veulent pas se saluer, hommes et femmes, comme nous.
Ils ne veulent pas parler ni vivre comme nous.
Mais c’est nous les haineux, les intolérants et les racistes.
Dingue non ?

Je me dis : on a  beau exécrer l'extrême droite, il faut bien reconnaitre qu'ils sont quand même en phase avec la réalité du pays. Il a raison, le mec : par quelle étrange vision inversée de la réalité présente-t-on ceux qui ne veulent pas s'intégrer  comme des discriminés ? par quelle étrange raisonnement biaisé compare-t-on ceux qui se battent pour porter des signes distinctifs prosélytes avec les juifs des années 30 à qui on a imposé l'ignominie de porter l'étoile jaune ?

Mais tout de suite après, je lis ce tweet de Philippot, daté d'hier 25/11

Tweet
Florian Philippot
@f_philippot
11h
Joe Biden panique : énorme surprise en Pennsylvanie où un étrange pic de votes Biden a été découvert, et où un juge bloque la certification des résultats dans l’État !
Trump ne lâche pas l’affaire face à une possible gigantesque fraude, et se bat pour la justice.

Aucune source, aucun lien ! mais je me laisse encore une fois prendre au piège de la connerie abyssale de ces gens ! Je me précipite sur Google Actus : Rien, absolument rien à propos d’un juge qui aurait bloqué la certification des résultats des votes en Pennsylvanie !

sur France Info ? rien !

sur CNN ? rien !

sur la BBC, peut-être ? rien

sur Fox News : rien !

Ah , peut-être vais-je trouver cette info sur Russian Today ? Mais non, rien de rien !

J'abandonne la presse et je vais chercher dans trois moteurs de recherche différents "juge + bloque + résultats + pennsylvanie"… et l’info la plus récente que je trouve sur le sujet est :

Fraude électorale en Pennsylvanie : un juge rejette les accusations de fraude

Bref, le mec a inventé une info de toute pièce ! Ou alors il a relayé sans la moindre vérification une fake news sans aucun fondement, ce qui, dans les deux cas, montre l'étendue de sa connerie !

Et je me dis : mais qu’est-ce que je suis con, p'tain,  d’écouter ce que ces gens racontent ! Pour eux, il n’y a pas de différence entre leurs fantasmes débiles et la réalité : le covid n’a tué personne, Macron a vendu à Merkel l’Alsace et la Lorraine en secret, le masque ralentit l’oxygénation du cerveau, la population de la France a été remplacée par une autre, Trump a gagné les élections "by a lot", les démocrates américains sont des pédophiles sataniques, une élite mondiale dirigée par Bill Gates et Jacques Attali va exterminer trois milliards de pauvres sur cette terre avec le vaccin... j'en passe et des meilleurs !

L'extrême droite, c'est un concentré de connerie mais,  je ne sais pas pourquoi, à chaque fois, je me laisse prendre à aller vérifier leurs Fake news !

 

 

 

 

 

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Si je mourais là-bas…

Publié le par Carlus

L'hommage rendu à un héros de guerre me rappelle toujours que je n'ai pas connu la guerre. Ou plutôt que je n'ai vécu que des guerres fantasmées à travers  le cinéma, la littérature et mon imagination.
Le personnage récurent auquel je m’identifie quand on évoque la guerre de 14/18 est alors celui d’un soldat grelottant de froid et de peur dans la boue d’une tranchée, en train d’écrire à sa belle, au milieu de la vermine, des cadavres et des rats.

De temps en temps, la belle à qui j'écris est une petite garce infidèle, comme la Lou d'Apollinaire.


Si je mourais là-bas…


Si je mourais là-bas, sur le front de l’armée,
Tu pleurerais un jour, ô Lou ma bien-aimée,
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée,
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur.

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté,
Aux fleurs plus de couleur, plus de vitesse à l’onde,
Un amour inouï descendrait sur le monde
Ton amant serait plus fort dans ton corps écarté.

Lou, si je meurs là-bas, -souvenir qu’on oublie-
Souviens-toi quelquefois des instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur.
Mon sang est la fontaine ardente du bonheur,
Sois donc la plus heureuse étant la plus jolie.

Ô mon unique amour et ma grande folie

Guillaume Apollinaire

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De quoi mourait-on il y a deux siècles ?

Publié le par Carlus

 

Quand je lis certains propos sur le Net, j’ai un peu l’impression que pour beaucoup de gens, nos aïeux ne mouraient pas de maladie, mais seulement de vieillesse. La nourriture était saine, la vie se passait au grand air, il n’y avait pas de virus, ni de staphylocoque, doré ou pas. Et quand on avait des petits désagréments de santé, des tisanes et des infusions réglaient tout cela en un rien de temps.

Et c’est le capitalisme (et son annexe médicale : le maudit Big Pharma) qui nous a expulsés du paradis terrestre et bucolique dans lequel nous vivions en parfaite santé !

Un blog hébergé par le Monde, intitulé Passeur des sciences, nous donne une idée des causes de mortalité par maladies qui existaient il y a deux siècles. Il s’agit de relevés effectués dans la ville de Boston au cours de l’année 1 811. On peut facilement faire l'hypothèse que les causes de mortalité en France et dans le reste de l’Europe ne devaient pas être très différentes. L’article est super intéressant et mérite d’être lu, en plus du résumé que je vous propose (non, non, je vous en prie, il n'y a pas de quoi, c’est moi qui vous remercie de lire mon blog).

Le nombre de mort de cette année 1 811 à Boston cité dans l’article est de 942. Le nombre de mort par maladies que j’ai compté et classé ci-dessous est de 638. On peut supposer que la différence (304) est constituée des morts par accidents, homicides, disparition, et causes inconnues, etc. Classées par ordre d’importance numérique, les causes déclarées de décès par maladie donnent le classement suivant :

- la "consomption" qui recouvre essentiellement la tuberculose, a fait cette année-là, 221 morts soit près d’un décès sur trois.

- les accouchements et leurs suites ont provoqué 135 décès chez les mères et les nouveau-nés soit un décès sur cinq.

- les fièvres diverses et variées parmi lesquels on compte le typhus ont fait 116 morts.

- les causes de décès dont on ne sait pas très bien à quelles maladies d’aujourd’hui elles correspondent sont responsables de 109 morts ("convulsions" (36), "faiblesse" (28), "déclin" (20), ou "mort subite"(25).

- la diarrhée a tué dans 15 cas

- l’apoplexie" qui recouvrait, entre autres, ce que l’on désigne aujourd’hui par AVC est responsable de 13 décès.

- la syphilis a tué 12 fois,

- le choléra 6 fois.

- le cancer est noté comme cause de décès dans 5 cas.

- la variole dans 2 cas

- les "crampes d’estomac" sont responsables de 2 décès

- et 2 deux personnes sont mortes pour avoir "bu de l’eau froide"

 J’ai envie d’ajouter que dans ma petite enfance, j’avais une grand-tante qui semblait chargée de la rubrique nécrologique de son village et même au delà. Je me souviens l’avoir entendu évoquer de nombreuses maladies citées dans cet article (comme l’apoplexie, la mort subite, les convulsions…) mais aussi de maladies inconnues à Boston comme la "congestion" et la "pleurésie", ou encore le "chaud et froid" (mais peut-être que les deux personnes qui ont péri pour avoir bu de l’eau froide entrent dans cette catégorie), ce qui me laisse penser que son village au fin fond de sa province reculée était, en matière de mortalité, à la pointe du progrès.

Voilà ! je pourrai dire désormais, et de façon documentée, à mes amis écolos passéistes et complotistes d'extrême droite que dans le paradis pré-industriel, d'abord que nos aïeux ne savaient toujours de quoi ils mouraient, ensuite que les médecins n'étaient pas obligatoirement tenus de préciser les causes des décès, et enfin que si on mourrait (peut-être) moins de cancer, d’infarctus ou d’AVC, on mourrait par contre pas mal en couches pour les femmes, en bas âge pour les enfants, de tuberculose, de convulsions ou de mort subite et parfois même en buvant de l’eau froide (!?), sans parler de la famine dans certaines régions du monde, de la peste, de la grippe, de la variole, de la coqueluche, de la rougeole et bien d'autres maladies !

Et je ne suis pas certain qu'on ait perdu au change !

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Lettre à un ami libraire

Publié le par Carlus

Salut, ami libraire

A mon ami (petit) libraire

Je t’aime bien, tu le sais. Parce que tu fais un beau métier, vraiment.  Un métier que j’aurais bien aimé faire moi aussi. Mais bon, maintenant, il est trop tard pour moi, peut-être dans une autre vie… !

Ce qui m’a toujours plu dans ton métier, c’est qu’on a vraiment l’impression que vous avez le beurre, l’argent du beurre ET le sourire de la crémière. Tu vois ce que je veux dire ?

Le beurre, c’est le statut d’indépendant, d’entrepreneur avec tout ce que cela implique : être libre dans sa vie professionnelle, avoir le pouvoir de décider en dernier ressort, avoir la possibilité de gérer les choses comme on veut sans être obligé de les soumettre à une autorité hiérarchique. Ca, c’est vraiment grisant ! Il y a des risques, certes, mais c’est la contrepartie normale de tout cela.

L’argent du beurre, tu sais, comme moi, ce que c’est. En France on n’a pas trop le droit d’en parler, mais les initiés savent de quoi je parle. Pour peu que tu sois placé dans une rue commerçante, en ajoutant la "rentrée des classes", le rayon "papeterie et fournitures de bureau", le rayon "magazines et journaux" et la "billetterie" occasionnelle de spectacle, il t’arrive plus souvent que rarement de faire des bénéfices plus que confortables. Certes, peut-être moins depuis quelques années, avec l’arrivée d’Amazon-FNAC-Rakuten sur le marché, d’accord ! Mais assez cependant pour que tu n'aies pas à te plaindre de cet aspect des choses.

Et le sourire de la crémière, alors ? Moi je dirais : c’est le statut d’intello lié à ton métier. Et j’ajouterai même d’intello sympa, de fantassin de la culture. Le sourire de la crémière, c’est sympathiser avec les écrivains venus faire une séance de signature dans ta librairie ; c’est la visite à chaque campagne électorale de Monsieur le maire accompagné du 5ème adjoint à la culture pour te remercier de la "contribution inestimable que tu apportes à la politique culturelle de la ville" ; c’est le client qui s’adresse à toi avec amitié et respect parce qu’il est persuadé que tu as lu tous les livres exposés dans ta librairie.

Ca c’est vraiment la superbe cerise sur le gâteau qui vaut presque autant que le gâteau lui-même ! Je le sais : mon père et ma mère étaient des petits commerçants, des boutiquiers, comme on dit dans les milieux bobo ! Ils ont eu les deux premiers avantages, la liberté-responsabilité et aussi le fric sur le tard. Mais pas la cerise. J’ai découvert très tôt, dans les propos de certains de mes profs, l’image de beaufs, incultes et près de leurs sous qui collent à la peau du charcutier, du boucher, de la coiffeuse et du serrurier. Mais pas du libraire.

Tu fais un super métier, l’ami, mais la société change et aujourd’hui tu as peur de disparaître. Je voudrais te consoler mais je t’avoue que je ne suis pas très optimiste sur tes chances de survie à moyen terme. La société change, les gens changent, nos habitudes de consommation changent aussi. Et les métiers s’adaptent ou disparaissent. Tu risques de devenir dans les années qui viennent ce que sont devenus les tailleurs ou le cordonniers : des commerces rares pour clientèle ringarde... ou snob.

A mon ami (petit) libraire

Ce n’est pas Amazon qui te tue. C’est moi, hélas, quand je commande un livre sur ce site parce que je n’ai pas envie d’attendre pour le recevoir ! Que veux-tu que je te dise ? Deux clics, c’est tellement plus facile et plus rapide que de me rendre dans ta librairie le samedi matin pour l'acheter ou, si tu ne l'as pas en rayon,  pour le commander et passer à nouveau le récupérer dans quatre jours.

A mon ami (petit) libraire

Ce n’est pas la FNAC qui te tue. C’est ton fils et le mien qui, quand ils doivent préparer un exposé, préfèrent consulter des sites internet consacrés au sujet plutôt que de se rendre dans ta librairie pour acheter un livre "papier". Sans compter que toutes les œuvres tombées dans le domaine public sont offertes sur de nombreux sites ! Shakespeare, Molière, Dante, Proust sont téléchargeables gratuitement. Qui aujourd’hui ira acheter des livres papier pour comprendre l’existentialisme ou la civilisation aztèque alors que des milliers d’études très sérieuses sont disponibles gratuitement sur le Net. Que peux-tu faire contre cela ?

La révolution Gutemberg est derrière nous, l’ami ! Prenons le parti de fêter la révolution numérique ! De toute façon, elle est là dans nos vies culturelles depuis quelques années et contrairement à ce que tu tentes de faire croire avec opportunisme, elle n’a pas attendu la Covid-19 pour entrer dans les mœurs !

Et je vais te dire une chose : tous les écrivains qui prennent ta défense avec ostentation ou qui proposent généreusement de payer tes amendes pour te permettre d'ouvrir ta boutique, ne pousseront jamais la solidarité jusqu’à refuser de mettre en vente leurs bouquins sur les catalogues Amazon !  

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