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Crise grecque : Ulysse revient !

Publié le par Carlus

ACTE I SCENE I

Contexte : Les cités grecques sont l’objet de menaces persistantes et d’agressions répétées de la part d'ennemis venus de la Finance. Les Grecs se sont regroupés une fois de plus sous la houlette d’Agamemnon. Celui-ci, en désespoir de cause fait appel, cette fois encore, au rusé Ulysse.

Lieu : la grande salle du Conseil
Agamemnon est assis sur son trône, l’air abattu. Ses conseillers, silencieux, tournent en rond, la tête basse, l’air pensif.

Arrive Ulysse


Agamemnon : Ah te voilà, Ulysse, nous attendions ta venue avec impatience

Ulysse : Salut à toi, Agamemnon ! que se passe-t-il ? Que réclame cette foule dehors ?

Agamemnon : Tu ignores donc les menaces dont nous sommes l’objet ? Les nouvelles ne parviennent donc pas jusqu’à Ithaque ?

Ulysse : Non, hélas, malgré la promesse des dieux, nous n’avons toujours pas la fibre optique. Je passe mes soirées à faire des points de croix avec Pénélope. J’ai dû terminer mon l'ouvrage avant de pouvoir te rejoindre, ce qui explique mon retard.

Agamemnon : Ah je vois... Heureux qui comme Ulysse a fait un long ouvrage

Ulysse : (Oui, bon, ça commence bien !) dis moi l’objet de ta convocation, ô Grand Roi ! Tu as l’air inquiet.

Agamemnon : Je le suis Ulysse ! depuis quelques mois nous sommes l’objet d’attaques incessantes de la part de nos ennemis et je ne sais plus quoi faire ! Le peuple gronde, certains appellent déjà à l'insurrection.

Ulysse : Qui sont donc ces insensés qui osent s’en prendre à toi, ô Grand Roi ?

Agamemnon : les banques,  la Bourse, la Finance … que sais-je encore ? nos créanciers, quoi !

Ulysse : Vos créanciers ? Que vous veulent-ils donc ? Quelle peut bien être la raison de leur hostilité ?

Agamemnon : Ben… comment dire ? Nous n’avons plus la capacité de les rembourser, ils menacent donc de ne plus nous prêter la moindre drachme à l’avenir.

Ulysse : Ben... ça parait normal, non ?

Agamemnon : Merci beaucoup, Ulysse, pour cette fine analyse ! Si t’as envie de te marrer, on peut aussi danser le Sirtaki ! Comme ça, nous au moins mes conseillers et moi pourrons participer à la poilade…

Ulysse : Ne te vexe pas, vaillant Agamemnon ! Voyons, qu’est ce qui s’est passé pour que vous en soyez arrivé à cette situation de faillite ? La malédiction de Zeus, la grippe AH1N1, le redoutable virus Ebola ?

Agamemnon : Non, non, rien de tout cela ! Je crains que nous n’ayons été trop sympas ces dernières années…

Ulysse : Ah moi je l’ai toujours dit à mes sujets : en politique : trop bon, trop con ! Mais... ça ne te ressemble pas beaucoup. Ca veut dire quoi concrètement "trop sympas" ?

Agamemnon : ben, chais pas, moi ! Nous avons 25 % de fonctionnaires, par exemple…

Ulysse : Par Zeus ! Un grec sur quatre est fonctionnaire ??? mais avec quoi les payez-vous ? les impôts doivent être insupportables...!

Agamemnon : ben.. non, justement... tu sais, les impôts, nous on n'aime pas beaucoup ça, ici !

Ulysse : mais avec quoi les payez-vous, bordel ?

Agamemnon : mais avec les prêts, la dette, le déficit… avec nos créanciers, quoi ! tu ne comprends donc rien ?

Ulysse : Ah oui, bien sûr bien sûr ! Ah putain ! 25 % de mecs payés douze mois pour en bosser huit, c’est quand même lourd comme fardeau…

Agamemnon : Euuhhh… ils ne sont pas payés douze mois, Ulysse…

Ulysse : Ah quand même ! je me disais bien…

Agamemnon : ils sont payés quatorze…

Ulysse : quatorze… quoi ?

Agamemnon : quatorze mois !

Ulysse : Ah la vache !!!! ah putain !!!! Par la foudre de Zeus ! bon pas de panique, restons calmes, gardons notre sang-froid, on en a vu d’autres ! Autre chose encore ?

Agamemnon : Oh des bricoles... quinze jours d'absence pour cause familiale  par an sont payés sans justificatif. Ils les prennent tous évidemment.

Ulysse : Non mais attendez ! C’est pas vous qui avez pris ces mesures, là, ce sont vos ennemis qui vous les ont imposées ?

Agamemnon : Non, c’est nous, je te l’ai dit : on a été trop sympa !

Ulysse : Bon vous savez quoi ? On va faire casquer les autres : les salariés du privé vont bosser jusqu’à 75 ans, les commerçants et les artisans vont cracher au bassinet !

Agamemnon : Oui, mais ça on l'a mis en place, évidemment ! Mais ça va pas être facile, tu sais : on a une économie souterraine florissante, un laxisme fiscal que pourraient nous envier certains paradis fiscaux… ET puis si j'augmente les impôts, je vais avoir aussi les grecs sur le dos !

Ulysse : bon, ok ok ! Alors, voyons… voyons… que faire ? Ah tiens ! Vous avez interrogé l’extrême gauche européenne ? Elle a souvent d’excellentes idées !

Agamemnon : Ah pour ça, des idées, ils en ont, oui ! Et d’excellentes vraiment !

Ulysse : Oui, je l'ai souvent constaté. C'est quoi, en l’occurrence ?

Agamemnon : Ils proposent... euhh... d'effacer  la dette

Ulysse : Ah oui, d'accord ! Comme pour Haïti et le Ghana ?

Agamemnon : Euuhh.. oui… oui, c’est un peu ça, l’idée, en fait, oui…

Ulysse : Et bien entendu, ils suggèrent que, tout de suite après avoir effacé la dette, les banques nous prêtent à nouveau de quoi maintenir votre style de vie et votre déficit chronique ?

Agamemnon : Ah ben… normal ! Nous n’allons pas laisser la finance internationale décider de ce qu’il convient de faire chez nous ! Non mais, faut quand même pas pousser !

Ulysse : Ils n’ont pas proposé que les restos du coeur vous prennent en charge pour la bouffe, par hasard ?

Agamemnon : bon Ulysse, tes remarques perfides commencent à me fatiguer ! Soyons positifs, trouvons une solution !

Ulysse :  Et l'extrême droite, elle  propose quelque chose  ?

Agamemnon : Oui en gros, ils proposent de massacrer tous les métèques,  barbares  et autres rastaquouères...  avec femmes et enfants, évidemment !

Ulysse : pour leur piquer leurs maisons et leur pognon ???

Agamemnon : Mais non, enfin ! Ce sont des crève-la-faim qui n'ont pas un rond ! C'est même pour ça qu'ils sont chez nous !

Ulysse : mais pourquoi les tuer alors ?

Agamemnon : Mais j'en sais rien, moi ! pour se passer les nerfs ! ne leur jette pas la pierre, j'ai déjà essayé le massacre de masse, ça calme les tensions musculaires, je t'assure !

Ulysse : Je suis découragé, je ne vois aucune solution, ô Grand Agamemnon !

Agamemnon : Moi, j'en vois une !

Ulysse :Ah oui...? Ce serait quoi ?

Agamemnon : Ben, je me disais que, toi et moi, on pourrait mutualiser nos dettes. Il paraît qu'au fil des années, vous avez réussi à mettre de côté un beau petit magot. Si nos créanciers savent que vous garantissez nos dettes, ils pourraient reprendre confiance en nous.

 

Ulysse : Ah oui, je vois, me porter caution en quelque sorte ! Ce qui te permettrait de continuer à endetter davantage ta cité...! Mais dis-moi, ô grand Roi, quand TES dettes auront dépassé le montant de MES économies, comment ferons-nous ?

Agamemnon : Ah ben, on avisera à ce moment-là, Ulysse ! A chaque jour suffit sa peine !

Ulysse : Bon,  ben... je vais rentrer chez moi réfléchir tranquillement à ta proposition !  Au fait tu ne m'as pas dit : Qu'est-ce que j'y gagne là-dedans ? 

Agamemnon : Ma gratitude, Ulysse, ma gratitude ! Je dirais même plus : ma reconnaissance, mon amitié, ma sympathie...

Ulysse : Ok d'accord ! Et bien voilà ce qu'on va faire: je rentre à Ithaque et je demande à mes experts d'évaluer précisément la valeur de ton amitié, de ta reconnaissance et de ta gratitude et je te recontacte une fois que c'est fait pour te donner l'équivalent en drachmes, ok ?

 

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Dernières indignations avant 2015

Publié le par Carlus

 

Cela pose quand même problème à notre société que tant des jeunes Français aillent se faire tuer pour le djihad...

Stop stop ! Ils ne vont pas se faire tuer, connard ! Ils partent POUR TUER des gens, ce n'est pas du tout la même chose ! Tu comprends, gros débile ? Ils ne partent pas en se disant "je vais donner ma vie pour un idéal", ils partent en disant "on va les crever, ces chiens de mécréants", les mécréants en question étant majoritairement de paisibles paysans plutôt pauvres, plutôt peureux, plutôt désarmés dont le seul tort est de ne pas partager toutes les nuances de leur religion de merde !
Alors le reste de ton propos puant la sympathie pour des criminels , je ne veux même pas l'écouter, d'autant plus que tu n'auras jamais un mot de compassion pour ces pauvres gens , là-bas, qui depuis des mois et des mois se font violer, mutiler, tuer, crucifier par nos gentils djihadistes français qui pensaient au départ pouvoir faire tout cela sans prendre aucun risque et surtout pas celui de se faire tuer !


- Le problème, c'est que le système politique est a bout de souffle et ne fait plus rêver !


Bien sûr, bien sûr... le "système", l'Europe, la politique ne te font plus rêver ! Et qu'est-ce qui te fait rêver, Ducon ? Mélenchon ?  Le comique troupier, le bateleur de foire, le pourfendeur de journalistes, c'est lui qui te fait rêver ?  Le Robespierre du 21ème siècle, un petit père des peuples autoritaire et hargneux, c'est ça qui te ferait jouir ?  Tu serais heureux de te réveiller un jour avec un "cher leader clairvoyant dont la pensée éternelle éclaire  l'humanité" à la tête de l'Etat en train d'accuser tous ses opposants de haute trahison, en train d'emprisonner des journalistes pour propos hostiles, en train de nous expliquer que la Terreur qu'il a institué est exclusivement au service de la Vertu ?  

Ou alors...ah oui oui... je sais !  Ce qui te fait rêver, c'est la France revue et corrigée par la famille Le Pen !  Que dis-je, famille ? par la dynastie Le Pen puisqu'on sait déjà qui prendra les rênes du parti quand Marine partira à la retraite dans quarante ans !  Super ! Une France qui aurait pour modèle le Rwanda des années 90, une France dans laquelle les Hutus "de souche" poursuivraient, machette à la main, les Tutsis de  deuxième et troisième générations ! Ce qui te fait rêver, c'est une France qui ferait figurer sur les extraits de naissance et sur les cartes d'identité, l'ethnie, la race et la religion des titulaires pour préparer leur déportation vers les pays d'origine de leurs arrières-grands-parents ?

 
- La jeune femme agressée à coups de tournevis est morte ce jeudi 25 décembre. L’un des agresseurs, un homme de 25 ans déjà connu de la police pour 37 affaires, a été interpellé quelques heures après les faits.

Voilà ! La prochaine fois qu'il sera interpellé, il sera connu des services de police pour 38 affaires, c'est pas plus compliqué que cela ! 

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Salve Regina

Publié le par Carlus

Je ne suis pas croyant, hélas !  Et je le regrette sincèrement car certains chants d'église me donnent envie de croire en Dieu.

 

Salve, Regína, mater misericórdiae
Vita, dulcédo et spes nostra, salve
Ad te clamámus, éxules fílii Evae.
Ad te suspirámus, geméntes et flentes
in hac lacrimárum valle.
Eia ergo, advocáta nostra,
illos tuos misericórdes óculos
ad nos convérte.
Et Jesum, benedíctum frucum ventris tui,
nobis post hoc exsílium osténde
O clemens, o pia, o dulcis Virgo María

 

 NB : Ce chant, paroles et musique, date du 11ème siècle

 

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Poésie très romantique : Ma main

Publié le par Carlus

Et puis dans la catégorie Poésie romantique, il y a aussi ce site de poésie que je suivais de loin, animé par de gentilles poétesses romantiques. Elles organisaient régulièrement des concours avec thèmes imposés.  Un jour, je tombe sur un concours  sur le thème "La MAIN, promesse d'amitié sincère et de caresses sensuelles"
 
Je n'ai pas pu résister au plaisir de leur envoyer mon projet. 
 
A MA MAIN 

A toi qui me fis découvrir mes premiers émois
Quand la sensualité naissante s'éveillait en moi

A toi, l'aventurier qui partais explorer
Dans des lieux désertés ou des salles de ciné
Les zones douces et humides que voulaient me cacher
Les filles que j'embrassais dans mes tendres années.

A toi, l'avant-garde qui, tant de fois, partis
Déclencher l'incendie puis, la tâche accomplie,  
Laissas courtoisement à la lance du pompier 
L'honneur et le plaisir d'éteindre le foyer.

A toi, l'arrière-garde à qui j'ai demandé
De finir au débotté le travail bâclé
Par excès d'émotion ou par précocité
Et de sauver ainsi mon honneur menacé.

A toi, éternelle suppléante, bonus additionnel
A toi, la veuve Poignet, de toutes la plus fidèle
Compagne de luxure et amante optionnelle
Reçois donc ici ma gratitude éternelle
 
Carlus, poète romantique
 

 
 
PS : je n'ai pas eu le succès escompté :-) .  Un seul commentaire qui me disait en substance "Vous devriez persévérer"
 
                                                               

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L'ogresse et la Mante, les femmes de ma vie

Publié le par Carlus

Tiens, voilà encore un autre qui pousse la porte du restaurant pour y entrer au lieu de la tirer vers lui ! Ca fait plus de vingt ans que la loi a imposé dans tous les lieux publics que les portes s’ouvrent vers l’extérieur et on se fait quand même tous avoir.

Ce soir je fais découvrir la cuisine japonaise à mon ex-femme. Elle adore la cuisine exotique. Elle est de passage à Paris pour le renouvellement de ses implants mammaires. Dix ans déjà, comme le temps passe ! à l’époque, on était encore ensemble et je n’avais pas aimé. Mais alors pas du tout ! moi, les seins, je ne les effleure pas, je les triture. Et triturer des ballons de silicone merci beaucoup, j’ai trop peur de les faire exploser.

- Un menu 18, s’il vous plait… dites-moi, est-ce que je peux avoir que des Sushis au saumon, s’il vous plait ? Merci, avec deux Californian Maki.

Elle me dit que la visite au chirurgien la stresse et me demande de l’accompagner à l’hôpital. Ohlala, c’est bien la peine d’avoir divorcé pour me retrouver avec ce genre de corvées ! Oui mais elle, elle est toujours d’accord pour me rendre service, je ne peux pas lui refuser ça… Mais d’un autre côté ça me met dans une situation embarrassante vis-à-vis de son mari, s’il l’apprend… J’aurais l’air de quoi, là ? Je ne sais même pas si elle lui a dit qu’elle s’était fait refaire les seins…
Allez ! si le prochain client tire la porte, j’y vais. S’il la pousse, qu’elle se démerde ! Tiens, justement, en voilà un qui arrive… Il tire la porte vers lui !
- Ok ! Je viendrai avec toi ! mais je ne veux pas que les enfants le sachent
- Pourquoi ?
- Ben, tu racontes à tout le monde, même aux enfants, que je suis encore un "petit peu amoureux de toi" !
- Et alors ? c’est un peu vrai, non ?
- Mais tu es incroyable !!! Tu as un mari, je te soupçonne même d’avoir un amant, et tu voudrais en plus avoir un ex-mari "encore amoureux" de toi ? Tu veux être aimée de tout le monde ? Tu es une ogresse insatiable !
- Mais regarde-toi : tu es en train de me faire une crise de jalousie au sujet d’un soi-disant amant ! c’est pas la preuve ça ?
- Oh écoute, on arrête ! c’est pas la peine de discuter avec toi !

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Quelques semaines, plus tard, la garce a droit elle aussi à la dégustation commentée du sushi. Elle, par contre, n’a pas aimé. Tu m’étonnes, plus coincée qu’elle en matière de bouffe, tu meurs !
La garce ? Oui c’est comme ça que j’ai décidé de l’appeler depuis notre rupture, c’est la femme de ma vie, la seule que j’ai vraiment aimée. Je l’ai revu, au début des vacances, c’est elle qui m’a appelé ! On s’est parlé au téléphone. Je sentais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Elle n’arrêtait pas de dire "la vie est belle", "je suis seule à décider de ce que je fais de ma vie".
- Je suis d’accord avec cela, ma petite chérie ! mais quand c’est dit vingt fois de suite, ça cache forcément quelque chose !
- Je n’ai pas envie d’en parler !
- Ok comme tu veux ! Alors passons aux choses sérieuses ! dis-moi pourquoi tu voulais me voir
- Parce que… imagine-toi que ça fait 7 mois et 12 jours que je n’ai pas fait l’amour !
- Sept mois ! ET douze jours ! Ah oui, ça fait un bail !!! il faut absolument faire quelque chose ! mais alors, question subsidiaire : pourquoi moi  ?
- Disons que... c’est parce que je suis une mante religieuse… !
- une mante religieuse ! ? ça veut dire quoi, ça ? 
- cherche pas à comprendre ! c’est mon psy qui me l’a dit ! Et j’assume !
- Ah, tu te fais coacher maintenant…? C'est une bonne chose... Donc, mante religieuse ça veut dire que tu ne peux faire l’amour qu’avec des hommes qui t’aiment et que tu n’aimes pas, c’est ça ?
- Alors ? c'est Oui ou Non ? je suis libre ce weekend. Mes enfants sont chez leur père.
- Donc moi, dans cette affaire, je suis censé me faire…
- Bouffer la tête !!! mais après avoir tiré ton coup quand même, il y a des contreparties… !
- Bon laisse moi réfléchir… ! OK, je crois que je suis prêt à risquer ma tête !
- Haaann, tu m’étonnes !
- Eh oh ! on ne se moque pas, s’il te plait ! sinon je m’en vais et je te laisse poireauter encore sept mois… !
- Ecoute, je n’ai qu’à claquer des doigts et il y a quinze mecs qui…
- arrêêtte, c’était pour déconner !

Ave, Eros, morituri te salutant. On a fait l'amour tout le week-end ! Dire que ça colle entre nous n'est pas exact : ca fusionne entre nous ! Quand je fais l'amour à cette fille, je sais intimement que c'est elle que j'aime et personne d'autre ! Sorti du plumard aussi, je l'aime encore, mais là c'est plus difficile à mettre en oeuvre, compte tenu de son caractère de cochon ! Mais à vrai dire, elle ne me demande pas de mettre quoi que ce soit en oeuvre, elle est amoureuse d'un autre. Qui, lui, ne l'aime pas. La vie est compliquée. Elle souhaite juste me rencontrer de temps en temps pour faire l'amour et aller au restaurant. L'amour pour lui rappeler qu'il y a quelqu'un qui l'aime et le resto pour lui rappeler qu'elle n'aime pas la cuisine exotique.

Dans le train du retour, mes pensées vagabondent : "la vie est belle" qu'est-ce que ça veut dire ? En amour par exemple, elle est belle quand, la vie ? Quand on aime ou quand on est aimé ? Mon ex-femme n'aime personne et veut être aimée de tout le monde. La garce, elle, est amoureuse d'un homme, un seul, envers et contre tous. Deux façons radicalement différentes de vivre l'amour. Aucune des deux ne garantit le bonheur, aucune des deux ne préserve de la dépression.

Oui, oui, je sais, vous me direz que le bonheur c’est d’aimer ET d’être aimé ! Ben oui, tant qu’à faire ! Ca paraît évident ! Mais je vous répondrai : Pas toujours ! Pensez à la mante religieuse mâle  : ne pas être aimé de sa belle lui garantit une plus belle vie, non ? enfin… plus belle, je ne sais pas, mais plus longue en tout cas !

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Y en a certains qui aiment...

Publié le par Carlus

 
Nous faisions l'amour bien trop sagement à son goût. 
- C'est à cause de ma corpulence , disait-elle! 
  - C'est à cause de ton innocence !
Elle aimait les massages pudiques et les caresses sensuelles. 
Sa spécialité au lit, fièrement revendiquée, était "la pluie de baisers". 
J'en redemandais. 
Après l'amour, elle aimait rester nue sous l'édredon à regarder la télé et à commenter. 
Je m'ennuyais délicieusement. 
Elle était jolie et avait un corps ferme. Elle savait se maquiller et s'habiller. 
Elle me plaisait. 
Elle se trouvait trop forte et manquait de confiance en elle. 
Mais affirmait savoir faire preuve d'autorité. En tout cas comme monitrice de colonies de vacances, le seul travail (payé, précisait-elle!) qu'elle avait réussi à trouver. 
Elle m'appelait " mon coeur" et rien d'autre. Elle aimait sa mère fantasque et son père malade. Elle n'aimait pas ses frères et leurs femmes. "Des apprentis intégristes "! disait-elle, l'air grave. 
Elle avait adhéré à Ni Putes Ni Soumises. Mais elle l'avait fait en catimini, dans un autre quartier que le sien et n'avait jamais participé à aucune manifestation. Courageuse mais pas téméraire. 

Mais c'était pour défendre « ses droits de femme » expliquait-elle. Ses droits de femmes menacés non par la société, non par des ministres, non par des juges ou des policiers, mais par son père, ses frères, ses cousins et ses oncles, tous de braves gens, honnêtes et travailleurs pour qui l'humanité s'arrête aux talons des femmes. Tous de braves gens attachés au culte de la virginité et à la polygamie comme étant des valeurs "culturelles". Tous de braves gens expliquant à qui veut bien entendre que les femmes sont trop émotives pour qu'on leur confie des responsabilités importantes. De braves gens qui se plaignent des brimades du policier et du videur de boîte de nuit tout en tout exerçant, en toute bonne conscience, les mêmes brimades envers leurs soeurs, leurs femmes, leurs filles et leurs cousines. 

 

Elle s'était inscrite à 28 ans à la fac de Droit. Elle a abandonné après quelques mois. Trop compliqué. Trop surveillé. Trop mal compris par ses proches. Qu'elle aille à la fac, ce lieu de débauche bien connu, leur semblait tellement plus grave que les déboires de son frère avec la justice, que la maladie de son père, que le chômage de son oncle ! 

 

Elle s'occupait de son père malade du cancer. Mais curieusement le "traumatisme de sa vie" a été d'apercevoir un jour au centre commercial sa mère embrasser furtivement un homme "sur la bouche". L'homme en question étant un vieil ami de son père qu'elle a toujours appelé "Tonton". 


Un soir alors que je la raccompagnais chez elle, des jeunes en bande de sa communauté sont passés devant nous en disant assez fort pour être entendus: 
"Y en a certains qui aiment les grosses PUTES !" 
Elle a fait semblant de ne pas entendre. Moi aussi, avec ma lâcheté coutumière ! 

 

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Infidélité féminine : charge affective

Publié le par Carlus

Pièce à conviction déposée par le sieur Carolus lors de son procès

Mesdames et Messieurs du jury,

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir sont restés ensemble toute leur vie un couple exemplaire. Amoureux mais libres. Ils considéraient leur amour comme un "amour nécessaire" (dans le sens philosophique du terme : inévitable, qui ne peut pas ne pas être) et les aventures qu'ils s'autorisaient comme des "amours contingentes" ( qui peut se produire ou non, qui est d'une importance secondaire)

Ces deux intellectuels de très haut niveau ont donné des leçons au monde entier et donc savent ce qu'ils font et ce qu'ils disent !  
Avec la publication de la correspondance de Simone de Beauvoir, on se rend compte que les aventures d'une femme, fussent-elles contingentes, ne sont jamais dénuées de sentiments.

Extrait d'une lettre de Simone de Beauvoir à un de ses amoureux "contingents". On voit bien qu' elle se sent, comme toutes les femmes infidèles,  obligée de diminuer, voire de ridiculiser son grand amour "nécessaire" en précisant qu'il est un très mauvais coup au lit et qu'elle n'a jamais éprouvé de plaisir avec lui.

« Et pour finir sur ce point, quoique ça me gêne un peu, il faut que je précise ; avec Sartre aussi j'ai des rapports physiques, mais très peu, et c'est surtout dans la tendresse et je ne sais trop comment dire, je ne m'y sens pas engagée parce qu'il n'y est pas engagé lui-même ; ça, je le lui ai expliqué souvent. C'est pourquoi je peux dire qu'avec vous seul j'ai et j'ai jamais eu une vie sensuelle et j'ai besoin que vous la preniez au sérieux et que vous sachiez que je la prends au sérieux moi aussi de toute mon âme. »

Simone de Beauvoir. « Castor de guerre ».

http://www.lepoint.fr/actualites-litterature/2007-01-18/correspondance-simone-de-beauvoir-ces-lettres-qui-ebranlent-un-mythe/1038/0/45316

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Crevette sauce piquante

Publié le par Carlus

J'ai fait l'objet d'une tentative de chantage  ! C'était il y a bien longtemps. On payait encore en francs, c'est dire ! 


 

Restaurant chinois Le New Pekin

-  Bonjour Lisa, tu m'inquiètes un peu... c'est quoi, ce truc super important que tu as à me dire ?

-  Je vais te le dire, mon pote ! Assied-toi pour bien m'écouter !

-  Ok ! voilà, je t'écoute ! Je suis toute ouïe 

-  Eh bien, voilà ! je voulais te dire que tu m'as traitée comme une pute ! Eh bien tu vas payer le prix d'une pute !

-  Mais...??!!! Ca veut dire quoi, ça ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes !

-  Tu comprends très bien, mon vieux !!! Pendant trois mois, tu as couché avec moi quand tu en avais envie et quand tu en as eu marre tu as cessé purement et simplement de m'appeler !

-  Mais... Lisa... ! Le boulot... la famille...

-  Ta gueule ! écoute-moi ! Je me suis renseignée : une pute de luxe pour l'après-midi c'est 2 000 francs et on a couché 12 fois ensemble ! Tu me donnes 24 000 balles ou je raconte tout à ta femme !

-  Mais enfin Lisa... ! Tu deviens folle ? Tu es mariée toi aussi, je te signale. Et tu as deux enfants...!

-  J'en ai rien à foutre ! Tu vas casquer ou je dis tout à ta femme !

-  Lisa...! Lisa... écoute-moi !  Je ne t'ai jamais prise pour une pute, enfin ! Nous sommes mariés tous les deux ! Nous avons eu une aventure ! Tout ça c'était des moments de bonheur volés à nos vies bien réglées, c'est tout ! Des souvenirs pour plus tard ! Et je t'assure que j'ai beaucoup de respect et de tendresse pour toi !

-  Arrête avec ton boniment, mon bonhomme, ça ne marche plus ! Pas avec moi, en tout cas ! Moi, j'en ai marre d'être toujours le dindon de la farce ! Je vais gâcher ton petit bonheur tranquille ! Je vais faire exploser ton petit couple idéal, ta petite famille parfaite ! Hhhmmm, je m'en réjouis d'avance !

-  Lisa, essaie de te calmer et écoute-moi...

-  Aaahhh! Il chie dans son froc, le petit monsieur...! il a peur, le baratineur...! Mais je suis très calme, détrompe-toi ! Je n'ai même jamais été aussi calme depuis longtemps, je crois...!

-  Lisa, c'est ta vie que tu vas gâcher, pas la mienne... Ton mari est...?

-  J'en ai rien à foutre, je t'ai dit ! Tu vas payer, mon gars, ou je balance tout à ta femme !

-  Lisa, ça fait plus d'un an que je suis séparé de ma femme ! Ca fait deux ans qu'on se déchire ! Ca fait très longtemps que ma vie de famille n'a plus rien à voir avec "la petite maison dans la prairie" !

-  Va te faire foutre ! Je n'en crois pas un mot ! Quand j'ai téléphoné chez toi, c'est elle qui m'a répondu  ! Tu me prends pour une conne ou quoi ?

-  Lisa, calme-toi ! On habite encore ensemble pour les enfants mais on n'est plus ensemble ! Si tu veux je l'appelle tout de suite, je lui explique la situation et je te la passe ! Tu veux que je le fasse ?

- Arrête...c'est du bluff, je le sais ! Ca ne marche plus avec moi !

- Ok , fais le numéro et passe la moi. Je lui explique et je te la repasse ensuite

-  C'est pas vrai...?! Tu es vraiment un salopard de première...! Pourquoi tu ne me l'aurais pas dit... ?

-  Ben, je sais pas, moi... j'avais pas envie de parler de ça...  peut-être aussi en pensant à toi : mariée,  des enfants, pas envie de tout changer ... Je ne pensais pas que avais envie de quitter ton mari, non plus ! Tu sais ? sans cette légèreté, il n'y aurait jamais eu cette complicité, cette amitié entre nous !

-  Cette amitié...?!  En fait, tu ne m'as jamais aimé... C'est ce que je disais, tu m'as prise pour une pute...

-  Mais toi non plus Lisa, tu ne m'as jamais aimé ! Tu as passé ton temps à me parler de ton grand amour de jeunesse ! C'est ça, aimer quelqu'un ?

-  Ben toi aussi, tu me parlais de ta pouffiasse

- Oui mais pour moi, c'était juste des souvenirs ! Toi, tu as payé un détective pour retrouver son adresse ! 

-  Non, j'ai fini avec ça ! C’était bidon tout ça !

-  Tu as bien fait car ça n’aurait abouti qu'à... attends...! Oh c'est pas possible...! Tu l'as retrouvé, c'est ça, hein...? Tu as eu son adresse et tu as repris contact avec lui ?

-  Fous moi la paix ! C’est pas de ça qu'on parle !

-  Ah, salooope ! Tu as repris contact avec lui, ça n'a pas marché et tu viens te faire les nerfs sur moi... !!! Alors là j'en reviens pas...! Tu as couché avec lui ?

-  Fous-moi la paix, merde ! Qu'est-ce que t'en a à foutre ? Tu es mon mec ? J'ai des comptes à te rendre ?

- Ben, je suis un minimum concerné quand même, puisque tu voulais me faire payer pour lui !

-  En fait, tu sais quoi ?

-  Dis-moi

-  Je crois que, toi aussi, comme mon mari, tu es trop couille molle, trop bisounours pour moi ! Si on m'avait fait un chantage comme le mien, ça fait longtemps que j'aurais balancé le plat de crevettes sauce piquante à la gueule du maître-chanteur !

-  Ben, il n'est pas trop tard pour moi.  Mon assiette est encore  pleine !

-  Essaie un peu,  tu verras ! Tu ne veux plus de tes crevettes ? Je peux te les piquer ?

- Oui oui, vas-y... Tout cela m'a coupé l'appétit...!

-  Hé bien, tu vois, moi ça m'a donné une faim d'ogre au contraire ! Cool, man,  relax ! Y a pas mort d'homme !
 

 

 

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L'infidélité féminine

Publié le par Carlus

 Acte unique, scène unique

Lieu : Commission d'orientation des âmes - Séance plénière

Personnages (par ordre d'apparition) 
- le greffier, personnage insignifiant

- Méphisto, Maître des lieux et odieux personnage
- Thérèse de Lisieux, sainte 
- Christine Boutentrin, presque sainte

- Lucifer, Gardien - réceptionniste de l'Enfer
- Carlus, pauvre hère

Le greffier: La commission, réunie ce jour en séance plénière, présidée par le sieur Méphistophélès dit Méphisto, a pour objet d'examiner le recours en appel du sieur Carlus contre la décision n°666 de ladite commission de l'orienter vers l'Enfer aux fins d'expier les fautes impardonnables qu'il a commises de son vivant. En conséquence de quoi...

Méphisto : Bon, ça va, ta gueule, greffier de mes fesses! J'ai une soirée poker dans une heure, alors tu te magnes le cul, s'il te plaît ! Donne-nous les noms des membres de la commission et leur accréditation qu'on puisse commencer ! 

Le greffier : Pardon, Monseigneur... eeuuhh...Président! La commission est composée de Mesdames Thérèse de Lisieux et Christine Boutin accréditées par le très haut et très grand ci-devant...

Méphisto : et par Messaline et moi-même pour représenter les Forces du mal ! La séance est ouverte et présidée par moi-même : alors, au sujet de quoi est-ce à propos ce dont il s'agit?

Le greffier : Le sieur Carlus voudrait contester une décision de la commission, Monseigneur ! 


Méphisto : Ah oui, je sais, un chieur de première, celui-là ! Mais il me plaît bien depuis qu'il a énervé les deux poufs représentant le très honoré, très puissant et très haut branleur de l'univers ! 

Thérèse et Christine (se levant) : Oh! c'est un scandale ! Nous exigeons des excuses immédiates sinon nous quittons la commission !

Méphisto : Ok,Ok je vous présente mes excuses, Mesdames et je vous demande de vous rasseoir... lentement s'il vous plaît, car j'entends d'ici le bruit de grelot de vos boules de geisha !

Christine : ooohhh... Monsieur Méphisto... je suis outrée par votre grossièreté!

Méphisto: Bon, continuons ! je lis que le sieur Carlus a choisi de présenter lui-même sa requête en se faisant assister, au besoin, du sieur Lucifer ! Salut, Lucif ! ça boume ? la petite vierge que tu devais me préparer est prête ?  

Lucifer : Elle se languit déjà de toi, Méphi ! 

Méphisto : Parfait ! Bon, Carlus, tu as la parole et nous te serions infiniment reconnaissants de nous la faire brève, s'il te plaît !

Carlus : Merci Monsieur le président. Mesdames et Messieurs les membres de cette honorable commission, je viens aujourd'hui devant vous pour demander réparation d'une horrible injustice commise à mon endroit. Votre commission, à la suite de ce qui ne peut être qu'un terrible malentendu, a interprété un de mes propos dans un sens contraire à celui que je voulais lui donner et je...

Méphisto : Bon, c'est bien ce que je craignais, Carlus, tu ne sais pas faire court ! alors je vais le faire à ta place ! Tu as dit en gros qu'une femme qui trompe son mari est une salope alors qu' un mec qui trompe sa femme n'a rien fait de grave ! Bon, je crois que c'est une vérité de bon sens et je demande aux membres de cette vénérable commission de voter l'acquittement.

Thérèse : Oh c'est un scandale !

Christine : les flammes éternelles de l'enfer, voilà le châtiment que cela mérite !


Carlus : Non, non ! s'il vous plaît ! Je n'ai jamais dit cela ! Ce que j'ai dit est totalement différent : j'ai dit que la charge affective mise dans une relation amoureuse n'était pas toujours aussi importante chez les hommes que chez les femmes et qu'en conséquence...

Méphisto : Excuse-moi, Carlus! C'est quoi, cette histoire de charge affective ?

Carlus : Euuhh... comment dire...? C'est, en quelque sorte...

Méphisto : (se tournant vers Lucifer) Dis-moi, Lucif, la petite possède une charge affective ?

Lucifer : Mieux que ça, Méphi ! Une charge explosive ! Elle n'attend que ta mèche...!

Méphisto : Parfait ! Allez, on t'écoute, Carlus !

Carlus : Je voudrais dire au préalable que je crois que les femmes sont les égales des hommes. Je le précise notamment à l'attention des membres féminins de la commission et...

Méphisto : C'est ça ! Passe-leur de la pommade, Carlus! A leur âge, c'est indiqué !

Carlus : ...et je suis prêt, sur ce point, à passer mon âme au détecteur de mensonges!

Méphisto : C'est déjà fait, Carlus, continue !

Carlus : Mais égales ne veut pas dire identiques! Il y a un certain nombre de domaines où nos sensibilités diffèrent ! Pour prendre l'exemple de l'amour...

Méphisto : Sois clair, Carlus, c'est bien la baise que tu appelles amour, là ? Appelons une chatte une chatte !

Carlus : Euuhh... oui, si on veut ! Donc pour prendre l'exemple du sexe, les  femmes mettent souvent beaucoup de sentiment, d'affection dans une relation sexuelle même illégitime, même de courte durée.

Méphisto : OK ! Il te reste deux minutes pour présenter tes conclusions

Carlus : C'est donc pour cela, Monsieur le président, mesdames et messieurs de cette honorable commission, que j'en arrivais à la conclusion que lorsqu'une femme trompe son mari, il y a beaucoup de chances pour qu'elle ne soit plus amoureuse de lui ! Alors qu'une telle conclusion est beaucoup moins évidente pour les hommes.

Méphisto : Une minute

Carlus : Il ne s'agit pas de morale ! L'homme et la femme adultères sont aussi fautifs l'un que l'autre! je dis seulement qu'il y a plus des chances que l'une soit amoureuse de son amant que l'autre de sa maîtresse. Je ne dis donc pas qu'elles sont des salopes, ni qu'elles sont plus fautives que les hommes, je dis au contraire que la femme adultère est une femme amoureuse... amoureuse de son amant ! Et donc que l'infidélité féminine est plus fatale pour le couple légitime que celle des hommes. 

Méphisto : Merci, mon cher Carlus! Lucifer, tu as vérifié le scanner cérébral ? Il a été sincère ?

Lucifer : parfaitement sincère, Président Méphisto !

Méphisto : des remarques, Mesdames ? 

Thérèse : je voudrais dire qu’il est trop facile de trouver des différences entre les hommes et les femmes qui sont toujours à l'avantage des hommes...

Méphisto : Eh oh ! On fait la guerre, nous, pendant que vous restez planquées dans vos chaumières! Faut pas pousser, quand même ! En plus il paraît que vous jouissez dix à quinze fois plus intensément que nous !

Thérèse : ah oui, Monsieur Méphisto, la guerre, le sexe! vous ne savez faire que ça...!

Carlus : je voudrais dire, Mesdames, que je n'approuve pas cette remarque du Président...

Méphisto : Bref ! Christine, un mot avant de passer au vote? 

Christine : Non, Monsieur Méphisto, rien à ajouter à ce qu'a dit Thérèse !

Méphisto : Messaline, ton verdict ? Où est-elle, encore ? Elle dort ? Pffttt... C'est vrai qu'elle a passé sa nuit dans une orgie monstrueuse hier soir ! Si je vous disais qui j'ai vu là...! Ah ça, mon brave Carlus, elle, on ne peut pas dire qu'elle mette beaucoup de sentiments dans ses partouzes, la Messaline! 

Carlus : Les femmes comme Messaline sont rares, Président

Méphisto : Allez on vote à mains levées! Qui est d'accord pour envoyer Carlus au paradis ? Deux voix contre: celles du paradis, deux voix pour: celles de l'enfer! En cas d'égalité, la voix du président est prépondérante! Mon cher Carlus, tu vas au paradis!

Carlus : Ouf ! Merci Président

Méphisto : Oh et puis...je vais même faire mieux ! Pourquoi tu irais te faire chier là-bas, alors qu'ils ne veulent pas de toi ? Allez je suis dans un bon jour! En vertu des pouvoirs que je me suis conférés, je te renvoie sur Terre! En échange, tu m'expliqueras, avant de t'en aller, cette histoire de charge affective ! Je crois que j'ai jamais essayé ça avec une meuf !

 

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La chute de l'Empire Gaulois

Publié le par Carlus

C’est curieux quand même : il y avait sur ce territoire un peuple gaulois et il a disparu ! Je ne sais pas si ses habitants s’appelaient eux-mêmes comme ça, mais ils existaient bel et bien. Ils étaient dispersés sur un vaste  territoire, certes ! Ils passaient leurs temps à se faire la guerre, certes ! Mais ils  avaient la même langue, les mêmes dieux,  les mêmes rites religieux, les mêmes traditions culinaires,  la même façon de s’habiller, de se marier, de s’enterrer, d'agencer l'intérieur de leurs maisons… D’une façon ou  d’une autre, ils avaient conscience de constituer une entité. Ils se sont même réunis une fois pour  lutter contre l'ennemi commun.

Et puis, un jour, ils ont fini par s'unir, par devenir un seul peuple.  Sous tutelle étrangère, comme c'est souvent le cas. Ils sont devenus Gallo-Romains. Plus ou moins volontairement.  Plutôt plus que moins d'ailleurs, après avoir perdu leur guerre de libération nationale. Je ne pense pas qu’ils se  soient jamais appelés Gallo-Romains d’ailleurs. Une chose est sûre: ils ont fini par disparaître. Culturellement, je veux dire.  Les Romains n’ont pourtant jamais interdit leur  religion, n’ont jamais persécuté leurs druides, ne leur ont pas demandé de changer de nourriture, ni  interdit leurs habits. Mais ils ont disparu quand même. Pas  physiquement, non ! Disparu en tant que peuple gaulois de culture celtique, en peu de temps.  D’autres peuples sont venus plus tard  sur leur territoire. Ils se sont mélangés. Ils sont devenus Francs, du nom des nouveaux vainqueurs, puis Français. Il n’y a pas eu de  massacres de Gaulois, mais les Gaulois ont disparu. Ou plus exactement, leur âme a disparu : langue,  religions, coutumes, habillements, traditions, druides, tout a disparu en quelques siècles comme par enchantement ! Il n'en reste pour ainsi dire rien !

Dans une autre région du monde, un peuple, pas plus nombreux que les Gaulois, certainement moins d'ailleurs, avait déjà été chassé  de son territoire et s’était déjà dispersé à la surface de la terre : le peuple juif. Pendant des  millénaires, ils ont été persécutés, chassés de certains pays, cantonnés dans des ghettos. Leur religion a été interdite, leurs  pratiques culturelles stigmatisées, certaines communautés massacrées… ! Et pourtant (ou peut-être à cause de cela), eux, ils ont  continué à se sentir peuple. Aux quatre coins du monde, ils ont continué à prier, à se baptiser, à se  marier, à danser, à chanter comme des juifs parce qu’ils se sentaient juifs ! Et ils ont même fini  par retourner dans  le pays d’où ils avaient été chassés plusieurs millénaires auparavant par…  je ne sais plus… des Babyloniens, des Mésopotamiens ou des Assyriens, bref, par des peuples qui n’existent plus aujourd'hui. Qui n’existent  plus culturellement, je veux dire ! remplacés ou noyés, comme les Gaulois, dans les grands bouleversements historiques,  culturels et migratoires  qui ont eu lieu au cours des siècles.

Quelles leçons tirer de cela ? Je vais vous le dire: je n’en sais fichtrement rien !  Mais j'ai des questions, si vous voulez  :

-  Lequel de ces deux peuples a eu le plus de chance ? Lequel a le mieux vécu ? Le malheur des juifs est-il compensé par la création de l'Etat d'Israël ? Autrement dit,  être (ou rester) peuple est-il un objectif absolu ? 

- Les Gaulois ont-ils gagné ou perdu au change en décidant de ne remplacer qu'un druide sur deux partant à la retraite ? Si ça se trouve, l'exception culturelle est une foutaise et il faut abandonner sa propre culture pour aller de l'avant, qui sait ?

- Et puis qui sait de quoi sera fait demain ?

- Quel Gaulois aurait osé prédire, après la victoire de César, que  l'immense Empire Romain serait battu quelques siècles plus tard par quelques hordes de barbares incultes ?

- Quel Romain  aurait osé parier, au début de notre ère, que la religion des esclaves de Rome deviendrait, quelques siècles plus tard,  celle des grands Empires d'Europe ?

Le paradoxe suprême étant qu'aujourd'hui, les nations pratiquant la religion des esclaves romains sont dans la situation de Rome à son apogée : puissantes, cultivées, arrogantes et blasées ; alors que  la foi inébranlable qui déplace les montagnes a le visage hideux de barbus sanguinaires qui rétablissent immédiatement l'esclavage dans les territoires qu'ils contrôlent.

 

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