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Valls ou Fillon ?

Publié le par Carlus

 

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai été heureux d’apprendre aujourd’hui que j’étais sur la même longueur d’onde que Finkielkraut concernant l’élection présidentielle. Et quand je dis que je ne sais pas, c’est une formule ! En vérité, je sais : les grands esprits se rencontrent ! smile

Valls et Fillon ont plus de points communs qu'il n'y parait. Ce sont les deux candidats les moins démagogues, les plus courageux, bref, les plus sérieux actuellement en lice.

Ils sont tous les deux en rupture avec les politiciens minables de leurs partis respectifs qui font pression sur eux pour qu’ils fassent des promesses qu’ils ne pourront pas tenir. Ils ont des convictions et le courage de leurs convictions. Ils ont un cap et le garde en dépit des difficultés.

 

Sur le plan économique, ils sont conscients, chacun à leur façon, que le redressement économique de la France passe par son désendettement, c’est-à-dire par la baisse de la dépense publique et par la baisse des charges et de la bureaucratie qui pèsent sur les entreprises.

 

Sur le plan sociétal, ils sont les seuls à avoir de vraies convictions laïques et anti-islamistes, les seuls à nommer les salafistes ET les Frères Musulmans. Pour tous les autres, ce problème est soit un petit fonds de commerce minable, soit une posture, soit un non-problème.

 

Ma préférence absolue va à Manuel Valls, plus moderne, plus progressiste, très rocardien, très impliqué ces derniers temps dans la lutte contre les ringards et les connards de gauche, lutte que je soutiens, même s’il ne l’a pas gagné cette fois-ci.

Mais hélas, ses chances sont nulles d’arriver ne serait-ce qu’au premier tour de l’élection, car il a à se battre contre des frondeurs aussi démagogiques qu’incompétents, contre un admirateur de Castro et Chavez, contre un candidat-coucou qui a su s’approprier des idées et des formules préparées par d’autres.

 

Alors malgré le soutien de la manif pour tous, malgré Sens commun, malgré "l’opposition personnelle" à l’IVG, malgré l'attrait pour la course automobile, malgré plein de petites choses encore, pour moi ce sera Fillon !

Fillon l’austère, Fillon le catho, Fillon l’inflexible !

 

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Les (très petits) paradoxes de 2016

Publié le par Carlus

 

Renaud soutient Fillon le thatchérien

Tout le monde aime Renaud pour Mistral gagnant. Mais Renaud lui est persuadé qu’il est un artiste engagé (apprécié par Mitterrand, ce qui est une preuve !) et que "Laisse béton" et "Madame Thatcher" sont des monuments qui seront inscrits un jour au patrimoine culturel de l’humanité. A tel point qu’il peut même se permettre de dire récemment que "Jamais on n’a vu Jean-Jacques Goldman,…, dénoncer une injustice"  (Ah, le con !)

Hé bien aujourd’hui, Monsieur anti-Madame-Thatcher ne cache pas son admiration pour le candidat Fillon qui, lui-même, ne cache pas son admiration pour… Madame Thatcher !

 

Les héraults de l'Occident sont heureux de la victoire de Trump

Tout ce que l’Europe compte de connards d’extrême droite se réjouit de l’élection de Trump au nom entre autres de la lutte contre le déclin et la décadence de l’Occident.

Or un des signes annonciateurs les plus évidents de la décadence d’un empire est d’avoir à sa tête, de façon naturelle et acceptée par tous, des clowns ou des crétins. Les Américains ont fait forts puisqu’ils se sont choisis pour président un clown doublé d’un crétin.

Ses partisans en France ne peuvent rien dire de plus élogieux que "l’habit et la fonction changent parfois un homme".

L’avenir nous dira ce qu’il en est, mais à mon avis ça semble plutôt mal parti.

 

Poutine maitre du jeu au Moyen-Orient

Poutine a réussi à devenir maître du jeu au Moyen Orient en soutenant le plus minoritaire des gouvernements de la région. Les Alaouites, branche ultra minoritaire du shiisme (lui-même déjà minoritaire -moins de 10 %_ au sein de l’islam mondial) ne représentent pas plus de 10 % de la population syrienne. Mais finalement, c’était la bonne carte à jouer.

Et tous les imbéciles qui se croient très intelligents de flatter les sunnites Saoudiens ou Qatari qui nous remercient en nous envoyant des imams salafistes, devraient en prendre de la graine.

 

Finalement les frondeurs ne représentent pas grand-chose au PS

On n’entendait parler que d’eux, ils parlaient au nom du peuple tout entier, au nom de la gauche qu'ils étaient les seuls à représenter, au nom de la démocratie, fustigeaient Valls et Hollande qui trahissaient les masses laborieuses, exigeaient une primaire pour les écarter car "même une chèvre battrait Hollande ou Valls" (dixit Filoche).

Et bien finalement, ils l’ont eu, leur primaire; ils l’ont eu, le départ de Hollande; et puis quoi ? Ils sont second, troisième ou quatrième loin derrière Valls. ET c’est Macron, le plus à droite des hommes de gauche qui, hors primaires, tire le mieux son épingle du jeu dans l'électorat de gauche; Et c’est Manuel Valls qui est donné en tête de la primaire de la gauche; Et c’est Peillon qui se présente pour défendre, lui aussi, le bilan de gauche du quinquennat.

Et nos courageux frondeurs aux bonnets d’âne votent unanimement la confiance au dernier gouvernement du traîte François Hollande.  Car, on le sait bien au PS,  la Fronde c'est avant ou après les investitures, mais pas pendant. 

 

Fillon est un homme neuf (1) 

L’homme neuf de la droite a commencé sa carrière politique il y a très longtemps et a été Premier ministre pendant cinq ans il n’y a pas très longtemps.

C’est un faux paradoxe. Les grands hommes de l’histoire de France (ou d’ailleurs) qui ont conduit des politiques nouvelles sont rarement des opportunistes qui passaient par là par hasard. Croire que les hommes nouveaux en politique sont ceux qui "ont vu de la lumière et sont entrés pour voir de quoi on parlait" se trompent.

Après tout, César a commencé sa carrière politique à sa naissance et De Gaulle était ministre de la défense juste avant la guerre.

Est-ce que Fillon sera à la hauteur de ce que l’Histoire attend de lui ? On verra ! Qu’il se fasse élire d’abord !

 

PS : (1) c'est aussi, à titre personnel, mon petit paradoxe politique : (Valls, peut-être, en 2022, mais, de grâce, Fillon en 2017 pour mettre un peu d'ordre et de repères dans la maison France !) 

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Pour être Jésus...

Publié le par Carlus

 

Petit tournant dans ma vie d'ado.  Ma mère est choquée en écoutant George Chelon chanter Barabbas. Et l'ado que je suis découvre qu'une chanson peut avoir un texte, qu'un chanteur peut dire quelque chose d'interdit, de scandaleux et même d'assez dangereux pour l'envoyer en enfer ! 

 

 

 

Si pour que je sois Jésus 

Il fallut que mon père 

Commette l'adultère 

Avec une inconnue 

 

Si pour que je sois Jésus 

Il fallut que mon père 

Et Marie et ma mère 

Soient chassés de la rue 

 

Et que dans une étable 

De l'autre côté du sable 

Afin de fuir la scandale 

Au point d'une aube pâle 

J'entrouvre les yeux 

Sur quelques curieux

 

Moi je préfère m'appeler Barabbas 

Avoir vu mon père et ma mère bien en face 

Moi je préfère m'appeler Barabbas 

Et être né sur la grande place

 

Si pour que je sois Jésus 

Tout ce qui me fait homme 

Ne se résume en somme 

Qu'à un bout de vertu 

 

Si pour que je sois Jésus 

Je trouve mon plaisir 

Dans le fait de souffrir 

Ou bien d'être battu 

 

Que je n'aie point de dame 

Que je n'aie pas ma femme 

Rien, pas chef de famille 

Pas de fils, pas de fille 

Rien qu'un célibataire 

Egaré sur la terre

 

Moi je préfère m'appeler Barabbas 

Avoir connu toutes mes amours de passe 

Moi je préfère m'appeler Barabbas 

Même si je manque de classe

 

Si, si pour être Jésus 

Il suffit d'une croix 

Pour bien tendre ses bras 

Pour y mourir dessus 

 

Si, si pour être Jésus 

Il ne faut qu'une croix 

Moi je ne comprends pas 

Qu'il n'y en ait pas plus

 

Moi je préfère m'appeler Barabbas 

A qui le peuple tout entier a fait grâce

Moi je préfère m'appeler Barabbas 

Et mourir sans laisser de trace.

 

Enfin chacun fait son lit comme il se couche

Moi je l'ai fait rien qu'en détroussant les bourses

Enfin chacun fait son lit comme il se couche

Chacun pour soi et Dieu pour tous !

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Questions alépines

Publié le par Carlus

 

Moi, je crois tout ce l'on me dit.

- Alors OK passons sur le fait que les populations civiles allemandes ont été copieusement bombardées par les Alliés à la fin de la guerre. Il s’agissait de casser le moral des Allemands pour en finir plus vite avec cette guerre. 

- OK Passons sur le fait que des centaines de milliers de viols ont été commis en toute impunité en Allemagne pendant que la guerre était en train d’être gagnée. Un simple dommage collatéral

- OK passons sur le fait que les deux bombes atomiques américaines ont visé explicitement des populations civiles du Japon. Il s’agissait de précipiter la fin d'une guerre qui risquait de s’éterniser et donc d’éviter ainsi des centaines de milliers de morts futurs.

- OK passons sur le fait que les USA ont déversé sur la population civile du Viet Nam un déluge de bombes et de Napalm et d’agent Orange. Comment faire autrement quand ces salauds de Viets-Cong se cachent au milieu de la population ?

OK passons, passons, c’est de l’histoire ancienne !

Mais les civils d’Alep ? le pire crime contre l'humanité jamais observé ?

En Syrie, il ne s’agit pas d’une guerre du mal contre le bien, d’une guerre de la dictature contre la démocratie mais, dans le meilleur ( ou le pire) des cas, d’une guerre entre le mal et le pire. D’une guerre entre une dictature laïque et des djihadistes fanatiques.

Les modérés de l’ASL (Armée Syrienne Libre) ont disparu et de toute façon n’ont jamais rien représenté en Syrie. Les mouvements syriens contre lesquels lutte la dictature de Bachar s’appellent Al Nosra (branche d’Al Qaïda), Armée de l’Islam, Front Islamique, Ansar Al Charia. Le principal grief qu’ils font à Bachar n’est pas qu’il est un dictateur mais qu’il est un apostat alaouite (branche minoritaire de l'Islam) et qu’à ce titre il mérite la mort, comme tous ses coreligionnaires. Je vous laisse deviner ce qu’ils pensent des chrétiens.

 

Si le régime de Bachar n'est pas encore tombé, c’est aussi parce qu’il a le soutien d'une partie de la population syrienne. Tout d’abord, tous ceux qui ne sont pas de confession sunnite, à savoir les chrétiens, les Alaouites, les chiites, les Ismaélites, etc. (il y a 18 religions officielles en Syrie) c’est-à-dire près d’un tiers de la population syrienne. Pour tous ces gens, question de vie ou de mort, le soutien est inconditionnel. Bachar bénéficie aussi du soutien de la partie des musulmans sunnites qui est citadine, jeune et riche. Ils craignent tous les exactions, les viols et les massacres de masse si Bachar est vaincu. Ils ont tous peur d'être les cibles privilégiées de la guerre civile entre les différentes composantes djihadistes qui ne manquera pas de se produire en l'absence d'armée régulière.

Pourquoi leurs craintes et leurs angoisses ne seraient-elles pas prises en considération dans cette histoire ? Pourquoi considérerions-nous qu'ils se trompent en soutenant Bachar et que le seul avenir pour la Syrie est de devenir la capitale mondiale du Djihad et du terrorisme ?

Sommes-nous les mieux placés pour exiger que cette guerre soit la première guerre propre et sans victimes civiles de l’histoire de l’humanité ?

Aurait-on autant évoqué les victimes civiles d’Alep si celles-ci étaient des minorités religieuses massacrées par des djihadistes ? On a certes parlé du massacre des Yézidis, mais a-t-on proposé de faire intervenir l’ONU à cette occasion ?

A-t-on vu une telle réprobation lorsque des populations civiles se faisaient bombarder au Yémen il y a quelques semaines par l'Arabie Saoudite ou lorsque les djihadistes pilonnaient les quartiers "pro-régime" d'Alep ? A-t-on demandé la convocation du Conseil de Sécurité à cette occasion ?  

 

On a un peu l'impression qu'il y a deux poids deux mesures dans cette guerre civile syrienne et que nous ne reprenons à notre compte que l'indignation des représentants les plus fanatiques des musulmans sunnites.

 

Mélenchon a raison (oui, pour une fois) quand il dit que toutes les guerres sont sales et horribles et TOUTES les guerres, pas seulement celle des Syriens qui s'opposent à la charia, au génocide, au viol de masse et l’esclavage sexuel.

 

 

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Tu veux qu’on fasse un break ?

Publié le par Carlus

 

Les électeurs italiens ont voté NON au référendum sur… sur quoi déjà ? En fait, dans un référendum la question formelle, on s’en fout toujours ! On répond toujours à la question "Tu ne m’aimes plus ? Tu veux qu’on fasse un break ?"

Les raisons de ne pas céder au chantage affectif et de répondre "Non, je ne t'aime plus, faisons un break" sont nombreuses : ou on le veut vraiment et définitivement, ou bien on le souhaite au moins temporairement, ou alors on a envie d’emmerder ou d’humilier celui qui pose la question ou encore on a trop d’orgueil pour répondre " je veux rester avec toi' !

Les Italiens ont donc dit à Renzi "Non, je ne t'aime plus, faisons un break, c’est peut-être mieux comme ça" . Que Matteo se rassure, ils auraient dit la même chose à n’importe quel autre politicien aux affaires depuis plus d’un an.

L’absurdité des référendums c’est, en plus du caractère irrationnel de la réponse, que les fronts du refus auxquels ils donnent lieu sont composés de minorités totalement opposées entre elles, souvent extrémistes, qui revendiquent chacune la victoire pour elles seules et sont incapables de gouverner ensemble. On le voit en Grande Bretagne. Quand un NON a l’union européenne est acquise grâce aux voix de l’extrême droite et celles de l’extrême gauche, comment gérer cela ? Peuvent-ils s'allier et mener ensemble une politique cohérente ? Non. Alors on nous invente des solutions bâtardes et à la limite de la démocratie : Ceux qui ont voté NON confie le pouvoir à un politicien qui a appelé à voter OUI et défendent l’idée que le parlement n’aurait pas son mot à dire.

A quoi sert un parlement alors ? C'est la nouvelle forme d'anti-parlementarisme propre aux extrêmes. L’avenir de la démocratie ce serait donc une décision prise par référendum et un politicien pris au hasard, peu importe son opinion sur la question, chargé de la mettre en œuvre avec interdiction au parlement de se prononcer là-dessus ?

C’est possible. J’ai d’ailleurs noté que dans la campagne électorale en France en évoquait de plus en plus de confier des pouvoirs législatifs (au Sénat, pour l'instant) non plus à des citoyens élus mais à des "citoyens tirés au sort". 

 Le tirage au sort, stade ultime de la démocratie !

 

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Pauvre Europe !

Publié le par Carlus

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Vive le grand directeur de cabinet Macron !

Publié le par Carlus

 

Les présidents français sont des bêtes politiques. Je parle de leurs personnalités, pas de leurs opinions. Des gens qui ont un ego démesuré, qui sont dans le combat politique depuis longtemps, qui n'ont jamais eu peur d'affronter le suffrage populaire, qui savent prendre et donner des coups.

Pour les aider dans la tâche difficile qui est la leur, ils ont une équipe de collaborateurs chapeautée par un majordome en chef appelé Secrétaire général de la présidence de la République. Il s’agit de gens brillants, compétents, travailleurs, mais qui n’ont pas la fibre politique. Un secrétaire général de l’Elysée est un fidèle, un soumis, un larbin. Ca se comprend, quand le président prend une décision, c’est le chef de cabinet qui s’occupe de la paperasse, des contacts, des coups de fil. Dans l’autre sens quand on veut être reçu par le président ou lui laisser un message, c’est le secrétaire général qui filtre. Il est souvent l'exécuteur des basses œuvres du Président. Il ne faut donc pas qu'il soit  un rétif, un insoumis, une forte tête.

L’éminence grise qu’est le secrétaire général, est au courant de tous les secrets, officiels et officieux, organise toutes les rencontres discrètes, fomente tous les coups bas.

Alors forcément, dans sa tête de larbin arrogant, il finit par penser que c’est lui qui dirige la France et que le président fainéant n'en fout pas une et se repose entièrement sur lui. Pour lui, la lutte politique se résume à deux choses , UN " j’ai des dossiers compromettants sur tout le monde" et DEUX "je sais où trouver l'argent ". Pour lui, il fait partie des  grand de ce monde parce qu'il connait les secrets d’alcôve du président du conseil italien et peut appeler sur sa ligne directe le chancelier allemand.

 

Alors forcément, à un moment ou à une autre, quand son maître a disparu (physiquement ou politiquement) il lui vient une idée un peu folle : "Et si je me lançais ? Après tout, pourquoi pas moi ! Il n’y a pas si longtemps que ça, la plupart des autres candidats faisaient les pieds de grues devant ma porte… ! Qu’est-ce qu’ils ont de plus que moi ?

 

Et ils se lancent, les pauvres !

 

Michel Jobert, secrétaire général de la présidence Pompidou

 

Edouart Balladur, secrétaire général de la présidence Pompidou

 

Dominique de Villepin, secrétaire général de la présidence Chirac

 

Ils ont tous explosé en plein vol et parfois même avant d'avoir décollé

Tous le même profil ! Ils ont été secrétaire général de l'Elysée, ils ne se sont jamais présentés à une élection locale,  ils se sont laissés griser par des sondages précoces, ils ont sous-estimés les capacités de nuisance de leurs adversaires et ils se sont ridiculisés en bout de course !

Et aujourd’hui… last but not least

 

Emmanuel Macron !

  

J’ai parié avec tous mes potes que même s’il réussit à passer le cap des 500 signatures et à trouver l’argent pour faire campagne, il finira avec un score compris entre 5 % et 7 %.

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PS : Ceci dit, j’avais aussi parié que Sarkozy ne deviendrait jamais président. Et pour Trump, heureusement que personne ne m’a proposé de parier car je n’aurais pas hésité à miser la totalité de mon Livret Développement Durable sur sa défaite.

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Pauvre prolétariat !

Publié le par Carlus

Mon pauvre prolétariat !

Qu’est-ce que tu étais beau et grand et fort quand je t’ai connu ! Enfin… connu ! Disons quand j’ai entendu parler de toi pour la première fois au lycée ! J’étais très jeune -quoi ? seize, dix-sept ans ?- et on m’avait dit tellement du bien de toi que je suis tombé sous ton charme sans même t’avoir rencontré, juste par ouï-dire !

Comment aurais-je pu résister, d’ailleurs ? Il était scientifiquement démontré que tu avais l’avenir de l'humanité entre tes mains, que tu détenais, seul, les clés de compréhension de l’histoire du monde et de l'univers, que tes idéaux étaient le progrès, la science, la générosité, le partage, la justice sociale, et l’épanouissement de l’homme.

Quel bonheur, quel confort intellectuel j’ai ressenti de t’aimer dans ces années-là !

Bon, plus tard, j'ai commencé à avoir quelques doutes en apprenant que ce n’était pas toi qui dirigerais la société, mais ton "fer de lance", les dirigeants autoproclamés de ton fan-club, en fait des curateurs qui t'avaient mis sous tutelle et que leur programme était de faire table rase de tout ce qui existait, et notamment des élections qualifiées de "bourgeoises".

Quelques décennies plus tard,  tu as fini par laisser tomber ces escrocs. Quand tu as compris que ce qu’ils avaient instauré en ton nom étaient les dictatures les plus féroces et les plus sanglantes de notre époque, voire de toute l’histoire de l’humanité, que leur société n’avaient jamais produit un seul artiste digne de ce nom, une seule découverte scientifique intéressante,  et qu’elles étaient les dernières sociétés sur cette planète à connaître des famines épisodiques, tu as décidé de les quitter. Et tu as bien fait !

 

Mais voilà qu’on me dit aujourd’hui que tu les as quittés pour t’acoquiner avec des crapules du même acabit, des admirateurs d’assassins, des ségrégationnistes impénitents, des chasseurs de sorcières !  Mon pauvre prolétariat, tu es vraiment incorrigible, écoute !

Qu’est ce qui a bien pu se passer dans ta tête ? Qu’est-ce qui peut bien t’attirer chez ces gens-là ? Des gens qui ne jurent que par l’ordre, la discipline et l’obéissance aux maîtres ! Des gens qui, à différentes époques, ont défendu la colonisation, la ségrégation, l’apartheid et leur lot de mépris racial institutionnalisé ! Des gens qui ont collaboré avec l’ennemi en temps de guerre, qui ont été anti-dreyfusard, qui ont manifesté mille fois contre la république, qui ont appelé à fusiller Blum "mais dans le dos" ! Des gens qui tout au long de leur histoire se sont opposés à TOUTES les avancées sociales, sans exception, même les plus modestes, même les plus symboliques, même celles qui tentaient de protéger un peu les femmes enceintes travaillant à l'usine ou les enfants dans les mines !

Et c’est ces gens-là que tu choisis aujourd’hui pour défendre tes intérêts, pour faire avancer le progrès social, pour améliorer ton sort et celui des retraités et des petites gens ?

 

Non, décidément, c'en est trop pour moi. Je crois que les voies du prolétariat sont impénétrables. Je ne comprendrai jamais rien aux subtilités dialectiques de la lutte des classes ! C’est fini, je renonce à comprendre !

 

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Oh my God ! j'attends la suite avec impatience !

Publié le par Carlus

 

J’avoue que je suis impatient de voir la suite. Il y a deux mouvements politiques qui m’énervent au plus haut point depuis quelques années, les "indignés" et les "anti-système".

Il faut bien, à un moment ou à une autre, que ces gens-là nous montrent ce qu’ils savent faire et ce qu’ils ont dans le ventre.

J’ai suivi avec fébrilité la crise grecque. Alors comme ça, on pourrait emprunter à tout va pour ne pas lever l’impôt et ensuite déclarer qu’on veut effacer unilatéralement la dette ? Et, je suppose, une fois la dette effacée, recommencer à emprunter pour ne pas avoir a lever ce foutu impôt si impopulaire ?

Je me frottais déjà les mains… ! Une bataille de titans en perspective. David contre Goliath, les salopes de la Commission Européenne face aux pures vestales grecques, le Nord vieillissant et sur le déclin contre le Sud juvénile, jouissif et résolument tourné vers l'avenir radieux.

Hélas, Tsipras a rapidement capitulé en rase campagne, piteusement, sans condition, sans démission, sans même un petit mot historique laissé à la postérité.

"Tu ne montreras pas ma tête au peuple car elle n’en vaut pas la peine"

 

Après les indignés, les "anti-système" britanniques. Chienne d’Europe (toujours !) salauds de polonais qui au lieu de rester chez eux consommer nos produits préfèrent venir sur place les produire ! Nous allons reprendre les choses en main, choisir tout seul notre destin, mais ATTENTION ! Nous quittons l’Union Européenne, certes, mais voulons, que dis-je, nous exigeons ET D'UN un accès libre et total au marché européen, et DE DEUX de continuer à avoir un rôle dirigeant en Europe. Rien que ça !

Et pour montrer notre détermination à reprendre le contrôle, nous allons laisser le soin de gérer tout cela… aux anti-Brexit ! Mais oui, mes amis, pour gagner cette guerre, laissons le commandement aux pacifistes !

Ah merde, quel dommage, pour moi, l’observateur naïf et impatient ! Ça va édulcorer les choses on ne saura plus ce qui relève du Brexit pur et dur et ce qui relève de concessions obtenues entre gens de bonne compagnie. Et puis ça traîne ! On parle de donner le top départ dans trois mois, on suggère que la négociation sera un peu plus longue que les deux ans prévus… Pour peu qu’une petite crise arrive entre-temps, on remettra cela à plus tard… pfftt… J’avais de plus en plus l’impression que tout le monde s’accorderait pour faire traîner les choses indéfiniment pour perpétuer la situation actuelle tout en prétendant être en train de la changer.

 

Et puis voici qu’au plus fort de mon ennui, arrive le seul, le vrai, l’authentique ANTI-SYSTEME ! Pas un petit capitulard grec, non ! Pas un couard britannique, que nenni ! Le commandant en chef de la plus puissante armée du monde, le représentant du monde libre, le président de la première puissance économique du monde !

Quel bonheur ! Nous allons voir ce que nous allons voir, mes amis, et je subodore que cela ne va pas être triste !

J’attends avec impatience le mur de 4 000 km à huit milliards de dollars, et de connaitre quelle menace il utilisera pour le faire payer au Mexique,

J’attends avec impatience l’expulsion des onze millions d’illégaux

J’attends avec impatience qu’il fasse disparaître Daech et le terrorisme mondial en 15 jours

J’attends avec impatience qu’il dénonce l’accord sur le nucléaire avec l’Iran et déclare Jérusalem capitale d’Israël.

J’attends avec impatience la baisse importante d'impôts promise et en même temps le lancement de grands travaux pour donner du travail aux Américains

J'attends avec impatience qu'il renégocie une partie de la dette US (comme la Grèce ? mais lui,  ce sera avec qui, au fait ?)

J’attends qu’il dénonce unilatéralement l’accord sur le climat

J’attends avec impatience qu’il dénonce l’adhésion de son pays à l’Organisation Mondiale du Commerce et qu’il mette des droits de douane de 45 % sur les produits chinois (étant bien entendu qu’il n’y aurait pas de réciprocité et que Boeing pourra continuer à vendre comme avant ses avions subventionnés à la Chine).

J’attends qu’il punisse les femmes qui ont avorté, j’attends qu’il décore les policiers qui abattent des noirs, 

j’attends qu’il s'attaque à la presse qui organise des manifestations contre lui

J’attends... J'attends tout ça et bien plus encore, et avec quelle impatience…!

Oh my God ! Quel bonheur de vivre un moment historique !

 

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Rimbaud s'ennuie !

Publié le par Carlus

Arthur Rimbaud est rentré à Charleville chez sa mère. Il a 17 ans. Il écrit à un de ses professeurs : 

"Je suis rentré à Charleville un jour après vous avoir quitté. Ma Mère m'a reçu, et je suis là, tout à fait oisif. Ma mère ne me mettrait en pension qu'en janvier 71. (...) 

Je meurs, je me décompose dans la platitude, dans la mauvaiseté, dans la grisaille. Que voulez-vous, je m'entête affreusement à adorer la liberté libre, et... un tas de choses que "ça fait pitié", n'est-ce pas ? (...) 

Elle a voulu m'imposer le travail perpétuel, à Charleville (Ardennes) ! Une place pour tel jour, disait-elle, ou la porte. - Je refusai cette vie ; sans donner mes raisons : c'eût été pitoyable. Jusqu'aujourd'hui, j'ai pu tourner ces échéances. Elle en est venue à ceci : souhaiter sans cesse mon départ inconsidéré, ma fuite ! Indigent, inexpérimenté, je finirais par entrer aux établissements de correction. Et, dès ce moment, silence sur moi!" 

 

En langage poétique, ça donne ça

 

"L'ennui n'est plus mon amour. Les rages, les débauches, la folie, dont je sais tous les élans et les désastres, - tout mon fardeau est déposé. Apprécions sans vertige l'étendu de mon innocence. 

Je ne serais plus capable de demander le réconfort d'une bastonnade. Je ne me crois pas embarqué pour une noce avec Jésus-Christ pour beau-père. 

Je ne suis pas prisonnier de ma raison...

Je veux la liberté dans le salut : comment la poursuivre ? Les goûts frivoles m'ont quitté. Plus besoin de dévouement ni d'amour divin. Je ne regrette pas le siècle des coeurs sensibles. Chacun a sa raison, mépris et charité : je retiens ma place au sommet de cette angélique échelle de bon sens. 

Quant au bonheur établi, domestique ou non... non, je ne peux pas. Je suis trop dissipé, trop faible. La vie fleurit par le travail, vieille vérité : moi, ma vie n'est pas assez pesante, elle s'envole et flotte loin au-dessus de l'action, ce cher point du monde."

(Extraits de Une saison en enfer) 

 

Il a écrit cela à 19 ans. Il cessera d'écrire deux ans plus tard. Pour se mettre à bosser. 

 

 

 

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